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lundi 25 février 2013
dimanche 24 février 2013
Ensauvagement et décivilisation.
Par Philippe DELBAUVRE
Il n’est peut être pas impossible que mon lecteur se souvienne de la
polémique déclenchée par Jean-Pierre Chevènement en 1998 suite à sa déclaration
effectuée dans le cadre de l’assemblée nationale. Evoquant les délinquants de l’époque,
il les avait alors qualifiés de sauvageons, entrainant de facto un tollé quasi
général au sein de la classe politique. Le souvenir de cet incident m’est
revenu en mémoire suite à la publication récente de l’ouvrage à succès de Laurent
Obertone intitulé « La France orange mécanique ».
Le terme de sauvageon évoque bien évidemment la sauvagerie et donc l’absence
de civilisation. Il est d’ailleurs une distinction effectuée en zoologie entre
animaux domestiques ou familiers et animaux sauvages. Le problème est d’actualité
puisque très récemment Marine le Pen a évoqué l’ensauvagement croissant de
toute une partie de la société française. Je ne sais si le terme a fait écho
pour mon lecteur, raison pour laquelle je rappelle que la notion est issue des
recherches effectuées par l’historien George Mosse (1918,1999) caractérisant
une mue dans l’état d’esprit des combattants ayant connu l’enfer des tranchées.
Que l’on qualifie cette mue de brutalisation (brutalization) ou d’ensauvagement,
la notion reste approximativement la même puisque dans les deux cas, c’est un
processus que nous pouvons qualifier de décivilisation dont il est question.
Cette décivilisation d’une partie de la société française appert durant la
second partie des années soixante dix et coïncide avec l’avènement de la
postmodernité. Le fait est qu’à l’époque, aussi bien Michel Poniatowski que
Christian Bonnet, chacun successivement ministre de l’intérieur, malgré leur
réputation de durs, ne sont pas parvenus à enrayer la montée en puissance du processus.
Il est peut être utile de rappeler qu’à cette époque, c’est à dire voilà plus de trente ans, le fait migratoire n’était pas encore, loin s’en
faut, devenu ce qu’il est aujourd’hui. Le processus d’involution caractérisant
la modification des comportements, aussi bien des délinquants que de l’homme de
la rue, ne sont bien sur pas la conséquence de décisions rationnelles issues
des uns et des autres : c’est l’évolution de la société française voulue
par les dirigeants politiques de l’époque, avec pour chef de file Valery
Giscard d’Estaing, qui déclencha progressivement un autre rapport au monde et à
autrui chez les Français. Bien évidemment, à lui seul, le chef de l’exécutif de
l’époque n’eut pu faire autant de mal: le processus est à replacer dans le
cadre de la postmodernité naissante mais aussi dans celui du grand vent libéral
initié aussi bien par Margarett Thatcher que Ronald Reagan. C’est ainsi que
nous sommes passés de l’influence majeure du marxo-stalinisme où l’Etat était
tout (« le zéro et l’infini ») au libéralisme éhonté où l’individu quelconque
est devenu roi. On peut remarquer d’ailleurs que l’histoire est souvent faite
de grands mouvements de balancier, oscillant d’un extrême à un autre.
Revenons maintenant à nos sauvageons et analysons sans préjugés le terme.
Il est une spécialité intellectuelle étudiant le parallèle entre comportements
animal et humain: l’éthologie, puisque c’est son nom, a eu pour fondateur majeur
Konrad Lorenz (1903,1989) même si cette discipline est déjà latente chez un
penseur comme Schopenhauer (1788,1860). Je constate :
- Les jeunes dont il est question qui vivent au sein de ce
que l’on appelle désormais et de façon très péjorative « cités »,
vivent en bandes : pour caractériser cet aspect dans le cadre animal, on évoque
le terme de « meute ». Dans les deux cas d’ailleurs, la structure est
très hiérarchisée et toute modification de l’édifice se fait par grande
violence. Qui ignore l’exécution de temps à autres de certains chefs de bande ?
- Ces jeunes, on le sait, disposent d’un vocabulaire
particulièrement restreint. Or, on sait justement que l’un des modes de
différenciation entre homme et animal, est justement le langage. En cela, nos
jeunes sont très proches de l’animalité.
- Les jeunes dont il est question ont un sens aigu du
territoire au point que tout individu non identifié comme membre de la cité se
voit abordé, voire agressé. Ce sens très particulier du territoire renvoie
directement à la notion de niche environnementale qui est essentielle chez les
animaux, y compris chez les moins évolués comme c’est le cas des reptiles. On
sait que les animaux défendent avec beaucoup de détermination leur territoire :
malheur à l’intrus.
- Le rapport qu’entretiennent ces jeunes de sexe le plus
souvent masculin avec les femmes est lui aussi emblématique ; ou la femme
est perçue comme instrument de plaisir et l’on voit poindre le principe des
tournantes, viols collectifs effectués par la bande. Ou la femme est réduite à
la maternité ; l’idée par exemple d’une autonomie intellectuelle ou
sociale féminine disparait donc, la femme n’ayant pour seule vocation que l’enfantement :
bien évidemment, ce n’est certainement au sein du monde animal qu’un statut
favorable serait octroyé puisqu’il n’est alors question que de mâles et de
femelles, principalement préoccupés par les besoins primaires.
Bien évidemment cet article pourrait être une
propédeutique à l’élaboration d’un ouvrage traitant du phénomène de
désociabilisation (décivilisation) ou d’un livre explorant plus en détail l’animalité
croissante dans certains segments sociétaux de la France contemporaine. Je ne
pense pas qu’en 1998, Jean-Pierre Chevènement avait réfléchi en détail à la
problématique qu’il a initiée en utilisant le terme de « sauvageon ».
Pour autant, au vu des arguments précités, difficile de ne pas lui octroyer un
satisfecit.
samedi 23 février 2013
Musique pour les temps présents...
"Our god weeps", extrait de l'album "Dark side of reason"
Et en effet, notre Dieu aujourd'hui, ne peut que pleurer.
dimanche 17 février 2013
“Misère, misère !”
(1)
par Philippe Delbauvre
Dans le cadre de sa déclaration de politique
générale du 3 juillet 2012, Jean-Marc Ayrault avait annoncé un plan
pluriannuel contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale. Ce dernier a
été officiellement adopté le 21 janvier 2013 lors de la réunion du
Comité interministériel de lutte contre les exclusions (CILE) qui s’est
tenu à Matignon. Ce plan rédigé sur cinquante quatre pages (2) a pour
objectif de faire reculer la pauvreté qui se développe de plus en plus
au sein des sociétés occidentales et en particulier en France. Je ne
cherche pas dans le cadre de cet article à effectuer une critique
objective des mesures annoncées mais plutôt à mettre à la connaissance
de tous l’état des lieux quant à certaines réalités de la société
française contemporaine. Pour autant, il m’a semblé à la lecture de ce
dossier que les mesures préconisées n’étaient pas capables de résorber
ce que l’on a appelé voici une petite vingtaine d’années, la fracture
sociale, qui depuis s’est développée. Ainsi par exemple, la modification
de la loi relative à la mobilisation du foncier public en faveur du
logement et au renforcement des obligations de production de logement
social, ne semble être que de pure forme: s’il est positif de prévoir
une augmentation dans les villes de 20 à 25% des logements sociaux avec
multiplication des amendes par cinq en cas de non respect de cette
exigence, on peut légitimement s’interroger s’il ne s’agit pas là d’un
voeu pieux. L’amende initiale étant assez faible, sa multiplication,
même par cinq, ne suffira pas à changer la donne. Quant à la
construction de nouveaux logements, encore faudrait-il qu’il y ait
suffisamment de terrain...
