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vendredi 21 mars 2014

L'École de Francfort et le conditionnement social



L'École de Francfort et le conditionnement social
Des années 20 aux années 60, l'école de Francfort a rassemblé un groupe d'intellectuels juifs et marxistes autour d'une "théorie critique" de la société moderne, perçue comme une entreprise de domination et d'aliénation. Ils s'inscrivent dans une optique marxiste et veulent mettre en oeuvre une théorie critique révolutionnaire du capitalisme. Mais au fil du temps, leur croyance et perspectives deviennent plus noires et désabusées, la critique de la société se radicalise et sombre dans le pessimisme à l'égard du changement ainsi que dans une ironie dévastatrice.

Max Horkheimer :
Chateau



L'homme s'est émancipé par rapport à la nature grâce au développement de la "raison", mais ceci au prix d'une régression. La domination progressive de la nature s'est transformée en une domination que l'homme exerce sur l'homme. Les régimes capitalistes modernes, le régime soviétique sans parler des régimes fascistes, ont, sous des modalités différentes, adopté une forme de domination rationalisée et technique dépersonnalisante. On assiste alors à une rationalisation intégrale de la société, un processus qui conduit à la formation de sociétés quasi totalitaires par le biais d'une rationalisation techno-scientifique de l'organisation administrative qui vise à une instrumentalisation optimale des hommes au service d'un pouvoir économique et politique toujours plus prégnant.


Theodor Adorno :
Chateau


France Culture - Au sujet du déclin


Video avec Jean-Pierre Le Goff et Dominique Rousseau    
 
Jean-Pierre Le Goff est ingénieur de recherche CNRS, HDR.

Thèmes de recherches :

- Les évolutions du management au sein des entreprises et des services publics.
- Discours et pratiques de la modernisation dans les politiques publiques.
- Les nouvelles conflictualités.
- Thématiques écologiques et les politiques publiques en matière d’environnement.



Jean-Pierre Le Goff:
Chateau



Dominique Rousseau, né le 30 novembre 1949 est un professeur de droit constitutionnel à l'Université Montpellier I et à l'Université Paris I, qui a été membre du Conseil supérieur de la magistrature (2002-2006).

Membre de l’Institut universitaire de France, il est aussi directeur du Centre d’études et de recherches comparatives constitutionnelles et politiques, Directeur du Centre de préparation à l'ENA, expert auprès de l’Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur , Président du Conseil scientifique de l’Association française des constitutionnalistes, Membre du Conseil scientifique de l’Académie internationale de droit constitutionnel, Membre du Comité scientifique de la Revue du droit public, Rédacteur de la Revue Actes de savoirs.


Dominique Rousseau :
Chateau



Les Matins - Automne 2013 : Le retour des... par franceculture

Quel lien direct entre le PIB et l'énergie ?

Gaël Giraud 

 
Gaël Giraud a été élève en classes préparatoires au Lycée Henri IV entre 1987 et 1989. Il intègre ensuite l'École nationale de la statistique et de l'administration économique (ENSAE) dont il sort diplômé en 1992, et intègre en parallèle l'ENS-Ulm. Il enchaîne un DEA sur la "Modélisation et Méthodes Mathématiques en Économie" à l'École Polytechnique et l'Université Paris-1.(Wikipedia)

En 1997, il est docteur en mathématiques appliquées,

En 2004, il obtient l'Habilitation à diriger des recherches (HDR).


Hommage à Robert Keil, animateur du "Cercle Hermès" et homme d'une fidélité inébranlable


 
Hommage à Robert Keil, animateur du
 Robert Steuckers
 
J’ai fait la connaissance de Robert Keil lors d’une activité du G.R.E.C.E. tout au début des années 90. C’était en Provence. Quand Robert Keil est venu me saluer pour la première fois, c’est avant tout un large sourire qui s’est avancé vers moi, un visage qui exprimait la joie de vivre et entendait la communiquer à tous. Keil était né bilingue comme moi, à la charnière des mondes roman et thiois, là où le lorrain d’oïl se mêle au dialecte mosel-fränkisch. Il était un homme de l’espace lotharingien capable de comprendre les sentiments profonds des uns et des autres, capable aussi de rire de bon coeur des travers humains ou de fustiger avec acidité joyeuse les snobs de tous acabits. Sa famille, au sens large, était lorraine, sarroise, luxembourgeoise et allemande, dispersée sur trois ou quatre nationalités, sans compter une assez forte proportion d’émigrés vers l’Amérique, sur lesquels il avait rassemblé une documentation en anglais, qu’il m’avait un jour demandé de traduire, découvrant ainsi un lointain cousin pionnier de l’aviation civile et proche de Lindbergh. Né Français le 9 avril 1935, il devient Allemand en 1940, peu avant d’entrer à l’école primaire, redevient Français en 1944, quand il n’a pas encore quitté celle-ci. Les souvenirs de sa tendre enfance étaient tout à la fois français et allemands, comme l’atteste son cahier d’écolier de 1943, qu’il aimait me montrer et où il avait dessiné un bombardement américain sur Metz, dessin d’enfant où l’on reconnaissait bien la belle cathédrale de la ville lorraine. Cette double appartenance a fait de lui un véritable Européen comme bon nombre d’Alsaciens-Lorrains qui, autour de Robert Schuman, ont voulu faire l’Europe dès la fin de la deuxième guerre mondiale, afin que les carnages des deux guerres mondiales ne se reproduisent plus jamais. C’est cette noble aspiration qui l’avait amené à fréquenter des cercles qui se proclamaient “européistes” ou qui l’étaient vraiment.


Amateur d’art, hôte exceptionnel, caricaturiste caustique



Robert Keil était aussi un amateur d’art au goût très sûr, bien que différent des engouements à la mode pour les happenings et les tachismes de toutes natures. Avec son épouse Elizabeth, Keil était un homme qui savait recevoir chez lui à Metz avec tout l’art de la table et toutes les saveurs qui l’accompagnent: de toute ma vie, jamais je n’ai goûté mets plus fins à une table d’hôte. Etre invité à la table de Keil était un privilège que même un ascète fruste comme moi a apprécié, de toute la force du péché de gourmandise, et en gardera un souvenir éternel. Ma compagne Ana, qui fera connaissance avec les Keil en 2006, garde un souvenir émerveillé de cette table magnifiquement dressée, où des mets d’une formidable délicatesse nous ont été offerts. Comment ne pas oublier cette réception de Nouvel An, dans les années 90, où j’ai eu une conversation très féconde avec sa belle-mère, dont les jugements sur le demi-siècle qui venait de s’écouler était d’une précision d’entomologiste, d’une rigueur sans appel et d’un non-conformisme tonifiant. Enfin, dernière qualité de Keil: il était à ses heures un excellent caricaturiste. S’il avait voulu peaufiner ce talent, il aurait bien égalé Alidor, le caricaturiste de “Pan” et de “Père Ubu” à Bruxelles, l’ancien compagnon d’Hergé au “Vingtième Siècle”. Quand un politicard moisi ou véreux commettait une forfaiture quelconque, Keil, espiègle, prenait son crayon et fignolait une belle caricature caustique qu’il envoyait là où il le fallait, pour faire jaser ou enrager. Il a d’ailleurs un jour croqué mon portrait, assis sur un siège de jardin, d’après une photo prise à Vlotho en 2002, et m’a affublé d’une couronne, d’un sceptre et d’un vieux pistolet de pirate. Je conserve religieusement ce dessin dans mes archives.

Grâce à Keil, Metz est devenu pour nous, avant même la création de “Synergies Européennes”, un centre d’activités métapolitiques intenses. C’est probablement la ville où j’ai le plus souvent pris la parole en public, notamment dans le centre culturel de la Rue Saint-Marcel et dans quelques hôtels. Les thèmes de ces conférences ou colloques étaient la géopolitique, l’oeuvre politologique de Carl Schmitt, la polémologie, la philosophie de l’histoire, la partitocratie, la perspective eurasienne, la philosophie tout court, etc. Il faudrait retracer l’histoire de ce “Cercle Hermès”, essentiellement animé par Keil et le Dr. Cuignet, qui puisait ses orateurs parmi les cadres et les stagiaires de “Synergies Européennes”. Je sais que Keil a tenu un journal très précis et très complet des activités du Cercle Hermès: j’espère que ce sera l’occasion d’écrire très bientôt un article sur “Robert Keil et le Cercle Hermès de Metz”.


