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dimanche 4 mars 2018

De l’ordre de la symbolique, l’arbre et la forêt

Gérard Maurice ♦
Professeur des Facultés de droit.

En comparant les religions des peuples indo-européens et celles de l’orient, certains auteurs ont pu avec raison, opposer psychisme de la forêt et psychisme du désert. Les religions solaires et les sociétés patriarcales des Européens étaient incompatibles avec les religions lunaires et les sociétés matriarcales des Levantins.

Parmi les symboles qui traduisent la psyché collective des peuples indo-européens, depuis la plus haute antiquité jusqu’à nos jours, figure l’arbre.
Le thème de l’arbre qui se retrouve dans toutes les mythologies indo-européennes, s’articule toujours autour de l’idée du cosmos vivant en perpétuelle régénérescences. Il est à l’image de la verticalité.
Mort et régénération, il symbolise aussi le caractère cyclique de l’évolution cosmique.
La forêt, nous dit Tacite dans son De Germania, est la demeure naturelle des dieux germaniques.
C’est au sein de la forêt que se déroule l’initiation guerrière des jeunes gens qui arrivent à l’âge d’homme. C’est au sein de la forêt que les druides celtiques nourrissent leur réflexion et leur sagesse. La forêt, centre de vie, réserve de fraicheur, matrice d’eau et de chaleur associées, est naturellement lieu de connaissance et asile du sacré.
Dans la mythologie nordique, le premier homme et la première femme furent créées à l’aide d’arbres, un frêne pour l’homme, un bouleau pour la femme. Le cosmos lui-même est vu sous la forme d’un arbre géant, le frêne Yggdrasil.
A l’autre extrémité du monde indo-européen, chez les Aryens installés en Inde, la représentation du cosmos sous la forme d’un arbre géant se retrouve dans le Védas.
Le chêne attire la foudre et symbolise la majesté : le chêne de Zeus à Dodone. Chêne et force s’expriment en latin par le mot « robur ». On est donc au cœur des racines européennes. Toutefois Athènes, Rome incarnent aussi les héritages les plus prestigieux de l’Europe. Ainsi à la symbolique de la forêt, se pose en mémoire la légende des villes-souches. Enracinement symbolique et sens du destin correspondent donc aux élans vitaux de ces peuples européens qui ont essaimé depuis plus de 5000 ans dans ces terres d’Eurasie.

Le thème de l’enracinement

La plupart des êtres vivants connaissent un état de dépendance écologique.
C’est-à-dire qu’il existe une relation très étroite entre leurs performances, leurs possibilités de développement, et la présence (ou l’absence) d’un environnement spécifique auquel ils sont adaptés. Sortis de ce milieu naturel, auquel les espèces doivent leurs modalités d’insertion dans la chaîne de l’évolution, et dans lequel leurs potentialités peuvent s’actualiser, ils s’étiolent ou dépérissent.
Bien entendu, cette dépendance est plus ou moins grande. Au niveau du comportement, elle se traduit par un instinct particulier, propre à tous les animaux (humains compris) et que les spécialistes, à la suite de Robert Ardrey (African Genesis) nomment instinct territorial ou sens du territoire (territorial imperative).
Cet instinct est essentiellement défensif, ce par quoi il se distingue des tendances agressives et d’expansion.
« L’homme a un instinct territorial, si nous défendons nos foyers et nos patries, c’est pour des raisons biologiques ; non point parce que nous choisissons de le faire, mais parce que nous devons le faire »
En tant qu’animal social, l’homme possède une disposition instinctive à s’identifier avec ceux qui lui ressemblent. Celle-ci le conduit dans un premier temps à sur-valoriser le groupe auquel il appartient, et, dans un second temps, à tenter de rationaliser les fondements psycho-sociaux de son association préférentielle.
Chez l’homme, ce sentiment d’exclusivité dans l’appartenance s’est manifesté par la création de tribus, de classes et de castes et de nations.
Dans les sociétés évoluées, où coexistent des groupes différents nettement les uns des autres, les associations préférentielles se reconstituent très vite (séparation des habitats, clivages sociaux, clubs privés).
Bien qu’ils le prétendent parfois, les hommes ne se définissent pas en référence à une Etre abstrait, intemporel et translucide mais par rapport à ceux qui les entourent : s’ils ne se définissent pas, rien ne les distingue ; si rien ne les distingue, rien ne les caractérise ; si rien ne les caractérise, ils n’existent pas.
Ainsi la vie n’est possible que sur une étroite bande de terrain psycho-sociologique. Il faut que l’individu soit membre d’un groupe (et conscient de son appartenance), mais aussi qu’il soit clairement situé dans ce groupe (et conscient de sa personnalité). Un même péril guette celui qui, par nature ou par intention, va chercher à s’affranchir de cet équilibre. Trop semblable, il ne pourra s’imposer ; trop différent, il sera exclu. Trop adapté (massifié), trop inadapté (déraciné) : les deux excès se rejoignent.
Qu’il y ait un lien entre le paysage et la personnalité, c’est ce dont il n’est plus possible de douter.
C’est un fait, étrange assurément, et difficile à cerner, que les hommes sont liés charnellement à la terre qui les a vus naître, avec laquelle ils ne feront plus qu’un à l’heure où, maillons disparus mais non pas manquants, ils ne survivront plus que par les grandes choses qu’ils auront faites et dont leurs descendants auront gardé puis transmis le souvenir.
Chaque romain emporte Rome avec lui. Mus par l’esprit d’aventure, les hommes d’Europe n’ont cessé d’entreprendre des voyages, de fonder des colonies, d’explorer le monde, de se lancer à la découverte de terres inconnues. Mais chaque fois, c’était le souci de s’installer, de fonder quelque chose qui leur appartienne et qui leur corresponde en propre.
« Le lieu joue un rôle important dans l’identification ».
Si tant de critiques s’élèvent contre la société moderne, ce n’est pas du fait qu’elle est moderne. C’est parce qu’au travers des mille inconvénients perçus dans l’immédiat, chacun sent bien que cette modernité là déracine ; que la ville créé des séries, là où la campagne produisait des familles. Cette société tend à la massification et à l’anonymat.
Il va naître bientôt, si ce n’est déjà fait, des enfants qui ne sauront jamais comment pousse le blé, comment naissent les bêtes, ni ce que sent la terre après la pluie.
Qu’auront-ils exactement perdu ?
Raisonnons au coup par coup. L’homme est un être de nature. Mais il n’est pas que cela. Parmi les êtres de nature, il est aussi un être de culture. C’est pour cela que, depuis son apparition sur terre, il n’a cessé de s’adapté à des nécessités nouvelles, mettant ainsi le temps en perspective, faisant de l’histoire avec du temps. Inversement, dans cet incessant renouveau dont il est à la fois le protagoniste et le théâtre, rien ne peut entamer ce qu’il y a en lui de permanent.
Lorsque l’homme est coupé de ses origines, qu’il vit à un rythme qui n’est plus le sien, au sein de structures qui ne lui conviennent plus, en vue d’objectifs qui sont pour lui, qu’il ne parvient plus à reconnaître son héritage dans le brouillard tenace des ahurissements et des obsessions, lorsqu’il devient étranger chez lui, alors au sens propre, il est aliéné.
Que l’hyper-individualisme soit devenu la règle des sociétés de masse n’a rien de contradictoire. Les excès marchent toujours par deux. A force de « communiquer avec le monde », les hommes de notre temps ne savent plus que dire de leurs voisins. Une dimension est perdue : celle de la collectivité restreinte, c’est-à-dire de la communauté. La richesse de l’humanité, c’est la personnalisation des individus à l’intérieur de leur communauté. Les villes souches de leur côté, furent aussi des communautés.