Les constats effectués sont alarmants. En 2010 c’est 14.1% de la population qui se trouve en situation de pauvreté : c’est donc, un Français sur sept. Le mal logement, selon la fondation abbé Pierre, touche 3.6 millions de personnes. La conférence nationale contre la pauvreté et l’exclusion qui s’est réunie le 10 décembre 2012 a permis de tracer un portrait peu réjouissant de l’actuelle situation. C’est environ un quart des 18/25 ans qui vit sous le seuil de pauvreté ; c’est un tiers des femmes seules avec enfants qui sont dans la même situation. Quant au Rmi/Rsa, il est utile de savoir que depuis 1996 son niveau a augmenté de 3% alors que le le niveau de vie médian augmentait lui durant la même période de 12%. Si l’on effectue une comparaison entre Rmi/Rsa et Smic depuis 1990, le rapport est passé de 49% à 43%. Très récemment, c’est à dire entre 2009 et 2011, le Rsa a perdu 1% de pouvoir d’achat. Le rapport de l’Unicef publié en juin 2012 consacré à la pauvreté des enfants (3) est lui aussi inquiétant. La pauvreté concerne désormais 32.2% des familles monoparentales et 22.7% des familles nombreuses avec au moins trois enfants. Ainsi que l’on peut le constater, les chiffres n’indiquent pas une situation marginale : la France pauvre est désormais une réalité incontournable aujourd’hui. Sans même évoquer la pauvreté, même si bien entendu il y a corellation, ils ont été 46% les Français à ne pas être allés en vacance en 2011. Autre signe majeur, il n’est pas inintéressant de savoir que le taux de non recours au Rsa activité se situe aujourd’hui à 68%. Par voie de conséquence l’idée souvent véhiculée de Français assistés cherchant à profiter au mieux des subventions, même si elle n’est pas totalement erronée, ne tient pas vraiment la route.
On peut donc constater que la dénationalisation, que le désengagement progressif de l’Etat, opérés depuis près d’une trentaine d’années a des conséquences catastrophiques pour beaucoup de nos contemporains ; si encore, le fait était marginal, on pourrait alors accepter la libéralisation au motif qu’elle profiterait à la presque totalité de la nation : tel n’est pas le cas. Le capitalisme est devenu aujourd’hui la plaie majeure dont souffre notre pays. Rappelons aussi que ce modèle économique n’est pas seulement facteur de paupérisation : il est aussi grand pourvoyeur devant l’Eternel d’immigration massive avec pour corollaire une délinquance de plus en plus violente.
Qui oserait encore se dire libéral ?
« Qui veut être riche ne sera pas bon ; qui veut être bon ne sera pas riche. » Mencius, philosophe chinois.
Les constats effectués sont alarmants. En 2010 c’est 14.1% de la population qui se trouve en situation de pauvreté : c’est donc, un Français sur sept. Le mal logement, selon la fondation abbé Pierre, touche 3.6 millions de personnes. La conférence nationale contre la pauvreté et l’exclusion qui s’est réunie le 10 décembre 2012 a permis de tracer un portrait peu réjouissant de l’actuelle situation. C’est environ un quart des 18/25 ans qui vit sous le seuil de pauvreté ; c’est un tiers des femmes seules avec enfants qui sont dans la même situation. Quant au Rmi/Rsa, il est utile de savoir que depuis 1996 son niveau a augmenté de 3% alors que le le niveau de vie médian augmentait lui durant la même période de 12%. Si l’on effectue une comparaison entre Rmi/Rsa et Smic depuis 1990, le rapport est passé de 49% à 43%. Très récemment, c’est à dire entre 2009 et 2011, le Rsa a perdu 1% de pouvoir d’achat. Le rapport de l’Unicef publié en juin 2012 consacré à la pauvreté des enfants (3) est lui aussi inquiétant. La pauvreté concerne désormais 32.2% des familles monoparentales et 22.7% des familles nombreuses avec au moins trois enfants. Ainsi que l’on peut le constater, les chiffres n’indiquent pas une situation marginale : la France pauvre est désormais une réalité incontournable aujourd’hui. Sans même évoquer la pauvreté, même si bien entendu il y a corellation, ils ont été 46% les Français à ne pas être allés en vacance en 2011. Autre signe majeur, il n’est pas inintéressant de savoir que le taux de non recours au Rsa activité se situe aujourd’hui à 68%. Par voie de conséquence l’idée souvent véhiculée de Français assistés cherchant à profiter au mieux des subventions, même si elle n’est pas totalement erronée, ne tient pas vraiment la route.
On peut donc constater que la dénationalisation, que le désengagement progressif de l’Etat, opérés depuis près d’une trentaine d’années a des conséquences catastrophiques pour beaucoup de nos contemporains ; si encore, le fait était marginal, on pourrait alors accepter la libéralisation au motif qu’elle profiterait à la presque totalité de la nation : tel n’est pas le cas. Le capitalisme est devenu aujourd’hui la plaie majeure dont souffre notre pays. Rappelons aussi que ce modèle économique n’est pas seulement facteur de paupérisation : il est aussi grand pourvoyeur devant l’Eternel d’immigration massive avec pour corollaire une délinquance de plus en plus violente.
Qui oserait encore se dire libéral ?
« Qui veut être riche ne sera pas bon ; qui veut être bon ne sera pas riche. » Mencius, philosophe chinois.
| notes |
(2) http://www.gouvernement.fr/sites/default/files/dossier_de_presses/dp-pauvrete_0.pdf
(3) Ce problème de la pauvreté infantile sera probablement étudié dans le cadre d’un prochain article.
Article publié sur Voxnr
dimanche 10 février 2013
Le pourquoi de la chute célère de François Hollande
| par Philippe Delbauvre |
Il ne serait pas bienséant de porter un jugement sur le quinquennat de François Hollande alors que seulement neuf mois se sont écoulés. Je ne rentrerai donc pas dans l’analyse des différentes mesures prises par le gouvernement Ayrault ou des prises de position en matière de diplomatie du président en exercice. Je ne souhaite aujourd’hui qu’à identifier les différents segments de la sociologie électorale sachant qu’ils sont désormais presque deux sur trois, les Français à être mécontents du président de la république et de son gouvernement.
Il faut savoir que l’impopularité actuelle du chef de l’exécutif constitue un record dans l’histoire de la Vème république. Même François Mitterrand qui fut particulièrement rejeté durant son premier mandat, avant la phase de cohabitation, n’était tombé si bas. Ce qui frappe au sujet de François Hollande, c’est la rapidité avec laquelle la chute s’est opérée. Certes, on connait la particularité de la campagne présidentielle de 2012, marquée par une remontée progressive de Nicolas Sarkozy, crédité à l’origine de 40% des voix par les instituts de sondage et finissant à 49%. Par voie de conséquence, on peut en déduire que le désamour des Français pour François Hollande n’est pas tant la conséquence de l’exercice du pouvoir, usure et actions, que la connaissance qu’ont eue progressivement les Français de lui, ce dès la campagne électorale. Bien sur, il serait inutile de nier les qualités de Nicolas Sarkozy en tant que compétiteur, même si c’est le même homme qui connut la disgrâce au point de ne bénéficier que de 40% en début de campagne. Sa remontée fut d’ailleurs telle qu’en extrapolant la courbe des intentions de vote, quelques jours supplémentaires de confrontation, eurent suffi à inverser la tendance. On peut présumer que si François Hollande disposait à l’origine d’un capital de voix aussi important, c’est parce qu’il s’était positionné comme l’opposant majeur à l’ancien président ; nul vote d’adhésion donc puisque plus les Français le connurent, et plus ils le rejetèrent : le processus se poursuit...
Bien sur, le gouvernement influe sur la côte du président de la république. Et on ne peut pas affirmer que la cohérence est toujours été au rendez-vous. Dès lors où deux ministres se contredisent, cela ne peut que donner aux Français, l’impression d’amateurisme, d’incohérence, qui ne siéent pas à ce que l’on peut attendre de la part de dirigeants. Or, et à plusieurs reprises, le fait est advenu. De la même façon, si entre socialistes l’harmonie n’a pas toujours la règle, le parlement et tout particulièrement le Sénat, connaît une fronde interne à la gauche, menée aussi bien par le parti communiste que par le parti de gauche : là encore, l’idée que peuvent se faire les Français d’une majorité quelquefois minoritaire, ne peut être favorable à l’actuel chef de l’Etat.
Si tourmente il existe au sein des caciques de la gauche, il en est de même, et c’est probablement plus grave, en ce qui concerne l’électorat naturel de la gauche. C’est ainsi que parmi les personnes n’ayant pas effectué beaucoup d’études et je songe principalement aux ouvriers, le désaveu est flagrant; les ouvriers ne sont que 34% à avoir une image positive du parti socialiste. On en est donc presque au rapport deux tiers, un tiers. Similairement, même si le désamour est moins prononcé (39%), les plus de 65 ans qui furent les jeunes quadragénaires responsables en partie de la victoire en 1981, font grise mine ; on ne peut pourtant pas dire qu’ils sont à la fête en matière de rémunération, surtout pour ceux qui ont oeuvré dans le secteur privé (900 euros en moyenne de retraite mensuelle). On peut d’ailleurs remarquer qu’ils ne sont aussi que 39% les salariés du privé à avoir une bonne opinion du partie socialiste. Il semblerait donc que de manière générale, on est d’autant plus éloigné du parti socialiste que l’on est en difficulté ou en passe de l’être : contrepied de ce qui était traditionnellement l’électorat de gauche...