Une succession ininterrompue d’activités



Mais en ne me référant qu’aux seuls documents qui me sont accessibles dans le bureau où je rédige cet hommage à ce travailleur (trop) modeste et opiniâtre que fut Robert Keil, je redécouvre les traces de plusieurs activités qu’il a patronnées ou rendues possibles: les 5 et 6 aôut 1995, le Cercle Hermès (CH) organise une sortie sur le site archéologique alsacien de Mackwiller, qui recèle un “Mithraum”, avec pour guide le Prof. J.J. Hatt, conservateur honoraire du Musée Archéologique de Strasbourg. Le 3 février 1996, le CH me donne la parole pour parler des “néo-communautariens” américains et de la notion sociologique de “communauté” (Ferdinand Tönnies). Le 16 mars 1996, c’est au tour de la brillante germaniste française Isabelle Fournier de parler de l’oeuvre d’Ernst Jünger. Le 7 juin 1996, le philosophe et musicologue Jean-Marc Vivenza s’adresse au public du CH pour leur parler de l’avant-garde futuriste, appuyé par un magnifique diaporama car toute l’Europe s’intéressait à l’époque au futurisme (une exposition se tiendra plus tard à Bruxelles, début des années 2000, au Musée d’Ixelles). Le 22 septembre 1996, les sympathisants du CH visitent le champs de bataille de Verdun sous la direction de l’historien Philippe Conrad, aujourd’hui directeur de “La Nouvelle Revue d’Histoire”.
Le 25 janvier 1997, je prends une nouvelle fois la parole à la tribune du CH pour retracer l’histoire de la redécouverte des paganismes depuis la renaissance italienne et, plus particulièrement, depuis la traduction du “Germania” de Tacite par l’humaniste Piccolomini, futur chancelier de l’Empereur Frédéric III et futur Pape Pie II. Le 24 mai 1997, le “Cercle Europa”, soutenu par Keil, anime une réunion consacrée au philosophe et écrivain germano-balte Hermann von Keyserling, et projette le film de Volker Schlöndorff, “Le coup de grâce”, tiré du livre éponyme de Marguerite Yourcenar. Le 31 mai 1997, le géopolitologue Alexandre Guido Del Valle vient énoncer ses thèses prémonitoires, aujourd’hui partagées par d’innombrables observateurs de l’échiquier international, sur l’alliance des Etats-Unis et de l’islamisme contre l’Europe. Le 21 juin 1997, le CH invite le géopolitologue franco-russe Viatcheslav Avioutsky pour parler de la “renaissance cosaque” en Russie. On doit aujourd’hui à Avioutsky de nombreux ouvrages didactiques sur le Caucase, la Tchétchénie, les révolutions colorées, etc., qui font autorité. Fin juin 1997, Robert Keil réunit, grâce à l’appui du CH, des étudiants pour une projection du film biographique de Paul Schrader sur l’écrivain japonais Yukio Mishima. Le 13 décembre 1997, Dominique Venner, à l’époque directeur de la revue “Enquête sur l’histoire”, présente son ouvrage sur les armées blanches pendant la guerre civile russe.


Huntington, Brzezinski, Clausewitz, Jomini, de Pange, Heidegger, Rougemont, Jouvenel, etc..



Le 26 septembre 1998, le CH organise dans le château du Comte de Pange en Lorraine un colloque sur un éventail de questions politologiques, où Marc d’Anna prend la parole sur les thèses de Samuel Huntington et de Zbigniew Brzezinski, Laurent Schang sur l’oeuvre du Comte Jean de Pange, fédéraliste européen, et moi-même sur la notion de partitocratie, telle qu’elle avait été théorisée par le grand politologue espagnol Gonzalo Fernandez de la Mora, directeur et fondateur de la revue “Razon española”. Cette liste ne constitue qu’un aperçu succinct des innombrables activités du CH, toute de haute qualité et de grande tenue intellectuelle: comment oublier les interventions du haut fonctionnaire européen André Wolff, de Pierre Bérard (animateur du “Cercle Kléber” de Strasbourg), le colloque sur la polémologie (Clausewitz, Jomini, etc.), avec la participation de mes compatriotes Diaz et Banoy, le colloque sur les visions de l’histoire dans le monde anglo-saxon, avec les interventions magistrales du Liégeois Xavier Hottepont (sur Huntington) et du Bordelais Eddy Marsan en 2003, le colloque philosophique animé par l’heideggerien Desmons, les Lorrain Thull (sur le penseur suisse Denis de Rougemont) et Schang (sur Bertrand de Jouvenel) et moi-même (sur le scepticisme grec)? Et la soirée sur la notion géopolitique d’Eurasie en 2009, où j’ai été amené à présenter ma préface au livre du géopolitologue croate Jure Vujic? Tout cela a été possible parce Keil, qui avait du flair et de l’instinct, a toujours invité des orateurs qu’il estimait personnellement pertinents, sans jamais écouter les sirènes intrigantes qui entendaient gérer seules toutes les activités métapolitiques de notre sensibilité dans tout l’espace inter-sidéral de notre galaxie.

On le voit à cet échantillon pourtant très succinct: les activités positives et désintéressées de Robert Keil ont touché tous les sujets essentiels de la pensée. Robert Keil n’a jamais manqué aucune université d’été de la F.A.C.E. (“Fédération des Activités Communautaires en Europe”) ou de “Synergies Européennes”. Il a toujours répondu “Présent!”. Depuis la première université d’été de Lourmarin en Provence à la dernière à Vlotho en Basse-Saxe, Robert Keil a toujours été le premier à s’inscrire, à donner un coup de main, à véhiculer les inscrits non motorisés ou les étudiants impécunieux. On le voit sur les photos: accablé, comme moi, par la canicule méditerranéenne à Lourmarin en 1993 ou en grande conversation avec un professeur portugais; attablé à Varese avec les autres convives français, autrichiens, italiens; en excursion dans la montagne, à la découverte de traces archéologiques préhistoriques dans les Alpes lombardes; en promenade le long du Lac Majeur avec d’autres stagiaires, dont l’Autrichien Gerhoch Reisegger; à l’écoute de Guillaume Faye dans le parc de la demeure qui nous abritait à Vlotho ou du guide sur le site des Externsteine. Mais ce n’est pas tout: Robert Keil n’a jamais manqué un séminaire de “Synergies Européennes”, à Paris (sur l’Allemagne, la Russie ou la pensée rebelle), dans le Périgord (où nous logions dans la même demeure), au Crotoy en Picardie, où nous avons eu le bonheur de goûter aux fruits de la mer, dans l’estuaire de la Somme. De là, il m’a ramené à Dinant pour que je prenne le train de Bruxelles. Nous avons traversé la Thiérarche à la tombée de la nuit pour arriver à Chimay, où il tenait absolument à consommer une bonne bière d’abbaye, avant de reprendre la route vers sa chère Lorraine. Fin novembre 2005, Bruxelles est bloqué sous une épaisse couche de neige: impossible de démarrer la voiture; je saute dans un train pour Metz, où il n’a pas neigé, d’où Keil, toujours prompt à servir la cause de la culture, m’amène en voiture à Nancy, pour un colloque géopolitique de l’association “Terre & Peuple” du Prof. Pierre Vial. Le 10 mars 2012, quand je prononce devant quelques amis de longue date une conférence sur la notion de “patrie charnelle”, tirée de l’oeuvre du philosophe des Lumières, Johann Gottfried Herder, Keil est évidemment présent au dîner-débat. Nous avions projeté d’organiser, suite au décès du Prof. Piet Tommissen en août 2011, un colloque sur le grand politologue alsacien Julien Freund, plus apprécié en Belgique (UCL et VUB confondues!) qu’en France, si l’on excepte, bien sûr, les efforts méritoires et exceptionnels, mais récents, de Pierre-André Taguieff. Malheureusement, ce projet d’un colloque en hommage à Freund ne se concrétisera sans doute jamais.

Keil hébergeait tous les orateurs du CH dans un charmant hôtel de Metz, où le veilleur de nuit, d’origine italienne, était un fervent lecteur de “Nouvelles de Synergies européennes” et de “Vouloir”.


“Recours aux Forêts” et “Antaios”



En avril 1994, à Munkzwalm en Flandre, Robert Keil participe à la réunion qui conduira à la fondation de “Synergies Européennes”, sans demander aucune fonction, tant sa modestie était proverbiale. Ce fut, le soir, dans le quartier gastronomique de la “petite rue des Bouchers” à Bruxelles, une cène amicale qui a scellé durablement notre amitié et surtout notre complicité “inter-lotharingienne”. Robert Keil ne limitait pas ses intérêts aux seules activités de “Synergies Européennes”: il suivait avec passion les travaux de l’écologiste Laurent Ozon et de sa revue “Le recours aux Forêts”. Son épouse, d’ailleurs, fine gastronome, avait lu avec grande attention le numéro consacré à “la bonne alimentation”. De même, Robert et Elizabeth Keil lisaient et soutenaient la revue “Antaios” de l’Ixellois Christopher Gérard, qu’ils surnommaient malicieusement “Méphisto”, et qui avait composé d’excellents dossiers sur le mithraïsme ou sur l’hindutva indienne, actualisation de l’immémoriale tradition hindoue. Ce directeur d’“Antaios”, philologue classique issu de l’ULB, prendra aussi la parole dans les salons messins réservés par le CH. Plus tard, Gérard-Méphisto allait amorcer, début de la décennie 2000, une carrière d’écrivain, grâce à l’appui initial de Vladimir Dimitrijevic, le regretté directeur des éditions “L’Age d’Homme” qui sera aussi le promoteur d’un autre orateur de prédilection de Keil, Alexandre Guido Del Valle. Keil et Dimitrijevic partageaient assurément une vertu commune, le flair, bien qu’ils aient été des hommes foncièrement différents, venus d’horizons totalement divergents.