Le thème de la ville de Destin. Les villes doivent-elles toujours être mal aimées ?

C’est la question que l’on peut se poser lorsqu’on s’aperçoit que, depuis des millénaires, la vie citadine n’a cessé d’être opposée à la vie rurale dans une perspective presque immanquablement négative.
Au XVIIIème siècle, le « bon sauvage » apparaît en quelque sorte comme le campagnard de la civilisation. A cela s’oppose le diagnostic de Spengler : « il y a un fait tout à fait décisif, dont on n’a jamais pesé toute la signification : c’est que toutes les grandes cultures sont des cultures citadines ».
Là où il n’y a pas de villes, l’humanité n’est pas encore dégagée de la « nature. Dès que l’homme prend conscience de son humanité, l’expression sociologique de cette prise de conscience est la ville. La ville naît de tout ce qui est spécifiquement humain : l’historicisation, la mise en perspective des actions des hommes, la discontinuité du temps, la domination du milieu extérieur, la prise de possession du monde. L’existence urbaine se confond avec l’existence politique et proprement humaine. Il n’y a pas de civilisation nomade : la civilisation dérive d’une exploitation de la sédentarité.
« Les villes créent les confrontations, les richesses, les moyens sans lesquels, il n’est pas de culture et de civilisation ».
Tout cela ne veut pas dire que la ville, n’importe quelle ville, soit un bien en soi –ni, surtout, qu’il faille souhaiter la disparition des campagnes. Il est évident, d’autre part que le discours sur les « méfaits des villes » et les « vertus des campagnes » contient aussi une part de vérité. S’il n’y a pas de villes, il n’y a pas de culture, mais s’il n’y a plus de villes, alors il n’y a plus de culture.
Jacques Ellul, Professeur d’histoire sociale à l’Institut d’études politiques de Bordeaux, a su lire dans la Bible, une véritable malédiction de la ville. Il est significatif que le premier bâtisseur de ville ait été Caïn. Il est en effet dit dans la Genèse qu’après avoir tué Able, Caïn bâtit une vile à laquelle il donna le nom de son fils : Hénoch(h). Dès l’origine, la ville apparaît comme le projet d’un « Eden » humain substitué à l’Eden de Iahvé.
Or, elle représente beaucoup. Elle est d’abord le symbole de la puissance politique, de la puissance de l’homme. De fait, tous les grands bâtisseurs sont fils de Caïn. Babylone est le symbole de toutes les villes.
« En elle, poursuit M. Ellul, toutes les villes sont englobées, synthétisées (….) Elle est vraiment la tête et la mesure des autres villes. Lorsque la colère de Dieu se déchaîne, elle est frappée la première (…) ».
Trente cinq siècles plus tard, Karl Marx affirme à son tour que « la punition de la civilisation, c’est le travail et la division de l’humanité ». Pour l’auteur du Capital, l’espace de la ville est celui du « crime social » par excellence. Marx avait surtout analysé les « villes mondiales » naissantes. C’est pourquoi il pensait que la révolution se produirait dans les moyens les plus industrialisés, aux concentrations urbaines les plus fortes. Cette espérance a été démentie par les faits.
Oswald Spengler, dans Le destin de l’Occident, a retracé avec infiniment plus de pertinence l’évolution de la cité, depuis la plus petite bourgade jusqu’à la « ville mondiale ».
La différence entre la bourgade et la ville ne tient pas seulement à leurs tailles respectives. La bourgade ne s’oppose pas fondamentalement à la campagne. Elle est liée à la terre et dépend de la « nature » dont elle adopte les habitudes et les rythmes.
La « nature » est nettement dominée tant du point de vue économique que du point de vue politique. Il y a toujours un paysage mais c’est un paysage créé par l’homme et dans lequel il se projette et se reconnaît.
La ville se transforme alors en petite société autonome, en constante évolution par rapport à son milieu ambiant. Elle devient le sujet collectif de l’histoire de ses habitants. Et par le fait même, elle dote d’une âme.
« La naissance de l’âme de la ville est proprement le prodige», écrit Spengler. Ame collective d’espèce entièrement nouvelle, dont les raisons dernières resteront toujours pour nous une éternelle énigme, elle surgit tout à coup et se sépare du psychisme général de sa culture.
Mais la « ville de culture » s’étend bientôt. Elle bourgeonne en banlieues, qui absorbent peu à peu les campagnes, et dont la croissance ne répond plus à aucun projet. Le monde rural ne forme plus le réservoir naturel de ce qui, peu à peu, vient s’actualiser dans la ville ; il est de plus en plus brutalement vidé, sans avoir le temps de se renouveler. Au lieu que la « nature » soit intégrée au paysage, il n’y a plus de « paysage » du tout.
Ainsi surgit la « ville mondiale », soumise, selon les époques, au pouvoir des technocrates ou des fonctionnaires impériaux. Son apparition, dit Spengler, correspond au triomphe de la « civilisation mondiale » c’est-à-dire au stade de la « pétrification » des cultures. « Ces villes gigantesques et peu nombreuses, écrit Spengler, bannissent et tuent dans toutes les civilisations, par le concept de province, le paysage entier qui fut la mère de notre culture (…). Elles deviennent l’histoire pétrifiée d’un organisme ».
En 1950, il n’y avait encore que 50 % de citadins en France (75 % aujourd’hui) contre plus de 80 % dès 1890 en Grande-Bretagne et, dès 1910, en Allemagne. D’autre part, l’agglomération parisienne possède la plus forte densité en Europe.
Après d’autres, Spengler a également démontré qu’il existe une interconnection logique entre l’habitat et la société en général. Ainsi, aujourd’hui il y a une interconnection logique entre les grands ensembles.
Dans les villes mondiales, on retrouve l’esprit d’analyse, la raison purement analytique qui caractérise si particulièrement l’esprit de la bourgeoisie.
La mutation de la ville et son statut de ville mondiale s’inscrit dans le paysage d’une ville organique à une ville fonctionnelle. Cette évolution coupe l’homme de la nature et la transforme en étranger sur son propre territoire tandis que les faux bourgs devenues banlieues relèvent d’une véritable barbarie à visage urbain.