Ce contrepied, cette métamorphose, trouve son équivalent puisque c’est au sein du segment non populaire que le parti socialiste conserve une certaine notoriété. Ainsi, les membres des professions intermédiaires ont une bonne image du parti socialiste à 52% ; A proportion à peu près égale (53% ) se situent les diplômés des second et troisième cycles de l’enseignement supérieur. Enfin, et ce n’est pas une surprise, les salariés du secteur public, à hauteur de 53% aussi, sont positifs quant à leur jugement au sujet du parti socialiste.
On comprend donc le pourquoi du choix socialiste des électeurs des grandes villes comme Paris ou Lille sachant que l’opposition entre François Hollande et Nicolas Sarkozy fut aussi celui des villes et des campagnes : l’embourgeoisement progressif de toute une partie de la gauche que l’on peut qualifier de gouvernement. L’augmentation de la pression fiscale municipale ainsi que du montant des loyers a fait fuir des centre-villes un électorat qui constituait naguère l’ancienne gauche, rejeté depuis en banlieue.
On assiste donc à une mue, pas si récente mais désormais flagrante, en matière de sociologie politique puisque ce sont ceux qui, à des degrés divers, subissent moins les affres de la société contemporaine, qui sont maintenant proches d’un parti socialiste devenu au fil du temps, conservateur. Quoi de plus emblématique au demeurant que l’augmentation du Smic limitée à 0.6% après presque vingt cinq ans d’attente pour l’électorat de gauche de l’arrivée au pouvoir d’un président socialiste ?
La conclusion de cette analyse pourrait être l’avenir radieux dont peuvent bénéficier aussi bien le Front National que le Front de gauche. Dans les deux cas, ces deux mouvements peuvent devenir deux pôles majeurs, au point éventuellement que l’Ump et/ou le parti socialiste soient devancés dans le cadre d’échéances électorales à venir. Rappelons que Nicolas Sarkozy n’était crédité que de 40% au début de la campagne, ce qui témoigne pour un président de la république en exercice, d’un net désaveu. Qu’il soit remonté à 49% est probablement imputable à l’irrationalité que génèrent les campagnes ainsi qu’à la fadeur de la candidature Hollande.
Il y a désormais bien longtemps qu’Alain de Benoist avait annoncé que le référentiel centre/périphérie devait être substitué au repère droite/gauche: je crois que nous commençons à assister au vrai changement.
Article publié sur Voxnr
jeudi 7 février 2013
Miracle économique allemand ?
| Par Philippe DELBAUVRE |
La mémoire me fait défaut quant à savoir qui a
déclaré que lorsqu’un homme avait la tête dans la glace et les pieds
dans le feu, son corps était alors à une température statistiquement
moyenne. Ce qu’il faut en retenir, c’est que les chiffres qui
constituent une quantité, ne sont pas toujours appropriés pour décrire
une situation donnée, surtout lorsqu’elle est qualitative.
Que n’a t-on dit et ne dit-on au sujet de ce que l’on a désormais coutume d’appeler le miracle économique allemand ? Cela à tel point que beaucoup envient les données allemandes au point de vouloir appliquer la recette germanique à notre pays, la France. Il est vrai que les chiffres énoncés par les thuriféraires de l’intégrisme économiques plaident, en apparence, pour eux. C’est ainsi que le budget outre-Rhin est presque à l’équilibre, le chômage n’atteint que 6.8% de la population active et que la balance commerciale est excédentaire, à hauteur d’environ 5% du Pib.
Il faut savoir que ces résultats ont un coût : en détail...
Environ un cinquième des salariés touchent moins de 10 euros de l’heure et deux millions d’employés se situent au dessous de six euros. Encore ne s’agit-il aussi que de la partie occidentale (ex-Rfa) de l’Allemagne. La situation dans l’ex-Rda est encore plus catastrophique puisque là bas, un temps complet n’est rémunéré qu’à hauteur de 720 euros par mois. La particularité de l’Allemagne en Europe est de ne pas disposer de salaire minimum imposé par l’Etat. Les avantages sociaux ne sont octroyés que branche par branche, c’est à dire dans le cadre d’entreprises importantes où les négociations entre syndicats et patronat ont pu avoir lieu.
Depuis l’an 2000, c’est à dire une douzaine d’années, le nombre de travailleurs pauvres a augmenté de 2 millions. N’oublions pas l’impact de ce que l’on appelle les 1eurojob, travaux payés...1 euro de l’heure. Dans les faits, les Allemands, sont obligés d’accepter des emplois très peu payés et sous-qualifiés sous peine de perdre leur couverture sociale. Dans certains secteurs, les bas salaires représentent 75% des salariés et de façon générale, ils ne sont que 25%, les Allemands à disposer d’un Cdi. Quant à notre Rsa, qu’ils appellent Hartz IV (374 euros), il existe bien là bas mais touche 5 fois plus de bénéficiaires : représentatif de la détresse nationale en matière sociale. Même l’ascenseur culturel fait défaut puisque seulement 20% des jeunes ont un diplôme plus élevé que leurs parents : résignation ou coût par trop important des études ?
Le plan Hartz IV, élaboré en 2004, a considérablement fait évoluer le marché du travail. Selon le rapport de la conférence sur la pauvreté (Allemagne), 70% des chômeurs allemands disposent d’un revenu inférieur à 952 euros. Or, en dessous de 60% du revenu médian, un individu est dit en risque de pauvreté, et donc en 2010, 70 % des chômeurs allemands étaient en risque de pauvreté. Rappelons qu’ils ne sont que 45% dans l’union européenne et 33% en France.
Quant aux lois Hartz, elles ne peuvent être explicitées dans le cadre d’un seul article, méritant d’ailleurs la constitution d’un dossier. Pour autant, elles ont radicalement changé les codes au sein du monde du travail. A titre d’exemple, les chômeurs de plus d’un an bénéficient de ce qui est appelé « Social Hilfe » qui correspond à notre Rsa. Les chômeurs ont l’obligation d’accepter un travail moins bien rémunéré et en dessous de leur qualification. Existent aussi ce que l’on appelle minijob qui correspond à un temps partiel rémunéré à hauteur de 400 euros par mois mais qui ne permet l’accès ni à l’assurance maladie, ni au droits de retraite et bien évidemment ne permettent l’accès aux allocations chômage. C’est ainsi qu’entre 1999 et 2009, les formes de travail atypiques en Allemagne ont crû de 20%, les minijob de 47%, et l’interim de 134%.
Tous les catégories sont touchées puisque 660 000 retraités allient pension à minijob. On doit savoir que 4 millions de retraités allemands sont menacés de pauvreté. A titre d’exemple et de prospective, en 2030 un travailleur ayant effectué 35 années avec une moyenne de 2500 euros bruts ne touchera pas plus que le minimum vieillesse soit 688 euros par mois. Si on prend en considération le salarié ayant cotisé 40 ans avec un salaire brut de 2200 euros, il percevra lui aussi le minimum vieillesse. On ne doit ignorer que l’obtention de ce minimum vieillesse présuppose impérativement de ne pas être propriétaire ainsi que de ne pas avoir d’épargne. Il ne faut donc pas s’étonner que depuis l’an 2000 les minijobs ont augmenté de plus de 60% chez les plus de 65 ans. On en serait aujourd’hui à 761 000 retraités effectuant un minijob dont 120 000 ont plus de 75 ans. On s’en doutera, ce dispositif ne nuit pas à tout le monde, puisque les entreprises proposant des minijobs ne payent pas de charges...
Le processus est d’autant plus enclenché qu’en 2018, tout salarié devra au moins cotiser une année pour une retraite privée... Il est bon de rappeler que la nouvelle donne sociale est principalement l’oeuvre du chancelier socialiste Gerhard Schröder, qui sera probablement imité par ses homologues socialistes français. Quant à la droite, la dérégulation économique est son rêve avoué ; à l’extrême droite, bien souvent aussi...