Inoubliable André Wolff



Outre le Cercle Hermès, Keil, notamment à l’instigation de Gilbert Sincyr, le premier Président de “Synergies Européennes”, cherchait à animer des structures plus modestes, mais à ambitions très vastes, comme l’UFEC, qui deviendra vite le “Club Minerve”, qui éditera, pendant un certain temps, un bulletin “Res Publicae Europeae”, où oeuvrera le géopolitologue français Louis Sorel dont on retrouvera plus tard la signature, sous son vrai nom, dans quantité de revues de haute gamme, sur papier glacé. Dans le cadre de ces activités annexes au CH et à “Synergies Européennes”, il va rencontrer un autre enfant de Metz, le Dr. André Wolff, haut fonctionnaire de la CECA puis des CEE, dès leurs débuts, dans les années 50. André Wolff était un “européiste” convaincu, parce que Lorrain comme Keil; bilingue de naissance lui aussi, il ne pouvait souffrir l’existence inutile de frontières hermétiques, d’inimitiés bétonnées, sur le territoire de l’ancienne Lotharingie.

Né peu après la première guerre mondiale, Wolff était devenu Allemand en 1940, puis redevenu Français en 1944, pour suivre, après cette deuxième grande conflagration fratricide en Europe, la piste lancée par Robert Schuman, celle d’une construction européenne efficace, animée par la ferme volonté de renforcer le poids de notre continent dévasté. Devenu l’un des premiers fonctionnaires européens en place à Bruxelles, Wolff avait fait une carrière brillante, maîtrisant l’allemand, le français et l’italien à la perfection. Il habitait à Laeken. Il y jouissait d’une retraite bien méritée, commencée fin des années 80. Keil le rencontrait très souvent. Personnellement, je n’osais guère déranger cet homme vénérable, d’un âge déjà avancé, doux et affable, gentil mais déterminé, toujours tiré aux quatre épingles, au savoir politique accumulé depuis les temps héroïques de la CECA. Jamais je n’ai osé lui réclamer des articles ou des communiqués, alors qu’il l’aurait bien voulu, je pense. C’était donc Robert Keil qui organisait, depuis Metz, des réunions avec Wolff et moi dans une taverne danoise à l’ombre de la Basilique de Koekelberg, quand notre fonctionnaire en retraite était à Bruxelles car il résidait chaque année pendant de longs mois dans un village italien d’où son épouse était originaire. Comme auparavant avec Keil, le courant entre Wolff et moi est passé tout de suite: fraternité silencieuse des Lotharingiens, des hommes d’entre-deux, de tous ceux qui refusent les enfermements monoglottes.

André Wolff rédigeait tous les communiqués de “Minerve”, avec une précision remarquable, utilisant le langage équilibré de l’UE pour faire passer un message proche du nôtre. Il demeurait une voix écoutée dans les arcanes de l’UE mais, hélas, non suivies d’effet car l’esprit européiste pionnier a bel et bien cédé la place à un mondialisme faussement mièvre, insidieux, foncièrement méchant dans sa volonté impavide de tout homogénéiser, un mondialisme sans aucune assise territoriale et culturelle. Wolff prendra la parole à mes côtés à la tribune du Cercle Hermès en 2009, pour introduire ma conférence sur la notion géopolitique d’Eurasie. Il avait 89 ans. Il mourra à Bruxelles dans sa 93ème année, suite à une mauvaise grippe. Keil en était profondément attristé. En m’annonçant au téléphone le décès de Wolff, sa voix était troublée par un sanglot, que j’avais envie de partager, tant la disparition de cet homme doux et convaincu a été finalement une grande perte pour tous ceux qui, dans les coulisses du Berlaymont à Bruxelles, entendaient maintenir une véritable “conscience européenne” de carolingienne et de lotharingienne mémoire. La voix de Wolff, toujours précise en dépit des ans, s’est hélas éteinte et, sans doute avec lui, l’esprit profondément européiste des fondateurs honnêtes de l’unité européenne, aujourd’hui galvaudée par des pitres politiques ou des canailles néo-libérales ou des valets au service d’un impérialisme étranger qui veut notre mort et la guette, la prépare, à tout moment par satellites-espions interposés.


Notre dernière rencontre



J’ai rencontré Keil pour la dernière fois dans la capitale française en septembre 2013 lors du colloque de “Maison Commune” organisé par Laurent Ozon, avec le concours du philosophe Jean-François Gauthier, auteur, récemment, d’un ouvrage didactique sur les messianismes politiques, paru chez Ellipses à Paris. Keil était heureux de voir deux de ses orateurs favoris fraternellement réunis après tant d’années de séparation. Keil était assis en face de moi pendant tout le colloque, affichant son éternel sourire si chaleureux, tout à la fois complice, espiègle, heureux et satisfait que la machine tournait toujours en dépit du temps qui passe, de l’acharnement des adversaires de tous horizons. En écrivant ces lignes d’hommage, c’est ce visage de Keil à Paris que j’ai en tête et que je n’oublierai jamais plus. Ana aussi, quand elle a appris la disparition de cet ami, a dit, spontanément, que c’est ce visage qu’elle gardera toujours en tête, en souvenir de celui qui, avec son épouse, l’avait si bien accueillie en août 2006. Mais Keil, je le voyais bien, était épuisé d’avoir tant parcouru l’Europe en voiture en tous sens pendant tant d’années. Ensuite, il se plaignait qu’une cécité partielle le menaçait. Sur une charmante terrasse du 16ème, nous avons partagé le repas du soir en commun, avec les autres orateurs et organisateurs du colloque, ainsi que de jeunes écologistes provençaux, venus tout spécialement de Manosque, la ville de Giono, pour nous écouter. Keil était assis trois sièges plus loin à ma gauche si bien que je ne pouvais guère lui parler. Il a quitté la table, fatigué, bien avant les autres convives et tenait à me voir le lendemain matin avant son départ de la Gare de l’Est. Notre hôtel était à l’autre bout de Paris et il nous a été impossible d’arriver à temps dans le quartier de la Gare de l’Est pour prendre le petit déjeuner avec Keil. Nous avons donc raté notre dernier rendez-vous.


Robert Keil, incarnation du “triple C”



Robert Keil s’est éteint le 19 février 2014, treize jours après Gilbert Sincyr, premier Président de “Synergies Européennes”. Pour nous, c’est une catastrophe car il a été, avec Wolff, le seul à avoir réellement compris, dans ses chairs, dans toutes les fibres de son enveloppe charnelle, la dynamique transfrontalière et véritablement européenne que nous avons voulu impulser, parfois envers et contre l’incompréhension des “Français et des Allemands de l’intérieur”. Ensuite, il faut aussi le remercier pour cette bonne humeur constante et ce désintéressement qu’il a montré à tous moments. Quand Sincyr et moi rédigions la Charte de “Synergies Européennes” en 1994, nous avions tous deux décidé de placer nos activités à l’enseigne d’un “triple C”, pour “communauté”, “convivialité” et “courtoisie”. Dans un espace métapolitico-culturel difficile, comme celui que nous allions devoir côtoyer à notre corps défendant, ce “triple C” était un défi: trop de psycho-rigidités, d’affects inutiles, de raideurs rédhibitoires, de poses ridicules, de nullités prétentieuses exhibant leur “quant-à-soi”, d’inconsistences intellectuelles le refusaient implicitement, instinctivement, le prenaient pour une position inadéquate pour ceux qui, très suffisants, prétendaient constituer une sorte de “camp des saints”. Mais on ne bâtit pas une communauté réelle sans cette fibre transrationnelle, cette fibre charnelle, sans la convivialité que Keil et son épouse créaient lors des événements culturels qu’ils patronnaient, sans la courtoisie qui consiste à respecter le rythme et l’idiosyncrasie d’autrui quand il s’exprime par oral ou par écrit, à écouter les récits qui relèvent de son vécu. Je puis le dire et l’écrire: Keil a été le seul, l’unique, à incarner le “triple C”. C’est pourquoi son “départ” est une catastrophe anthropologique car qui remplacera cette incarnation lorraine du “triple C”? Je ne vois rien se pointer à l’horizon. Comme Ozon vient de l’exprimer par un courriel, “ce départ l’emplit d’une profonde tristesse”. Moi aussi. Car nous avons perdu un ami, de meilleur il n’y en avait pas. Il va falloir se battre pour lui, à sa place, en son créneau aujourd’hui vide, mais pourrons-nous en avoir la force? La force de réorganiser chaque mois des activités d’un tel niveau, avec un tel rythme et une telle constance? Avec une aisance sans pareille, avec une bonhommie qui conquiert tous les coeurs?