DE LA VILLE ORGANIQUE A LA VILLE FONCTIONNELLE

De ce point de vue, il convient d’insister sur la mutation de la ville et sur celle des faubourgs.

La mutation de la ville … la ville sans âme

Combien de centres historiques évoquent encore, en creux, ce que furent les villes de Destin… En fait il n’y a plus qu’eux qui évitent que l’amas d’habitations trouve encore un sens.
Jean Giraudoux écrivait juste que dans la ville marchande (comme du reste de la ville socialiste telle qu’elle se développe en Union soviétique et dans les pays de l’Est), l’habitant et le travailleur, réduits à leur seule fonction économique et privés de toute perspective communautaire, n’ont plus guère d’autre horizon que le fameux « métro-boulot-dodo ».
Comment ne pas comprendre, dès lors, que la plupart d’entre eux aspirent à échapper à la ville et à des contraintes collectives qui ne leur offrent plus aucune contrepartie collectives qui ne leur offrent plus aucune contrepartie communautaire ? Ce refus de la ville moderne se traduit par un rêve régressif caressé par des millions de français : celui de la petite maison individuelle, implantée au centre d’une parcelle jalousement clôturée.
Parallèlement à l’avènement, en Europe, de la ville marchande, naquirent les premières utopies urbaines, dans la foulée des idéologies universalistes et égalitaires issues du siècle des Lumières. La plupart de ces utopies socialistes se caractérisent par leur conception totalitaire, faisant abstraction du temps, de l’espace, et de toutes les différences humaines.
Lorsque, au début de la révolution d’octobre, le parti bolchevik essaiera de réaliser l’utopie socialiste intégralement en Russie, il s’y édifiera des « maisons communes » tendant à socialiser tous les éléments de la vie quotidienne. On y prenait non seulement les repas en commun.
En fait, l’urbanisme utopique et totalitaire trouve sa source dans la philosophie rationaliste. Loin de s’opposer, l’urbanisme utopique et l’idéologie libérale ont partie liée, le premier ayant eu dès l’origine pour mission de fournir un cadre rationnel à la seconde. Il ne faut jamais oublier que la société marchande était grosse de ces théories de la table rase, ayant elle-même fait table rase de la ville historique et culturelle, de la ville organique. C’est donc sans surprise qu’on peut la voir intégrer tout naturellement aujourd’hui, et pas seulement en théorie, l’utopie.
La ville organique, contrairement à la ville totalitaire, demeure enracinée dans la nature, qu’elle sculpte et transcende tout en l’épousant. Sur la colline de Pergame, les architectes de l’Antiquité ont édifié une ville qui en exploite harmonieusement toutes les dénivellations. Il n’est jusqu’au tracé pourtant géométrique et « artificiel » de la ville fondée en 1240 par Saint Louis à Aigues-Mortes, qui ne respecte les données géographiques.
Pourquoi ? «  C’est que, dans cette région, les vents sont parfois violents ; une trop longue percée est facilement prise d’enfilade ; au contraire, des décrochements, des goulets ménagés de place en place brisent les courants d’air ».
La rationalisation productiviste balaya cet héritage.
Avant la guerre que la ville est la forme même en laquelle s’expriment le génie historique d’une nation et sa volonté de puissance, et l’urbanisme est le langage de son histoire et de son destin. Ce ne sont pas les maçons, ni les entrepreneurs, ni les administrateurs, ni même les architectes qui font les villes, ce sont les princes.
Voltaire disait : « c’est peu d’avoir des Vitruve, il faut que les Auguste les emploient ».
Dès le Moyen-Age en effet, la constitution de la nation française s’est traduite par une politique urbaine et par un style architectural. Il s’agissait alors, pour la monarchie française naissante, d’imposer un mythe national. Michel Ragon écrit : « ce que diffuse le gothique, c’est le style de l’Ile de France, c’est-à-dire de la monarchie capétienne. En se répandant dans tout le royaume, le gothique reflète l’ambition politique de la monarchie française (…) ».
Dans un beau livre intitulé Neuf siècles de bâtisseurs de villes, Urbain Cassan retrace l’histoire de la politique urbaine française et montre à quel point les rois avaient le souci de subordonner les intérêts particuliers au dessein national.
Mais les intérêts particuliers devaient bientôt prendre leur revanche. Deux conceptions de la ville s’étaient affrontées dans l’Antiquité : la conception impériale, symbolisée par Rome, et la conception marchande, symbolisée par Carthage. Deux conceptions d’où découlaient deux formes d’urbanisme antithétiques. Des siècles durant, les princes avaient été hantés par l’histoire de Rome : c’est Carthage que la bourgeoisie triomphante va prendre désormais pour modèle.
« Du XVIème au XVIIIème siècle, c’étaient, en effet, les formes, les emplacements et les positions des édifices qui déterminaient les tracés des rues (…) ».
Pour reprendre la terminologie de Ferdinand Tönnies, la ville de société se substituait à la ville de communauté. En dépit de ces résistances, le triomphe des critères économiques et techniques dans la conception de la ville était total, atteignant même de nos jours, sous la houlette des administrateurs, à de spectaculaires impasses.
Le nouvel habitant :
Loin des feux des médias et juste de l’autre côté du centre culturel et commercial (un hyper, 3 ciné super, une pizzeria et un chinois pour le folklore, et un épatant night-club au dessus de l’autoroute) se cache le bonheur standardisée des adeptes des nouveaux villages.
Monsieur ressemble à Bernard Tapie, et Madame à la poupée Barbie. Il est vendeur de quelque chose et elle est acheteuse de tout. La famille compte deux voitures (dont une noire, rapide et allemande, avec un téléphone et laser-disc), deux enfants, mi-Chevignon mi-Cyrillus, un portefeuille de privatisées et une parabole pour MTV et CNN).
Le samedi, c’est shopping et jogging, et le dimanche tondeuse, golf et soirée barbecue avec les voisins-collègues. C’est Los-Angeles sur Seine, « le bonheur si je veux », loin des vieux, loin des pauvres, avec la plan d’épargne retraite pour unique horizon. L’ordre règne au village. Mickey a vraiment soigné son étude de marché.
Mutation de la ville, mais aussi mutation des faubourgs.