Que n’a t-on dit et ne dit-on au sujet de ce que l’on a désormais coutume d’appeler le miracle économique allemand ? Cela à tel point que beaucoup envient les données allemandes au point de vouloir appliquer la recette germanique à notre pays, la France. Il est vrai que les chiffres énoncés par les thuriféraires de l’intégrisme économiques plaident, en apparence, pour eux. C’est ainsi que le budget outre-Rhin est presque à l’équilibre, le chômage n’atteint que 6.8% de la population active et que la balance commerciale est excédentaire, à hauteur d’environ 5% du Pib.
Il faut savoir que ces résultats ont un coût : en détail...
Environ un cinquième des salariés touchent moins de 10 euros de l’heure et deux millions d’employés se situent au dessous de six euros. Encore ne s’agit-il aussi que de la partie occidentale (ex-Rfa) de l’Allemagne. La situation dans l’ex-Rda est encore plus catastrophique puisque là bas, un temps complet n’est rémunéré qu’à hauteur de 720 euros par mois. La particularité de l’Allemagne en Europe est de ne pas disposer de salaire minimum imposé par l’Etat. Les avantages sociaux ne sont octroyés que branche par branche, c’est à dire dans le cadre d’entreprises importantes où les négociations entre syndicats et patronat ont pu avoir lieu.
Depuis l’an 2000, c’est à dire une douzaine d’années, le nombre de travailleurs pauvres a augmenté de 2 millions. N’oublions pas l’impact de ce que l’on appelle les 1eurojob, travaux payés...1 euro de l’heure. Dans les faits, les Allemands, sont obligés d’accepter des emplois très peu payés et sous-qualifiés sous peine de perdre leur couverture sociale. Dans certains secteurs, les bas salaires représentent 75% des salariés et de façon générale, ils ne sont que 25%, les Allemands à disposer d’un Cdi. Quant à notre Rsa, qu’ils appellent Hartz IV (374 euros), il existe bien là bas mais touche 5 fois plus de bénéficiaires : représentatif de la détresse nationale en matière sociale. Même l’ascenseur culturel fait défaut puisque seulement 20% des jeunes ont un diplôme plus élevé que leurs parents : résignation ou coût par trop important des études ?
Le plan Hartz IV, élaboré en 2004, a considérablement fait évoluer le marché du travail. Selon le rapport de la conférence sur la pauvreté (Allemagne), 70% des chômeurs allemands disposent d’un revenu inférieur à 952 euros. Or, en dessous de 60% du revenu médian, un individu est dit en risque de pauvreté, et donc en 2010, 70 % des chômeurs allemands étaient en risque de pauvreté. Rappelons qu’ils ne sont que 45% dans l’union européenne et 33% en France.
Quant aux lois Hartz, elles ne peuvent être explicitées dans le cadre d’un seul article, méritant d’ailleurs la constitution d’un dossier. Pour autant, elles ont radicalement changé les codes au sein du monde du travail. A titre d’exemple, les chômeurs de plus d’un an bénéficient de ce qui est appelé « Social Hilfe » qui correspond à notre Rsa. Les chômeurs ont l’obligation d’accepter un travail moins bien rémunéré et en dessous de leur qualification. Existent aussi ce que l’on appelle minijob qui correspond à un temps partiel rémunéré à hauteur de 400 euros par mois mais qui ne permet l’accès ni à l’assurance maladie, ni au droits de retraite et bien évidemment ne permettent l’accès aux allocations chômage. C’est ainsi qu’entre 1999 et 2009, les formes de travail atypiques en Allemagne ont crû de 20%, les minijob de 47%, et l’interim de 134%.
Tous les catégories sont touchées puisque 660 000 retraités allient pension à minijob. On doit savoir que 4 millions de retraités allemands sont menacés de pauvreté. A titre d’exemple et de prospective, en 2030 un travailleur ayant effectué 35 années avec une moyenne de 2500 euros bruts ne touchera pas plus que le minimum vieillesse soit 688 euros par mois. Si on prend en considération le salarié ayant cotisé 40 ans avec un salaire brut de 2200 euros, il percevra lui aussi le minimum vieillesse. On ne doit ignorer que l’obtention de ce minimum vieillesse présuppose impérativement de ne pas être propriétaire ainsi que de ne pas avoir d’épargne. Il ne faut donc pas s’étonner que depuis l’an 2000 les minijobs ont augmenté de plus de 60% chez les plus de 65 ans. On en serait aujourd’hui à 761 000 retraités effectuant un minijob dont 120 000 ont plus de 75 ans. On s’en doutera, ce dispositif ne nuit pas à tout le monde, puisque les entreprises proposant des minijobs ne payent pas de charges...
Le processus est d’autant plus enclenché qu’en 2018, tout salarié devra au moins cotiser une année pour une retraite privée... Il est bon de rappeler que la nouvelle donne sociale est principalement l’oeuvre du chancelier socialiste Gerhard Schröder, qui sera probablement imité par ses homologues socialistes français. Quant à la droite, la dérégulation économique est son rêve avoué ; à l’extrême droite, bien souvent aussi...
Article publié sur Voxnr
dimanche 3 février 2013
Confiteor
Par Philippe Delbauvre
Voici un peu plus de deux ans que Marine le Pen se
trouve au commande du Front national suite à une campagne qui s’écoula
durant le dernier trimestre de l’année 2010. En matière de pourcentage,
elle obtint un résultat similaire, pour les signatures des secrétaires
départementaux ainsi que pour les suffrages des militants. A l’époque,
c’est un euphémisme, je n’approuvais pas l’appui qu’apporta à Marine la
structure à laquelle j’appartenais, à savoir Voxnr. Je le fis savoir à
Christian Bouchet par l’intermédiaire d’un courriel qui fut probablement
celui que j’ai le plus travaillé dans mon existence.
La campagne fut l’objet de nombreux dérapages et la mauvaise foi s’est par trop souvent manifestée. Justement pas par les deux protagonistes principaux mais plutôt par des individus soucieux d’envenimer les débats en faisant souvent preuve de méchanceté : la passion, au sens où la définissent les philosophes, pris l’ascendant sur la raison. Avec cette idée d’un comique surréaliste qu’une victoire des tenants de l’autre camp deviendrait de facto une catastrophe nationale.
Deux ans ont donc passé et l’on en trouve encore, peu certes, pour critiquer encore de façon systématique et caricaturale, l’actuelle direction du Front national. En ce qui me concerne, de manière quelque peu infantile, j’ai boudé, considérant que la structure à laquelle j’appartenais, se devait de maintenir ce que l’on a coutume d’appeler, un splendide isolement. Bien évidemment, et contrairement à d’autres, je me suis bien gardé de salir ce que j’avais auparavant célébré. Comme un enfant donc, confronté à des adultes qui ignorent ce qu’il faut bien appeler un caprice, je revins progressivement sur la scène politique, qu’au demeurant, je n’avais jamais réellement quittée : je n’allais tout de même pas stopper un engagement de plus de trente ans. Les communistes ne m’ayant pas fait reculer naguère, je n’allais pas fuir aujourd’hui devant les tradesmen.
La difficulté qu’éprouvent les Français à voter Front national est probablement la conséquence de la diabolisation connue de tous. Il suffit à cet égard d’observer et d’écouter le journaliste pour savoir que son attitude diffère selon qu’il interroge un invité labellisé Front national ou un autre. Au delà des chiffres qui doivent être interprétés, on constate que les électeurs du Front national ne sont pas toujours les mêmes et que le mouvement ratisse de plus en plus large. A titre d’exemple, les fonctionnaires issus de la catégorie C, sont désormais électeurs du Front. Or, ce qui me semble essentiel, c’est que le pas soit franchi, que le tabou soit levé : dès lors où un Français a voté, ne serait-ce qu’une fois pour le Front, il n’hésitera plus à recommencer.
Il y a, pour les tenants du Système, vocation à s’inquiéter encore davantage :
1/ Le traditionnel état de grâce n’a pas eu vraiment lieu et c’est donc toute une partie de l’électorat de gauche qui manifeste sa colère, y compris par l’intermédiaire de sénateurs qui n’hésitent plus désormais à faire obstruction : fracture au sein de la majorité qui se concrétisera probablement dans les urnes lors des prochaines élections.