Merci, Papa Keil, pour ta bonne humeur, pour ta constance, pour ta fidélité. J’ose croire que tu as rejoint ce cher André Wolff dans le monde dont on ne revient pas. Réserve-nous une bonne table, comme tu le faisais à la taverne danoise de Koekelberg.


Forest-Flotzenberg, 21 février 2014


Notes

La crise de l’euro frappera-t-elle bientôt l’Europe du Nord?



La crise de l’euro frappera-t-elle bientôt l’Europe du Nord?


Une étude avertit les Européens: la crise de la monnaie unique s’étendra probablement à la Belgique et à la Finlande

Le “Centre de Politique Européenne” (CPE) vient de publier un rapport qui suscite l’inquiétude. Selon cette étude, la crise de la dette, malgré le calme relatif qui règne aujourd’hui sur les marchés financiers internationaux, pourrait très bien s’étendre, notamment à des pays d’Europe du Nord. Pour la première fois, deux pays d’Europe du Nord, la Finlande et la Belgique sont frappés par une capacité déclinante à obtenir des crédits, tout comme les pays d’Europe méridionale.

Certes, la Belgique est considérée depuis longtemps comme un pays potentiellement en crise, à cause de la dette de l’Etat qui frise les 100% du PIB mais, pour la Finlande, l’alerte est nouvelle bien qu’elle étonne encore. Ce pays du Nord avait été considéré jusqu’il y a peu comme un roc inébranlable dans la tempête.

Même si ces deux pays, peu peuplés, ne doivent pas être considérés comme des poids lourds sur le marché, on a tout lieu de s’inquiéter de voir des pays du Nord se joindre à la liste des pays à problèmes, déclare le président du CA du CPE, Lüder Gerken. Dans les deux pays, on peut constater une involution, un ressac. Certes, les deux Etats nord-européens peuvent encore contracter des dettes; cette position, dont ils bénéficient, n’est pas encore véritablement menacée mais le taux de consommation est encore trop élevé en Belgique comme en Finlande.
 
Notes

Source : “zur Zeit”, Vienne, n°9/2014; http://www.zurzeit.at

Mutations et transformations dans l’armée américaine

      Bernhard Tomaschitz
Histoire :: Autres
Mutations et transformations dans l’armée américaine
 
 
D’importantes transformations s’annoncent au sein de l’armée américaine. C’est le “New York Times” qui nous en informe, en faisant référence à des officiels du Pentagone, dont le journal ne révèle évidemment pas les noms. D’après ces informations le ministre de la défense Chuck Hagel est en train de planifier une réduction importante du personnel de l’US Army. Les effectifs seraient ainsi réduits à 490.000 militaires, au lieu du maximum de 570.000 hommes que l’armée avait comptés immédiatement après les attentats du 11 septembre 2001. En 2011, la moyenne avait été de 560.000. Pour l’avenir, Hagel souhaiterait encore une réduction, pour tomber à 450.000 ou 440.000 soldats: ces chiffres seraient les plus bas depuis 1940. Le ministère de la défense viserait essentiellement, par son plan d’épargne, les forces aériennes. Le budget général des forces armées américaines est de 600 milliards de dollars. Dans ce cadre, la mise en oeuvre d’une flotte d’avions de combat A-10 serait définitivement arrêtée.

Mais malgré cette réduction très importante du personnel militaire, les forces armées américaines resteraient parfaitement opérationnelles. Cependant, en cas de maintien de longue durée sur de multiples terrains d’opération, comme l’Afghanistan ou l’Irak, l’armée buterait rapidement sur des limites. “Il faut toujours être bien équipé mais cela n’a aucun sens de conserver d’importantes forces au sol si l’on ne mène pas une guerre sur le terrain”, écrit le “New York Times”, en citant un représentant du Pentagone. Il n’y aura cependant aucune modification dans la flotte des porte-avions (onze bâtiments), qui sera toujours prête à assumer des missions à l’étranger.

Le projet de Hagel reflète la ré-orientation de la politique de défense américaine après les guerres d’Afghanistan et d’Irak qui n’ont pas été de francs succès. C’est la raison pour laquelle, écrit le “New York Times”, il faut dorénavant “amorcer une nouvelle voie américaine”, qui pariera de plus en plus sur les forces spéciales et sur la guerre électronique. Barack Obama, a parié déjà depuis longtemps, depuis son accession à la présidence, sur l’utilisation de drones, surtout en Afghanistan, au Pakistan et au Yémen. Cette évolution spécifique dans l’art de la guerre se poursuivra dans les années à venir. De même, on assistera, de plus en plus souvent, à des opérations subversives menées par les forces spéciales de l’US Army dans des pays comme la Syrie ou l’Iran.
 
Notes

Source : “zur Zeit”, Vienne, n°9/2014, http://www.zurzeit.at

La clef de voûte du Système

Par Philippe DELBAUVRE


La clef de voûte du Système
Avertissement: il ne faudrait pas que le lecteur vienne à considérer qu'il s'agit ici d'un éditorial à caractère théorique, détaché de la récente actualité: bien au contraire, cet article vise à faire lumière sur ce qui est occulté, suite à la mise en exergue par le Système de problèmes qui ne sont que conséquences, et en tant que tels, mineurs


A l'évidence, nous sommes entrés dans la troisième phase de l'histoire de France. Après l'ancien régime qui se caractérisa par le pouvoir exercé par la seconde caste, celle des guerriers (les nobles (1)), aidée par la première (les théologiens), vint la seconde à partir de la Révolution française. Le pouvoir échut alors au Peuple dans sa globalité et ce fut donc la fin du régime des castes, la troisième d'entre elles englobant l'ensemble. Il y avait - j'ose utiliser le terme – une certaine « noblesse » dans l'idée de République : le fait de l'autogestion du Peuple, participant à l'élaboration des lois, participant de manière active à la vie de la Cité, avant tout soucieux de l'intérêt général. Or, cette seconde phase est révolue. Nous avons assisté depuis environ quatre ou cinq décennies à l'émergence d'un processus d'involution que les sociologues aiment à qualifier du terme de « postmodernité » qui est une véritable révolution, malgré l'apparence du velours, ce qui m'apparaît comme la période la plus tragique de l'histoire de France. C'est ainsi qu'il faut ranger le siècle précédent, non parmi un passé récent, mais plutôt parmi un millénaire révolu, avec lequel nous n'avons plus d'attaches :

Dans les faits, après la démocratie, l'ochlocratie.


Le système des castes :
Chateau



D'un point de vue sociologique, la troisième caste, comportait une strate que l'on considérait durant la période médiévale comme la plus basse : celle de la bourgeoisie, à l'époque itinérante, simplement préoccupée par la quête d'argent. Que n'est-elle restée nomade … La grande catastrophe fut justement sa sédentarisation qui à long terme (1789), finit par lui apporter le pouvoir. L'idée d'ordre ne fut pas pour elle ce qu'elle fut pour la noblesse : c'est ainsi qu'au XIX ème siècle, si la bourgeoisie fut catholique pratiquante, elle n'en fut pas moins tout autant voltairienne, une fois la comédie de sa participation à la messe, close. Par ordre, elle entendait avant tout, son ordre, à savoir l'ordre bourgeois.

Le bourgeois :
Chateau



Je sais qu'aujourd'hui, la diffusion des idées, passe – hélas – davantage par la télévision, internet ou le cinéma que par la littérature. Par l'intermédiaire du cinéma justement, beaucoup de Français découvrirent Emile Zola, en raison du grand succès obtenu par le film de Claude Berri intitulé « Germinal ». Ce qu'il faut savoir au sujet du naturalisme, courant littéraire auquel appartenait Emile Zola, c'est que ses écrivains souhaitaient dépeindre la réalité, de façon aussi objective que possible. Emile Zola était, par exemple, un habitué des hôpitaux, visitant les malades atteints de différentes pathologies, prenant scrupuleusement des notes, de manière à les utiliser dans la cadre de la rédaction de ses ouvrages. On ne s'étonnera donc pas si le delirium tremens dépeint dans l'Assommoir (3) soit aussi précis. A bien des égards, l'invention de la photographie, et à fortiori celle de la caméra, marqua la fin du naturalisme : l'écrivain naturaliste, malgré toute sa valeur, ne pouvait décrire aussi bien à l'aide de mots, ce que photographie et caméra faisaient. D'où peut être, l'une des raisons de l'apparition du symbolisme, même s'il en est bien sur d'autres.