La mutation des faubourgs : la banlieue ou la barbarie à visage urbain

Les événements  (révoltes de Trappes, Vaulx en Velin, pillage des magasins parisiens de 1990, etc) ont remis au premier plan de l’actualité le problème des banlieues.
Celui-ci a reçu plusieurs types d’explication. Les uns accusent la seule immigration (discours alarmiste, dramatisant et politicien) et proposent l’expulsion (ou l’intégration) comme remède. Les autres mettent en cause la seule inhumanité de l’habitat (ces grands ensembles où l’on ne s’est jamais aussi peu ensemble) et se proposent aimablement de repeindre les tours ou de réparer les ascenseurs.
Ces deux explications conjoncturelles à des problèmes structurels sont insatisfaisantes et irrecevables. Les champions de la France française sont bien en mal d’expliquer l’ancienneté de la violence en banlieue, dont les ressorts sont loin d’être exclusivement ethniques. Au XIXème siècle déjà, les « cayennes » de Saint Ouen livraient de grandes batailles de rue contre les « plaineux » de Saint Denis.
Les rénovateurs du champ urbain, sans doute trop habitués à traiter les faits sociaux comme des choses, négligent à l’inverse l’originalité de la situation, où le béton exacerbe, mais ne génère pas, les conflits potentiels.
En vérité, il n’est pas un problème des banlieues, mais un problème de la banlieue, de cette immense périphérie urbaine qui s’est développée comme un cancer depuis plus d’un siècle.
La banlieue naît comme le repoussoir des sociétés industrielles, le lieu « d’accueil » des déracinés (sociaux, puis raciaux), du système marchand. La construction de ces banlieues, au XXème siècle surtout, est ensuite le banc d’essai, l’éprouvette à taille réelle, avec quelques millions de cobayes humains, des théories de la modernité concentrées dans l’urbanisme dite « progressiste » (architecture international ou mouvement moderne.
C’est l’industrialisation massive de la France qui a donc déterminé la naissance des banlieues. Elle a d’abord modifié, inversé, les pratiques sociales du plus grand nombre. L’habitat traditionnel, qui était le lieu de toutes les activités du groupe élargi à trois générations (de la naissance à la mort, qu’elles soient ludiques, éducatives, utilitaires) est supplanté par le logement autonome, consacré aux seules activités résiduelles.
Le développement d’équipements spécialisés (hôpitaux, crèches, écoles, lieux de distraction…) assure la socialisation des individus. A l’inverse, le lieu de travail, hier dispersé (boutique, atelier, champ…) se concentre en de vastes complexes industriels.
« Les habitations bon marché, puis les habitations à loyer modéré, furent dans le même mouvement un des lieux d’entraînement, d’expérimentation et un des lieux de concrétisation de l’idéologie modernisatrice. Au cœur de celle-ci on trouve la rationalité productiviste, sous toutes ses formes et dans toutes ses composantes idéologiques. L’exaltation (…) fut le fait aussi bien du grand patronat que du parti communiste, des franges avancées du CNPF comme de la CGT, et ce pendant des décennies, d’hier et d’aujourd’hui (…) ».
La nécessité de loger le peuple ne motiva pas toujours les mêmes acteurs. Y ont pourvu successivement le patronalisme et la philanthropie (les premières cités ouvrières sont le fait des chefs d’entreprise qui souhaitaient fixer une main d’œuvre), le mouvement municipaliste animé par les franges possibilistes du socialisme français, l’étatisme et la promotion privée, enfin, le premier dominant la seconde jusqu’à la fin des années soixante-dix.
La ville est désormais quadrillée par la rationalisation.
Il s’agit dans un premier temps de purger les centres des concentrations humaines qui les habitent et dans un second temps de construire à la périphérie des zones d’accueil proposant une transparence, un « panoptisme »(Foucault) que la grande ville n’offrait pas toujours.
Les déséquilibres urbains engendrés par les nouveaux principes de productivité, de rentabilité et d’utilité vont appeler la naissance d’une nouvelle discipline, l’urbanisme.
Cette science récente (le terme n’apparaît dans la langue française qu’en 1911) se divise tôt en deux écoles concurrentes. L’école dite « historiciste » ou « culturaliste » (dont la postmodernité est aujourd’hui l’héritière) répond à la crise de la ville par la continuation ou la restitution de ses cadres passés. Ses principaux représentants sont Camillo Sitte, Raymond Unwin et Ebeneze Howard. A l’inverse, l’école dite « progressiste » s’attachera à adapter la ville aux exigences de la société industrielle. Cette seconde école, qui dominera véritablement tout le XXème siècle, trouve ses racines dans le courant utopiste, incarné notamment par Robert Owen, Charles Fourier, Victor Considérant ou Jean-Baptiste Godin.
Cette obsession de l’ordre se traduit également par une géométrisation systématique de l’habitat : la courbe est partout supplantée par la droite, l’orthogonalité est reine. Les maisons sont déterminées par des standards égalitaires qui se répètent à l’infini. La notion de ville elle-même disparaît, puisque les unités d’habitation, toutes autonomes, sont dispersées au hasard dans la campagne. C’est de ce modèle utopiste que l’urbanisme progressiste, incarné par Le Corbusier, Walter Gropius, Mies van der Rohe ou Tony Garnier, tirera ses principes paradigmes.
Il s’adresse en premier lieu à l’individu humain, soumis à des besoins universellement identifiables. « Tous les hommes ont mêmes organismes, mêmes fonctions. Tous les hommes ont les mêmes besoins » (Le Corbusier). Le champ urbain est donc découpé suivant un certain nombre de fonctions urbaines (Le Corbusier en voit quatre : habiter, travailler, circuler, se recréer) ; il ne s’intègre plus de façon organique à une totalité, mais se décompose au contraire en zones séparées et décontextualisées du tout social.
L’habitat idéal est alors le logement standard.
La construction en hauteur –ces « barres » qui ont défiguré notre paysage urbain- est également préconisée (la taille idéale –traduire : la plus rentable- de l’immeuble se situe entre huit et douze étages selon Gropius). Il faut y voir l’héritage de la pensée hygiéniste du XIXème siècle, la dédensification de l’habitat au sol étant censée faire entrer la verdure et le soleil dans le bâti.
Les théories progressistes établissent une stricte identité entre l’hygiène physique et l’hygiène mentale, alors que l’expérience a montré combien ce remodelage rationnel fut souvent plus traumatisant que les ilots insalubres contre lesquels tempêtaient les obsédés de la salubrité publique et privée.
L’architecture fonctionnaliste suppose que les besoins de l’homme sont indépendants les uns des autres et qu’ils doivent se satisfaire indépendamment. La ville est réductible à la somme de ses fonctions, de même que l’individu est réductible à la somme de ses besoins.
Perception clairement inspirée de la pensée utilitariste, chacun n’étant mû que par la satisfaction immédiate et rationnelle de ses besoins, satisfaction définissant le bonheur.
Mieux : une fois mis en place, les moyens fonctionnels chargés de satisfaire ses besoins, l’individu se trouve obligé de les utiliser, son rapport à l’espace n’existant que par les fonctionnalités. D’analytiques, les théories corbuséennes deviennent vite, on le voit, normatives.
Tout concourt, dans les années cinquante et soixante, à la mise en pratique des théories fonctionnalistes : le pouvoir renforcé de la technocratie, à travers ses grands corps de fonctionnaires (ingénieurs des ponts et chaussées, polytechniciens), ses structures d’intervention (DATAR, DDE, SDAU, etc) et ses réformes législatives et juridiques (POS, COC, ZUP et autres ZAC).
Il s’agit pour l’Etat d’optimiser les investissements publics en les concentrant sur de grandes opérations.
Plans-masses et cellules logements standardisés, qui permettent l’utilisation maximale du béton, pullulent. C’est la « rationalité du chemin de grue », imposée pour faciliter les coffrages et les banches. Les « 4000 » à La Courneuve, les « 3000 » à Aulnay.
Entre l’enracinement villageois et l’enracinement urbain, entre la ville et la campagne, la banlieue n’est qu’une étape. Elle est par essence la zone refuge du déracinement, « d’où cet aspect provisoire de la banlieue, qui n’a pour elle la permanence « naturelle » de la campagne, ni davantage la permanence « historique » de la ville. Elle est par essence une « déterritorialisation » dont le site se résume à la connexion de flux humains et de réseaux économiques.
Le contrôle social n’est plus assuré par des règles intériorisées, mais par l’autorité extérieure.
On est ainsi à l’antithèse des viles traditionnelles, organisées autour d’un lieu de culte (le temple, l’église) et/ou d’un lieu d’expression politique (agora, forum), deux espaces publics soigneusement délimités de l’espace marchand et des espaces privés.
En banlieue, au contraire, l’espace public se résume à la somme des espaces privées. Le centre n’existe plus. Tous au plus un centre commercial. On y consomme, on s’y consume ou l’on se contente de regarder, d’envier une abondance que l’on n’attendra jamais mais qui comble le vide d’une zone désertée par le rêve.
Dans ce rapport social placé sous le signe de la désintégration, les solutions sont rares.
Cette déterritorialisation de la ville et sa désacralisation invitent à penser une nouvelle sacralisation, les tendances sont perceptibles mais s’inscrivent plus dans une vision post moderne que dans un recours à l’histoire ou au sacré.