2/ De part son positionnement « ni droite, ni gauche », le Front national déstabilise et la gauche et la droite. La gauche, parce qu’une grande partie de son électorat se définit avant tout par son opposition à la droite, le Front national leur apparaissant différent de l’Ump : un électorat de gauche donc, susceptible de rejoindre la mouvance nationale. La droite, quant à elle, malgré ses tentatives de séduction afin d’obtenir du Front qu’il lui assure les victoires lors des seconds tours à venir, n’est pas dans une situation plus réjouissante. A titre d’exemple, en refusant de s’aligner sur les positions de l’Ump en matière de mariage pour tous, Marine le Pen a montré, une fois de plus, que le Front et la droite, ce n’était nullement la même chose. Les Français l’ont compris.
3/ Ainsi que l’écrivait Alain de Benoist, l’ancien repère droite/gauche doit maintenant être remplacé par le référentiel centre/périphérie. Par centre, il faut bien sur comprendre les différents partis qui pratiquent la même politique, comme l’Ump, le parti socialiste ou le centre stricto sensu. Et des électeurs déçus, issus de la gauche comme de la droite, il y en a de plus en plus. Fatalement, on peut donc s’attendre lors de prochaines échéances à une poussée des deux fronts, celui qui se qualifie de gauche, et celui qui est national.
4/ Marx faisait remarquer que pour connaître l’avenir d’un pays capitaliste, il suffisait d’en considérer un autre à un stade plus avancé. Doux euphémisme, les perspectives ne sont pas bonnes (1). Par voie de conséquence, les gouvernements, qu’ils soient de gauche ou de droite, susciteront l’impopularité, sachant que c’est la structure même du Système qui impose la mise au pas : il faudra donc, et nous allons les y aider, que les Français comprennent que le problème n’est pas le fait du chauffeur mais du véhicule.
Je pense aujourd’hui que l’ennemi majeur n’est pas le segment qui s’autoqualifie de gauche mais bien la structure qui s’affuble du terme de droite. Longtemps le danger fut communiste, idéologie que l’on est bien obligé de classer à gauche. Aujourd’hui, c’est le capitalisme qui est principalement destructeur, y compris dans le cadre de son versant politique que l’on peut appeler individualisme. Même s’il est aussi propagé par des mouvements de gauche, le capitalisme ne peut donc être estampillé qu’à droite. Les soviets n’étant plus, reste les trusts...
La campagne fut l’objet de nombreux dérapages et la mauvaise foi s’est par trop souvent manifestée. Justement pas par les deux protagonistes principaux mais plutôt par des individus soucieux d’envenimer les débats en faisant souvent preuve de méchanceté : la passion, au sens où la définissent les philosophes, pris l’ascendant sur la raison. Avec cette idée d’un comique surréaliste qu’une victoire des tenants de l’autre camp deviendrait de facto une catastrophe nationale.
Deux ans ont donc passé et l’on en trouve encore, peu certes, pour critiquer encore de façon systématique et caricaturale, l’actuelle direction du Front national. En ce qui me concerne, de manière quelque peu infantile, j’ai boudé, considérant que la structure à laquelle j’appartenais, se devait de maintenir ce que l’on a coutume d’appeler, un splendide isolement. Bien évidemment, et contrairement à d’autres, je me suis bien gardé de salir ce que j’avais auparavant célébré. Comme un enfant donc, confronté à des adultes qui ignorent ce qu’il faut bien appeler un caprice, je revins progressivement sur la scène politique, qu’au demeurant, je n’avais jamais réellement quittée : je n’allais tout de même pas stopper un engagement de plus de trente ans. Les communistes ne m’ayant pas fait reculer naguère, je n’allais pas fuir aujourd’hui devant les tradesmen.
La difficulté qu’éprouvent les Français à voter Front national est probablement la conséquence de la diabolisation connue de tous. Il suffit à cet égard d’observer et d’écouter le journaliste pour savoir que son attitude diffère selon qu’il interroge un invité labellisé Front national ou un autre. Au delà des chiffres qui doivent être interprétés, on constate que les électeurs du Front national ne sont pas toujours les mêmes et que le mouvement ratisse de plus en plus large. A titre d’exemple, les fonctionnaires issus de la catégorie C, sont désormais électeurs du Front. Or, ce qui me semble essentiel, c’est que le pas soit franchi, que le tabou soit levé : dès lors où un Français a voté, ne serait-ce qu’une fois pour le Front, il n’hésitera plus à recommencer.
Il y a, pour les tenants du Système, vocation à s’inquiéter encore davantage :
1/ Le traditionnel état de grâce n’a pas eu vraiment lieu et c’est donc toute une partie de l’électorat de gauche qui manifeste sa colère, y compris par l’intermédiaire de sénateurs qui n’hésitent plus désormais à faire obstruction : fracture au sein de la majorité qui se concrétisera probablement dans les urnes lors des prochaines élections.
2/ De part son positionnement « ni droite, ni gauche », le Front national déstabilise et la gauche et la droite. La gauche, parce qu’une grande partie de son électorat se définit avant tout par son opposition à la droite, le Front national leur apparaissant différent de l’Ump : un électorat de gauche donc, susceptible de rejoindre la mouvance nationale. La droite, quant à elle, malgré ses tentatives de séduction afin d’obtenir du Front qu’il lui assure les victoires lors des seconds tours à venir, n’est pas dans une situation plus réjouissante. A titre d’exemple, en refusant de s’aligner sur les positions de l’Ump en matière de mariage pour tous, Marine le Pen a montré, une fois de plus, que le Front et la droite, ce n’était nullement la même chose. Les Français l’ont compris.
3/ Ainsi que l’écrivait Alain de Benoist, l’ancien repère droite/gauche doit maintenant être remplacé par le référentiel centre/périphérie. Par centre, il faut bien sur comprendre les différents partis qui pratiquent la même politique, comme l’Ump, le parti socialiste ou le centre stricto sensu. Et des électeurs déçus, issus de la gauche comme de la droite, il y en a de plus en plus. Fatalement, on peut donc s’attendre lors de prochaines échéances à une poussée des deux fronts, celui qui se qualifie de gauche, et celui qui est national.
4/ Marx faisait remarquer que pour connaître l’avenir d’un pays capitaliste, il suffisait d’en considérer un autre à un stade plus avancé. Doux euphémisme, les perspectives ne sont pas bonnes (1). Par voie de conséquence, les gouvernements, qu’ils soient de gauche ou de droite, susciteront l’impopularité, sachant que c’est la structure même du Système qui impose la mise au pas : il faudra donc, et nous allons les y aider, que les Français comprennent que le problème n’est pas le fait du chauffeur mais du véhicule.
Je pense aujourd’hui que l’ennemi majeur n’est pas le segment qui s’autoqualifie de gauche mais bien la structure qui s’affuble du terme de droite. Longtemps le danger fut communiste, idéologie que l’on est bien obligé de classer à gauche. Aujourd’hui, c’est le capitalisme qui est principalement destructeur, y compris dans le cadre de son versant politique que l’on peut appeler individualisme. Même s’il est aussi propagé par des mouvements de gauche, le capitalisme ne peut donc être estampillé qu’à droite. Les soviets n’étant plus, reste les trusts...
| notes |
jeudi 31 janvier 2013
Espérer, c’est démentir l’avenir ?
(1) Pas si sur...
Par Philippe DELBAUVRE
Je ne sais le pourquoi de mes plus de trente ans d’engagement politique. On peut d’ailleurs se questionner en se demandant si ce que l’on pense ne nie pas ce que l’on ressent. Je crois que si d’aventure j’avais mis en jachère l’intellect au profit de mon instinct, j’eus alors abandonné le marais politicien au profit d’un hédonisme bien conforme à l’époque.
Le comportement des Français continue toujours de me surprendre, et ce plus de trente ans après. Ainsi par exemple, le fait que Dupont continue de se positionner par rapport au référentiel gauche/droite alors que simultanément, il affirme bien souvent que les équipes ministérielles changent mais que la politique suivie reste la même. Pourquoi donc ne tire t-il pas la conclusion qui, pourtant, s’impose, en s’en allant arpenter d’autres segments politiques ?
Je sais par l’intermédiaire de mes lectures en psychologie sociale (2) que le peuple éprouve de grandes difficultés à assimiler une nouvelle idée. Je sais aussi, en raison des mêmes lectures, qu’une fois l’idée admise, il devient alors extrêmement difficile de la faire sortir, même si nécessité s’impose. D’où peut être le pourquoi des engagements, ne serait-ce que verbaux, aussi bien à droite qu’à gauche.