Le « Germinal de Claude Berri :
Chateau



En regardant le film Germinal, où Claude Berri a essayé de rendre à l 'écran, la justesse des description d'Emile Zola, les Français ont pu constater ce qu'était la condition ouvrière dans la seconde partie du XIX ème siècle. Ils ne manquent pas de mauvaise foi, ceux qui fustigèrent et fustige encore « le noir moyen-âge ». D'une part parce que c'est faux ainsi que l'ont montré les travaux universitaires (4) (5), d'autre part parce qu'il n'est pas nécessaire de remonter aussi loin dans notre histoire pour, avec la plus grande horreur, constater le traitement qu'un modèle sociétal peut imposer à toute une partie de ses membres. Marx ne se trompait guère en estimant que « la tutelle du bourgeois était autrement plus lourde que celle du noble ». Et les lectures universitaires m'incitent, sans à priori, à penser que les paysans français vivaient mieux au XVIII ème siècle, que les mineurs dans la seconde partie du siècle suivant.

Les enfants travaillant dans les mines :



On évoque, surtout dans la mouvance d'ailleurs, la centaine de millions de morts imputable au communisme. C'est peut être d'ailleurs davantage. Même si je risque de choquer le lecteur, rien ne prouve – c'est un scientifique de formation initiale qui s'exprime – que le communisme doit être considéré d'un point de vue pratique, comme nécessairement mortifère, même si en terme idéologique, je le considère comme « intrinsèquement pervers » (6). C'est presque toujours en effet la même variante, en l'occurrence ce que l'on appelle le marxisme-léninisme, qui a été appliqué. Celui là même, qui par nature, est antidémocratique. Rien ne prouve – le verbe est important et doit être considéré au sens où l'entendent les scientifiques – qu'il ne puisse exister une forme de communisme respectueux de la dignité humaine. Ainsi par exemple, même si de façon générale, bien évidemment, je me situe à l'autre extrémité du segment politique, la voie conseilliste (7).

Anton Pannekoek :



L'erreur serait de considérer que le communisme serait apparu par le biais du principe de la génération spontanée : il ne fut dans les faits qu'une réaction – saine à l'origine – aux excès du capitalisme qui commit les offenses à la dignité humaine que l'on sait. Ainsi le nombre anormalement élevé d'heures de travail hebdomadaire imposés alors que durant l'ancien régime, la célébration des fêtes religieuses en nombre assez important, rendait ces jours là fériés. Ainsi le travail infantile ou féminin dans les galeries du souterraines. En ce sens, le communisme n'est pas qu'une simple conséquence du capitalisme mais il en est plutôt une émanation. C'est la raison pour laquelle, une partie des cent millions de morts du communisme, sont à mettre sur le compte du capitalisme.

« L'avenir radieux » selon Pol-Pot  :



Après des études scientifiques, je finis par entreprendre, vieux rêve, des études en philosophie. J'y ai par exemple appris - je ne fais pas référence à la politique – que la Vérité ne se situe que très rarement aux extrêmes. Et bien évidemment, ce serait par trop simple, si elle se trouvait nécessairement sise à la demi-somme des extrêmes. La difficulté consiste donc, à savoir où placer le curseur. Il est très probable que l'ouvrage d'Arthur Koestler le plus célèbre, soit celui intitulé « Le zéro et l'infini » (8). Par l'intermédiaire de ce titre, l'auteur souhaitait montrer que la réalité du communisme soviétique se traduisait par l'homme réduit au rand de zéro, oppressé par un Etat devenu infini. Puisque la Vérité ne se situe pas aux extrêmes, il n'est pas bien difficile de comprendre qu'un modèle sociétal, où l'individu deviendrait l'infini et où l'Etat serait réduit à rien, serait tout autant condamnable.

Le zéro et l'infini :



D'une certaine façon, c'est la voie que l'occident, l'Europe, et très malheureusement la France, se sont choisi. Nous assistons, même si dans quelques lignes, j'apporterai la nécessaire nuance, à la disparition de l'Etat. Cela ne signifie pas, loin de là, que le rêve des anarchistes est en train de se concrétiser. Les gouvernements français successifs, tout comme leurs homologues, ont choisi de faire primer l'économie sur la politique. Leur choix est économiquement celui d'une politique économique privilégiant l'offre. C'est là très exactement de la pensée capitaliste pur sucre. Il s'agit donc, au motif de privilégier les très grandes entreprises, notamment les multinationales, de faire reculer l'Etat. Plus exactement, souhaitant rendre concurrentielles « nos » multinationales, de moins les imposer. Fort logiquement, cela ne peut que se traduire que par une baisse des revenus de l'Etat : d'où son effacement progressif.

L'Euro et l'infini :



Quant à la nuance que je souhaitais émettre au sujet de la disparition de l'Etat, elle a trait aux libertés qui, elles, sont en grand recul depuis au moins un quart de siècle (9).

Liberté ? :



On ne s'étonnera donc pas qu'une peine de prison sur deux prononcée par les tribunaux en France, ne soit pas effectuée. L'incarcération coûte, et dans le cadre d'une course entre les différents pays pour diminuer le plus possible, le budget de l'Etat, on préfère maintenir donc les délinquants en liberté : d'une certaine façon, ce sont les Français qui, de manière non financière d'ailleurs, payent l'addition. Aussi, délinquance et criminalité, tout comme zones de non-droit, prolifèrent en partie, parce qu'il manque de policiers comme de gendarmes. Là encore, parce que cela coûte. Si délinquance et criminalité peuvent être combattues en aval (la répression), elles peuvent l'être aussi en amont (la prévention). Cela supposerait le recrutement d'éducateurs de rues chargés de pallier la déficience éducative de certains parents. Mais ce recrutement, là encore, viendrait peser sur le budget de l'Etat. Nous pouvons aussi prendre en considération le fait « immigration » qui préoccupe de plus en plus de Français. Il faudrait être naïf ou de mauvaise foi pour considérer que les personnes arrivées en masse en France depuis environ cinq décennies, sont venues apporter généreusement leur contribution à la construction de la France, ce par amour : ce qui a fait venir ou fait venir les uns et les autres, c'est justement la perspective financière. A quoi bon travailler au Maghreb, sachant que l'on touchera plus au motif des allocations perçues en France, cela sans travailler ? Et ce serait une erreur de considérer que les gouvernements successifs ont distribué allocations de toute sorte par pur humanisme ou de façon inconsidérée : ils savent très bien que l'argent octroyé sera réinvesti dans l'économie : donc retour sur investissement. La politique d'immigration de masse pratiquée depuis un demi siècle n'a pour seul objet que l'argent. Même le travail féminin, que l'on a délibérément et à tort vanté comme émancipation, n'a été que la volonté de satisfaire les exigences du patronat, ce avec les conséquences sociologiques et psychologiques que l'on sait. Derrière l 'excuse flatteuse mais infondée d'un monde « United colors of Benetton » se profile une réalité bien plus prosaïque : dans un premier temps (les années soixante) une volonté d'augmenter les recettes des grandes entreprises et industries puis, une fois l'apparition du chômage de masse, la volonté de stimuler l'économie de manière artificielle.

Immigration-pognon :



On ne me fera pas croire que Valéry Giscard d'Estaing, polytechnicien de formation, lorsqu'il exerça son mandat national, était suffisamment stupide pour croire que la France pouvait gagner la bataille économique, confrontée qu'elle allait être de par le choix qu'il avait fait (la libre concurrence à l'échelle mondiale), face à des pays où les travailleurs sont aussi peu payés. L'auvergnat - à l'évidence pas celui de Georges Brassens - savait très bien ce qu'allaient être les conséquences pour des millions de Français, mais aussi d'Européens. Ces successeurs, la parenthèse (1981/1982) étant à exclure, firent le même choix. Voilà pourquoi la France aujourd'hui compte, toutes catégories confondues, 9 millions de chômeurs. S'il faut certes les financer, ce n'est nullement aux yeux des gouvernements, perte : là encore, ils savent que l'argent distribué, sera réinvesti dans l 'économie. Voilà pourquoi la France, mais aussi les autres pays européens, ont perdu sidérurgie, mine, chantier naval, construction automobile, électroménager, ameublement, textile … La bourgeoisie revient donc à ses origines (les « pieds poudreux » comme on appelait les bourgeois durant la période médiévale parce qu'ils se déplaçaient en permanence pour vendre). Elle n'est plus aujourd'hui membre du corps social français, préférant comme naguère se préoccuper de son seul confort, aux dépens de l'ensemble de la communauté nationale.