RESACRALISATION DU TERRITOIRE ET DE LA VILLE ?

Cette resacralisation implique préalablement un dépassement de la modernité et un recours à l’histoire.

 Le dépassement de la modernité nécessite une certaine lucidité sur le thème du progrès et une prise de conscience sur l’existence de sociétés périphériques.

Ainsi formulée, l’idéologie du progrès associait un certain nombre d’idées clés : l’idée que la nouveauté vaut au seul motif qu’elle est nouvelle, d’où il résulte que l’histoire progresse nécessairement vers le mieux et que l’avenir est toujours supérieur au passé ; l’idée que le monde est fondamentalement imparfait mais aussi perfectible et qu’il faut sans cesse le changer pour l’améliorer ; l’idée que l’humanité parcourt un chemin unique qui, d’étape en étape, la dirige vers des lendemains qui chantent, d’où il suit que l’histoire est universellement « continuiste » et que la relativité des cultures n’est que contingence provisoire ; l’idée que certaines sociétés sont plus « avancées » que d’autres dans cette marche avant, ce qui leur donne le droit, et même le devoir, d’imposer aux « retardataires » les moyens propres à combler leur retard ; l’idée, enfin, que l’accroissement du bien être matériel du plus grand nombre est l’un des meilleurs moyens de mesurer le « progrès du progrès »
Au XIXème siècle, cette théorie connaît un succès considérable et s’exprime sous la forme les plus diverses.
On notera tout de suite que cette idéologie est affectée dans son fondement de deux contradictions principales. La première tient au fait que le progrès s’y trouve à la fois présenté comme une donnée objective et nécessaire, qui s’impose à la volonté des hommes et détermine leur existence, et, dans le même temps comme un affranchissement progressif de toutes les déterminations naturelles, biologiques ou sociales qui ont pu prévaloir jusqu’à présent.
« C’est en s’arrachant à la nature que l’homme devient lui-même », écrivait récemment Luc Ferry.
L’autre contradiction, qui dérive de la précédente, est plus redoutable. Si l’homme n’est véritablement homme que pour autant qu’il se coupe de la « nature » et des traditions qui régissaient naguère sa vie sociale, il s’ensuit que les sociétés traditionnelles, qui n’ont pas encore intégré les « bienfaits » du déracinement, ne regroupent que des hommes imparfaits.
Claude Lévi-Straus a particulièrement bien montré que c’est d’un même mouvement que l’homme occidental a voulu s’affranchir de la nature et qu’il s’est coupé d’un certain nombre d’autres cultures, qu’il dévaluait en les rejetant précisément du côté de la « simple nature », voire de l’animalité.
« L’idéologie du progrès a quasiment informé toute la modernité », comme l’a noté Edgar Morin. L’histoire récente a refroidi ces beaux enthousiasmes. Deux siècles de « progrès » ont abouti à deux guerres mondiales. Du coup, les pôles s’inversent. L’avenir, désormais, n’est plus porteur d’espoirs, mais d’inquiétudes. La crainte des catastrophes futures a remplacé l’élan vers des lendemains jugés paradisiaques. La responsabilité, dès lors, ne porte plus seulement sur l’action présente mais sur ses conséquences à long terme.
« La solidarité de destin entre l’homme et la nature, ajoute Jonas, solidarité nouvellement découverte à travers le danger, nous fait également redécouvrir la dignité autonome de la nature et nous commande de respecter son intégrité par-delà tout aspect utilitaire ». On le voit : l’idéologie du progrès est bien morte.
« Contre les tendances à la mondialisation systémique, la dérive hors sol, la banalisation planétaire des modes de vie, les résistances poussent au réenracinement dans la réalité locale, concrète. En Estonie ou en Corse, dans la forêt amazonienne ou en Kanaky, les priorités vont à la défense de l’environnement local, au développement local, à la démocratie locale, bref à une culture politique de responsabilité locale » remarque Jean Chesneaux.