Pourtant, des signes il y en a ; ainsi l’augmentation du Smic limitée à 0.5%. Ainsi les coupes budgétaires à hauteur de plusieurs dizaines de milliards. Ainsi, toujours la guerre, cette fois ci au Mali, qui va s’additionner avec celles de l’Afghanistan ou de l’Irak. On pourrait aussi évoquer, formule oxymorique, le mariage homosexuel, ou le droit de vote à accorder aux étrangers : dans les deux cas, malgré les rodomontades du gouvernement dit de gauche, on perçoit très bien qu’il n’est pas à la fête et que rien n’est joué. Bien évidemment, on peut être de gauche, telle qu’elle était en 1981. Non seulement les discours étaient martiaux, mais de plus on peut considérer qu’à l’époque, les actes suivirent les paroles. C’est la raison pour laquelle à mes yeux, un individu qui était de gauche à cette époque, et qui l’est encore aujourd’hui, ne peut plus désormais apporter son soutien à l’actuel gouvernement. Peu m’importe de savoir à qui bénéficiera son suffrage, mais cela ne pourra l’être qu’à une structure située à la gauche du parti socialiste et non pour le Ps lui même.
René Rémond (3), quant à lui, avait distingué la droite par l’intermédiaire de trois courants qu’il qualifia de légimiste, bonapartiste et orléaniste. La terminologie adoptée ne m’a jamais séduit sachant que dans deux cas, il existe un sous-entendu dynastique qui ne fait pas sens. Il eut été peut être plus pertinent d’évoquer les droites libérale, bonapartiste et réactionnaire. Toujours soucieux des faits, conséquence de mes premières études qui furent scientifiques, je constate qu’aujourd’hui deux de ces trois droites sont presque mortes : ainsi, la Réaction (ou contre-révolution) , malgré des militants zélés ne touchent plus le peuple. Quant au bonapartisme originel dans le cadre de la Vème république, c’est à dire le gaullisme, il n’est pas impossible qu’il ne soit mort avec le Général, Georges Pompidou ayant durant son quinquennat, marqué une involution qui ouvrit le pouvoir à Valéry Giscard d’Estaing. Assez paradoxalement, le bonapartisme était aussi présent à gauche (4), les spécialistes de ce sujet, évoquant que l’une des trois gauches pouvait être qualifiée de nationale et républicaine (5). Là encore, l’influence de cette gauche au sein du parti socialiste est devenue dérisoire avec le temps.
Dans de telles conditions, il n’est pas difficile de constater que les partis de gouvernement que sont le parti socialiste ainsi que l’Ump sont issus de la même matrice libérale, ce qui explique à ceux qui en sont quelquefois surpris, que nécessairement la même politique soit menée. Quant au centre, sachant qu’il aime à claironner via ses chefs de file qu’il se situe entre les deux grands partis, il n’est pas bien difficile de comprendre que, localisé entre deux structures très proches, il ne peut constituer une alternative puisque confondu par définition avec ses deux dernières.
Pourtant, il ne faudrait pas pour autant penser que la messe est dite ; à titre d’exemple, on peut presque considérer que François Hollande n’a pas connu ce que l’on a coutume d’appeler l’état de grâce. Et, de plus, il semblerait que les problèmes soient davantage devant que derrière ; à titre d’exemple, la réforme des retraites pourtant votée assez récemment par le gouvernement Fillon va devoir être actualisée : que vont alors penser les Français de l’obligation de cotiser plus longtemps avec probablement un départ à la retraite différé, le tout pour une pension assez modique ? On a beaucoup glosé au sujet des deux crises, économique et financière, qui ont marqué le début du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Pourtant, on sait aujourd’hui, chiffre à l’appui, qu’elles n’ont frappé que le premier et le dernier décile. Qu’adviendrait-il si d’aventure, les Français dans leur majorité venaient, en l’espace de quelques mois, voir diminuer leur pouvoir d’achat de 10 à 20 %, alors même que les fins de mois aujourd’hui sont déjà assez pénibles pour beaucoup ? Il va de soi que je sais pertinemment que les sévices économiques imposés aussi bien aux Grecs qu’aux Portugais n’ont pas entrainé de réactions violentes. C’est oublier, Valéry Giscard d’Estaing vient de le rappeler, que les Français constituent un peuple difficile à gouverner probablement parce qu’imprévisible. C’est oublier aussi qu’une bille lancée sur une table semble avoir toujours le même mouvement, ce jusqu’au moment où elle atteint l’extrémité. Ce n’est donc pas, au motif que les peuples occidentaux n’ont, pour l’instant, pas mené la vie dure à leurs gouvernements, qu’il en sera toujours ainsi.
« C'est quand on n'a plus d'espoir qu'il ne faut désespérer de rien. » (6)
Par Philippe DELBAUVRE
Je ne sais le pourquoi de mes plus de trente ans d’engagement politique. On peut d’ailleurs se questionner en se demandant si ce que l’on pense ne nie pas ce que l’on ressent. Je crois que si d’aventure j’avais mis en jachère l’intellect au profit de mon instinct, j’eus alors abandonné le marais politicien au profit d’un hédonisme bien conforme à l’époque.
Le comportement des Français continue toujours de me surprendre, et ce plus de trente ans après. Ainsi par exemple, le fait que Dupont continue de se positionner par rapport au référentiel gauche/droite alors que simultanément, il affirme bien souvent que les équipes ministérielles changent mais que la politique suivie reste la même. Pourquoi donc ne tire t-il pas la conclusion qui, pourtant, s’impose, en s’en allant arpenter d’autres segments politiques ?
Je sais par l’intermédiaire de mes lectures en psychologie sociale (2) que le peuple éprouve de grandes difficultés à assimiler une nouvelle idée. Je sais aussi, en raison des mêmes lectures, qu’une fois l’idée admise, il devient alors extrêmement difficile de la faire sortir, même si nécessité s’impose. D’où peut être le pourquoi des engagements, ne serait-ce que verbaux, aussi bien à droite qu’à gauche.
Pourtant, des signes il y en a ; ainsi l’augmentation du Smic limitée à 0.5%. Ainsi les coupes budgétaires à hauteur de plusieurs dizaines de milliards. Ainsi, toujours la guerre, cette fois ci au Mali, qui va s’additionner avec celles de l’Afghanistan ou de l’Irak. On pourrait aussi évoquer, formule oxymorique, le mariage homosexuel, ou le droit de vote à accorder aux étrangers : dans les deux cas, malgré les rodomontades du gouvernement dit de gauche, on perçoit très bien qu’il n’est pas à la fête et que rien n’est joué. Bien évidemment, on peut être de gauche, telle qu’elle était en 1981. Non seulement les discours étaient martiaux, mais de plus on peut considérer qu’à l’époque, les actes suivirent les paroles. C’est la raison pour laquelle à mes yeux, un individu qui était de gauche à cette époque, et qui l’est encore aujourd’hui, ne peut plus désormais apporter son soutien à l’actuel gouvernement. Peu m’importe de savoir à qui bénéficiera son suffrage, mais cela ne pourra l’être qu’à une structure située à la gauche du parti socialiste et non pour le Ps lui même.
René Rémond (3), quant à lui, avait distingué la droite par l’intermédiaire de trois courants qu’il qualifia de légimiste, bonapartiste et orléaniste. La terminologie adoptée ne m’a jamais séduit sachant que dans deux cas, il existe un sous-entendu dynastique qui ne fait pas sens. Il eut été peut être plus pertinent d’évoquer les droites libérale, bonapartiste et réactionnaire. Toujours soucieux des faits, conséquence de mes premières études qui furent scientifiques, je constate qu’aujourd’hui deux de ces trois droites sont presque mortes : ainsi, la Réaction (ou contre-révolution) , malgré des militants zélés ne touchent plus le peuple. Quant au bonapartisme originel dans le cadre de la Vème république, c’est à dire le gaullisme, il n’est pas impossible qu’il ne soit mort avec le Général, Georges Pompidou ayant durant son quinquennat, marqué une involution qui ouvrit le pouvoir à Valéry Giscard d’Estaing. Assez paradoxalement, le bonapartisme était aussi présent à gauche (4), les spécialistes de ce sujet, évoquant que l’une des trois gauches pouvait être qualifiée de nationale et républicaine (5). Là encore, l’influence de cette gauche au sein du parti socialiste est devenue dérisoire avec le temps.