La grande braderie de l'industrie :



Sachant tout cela, on comprendra ma plus grande réserve quant à la focalisation haineuse à l'encontre des personnes issues de l'immigration récente, conséquence des méfaits commis par le Mouloud du coin de la rue. Quand bien même agresseur, il est victime lui aussi du Système. Ainsi que me le faisait remarquer un étudiant tunisien (10) venu passer plusieurs années en France afin d'y effectuer ses études au milieu des années quatre vingt: « Tu ne crois pas que pour faire des travaux à faible compétence, le gouvernement tunisien allait vous envoyer nos élites ? ». Et le plus souvent en effet, l'immigration en France, est celle de personnalités intellectuellement pauvres. Peu armés donc, c'est délibérément que les gouvernements les ont faits se confronter à une géographie physique différente, à une religion différente, à une langue différente, à un même un alphabet différent, à un paysage ethnique différent, à un climat différent, à des coutumes différentes, à un habitat différent …
Et certains, encore aujourd'hui, de s'étonner des problèmes d'intégration, des poussées communautaristes, des conséquences néfastes de l'immigration. Encore une fois, on ne me fera pas croire qu'au plus au sommet de l'Etat, avant hier, hier, aujourd'hui, on ne sait ou ne savait pas. Ce n'est nullement d'une erreur dont il s'agit mais bien d'une faute. Par là, je souhaite signifier qu'il y a intentionnalité. C'est délibérément que l'on a fait se confronter les Français à des problèmes qui, s'ils ne sont pas solutionnés au plus vite désormais, seront mortels pour notre Patrie. Trop de voyants dans des domaines pourtant majeurs, se sont progressivement mis au rouge depuis quelques années, pour que nous ne réagissions pas dans les plus brefs délais.

Immigration, misère :



En ce sens, la notion de Français de souche continue de me faire sourire : comme si Pompidou ou Giscard n'était pas de souche … Comme si, au simple motif que ses ascendants depuis fort longtemps sont français, cela empêcherait tel ou tel Français de trahir la France. Comme si cela n'était pas, et ce depuis des siècles, déjà arrivé. Réciproquement, qu'empêche « cet étranger devenu fils de France, non par le sang reçu, mais par le sang versé », d'exister ? La Légion, par exemple, n'est-elle pas, par définition, étrangère ?
Si j'ai pris note de l'existence du mot d'ordre « Hollande n'est pas mon président , et ce depuis longtemps, je n'ai jamais considéré que Nicolas Sarkozy le fut. Dans les deux cas, je ne les estime pas français. Ni même européens d'ailleurs. Dans les deux cas, je les jauge métèques, agissant volontairement, contre les intérêts de la France et des Français. L'un et l'autre oeuvrant pour des intérêts mondialistes qui vont à l'encontre de la France comme des Français, ce que nous pouvons constater au quotidien. Les deux hommes ont pour particularité, ce par opposition avec les Anciens, d'avoir au plus tôt effectué des études afin de faire de la politique leur métier. En quoi l'Ena (l'administration, c'est à dire « la strasse » en argot militaire ) peut elle faire rêver les Français à un Destin , digne de leur Histoire ? En quoi le fait de passer des études à apprendre par cœur des milliers de petites fiches peut-il permettre d'accéder au rang « d'homme aux milieu des ruines. » (11) ? A contrario, le général de Gaulle était Saint-cyrien de formation et avait la plume facile. Il fut l'un des seuls colonels à avoir compris dès avant la seconde guerre mondiale que les chars se devaient d'être utilisés en masse. Quant à François Mitterrand, lui aussi bon écrivain, on sait l'immensité de sa culture et notamment son rapport privilégié à la littérature française. Si évidemment, je ne suis ni mitterrandiste ni gaulliste, il n'en reste pas moins que Hollande et Sarkozy, par rapport à eux, font pâle figure : cette involution traduit bien la chute, celle qui n'est autre que l'arrivée au pouvoir d'une bourgeoisie cosmopolite, préoccupée uniquement par le fait « argent ». Le général de Gaulle ne se trompait pas en rejetant capitalisme et communisme. Pas plus que François Mitterrand ne s'est trompé – on lui a d'ailleurs reproché – lorsqu'il ne voulut voir dans la réunification allemande, que des aspects positifs : on constate aujourd'hui qu'il fut lucide.

Fils de Camérone :


En conséquence, je persiste à penser qu'être Français, cela se mérite bien davantage que cela ne s'hérite.


Peut être aussi faut-il avoir un certain âge afin de mieux constater la mue qui frappe notre pays. Avoir connu, ne serait-ce que la phase de transition, durant laquelle l'économie n'avait pas autant de place. Avoir par exemple disposé d'internet voici déjà une quinzaine d'années et voir l'involution jusqu'à aujourd'hui constitue à ce titre. Avoir connu la période où l'argent était davantage considéré comme moyen que comme finalité. Un fait m'apparaît aujourd'hui presque certain, c'est que l'occident, qui avait naguère ses lettres de noblesse, s'est fourvoyé en privilégiant l'économie, se trouvant aujourd'hui à bout de souffle. Et ce n'est pas l'impérialisme (Irak, Afghanistan, Syrie) qui d'ailleurs fut un échec, forme de fuite en avant, qui a pu améliorer le destin du monde dans lequel nous vivons. Aujourd'hui, un emploi sur quatre aux Etats-unis, est menacé par la délocalisation. C'est encore une des conséquences de la libre concurrence, donc du fait argent. « Le grand Frère » (12)est à bout de souffle et si le dollar n'avait pas le statut privilégié qui est le sien, cela ferait longtemps que l'empire state building, sans les attentats, se fut effondré.

Le grand frère :




Pendant ce temps, l'Asie monte en puissance. Le gouvernement chinois achète de l'or en masse, ce à une cadence telle qu'en 2017, la Chine sera le premier possesseur d'or au monde. Et le gouvernement chinois de considérer que bientôt, chaque foyer chinois devra disposer d'une voiture : on imagine les répercussions sur le prix de l'essence à la pompe … Loin de moi l'idée de célébrer Hegel (13) mais le philosophe allemand sur au moins un point ne s'est peut être pas trompé : les peuples se développent jusqu'à atteindre le sommet puis régressent. C'est politiquement et historiquement ma plus grande frayeur. Après tout, La Grèce ou la Rome antiques furent ce que l'on sait. Qui se préoccupe aujourd'hui des prises de position de l'Italie ou de la Grèce ? Les Pays Bas, à l'époque appelés Provinces unies, ou le Portugal, furent des puissances majeures au XVII ème siècle. Même constat. L'Europe fut la reine du monde durant un demi-millénaire, les Etats-unis, même si ce n'en a été qu'une caricature, en était bien une de ses émanations. Et demain ?

Crépuscule ? :




Il n'est peut être pas trop tard. Mais il va falloir faire très vite.
notes
(1) Karl Ferdinand Werner, Naissance de la noblesse, 1998.

(2) Germinal, Claude Berri, 1993.

(3) Emile Zola, L'assommoir, 1878.

(4) Régine Pernoud, Pour en finir avec le Moyen-âge, 1979.

(5) Jacques Heers, Le moyen-âge une imposture, 2008.

(6) Divini Redemptoris - Encyclique du pape Pie XI, 1937.

(7) Anton Pannekoek, Les conseils ouvriers, 1936.

(8) Arthur Koestler, Le Zéro et l'Infini, 1941.

(9) «La surveillance est massive et généralisée» : http://www.voxnr.com/cc/di_antiamerique/EFAulFVkuVVrwipqRA.shtml

La démocratie en Occident: une espèce en voie de disparition ?
http://www.voxnr.com/cc/di_antiamerique/EFAuZZVkFyeHthICFv.shtml

La mouvance et les libertés: la nouvelle donne …
http://www.voxnr.com/cc/a_la_une/EFAklElFlyuNWdJCFB.shtml

O Liberté, que de crimes commis en ton nom !
http://www.voxnr.com/cc/a_la_une/EFZpFEkFEZRwSvpdcf.shtml

(10) « Lotfi » en l'occurrence

(11) Julius Evola, Les hommes au milieu des ruines, 1953.

(12) Ironie bien sur : Hélène Carrere d'Encausse, Le Grand Frère, 1983.

(13) Georg Wilhelm Friedrich Hegel (1770,1831). Considéré comme « le plus métaphysicien de tous les penseurs ».

Le choix de la contestation du pouvoir ukrainien à l'aune de l'histoire de France


Par Philippe DELBAUVRE

Le choix de la contestation du pouvoir ukrainien à l'aune de l'histoire de France

Le choix de la contestation du pouvoir ukrainien à l'aune de l'histoire de France
Le fait ukrainien a séparé la mouvance en deux parties, non égales d'ailleurs.

Si certains, majoritaires au demeurant, ont cru bon - on peut les qualifier d'identitaires et ils se recrutent bien au delà du Bloc - de soutenir les nationalistes ukrainiens agissant contre le pouvoir le pouvoir en place, d'autres ont préféré effectué le choix inverse. Leur choix fut la conséquence de leur appartenance identitaire, mais aussi de leur sympathie bien naturelle pour les croix celtiques arborées et portées par leurs camarades ukrainiens, présents sur place et d'opposition au pouvoir en place.

Les seconds, quant à eux, se refusèrent à soutenir les porteurs de croix celtiques ukrainiennes, non au motif qu'elles leur déplaisaient, mais sûrement en raison d'un choix d'ordre géopolitique.