La resacralisation du territoire passe par un recours à l’histoire et à une réinsertion de la ville dans la nature

Dans un colloque consacré au patrimoine, le Professeur Jacques Le Goff constatera l’apparition de véritables passions identitaires pour le patrimoine et le territoire. Aussi faut-il en architecture vouloir à nouveau le monumental.

Le patrimoine est un objet-temps, c’est une sorte de condensé de mémoire constitué au cours de la quête d’identité pour en être – je reprends ici les termes de Daniel Fabre- l’emblème et l’image.
Il y a, me semble-t-il, non seulement dans les passions identitaires mais, de façon générale, dans les comportements, dans l’(action patrimoniale, une dialectique entre l’être et l’avoir qui fait ainsi investir dans les objets des enjeux qui sont en fait des enjeux existentiels, individuels ou collectifs.
Ce qui paraît intéressant dans ce terme de « patrimoine », c’est son caractère quasiment sacré qui créé un devoir de respect, de conservation du patrimoine mais, en même temps, son caractère d’objet vénérable à partager entre plusieurs.
Avec l’ambigüité, notons aussi ce qu’on peut appeler les ruses de l’identité et par conséquent, du patrimoine. Là encore, passions patrimoniales et passions identitaires autours des origines existent. La recherche des origines, c’est une recherche du sacré. Est-ce vraiment donner plus de solidité à un patrimoine, à une identité que de leur attribuer une origine mythique ? Les noms de villes cristallisent les passions patrimoniales et identitaires. Mais il faut aussi se rendre compte que le nom lui-même est un lieu, un lieu d’identité et de filiation de patrimoine, un lieu de passion ; il est carte d’identité, il est signature.
Aussi, le monumental doit redevenir le centre du paysage urbain.
« Toutes les anciennes notions d’alignement, de perspectives, de hiérarchisation, de monumentalité, de composition avec le paysage, d’adaptation au terrain sont oubliées. On fait de l’urbanisme au bulldozer, organisant la reproduction à l’identique, à travers l’ensemble du territoire, dans un univers dominé par la voiture » Avant le XIXème siècle, urbanisme et architecture étaient liés. La « mondialisée » des métropoles et la « périphérique », où vivent « les trois quarts des nouvelles classes populaires », 60 % de la population. La mondialisée est celle des trains de banlieues, des TGV et des aéroports. Cadres, touristes et immigrés circulent entre les « métropoles ». La reléguée est celle des TER, des Corails repeints et des cars périurbains.
En quarante ans, le canton de Stenay a perdu plus de 2500 emplois pour 8000 habitants. Un Aulnay inconnu. Stenay a 2340 habitants à la Révolution. Rattachée au royaume de France en 1654, l’antique cité devient ville de garnison.
Au XIXème siècle, une forte croissance basée sur la métallurgie et l’armée la porte à 4070 habitants (1914). C’est alors que la « crise » submerge élus et élites locales. Mais l’Etat, bonne fille, créé un lycée Pailleron en 1969. Puis frappe la crise de la sidérurgie, qui engloutit les 600 salariés de la forge, quand Longwy s’effondre. La papeterie tombe de 500 à 100 salariés. Sept emplois sur dix ont disparu, quand si peu sont créés. Les rares gagnants de la crise sont les banques, les assurances et le secteur socio-médical. Mais depuis 2000, faute d’Etat, même les médecins cessent d’être remplacés.
Stenay est un bon exemple de cette « société périphérique tenue de s’ériger en « contre-société » pour survivre.
L’Europe et la mondialisation ont lessivé un monde modeste, sans solution de rechange. Même Paris est devenue un mirage. Avec ses 11,7 millions d’habitants, l’Ile de France s’est fermée aux 15 millions de ruraux et 23 millions de périurbains, dont elle fut l’Eldorado.