Dans de telles conditions, il n’est pas difficile de constater que les partis de gouvernement que sont le parti socialiste ainsi que l’Ump sont issus de la même matrice libérale, ce qui explique à ceux qui en sont quelquefois surpris, que nécessairement la même politique soit menée. Quant au centre, sachant qu’il aime à claironner via ses chefs de file qu’il se situe entre les deux grands partis, il n’est pas bien difficile de comprendre que, localisé entre deux structures très proches, il ne peut constituer une alternative puisque confondu par définition avec ses deux dernières.
Pourtant, il ne faudrait pas pour autant penser que la messe est dite ; à titre d’exemple, on peut presque considérer que François Hollande n’a pas connu ce que l’on a coutume d’appeler l’état de grâce. Et, de plus, il semblerait que les problèmes soient davantage devant que derrière ; à titre d’exemple, la réforme des retraites pourtant votée assez récemment par le gouvernement Fillon va devoir être actualisée : que vont alors penser les Français de l’obligation de cotiser plus longtemps avec probablement un départ à la retraite différé, le tout pour une pension assez modique ? On a beaucoup glosé au sujet des deux crises, économique et financière, qui ont marqué le début du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Pourtant, on sait aujourd’hui, chiffre à l’appui, qu’elles n’ont frappé que le premier et le dernier décile. Qu’adviendrait-il si d’aventure, les Français dans leur majorité venaient, en l’espace de quelques mois, voir diminuer leur pouvoir d’achat de 10 à 20 %, alors même que les fins de mois aujourd’hui sont déjà assez pénibles pour beaucoup ? Il va de soi que je sais pertinemment que les sévices économiques imposés aussi bien aux Grecs qu’aux Portugais n’ont pas entrainé de réactions violentes. C’est oublier, Valéry Giscard d’Estaing vient de le rappeler, que les Français constituent un peuple difficile à gouverner probablement parce qu’imprévisible. C’est oublier aussi qu’une bille lancée sur une table semble avoir toujours le même mouvement, ce jusqu’au moment où elle atteint l’extrémité. Ce n’est donc pas, au motif que les peuples occidentaux n’ont, pour l’instant, pas mené la vie dure à leurs gouvernements, qu’il en sera toujours ainsi.
« C'est quand on n'a plus d'espoir qu'il ne faut désespérer de rien. » (6)
| notes |
(2) Conscience de soi et régulations individuelles et sociales - Laurent Auzoult Chagnault - Dunod – 2012.
(3) La Droite en France de 1815 à nos jours. Continuité et diversité d'une tradition politique – René Rémond – Aubier – 1954 – (Nombreuses rééditions et actualisations). Il est utile de lire aussi, sur le même sujet: Histoire des droites en France (direction), Jean-François Sirinelli, nouvelle édition, Éditions Gallimard, coll. « Tel » (ISSN 0339-8560) nº 342-344, Paris, 2006 (1re éd. 1993), 3 vol.
(4) Bien des compagnons très proches du général de Gaulle sont issus de la gauche : Malraux, d'Astier de La Vigerie, ...
(5) Michel Debré n’hésita pas à déclarer que Jean-Pierre Chevènement était son petit fils Spirituel.
(6) Sénèque - Médéa
Article publié sur Voxnr
La politique et ses méandres...
| Par Philippe DELBAUVRE |
Marx faisait remarquer en son temps que si les
hommes faisaient l’histoire, ils ne savaient pas l’histoire qu’ils
faisaient. S’il était possible d’algébriser la politique, ce serait
probablement par l’intermédiaire des mathématiques du chaos ou des
équations de la turbulence. Auquel cas, c’est à un système non fermé,
c’est à dire à un ensemble d’équations moins nombreuses que le nombre
d’inconnues que nous serions confrontés : irrésoluble. Il est tant de
paramètres qu’il est humainement impossible de tous les prendre en
compte. Spinoza, quant à lui, contestait le libre arbitre pour de
nombreuses raisons ; à titre d’exemple, il considérait que l’homme y
croyant, le faisait parce qu’il avait une opinion bien trop haute de
lui-même : infatuation. Spinoza, aussi, considérait que si, par exemple,
nous étions confrontés à trois choix, nous choisirions alors, celui qui
nous semblerait au présent le meilleur. Cependant, ce à quoi mène
chacune de ces trois voies sur le long terme, nous ne le savons pas. Par
voie de conséquence, il nous est impossible de savoir exactement
laquelle de ces trois voies est réellement la meilleure. Après tout,
Maurras, qu’on l’apprécie ou non, fustigeait la politique du pire ; or,
force est de constater que le pis en 1939 était d’oeuvrer pour la
victoire allemande qui finit pourtant par advenir. Et Maurras alors de
célébrer ce qu’il appela la divine surprise...
C’est ainsi qu’à moins de faire preuve d’autisme, récitant un cathéchisme appris par coeur comme le font le plus souvent les militants d’extrême gauche – Le communisme est grand et Marx est son prophète - , il est particulièrement difficile de choisir une voie de façon à obtenir, politiquement, ce que nous souhaitons. Ainsi, fallait-il faire voter Hollande, Sarkozy, ou rester indifférents, lors du second tour des élections présidentielles, cela, nous ne le savons. Il est un aspect de la politique suivie en occident dont on ne peut pourtant douter : bien des voyants sont désormais au rouge. Ainsi par exemple, la paupérisation va croissant. Ainsi, les Etats Unis, s’ils n’ont pas été proclamés en situation de banqueroute, ne le doivent qu’au statut très particulier du dollar. Autre aspect, l’occident est désormais en recul ; encore une fois pour des raisons économiques, mais aussi en terme d’engagement militaire. En l’espace d’une dizaine d’années, on a vu l’occident chuter. Ainsi en Afghanistan où l’échec est patent. Ainsi en Irak, pays dont les occidentaux n’ont su faire une démocratie libérale. Ainsi en Syrie, même si la messe n’est pas encore dite, où la tentative de déstabilisation a échoué. Il n’est donc pas impossible, même si nos contemporains dans leur majorité ne le perçoivent pas, que nous assistons à une modification radicale de la localisation du centre de gravité mondial.
Ceux qui sont de ma génération (un demi-siècle) et qui appartiennent à ce que l’on appelle souvent la mouvance ont vu leur jeunesse monopolisée par l’affrontement entre Est et Ouest. L’impérialisme communiste, depuis 1917, fut une réalité qu’on ne pouvait contester. Je me souviens d’ailleurs qu’étudiant, j’avais affiché sur le mur situé devant mon bureau de travail, une carte du monde dont j’avais colorié au feutre en rouge les pays tombés dans l’escarcelle que l’on imagine, avec en noir la date correspondante. L’idée qui prévalait à l’époque, était que le monde allait nécessairement tomber entre les mains d’un des deux protagonistes. On sait ce qu’il advint : à partir de 1990, ce fut fini, et du mur de Berlin, et plus généralement du rideau de fer. Et les analystes de proclamer la victoire définitive de l’occident, au point que Fukuyama n’hésita pas à postuler la fin de l’histoire. C’était il y a une vingtaine d’années et depuis, il faut bien avouer que l’histoire s’est vengée. Afghanistan, Irak, Syrie bien sur, mais aussi alliance objective entre pays pourtant différents idéologiquement comme par exemple la Russie, le Venezuela, l’Iran, la Syrie ou la Chine : est-on bien certain dans de telles conditions que l’opposition Est/Ouest est aujourd’hui dépassée ? Rien ne me semble moins sur... La chance qu’ont désormais les opposants au Système combattu, c’est donc de pouvoir compter sur certains pays qui, même si on n’est nullement obligés d’acquiescer à l’idéologie qu’ils véhiculent, font opposition à l’établissement d’un nouvel ordre mondial étendu à l’échelle planétaire, dont on peut assez facilement prévoir, que sans aucune opposition extérieure, il aurait vocation à devenir totalitaire.
Bien évidemment, par occident, je n’appelle ni la féodalité pour laquelle j’ai toujours eu de la sympathie, ni les ordres de chevalerie sachant les valeurs qu’ils véhiculaient. Je vois l’occident, et notamment son maître d’oeuvre, les Etats Unis, tel qu’il est et non tel que je souhaiterais qu’il soit.