Si à l'évidence les premiers se prononcent pour – la croix celtique en l'occurrence - les seconds ont effectué un choix qui presque toujours n'est pas d'approbation mais de répulsion : c'est ainsi que ceux qui ont opté pour Kiev et/ou pour Moscou, le plus souvent, n'apprécient pas particulièrement les deux capitales ou plus exactement, les deux modèles sociétaux qu'elle représentent.

C'est parce qu'il n'a duré que fort peu – les trois quarts d'un siècle normal - que les grands historiens, de façon presque consensuelle, ont décidé d'appeler le dernier siècle précédent « le court vingtième siècle » : 1914 -1989 . Il n'est pas certain que la valeur historique de ce dernier ait été véritablement comprise puisqu'il ne faudrait pas omettre que pendant environ les huit mille ans de l'histoire qui ont précédé, les hommes très majoritairement, élevèrent et cueillirent. Si cela ne signifie pas que dans les grands pays, l'industrie n'existait pas avant 1914, il n'en reste pas moins que la quasi-totalité des contrées furent encore à l'époque campagnardes. En tant que tel, le vingtième siècle marque une évolution-révolution dans l'histoire humaine.

De ce « court vingtième siècle », il n'est pas impossible et c'est même même probable que la seconde guerre mondiale en fut l'événement le plus marquant : les trois grandes idéologies de l'époque s'y affrontèrent avec à leur tête trois personnages historiques phares : Rossevelt pour la démocratie libérale, Staline pour le communisme, et enfin Hitler pour le fascisme, ce dernier considéré au sens générique du terme. Il faut bien évidemment prendre garde aux nuances : tous les démocrates ne se reconnurent pas dans l'action, les choix politiques de Roosevelt ; pas plus que Staline ne fit l'unanimité chez les communistes ou Hitler pour les nationalistes de toute obédience. Cependant, à la tête de puissances aussi majeures que les Etats-Unis, L'Union soviétique et l'Allemagne, ces trois hommes d'Etat furent historiquement incontournables, ce au point qu'il fallait en choisir un, malgré toutes les objections de type idéologique que l'on pouvait émettre, au sujet des uns comme des autres...

Vivants aux 21 ème siècle depuis environ vingt-cinq ans, même si la donne a bien changé, les choix à effectuer de nos jours sont tout aussi nécessaires qu'ils le furent à l'époque. Plus exactement, à l'échelle planétaire, il n'existe plus de personnage histoirique majeur incarnant aujourd'hui le mode de pensée de Hitler ou Mussolini. Quelque part aussi, alors que nous nous avions annoncé « la fin de l'histoire », celle-ci s'est, peu de temps après la levée du rideau de fer, remise en route : nous voici à nouveau en présence de deux blocs – le troisième a disparu en 1945 – même si contrairement à naguère, ils n'ont plus la cohérence interne qui fut auparavant la leur. Si, côté libéral, les sociétés se ressemblent par tant, tel n'est plus le cas pour celles qui s'opposent au nouvel ordre mondial ; d'une part, parmi les deux cents pays qui composent le monde, elles sont anormalement peu nombreuses, d'autre part, elles sont radicalement différentes, d'un point de vue idéologique : mis à part en effet, leur opposition au nouvel ordre mondial, quoi de commun d'un point de vue idéologique entre la Chine, la Russie, la Corée du nord, l'Iran ou la Syrie ?

Voilà pourquoi, sachant ces deux facteurs majeurs, on ne peut plus se permettre un choix confortable qui soit tout simplement conforme aux intérêts bien particuliers des uns et des autres. De surcroît, j'ai eu l'occasion de lire que l'Ukraine n'était pas la Russie. C'est omettre qu'elle en est beaucoup plus proche que la Tchéchénie.

Et même dans le cadre de l'histoire française, il n'est pas bien difficile d'imaginer le choix de ceux qui défendent aujourd'hui l'Ukraine : qu'eurent-ils donc fait entre 1946 et 1954 en Indochine ? Ou entre 1954 et 1962 durant la guerre d'Algérie ? Quel camp eut été choisi au motif du respect des identités locales ?

Et ce malgré tous les sacrifices des Anciens ...

La mouvance et les libertés: la nouvelle donne ..

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Par Philippe DELBAUVRE

La mouvance et les libertés: la nouvelle donne ...
 
 
Sur ce que sont les « fachos », bien des idées circulent, à commencer par celles qui sont erronées. Il y a la croyance au sein du Peuple que les fachos sont nécessairement psycho-rigides et très "jugulaire-jugulaire". Dans les faits, le plus souvent, c'est faux. C'est ainsi que l'individualisme est le plus souvent la règle chez eux et le fait n'est nullement nouveau.

Voici quelques décennies, le groupe « Socialisme et barbarie » avait cru bon d'étudier les profils psychologiques des uns et des autres. Il s'est alors avérer que les vrais « fachos » n'étaient autres que les militants communistes, fascinés qu'ils étaient par l'ordre, l'obéissance et le fait qu'il ne devait émerger qu'une seule tête...

Depuis, la postmodernité a fait les ravages que l'on sait, au point que les catholiques n'obéissent plus au Pape, que les républicains ont adhéré à la démocratie libérale, et que les communistes sont désormais imprégnés de subjectivisme. Notre mouvance n'est nullement épargnée par le fait et il n'est par exemple qu'à considérer l'utilisation bien peu prosélyte de facebook : bien peu de documents mis en ligne sont « partagés » alors que beaucoup sont « aimés ». Là encore, le subjectivisme est la règle, malgré la nécessité de diffuser l'information dont nous privent les media conventionnels.

Autre fait emblématique, le peu d'intérêt aujourd'hui chez nous pour l'armée, structure pourtant d'ordre et hiérarchique, qui faisait chez nous presque l'unanimité voici encore une trentaine d'années.

J'ai depuis une dizaine d'années une relation avec un palestinien, rebelle à l'acceptation du nouvel ordre mondial, depuis devenu un ami. Voici six ou sept ans, cet homme plus âgé que moi d'une décennie, donc disposant d'une plus grande expérience, me fit remarquer que paradoxalement la mouvance, finirait, malgré ses origines, par défendre les libertés.
Nous y sommes.



Le texte que j'ai lu récemment m'apparaît si important que je vous le livre en intégralité :
Web: la police a désormais accès à toutes vos données personnelles




La publication du décret au Journal Officiel a immédiatement provoqué une levée de boucliers des défenseurs de la liberté sur le web.
Sites de commerce en ligne, fournisseurs d'accès à Internet, gestionnaires de comptes e-mail ou plateformes de vidéo (YouTube, Dailymotion...) doivent désormais conserver pendant un an l'intégralité des informations renseignées par l'internaute sur les sites concernés.

Les données en question sont notamment: les nom, prénom et raison sociale; adresses postales; pseudonymes utilisés et mots de passe; adresses électroniques et mot de passe associé; numéros de téléphone; adresses IP; heures et dates précises de connexion et de déconnexion.
En clair, l'ensemble des informations personnelles des internautes, y compris les plus confidentielles, sont désormais mises à disposition des autorités. Un gestionnaire de boîtes e-mails (Yahoo, Hotmail, Gmail par exemple) est dorénavant dans l'obligation de conserver la totalité des informations données par l'internaute lors de son inscription, y compris son mot de passe, ainsi que « les données permettant de le vérifier ou de le modifier ». Autrement dit la fameuse "question" à laquelle une réponse a été attribuée.

Sont également concernés par ce pistage les commentaires postés sur des forums de discussion, les billets publiés sur des blogs ou encore les vidéos ou photos mis en ligne sur les grands sites spécialisés.
Cet ensemble de données devra être rendu disponible, pour les besoins d'enquêtes diverses, à tout un ensemble de services. Et officiellement pour des besoins précis. La police et la gendarmerie en tout premier lieu. Mais également les services du fisc, lorsqu'ils mènent des investigations sur les contribuables. Ceux de l'URSSAF, en cas notamment de suspicion de fraude. Ceux de la répression des fraudes également, concernant essentiellement les ventes sur Internet. Ou encore les agents des douanes.
Le décret élargit ainsi le champ d'application de la loi du 21 juin 2004 qui ne préconisait l'utilisation de ces données que par la police et la gendarmerie et « afin de prévenir les actes terroristes ».

Sa publication provoque déjà une levée de boucliers de la part d'associations d'usagers d'Internet, mais aussi des opérateurs concernés par cette obligation. Nombreux soulignent les risques d'atteinte à la vie privée.
Pour Jérôme Thorel, président de l'ONG Privacy France, « cela va à l'encontre des principes fondamentaux d'une démocratie. C'est disproportionné, c'est sans commune mesure avec le Big Brother qu'avait pu imaginer George Orwell ».
Pour sa part, l'Association française des Services Internet communautaires (ASIC, regroupant notamment les branches françaises de Google, Facebook, PriceMinister, Dailymotion ou encore Ebay) envisage de saisir le Conseil d'Etat pour faire annuler le décret. Selon l'ASIC, « stocker certains mots de passe ou contenus est interdit par la loi ».
(1)

Le système démo-libéral, peut être parce qu'il n'a plus face à lui l'empire communiste,ce dernier exerçant un contre-pouvoir à l'occident, se permet désormais d'être de plus en plus oppressif. Montrant son vrai visage, il impose maintenant par la contrainte, des mesures portant atteinte aux libertés, dont il me semble que le peuple, malheureusement informé principalement par la télé qui est aux ordres et se tait donc, n'a pas vraiment conscience.