Le recours à l’Histoire

La haine du monument :
Dorénavant, on crée d’abord des voies, on impose éventuellement des façades, mais l’arrière des bâtiments donne fréquemment, même dans les « beaux quartiers » sur des cours petites, sombres, insalubres.
« Les constructeurs du XIXème siècle, précise Joseph Belmont, ont souhaité concilier deux objectifs à première vue inconciliable : édifier des immeubles très rentables et le faire ressembler aux palais des rois disparus. C’est ainsi que toutes les habitations de l’époque ont été construites en pierres de taille sur la rue et en plâtras sur la cour ». Il y a là une imposture évidente.
Elle inspire à l’historien de l’architecture Jean-Charles Moreux les commentaires suivantes : « Il n’y a plus d’architecture véritable, le lien avec le passé est brisé, la géométrie sensible de Vitruve, de Bramante, de Palladio, de Delorme, de François Blondel, est abandonné, oubliée, ignorée. ».
« La ville idéale de l’homme d’affaire est celle que l’on peut facilement divisée en parcelles négociables ».
Le courant moderne n’a pas de lien exclusif avec la sensibilité politique, comme en témoigne l’itinéraire complexe du premier des modernes, Le Corbusier. Mais il a une constante : la croyance en une science globale de la ville et en la capacité de réaliser le bonheur des hommes par un type urbain unique ou presque.
La ville n’est plus hiérarchisée : « l’esthétique de la série –dépouillement, reproduction à l’identique- s’oppose avec violence à l’idéal hiérarchique de la traduction européenne ».
De son côté, Christian de Portzamparc remarque : « l’instrumental a remplacé le monumental ».
Les solutions constructives des modernes sont l’application de leurs principes d’urbanisme : le dégagement de l’espace au sol est assuré par des constructions sur piliers, l’ensoleillement est assuré par la création d’importantes baies séparées par des poteaux. L’horizontalité des fenêtres est une conséquence de ce choix constructif. Elle s’accompagne, fidèle en cela à Ledoux, de l’absence de décoration « superflue » par volonté de transparence du procédé constructif, rompant sur ce point avec les conceptions architecturales dominant le XIXème siècle bourgeois.
Le passage à l’acte des modernes a amené à observer un certain nombre de conséquences de leurs postulats. « Dès 1961, la sociologue Jane Jacobs, analysant les échecs de l’urbanisme et de la rénovation urbaine aux Etats-Unis, montre que l’abandon de la rue entraîne la disparition des principaux avantages de la vie urbaine : sécurité, contacts, formation des enfants, diversité des rapports. Elle ajoute que la stricte application du principe du zoning vide dans la journée les quartiers d’habitation ; il y règne alors un sentiment d’ennui qui vient renforcer la standardisation de l’architecture ».
Quelque chose a pourtant changé depuis vingt ans. A partir des années 1968, la modernité est incluse dans la critique de l’ère productiviste et de l’arrogance de la technique.
En tout état de cause, les postmodernes n’ont pas de réponse unanime sur ce à quoi ils veulent recourir.
Chez d’autres architectes, les formes de la postmodernité se définissent en réaction plus radicales contre la doctrine moderne : réhabilitation de l’enchaînement contre l’autonomie de chaque bâtiment, retour aux symboles, et donc aux décors, valorisations du monument et simultanément volonté d’insertion du bâti dans le tissu urbain (alors que les modernes estimaient n’avoir à respecter que quelques monuments qu’ils se réservaient le droit de déplacer éventuellement), rejet de la prétention totalitaire de ces mêmes modernes interposant leur « couche d’abstraction entre nous et la nature » (Thierry Gaudin).
Les formes adoptées par les postmodernes peuvent désormais n’avoir pas de rapport avec une quelques fonction ou avec une nécessité constructive.
C’est donc le recours à l’Histoire et la réinsertion de la ville dans la nature
Pour les romains, la ville avait une âme.
On sait que pour l’homme antique en général, l’espace n’avait pas un caractère abstrait et impersonnel ; toute région, par delà son individualité géographique, avait son individualité psychique, son « âme » et ceci non pas comme une allégorie ou un sentiment romantique, mais en relation avec des énergies invisibles déterminées.

La représentation de ces énergies au moyen d’images symboliques prenait forme dans les « Dieux » des différents lieux.
Déjà par leur autel, dont le feu éternel représentait pour ainsi dire l’âme mystique et l’unité interne d’une famille, d’une gens ou d’une race donnée, entre les dieux du culte patricien et le sol, il y avait un rapport mystérieux et essentiel.

La question qui se pose à propos de l’architecture moderne est ainsi : peut-il y avoir un espace de recueillement, et à quelles conditions ?

Nombre de constructions modernes semblent avoir pour unique projet la visibilité. Comme si ce qui était visible était forcément habitable. Comme si la transparence et l’impudeur était condition de l’existence. Or, au contraire, la visibilité transforme la chose en monnaie, en objet « aliénable et manipulable », écrit Massimo Cacciari.

L’insertion de la ville dans la nature et sa terre pose ainsi le problème du sentiment d’appartenance et celui de la densité.

Source 

Horaires dans la fonction publique : ces chiffres qui fâchent

Malgré un budget 2018 toujours déficitaire, alors même que l’Etat augmente la CSG pour les retraités et impose de nouvelles taxes sur différents produits, la fonction publique semble épargnée et il est légitime de se révolter contre les abus et privilèges en cours chez les fonctionnaires.

Clemenceau avait fait mettre l’affiche suivante au ministère de l’Intérieur : « Messieurs les employés sont priés de ne pas partir avant d’être arrivés. » Peut-être s’était-il inspiré de Courteline : « L’administration est un lieu où les gens qui arrivent en retard croisent dans l’escalier ceux qui partent en avance. »Clemenceau disait également que « les fonctionnaires étaient les meilleurs maris : quand ils rentrent le soir à la maison, ils ne sont pas fatigués et ont déjà lu le journal ».

Dans son numéro de janvier 2018, Capital présente un dossier très complet qui interpelle sur les fonctionnaires : « Ceux qui bullent… et ceux qui bossent. » On apprend, ainsi, que les 55.000 agents de la ville de Paris ont droit à 33 jours de congés payés et 22 jours de RTT, que le temps de travail minoré dans les collectivités locales coûte 1,2 milliard d’euros par an au contribuable.

Fêtes locales, ponts, récupérations… Grâce aux largesses des élus, plus de la moitié des deux millions de fonctionnaires territoriaux travaillent moins que le temps réglementaire. La palme revient à la ville de Sainte-Rose, avec 45 jours de congés par an. La fonction publique territoriale bénéficie, en moyenne, de cinq jours de congés et de RTT de plus par an (37 jours) que dans le secteur privé (32 jours).
La Gironde pourrait faire l’économie de 190 postes à temps plein, soit sept millions d’euros par an : ce sont les économies que ferait cette collectivité si ses fonctionnaires effectuaient les 1.607 heures annuelles réglementaires. À Marseille, la réputation qu’ont les 12.000 agents de ne pas trop se fatiguer n’a rien d’une galéjade. Ils travaillent 40 heures de moins que la durée annuelle légale. Dans le SAMU social de Marseille, les employés ne travaillent même que 10 à 12 jours par mois.
Suite au manque de personnes à leurs postes pour diverses raisons, de très nombreux fonctionnaires sont donc obligés d’effectuer des heures supplémentaires. Ces heures à récupérer s’ajoutent aux RTT, ce qui entraîne des départs à la retraite plusieurs années avant le délai légal. Les fonctionnaires sont donc payés pendant ces années pour rester chez eux et l’administration n’a plus d’argent pour embaucher des remplaçants.
Les 35 heures ont fabriqué une bombe financière à retardement de 4 milliards d’euros. C’est ainsi qu’un policier a accumulé tant d’heures sup’ à récupérer qu’il pourra cesser de venir au travail dès 2019, alors que sa date de départ à la retraite initialement prévue était 2022.
Les agents de conduite de la SNCF nés avant 1967 peuvent partir à la retraite à l’âge de 50 ans ; ceux nés après 1972 à 52 ans. Si les agents de conduite partaient à la retraite à 62 ans, on pourrait baisser leur effectif de 25 %.