Je ne veux nullement embarrasser le lecteur en évoquant les subtilités de la pensée hegelienne – la phénoménologie de l’esprit m’apparaissant autrement plus complexe que la critique de la raison pure – mais il est un point de vue chez ce penseur du début du XIX ème siècle qui n’est pas inintéressant. Bien avant Spengler avec son déclin de l’occident, bien avant Paul Valery indiquant que les civilisations sont elles aussi mortelles, Hegel considère que le processus historique est mû successivement par certains pays qui, lorsqu’ils ont atteint leur acmé, constituent le moteur de l’histoire, avant de retomber dans l’anonymat : qui méconnaît les V ème et IV ème siècle grecs ? Qu’est ce que la Grèce aujourd’hui ? Aussi bien le Portugal que les Pays bas, à l’époque appelés Provinces Unies, ont été des acteurs majeurs à leur grande époque, cela à l’échelle planétaire. Qui se soucie d’eux aujourd’hui ?
Je comprends très bien que ma prose peut embarrasser ceux là même qui ne jurent que par la France et l’Europe, personnalités dont je suis bien entendu proche, bien esseulées au milieu de Français ou d’Européens qui n’ont que faire des intérêts supérieurs. Très franchement, je suis entièrement convaincu qu’on ne fait pas l’histoire avec des consommateurs. Et Dieu merci qu’il en soit ainsi ! Les viets partis à l’assaut de Dien Bien Phu évoluaient pieds nus et peu nourris. Les Palestiniens ne disposent nullement d’une armée moderne. Seule la Foi, ou l’Esprit pour reprendre Hegel, peuvent faire la différence.
En conséquence, j’estime que ceux qui se réclament de l’opposition radicale, se doivent d’apporter leur soutien aux quelques pays dont on sait qu’ils sont peu nombreux, notamment la Russie. Je suis persuadé que les océans indien et pacifique remplaceront dans les prochaines décennies l’atlantique. Je pense que le continent de demain sera l’Asie, là où justement la Russie a accès. Accrochons donc notre wagon à Saint Pétersbourg afin de nous régénérer et de nous offrir un avenir digne de ce nom. Quant à ceux qui refuseraient de s’investir au profit des quelques pays présentant une alternative au motif qu’ils ne coïncident pas avec leur culte d’une certaine histoire très ponctuelle, d’ailleurs qu’ils n’ont pas même connue, et qui est désormais obsolète, laissons les se comporter en enfants gâtés qu’ils sont ; d’ailleurs le ménage a été fait...
C’est ainsi qu’à moins de faire preuve d’autisme, récitant un cathéchisme appris par coeur comme le font le plus souvent les militants d’extrême gauche – Le communisme est grand et Marx est son prophète - , il est particulièrement difficile de choisir une voie de façon à obtenir, politiquement, ce que nous souhaitons. Ainsi, fallait-il faire voter Hollande, Sarkozy, ou rester indifférents, lors du second tour des élections présidentielles, cela, nous ne le savons. Il est un aspect de la politique suivie en occident dont on ne peut pourtant douter : bien des voyants sont désormais au rouge. Ainsi par exemple, la paupérisation va croissant. Ainsi, les Etats Unis, s’ils n’ont pas été proclamés en situation de banqueroute, ne le doivent qu’au statut très particulier du dollar. Autre aspect, l’occident est désormais en recul ; encore une fois pour des raisons économiques, mais aussi en terme d’engagement militaire. En l’espace d’une dizaine d’années, on a vu l’occident chuter. Ainsi en Afghanistan où l’échec est patent. Ainsi en Irak, pays dont les occidentaux n’ont su faire une démocratie libérale. Ainsi en Syrie, même si la messe n’est pas encore dite, où la tentative de déstabilisation a échoué. Il n’est donc pas impossible, même si nos contemporains dans leur majorité ne le perçoivent pas, que nous assistons à une modification radicale de la localisation du centre de gravité mondial.
Ceux qui sont de ma génération (un demi-siècle) et qui appartiennent à ce que l’on appelle souvent la mouvance ont vu leur jeunesse monopolisée par l’affrontement entre Est et Ouest. L’impérialisme communiste, depuis 1917, fut une réalité qu’on ne pouvait contester. Je me souviens d’ailleurs qu’étudiant, j’avais affiché sur le mur situé devant mon bureau de travail, une carte du monde dont j’avais colorié au feutre en rouge les pays tombés dans l’escarcelle que l’on imagine, avec en noir la date correspondante. L’idée qui prévalait à l’époque, était que le monde allait nécessairement tomber entre les mains d’un des deux protagonistes. On sait ce qu’il advint : à partir de 1990, ce fut fini, et du mur de Berlin, et plus généralement du rideau de fer. Et les analystes de proclamer la victoire définitive de l’occident, au point que Fukuyama n’hésita pas à postuler la fin de l’histoire. C’était il y a une vingtaine d’années et depuis, il faut bien avouer que l’histoire s’est vengée. Afghanistan, Irak, Syrie bien sur, mais aussi alliance objective entre pays pourtant différents idéologiquement comme par exemple la Russie, le Venezuela, l’Iran, la Syrie ou la Chine : est-on bien certain dans de telles conditions que l’opposition Est/Ouest est aujourd’hui dépassée ? Rien ne me semble moins sur... La chance qu’ont désormais les opposants au Système combattu, c’est donc de pouvoir compter sur certains pays qui, même si on n’est nullement obligés d’acquiescer à l’idéologie qu’ils véhiculent, font opposition à l’établissement d’un nouvel ordre mondial étendu à l’échelle planétaire, dont on peut assez facilement prévoir, que sans aucune opposition extérieure, il aurait vocation à devenir totalitaire.
Bien évidemment, par occident, je n’appelle ni la féodalité pour laquelle j’ai toujours eu de la sympathie, ni les ordres de chevalerie sachant les valeurs qu’ils véhiculaient. Je vois l’occident, et notamment son maître d’oeuvre, les Etats Unis, tel qu’il est et non tel que je souhaiterais qu’il soit.
Je ne veux nullement embarrasser le lecteur en évoquant les subtilités de la pensée hegelienne – la phénoménologie de l’esprit m’apparaissant autrement plus complexe que la critique de la raison pure – mais il est un point de vue chez ce penseur du début du XIX ème siècle qui n’est pas inintéressant. Bien avant Spengler avec son déclin de l’occident, bien avant Paul Valery indiquant que les civilisations sont elles aussi mortelles, Hegel considère que le processus historique est mû successivement par certains pays qui, lorsqu’ils ont atteint leur acmé, constituent le moteur de l’histoire, avant de retomber dans l’anonymat : qui méconnaît les V ème et IV ème siècle grecs ? Qu’est ce que la Grèce aujourd’hui ? Aussi bien le Portugal que les Pays bas, à l’époque appelés Provinces Unies, ont été des acteurs majeurs à leur grande époque, cela à l’échelle planétaire. Qui se soucie d’eux aujourd’hui ?
Je comprends très bien que ma prose peut embarrasser ceux là même qui ne jurent que par la France et l’Europe, personnalités dont je suis bien entendu proche, bien esseulées au milieu de Français ou d’Européens qui n’ont que faire des intérêts supérieurs. Très franchement, je suis entièrement convaincu qu’on ne fait pas l’histoire avec des consommateurs. Et Dieu merci qu’il en soit ainsi ! Les viets partis à l’assaut de Dien Bien Phu évoluaient pieds nus et peu nourris. Les Palestiniens ne disposent nullement d’une armée moderne. Seule la Foi, ou l’Esprit pour reprendre Hegel, peuvent faire la différence.
En conséquence, j’estime que ceux qui se réclament de l’opposition radicale, se doivent d’apporter leur soutien aux quelques pays dont on sait qu’ils sont peu nombreux, notamment la Russie. Je suis persuadé que les océans indien et pacifique remplaceront dans les prochaines décennies l’atlantique. Je pense que le continent de demain sera l’Asie, là où justement la Russie a accès. Accrochons donc notre wagon à Saint Pétersbourg afin de nous régénérer et de nous offrir un avenir digne de ce nom. Quant à ceux qui refuseraient de s’investir au profit des quelques pays présentant une alternative au motif qu’ils ne coïncident pas avec leur culte d’une certaine histoire très ponctuelle, d’ailleurs qu’ils n’ont pas même connue, et qui est désormais obsolète, laissons les se comporter en enfants gâtés qu’ils sont ; d’ailleurs le ménage a été fait...
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