L'article placé en supra n'est pas la seule information inquiétante : elles abondent...

C'est ainsi par exemple que voici quelques années, le nombre annuel de gardés à vue, dépassa le cadre du million. On pourrait y voir la conséquence de l'augmentation, bien réelle, de la délinquance si on méconnaissait la profession de certains enfermés ; médecins généralistes et spécialistes, avocats, ingénieurs qui, à l'évidence, ne relèvent pas de par leur statut social ainsi que de par leur comportement de la garde à vue : aujourd'hui, cette procédure est utilisée de plus en plus fréquemment et de façon abusive …

Ce n'est pas un hasard non plus si le gouvernement français qui ne cesse de fustiger Russie, Chine et Perse, au nom justement des libertés, est devenu le numéro un mondial en matière de suppression des tweets...

L'affaire Dieudonné est aussi symbolique tout comme les la dissolution de groupuscules pourtant oeuvrant dans le cadre de la loi.

Emblématique aussi, la volonté bruxelloise d'interdire tous les referendums en Europe …

Même la reconnaissance bien tardive de la reconnaissance du vote blanc, qui a pourtant sa raison d'être, n'est qu'une manœuvre afin de freiner la déferlante Front National qui se prépare, pourtant bien démocratique.

Bientôt question aussi, même s'il ne s'agit là que de détails, d'interdire aux Français, aussi bien le feu de cheminée que la culture d'un jardin potager...

Alors que dans les années 70, les ouvrages censurés concernaient presque toujours la pornographie, ce sont aujourd'hui des ouvrages politiques qui sont le plus souvent bannis, condamnés au feu systémique. Autre forme de censure en matière de livres, l'impossibilité de publier tel ou tel ouvrage en France, les maisons d'édition s'y refusant, probablement soucieuses de ne pas offenser les pouvoirs.

Idem aussi l'apologie par le ministre de l'intérieur des hackers (2), dès lors où ceux-ci s'en prendraient à des sites ou blogs alternatifs. Volonté aussi de recourir à l'implantation sous la peau, d'une puce électronique, bien évidemment au nom de nos intérêts, avec les dérapages que l'on peut imaginer. Même conclusion quant à la modification radicale de la famille traditionnelle, naturelle pourrait-on écrire, suite au mariage homosexuel ou à la théorie du genre que les Français, à juste titre, trouvent aberrante. Pareil pour l'utilisation des milices antifa, devenues polices parallèles ..

On aurait tort de mettre uniquement en cause, aussi bien François Hollande que le gouvernement Ayrault, d'une part parce que la dérive est bien antérieure, d'autre part parce que le fait n'est nullement français de façon spécifique. Aussi bien Bruxelles que les Usa (les dérives liberticides du Patriot Act) s'en donnent à cœur joie...

Voilà pourquoi j'estime qu'il faut maintenant lancer pendant qu'il est encore temps une grande campagne nationale, si possible relayée à l'étranger, au profit du referendum d'initiative populaire, procédure recueillant l'assentiment de la plupart des Français : l'exemple suisse nous y pousse d'ailleurs.

Je ne vois pas d'autre alternative permettant de stopper l'involution en cours. Aussi bien en France où nous sommes encore loin de vaincre au second tour, qu'à l'échelle européenne où les institutions, parce qu'elles ne sont pas démocratiques, nous ne pouvons agir efficacement.

Le salut avant la grande catastrophe ne pourra donc advenir que par la base : Le Peuple !
 
Notes

(1) Source: http://rmc.bfmtv.com/info/150633/web-police-a-desormais-acces-a-toutes-vos-donnees-personnelles/

(2) http://www.youtube.com/watch?v=Gj7IHs5Qo38

Réflexion sur les violents affrontements à Nantes


Par Philippe Delbauvre   
Réflexion sur les violents affrontements à Nantes
 
 
Une des conséquence de la postmodernité n'est autre que la fin des référentiels auxquels on était habitué. A titre d'exemple, ce que l'on nomme pudiquement et faussement « actes d'incivilités », n'étaient pas voici cinq décennies. Révélateurs furent d'ailleurs le désaveu par les Français, des exactions des étudiants de mai 68 durant ce que l'on a coutume d'appeler, « les événements ». Les Français d'alors, ne supportèrent pas que les jeunes, bien souvent issus de milieux socialement favorisés, s'en prennent à des biens matériels comme par exemple les voitures. Si ces manifestations de 68 avaient peut être leurs raisons d'être, les Français ne pouvaient que désavouer les violences gratuites qui ne furent la conséquence de petits bourgeois qui, friqués, méconnaissaient la valeur de l'argent.

Ce qui s'est passé ce samedi de violence à Nantes est en passe de devenir banal là où les événements de mai 68 étaient à cette époque exceptionnels. De plus en plus souvent, des manifestations dégénèrent dans lesquelles on peut constater la toujours alliance entre l'extrême gauche et les délinquants. Pour les uns comme pour les autres, il n'y a pas d'engagement politique au sens noble du terme, mais juste la volonté de casser. On pourrait comprendre, la tradition de l'extrême gauche étant ce qu'elle est, que la violence ne vise que les forces de l'ordre, parce que symboliques d'un pouvoir considéré comme capitaliste. Tel n'est pas le cas ; c'est ainsi que les vitrines des petits commerçants volèrent en éclats alors que l'on aurait pu penser, justement parce que « petits », qu'ils auraient été épargnés. On aurait aussi admis, toujours pour des raisons idéologiques, que l'extrême gauche s'en prenne à des enseignes de firmes multinationales capitalistes. Que nenni …

Là où naguère l'extrême gauche, d'un point de vue idéologique, avait sa raison d'être, en l'occurrence le combat pour le très fameux et non stalinien « socialisme à visage humain », c'est aujourd'hui du petit soir dont il s'agit. Alors que le capitalisme est en crise, que l'on voit les libertés reculer et que de nombreux voyants sociaux se sont mis au rouge, l'extrême gauche qui devrait être au plus haut, se trouve aujourd'hui ignorer des Français. Même un Jean-Luc Mélenchon, ancien du trotskisme mais qui n'en est plus malgré un positionnement très à gauche, ne décolle pas : lui qui s'était fixé comme objectif majeur de lutter prioritairement contre le Front National, dispose d'un parti qui n'obtient que le tiers ou le quart de son concurrent direct.

Amadeo Bordiga (1) avait déjà voici bien longtemps mis en garde les dérives antifascistes de l'extrême gauche dont il estimait qu'elle était la conséquence d'un fait petit-bourgeois. Alors que le capitalisme aujourd'hui, même malade, est omniprésent à l'échelle planétaire, il en est pour se focaliser sur l'antifascisme comme si chemises noires et brunes fourmillaient encore dans les rues. Un peu facile et confortable de se réclamer de la lutte contre le fascisme alors que ce qu'ils considèrent comme le grand danger majeur n'est plus depuis 1945, ce que tous les Français savent. Si très longtemps on a parlé en France de la seconde guerre mondiale, c'est tout simplement parce que beaucoup de Français, à l'époque, l'avaient vécue. Aujourd'hui, cette génération n'est presque plus, tout comme il en est de même pour celle qui a vécu les guerres d'Indochine et d'Algérie. Il va donc de soi que les Français ont aujourd'hui de toutes autres préoccupations et que les discours à fort contenu idéologique les font fuir.

Ces nervis d'extrême gauche ainsi que les délinquants auxquels ils sont le plus souvent associés, pourraient très facilement être matés si le pouvoir était plus volontaire et moins compréhensif. Chacun a pu constater que c'est toujours ou presque sur la même frange du spectre politique que le pouvoir se focalise. A cela une raison simple qui n'est autre que la connivence entre le(s) gouvernement(s) en place et l'extrême gauche qui ont noué une alliance censée freiner la célère et nécessaire poussée du Front National. Il ne faut d'ailleurs pas être bien fin pour constater que nombre de sites ou blogs affiliés à l'extrême gauche, servent de base de données de renseignements à destination de la police politique en place. En admettant d'ailleurs aussi, que l'extrême gauche ainsi que les délinquants, ne servent pas au plus grand bénéfice du pouvoir en place, à déconsidérer des manifestants paisibles et motivés par une cause juste.

Document image et video : Ouest France : http://www.ouest-france.fr/nd-des-landes-un-centre-ville-devaste-1951408