Les aiguilleurs du ciel travaillent 24 heures par semaine avec 51 jours de congé par an. S’ils travaillaient autant que les Allemands, on pourrait réduire leur effectif de 50 %.

Suite aux congés maladie, les fonctionnaires s’absentent deux fois plus que les salariés du privé.

Quant aux fonctionnaires hauts gradés, les sinécures ne manquent pas. Ségolène Royal devenue ambassadrice des pôles, Thierry Lepaon, ex-leader de la CGT, nommé président de l’Agence nationale contre l’illettrisme, les « préfets fantômes » sans préfecture payés 6.000 euros par mois…

Le drame, c’est que la feuille de paie des fonctionnaires, c’est en réalité la feuille d’impôt des Français.

Adrian Rogers a pu écrire : « Quand la moitié d’un peuple croit qu’il ne sert à rien de faire des efforts car l’autre moitié le fera pour elle et quand cette deuxième moitié se dit qu’il ne sert à rien d’en faire car ils bénéficieront à d’autres, cela, mes amis, s’appelle le déclin et la fin d’une nation. »
Marc Rousset

Eugène Terre’Blanche 31 janvier 1941 – 3 avril 2010



Eugène Ney Terre’Blanche est né le 31 janvier 1941 à Ventersdorp au Transvaal.

Descendant d’Estienne Terre’blanche, huguenot français, originaire de la région de Toulon, immigré en Afrique du Sud en 1704, son grand-père, Étienne Terre’Blanche, a combattu les Britanniques durant la Seconde Guerre des Boers et son père, De Villebois Mareuil Terre’Blanche (1911-1985), etait lieutenant-colonel dans la South African Defence Force — SADF (armée sud-africaine).
Eugène Terre’Blanche a suivi sa scolarité à Potchefstroom, une des villes les plus conservatrices et calvinistes du Transvaal. Sa stature massive lui permit d’entrer dans l’équipe de rugby de son école et d’en devenir le capitaine

Il commença une carrière dans la police en 1964, où il sert comme volontaire dans le Sud-Ouest africain -actuelle Namibie-  où il participe aux unités spéciales chargées de la protection des résidences du Premier Ministre et du Président de la République.
En 1968, il quitte la police pour se consacrer à l’agriculture sur la ferme familiale de Ventersdorp.

Grand admirateur d’Hendrik Verwoerd, premier ministre d’Afrique du Sud (1958-1966) considéré comme l’un des architectes de l’apartheid.
Eugène Terre’Blanche devient de plus en plus opposé à la politique du successeur de Verwoerd, John Vorster, le libérale et milite à partir de 1969 au HNP, une fraction dissidente et nationaliste du Parti national alors au pouvoir depuis 1948 pour protester contre la décision de Vorster d’autoriser la présence de joueurs et de spectateurs Maoris lors de la tournée de l’équipe de Nouvelle-Zélande de rugby à XV en Afrique du Sud en 1970.



Terre’Blanche se présente aux élections législatives anticipées du 22 avril 1970 dans la circonscription de Heidelberg mais est battu.
Parallèlement à ses activités politiques, Terre’Blanche reçut trois prix de l’Union de la Langue et de la Culture Afrikaans pour avoir écrit, joué et dirigé la pièce lewers langs die pad. Auteur de plusieurs essais et poèmes durant ses années scolaires où il étudia le théâtre et se révéla bon acteur et doué pour la mise en scène, il écrivit Sybrand die watermarker qui sera proposée au programme des collégiens des écoles secondaires de la province du Cap en 1982 et 1983 ainsi qu’à l’Université du Natal avant que cette proposition ne soit retirée à la suite de la médiatisation grandissante de ses activités politiques.
Le 3 juillet 1973, il fonda, à Heidelberg, avec six amis l’ Afrikaner Weerstandsbeweging ou AWB (Mouvement de résistance afrikaner), une association politique dont le but est de combattre pour le maintien de l’apartheid verwoedien.
En 1979, Terre’Blanche accéde à la notoriété en enduisant de goudron et de plumes Floors Van Jaarsveld, un professeur libéral d’histoire de l’Université de Pretoria qui avait prononcé un discours tentant d’identifier tout ce qui pouvait paraitre être un mythe dans le jour du vœu. Le procès qui suivit donne à l’AWB et à Terre’Blanche l’audience et la visibilité médiatique qui leur manqe. Terre’Blanche reçoit alors le soutien d’Albert Hertzog au côté du duquel il a  participé à la célébration du jour du vœu le 16 décembre 1978 accompagné de l’ancien ministre Connie Mulder.

Il mène alors de plus en plus d’actions commandos contre les réunions de chefs du parti national au Transvaal. Le 14 novembre 1979, il interromp à Fochville la réunion politique d’Andries Treurnicht, alors ministre et président de la fédération du parti national au Transvaal. En décembre 1980, il organise une manifestation en plein centre-ville de Pretoria malgré l’interdiction du gouvernement.
Le mouvement reste cependant isolé, repoussé par son allié naturel le plus proche le Herstigte Nasionale Party de Jaap Marais qui refusait toute double appartenance entre les deux mouvements.
En 1982, Terre’Blanche apporte activement son soutien à la campagne d’Andries Treurnicht qui a quitté le parti national pour créer le Parti conservateur. Lors d’une élection partielle à Waterberg où Treurnicht se représente pour conserver son siège de député, Terre’Blanche et ses militants perturbent les réunions politiques du parti national, notamment celles du ministre Chris Heunis. Treurnicht est ainsi facilement élu contre le candidat du parti national.
En 1983, des caches d’armes, d’explosifs et de munitions d’origines nord-coréenne, soviétique et yougoslave sont découvertes au Transvaal dans la ferme d’Andries Terre’Blanche, le frère d’Eugène. Eugène Terre’Blanche est alors condamné à deux ans de prison avec sursis
Terre’blanche, leier (chef) de l’AWB, symbolise médiatiquement l’extrémisme blanc et l’apartheid, davantage encore que tout autre dirigeant favorable au maintien de la domination blanche en Afrique du Sud.
n 1988, Eugène Terre’Blanche fait défiler ses partisans dans Pretoria et débatt à l’Université de Pretoria, contre Frederik Van Zyl Slabbert, un universitaire et responsable politique progressiste opposé à l’apartheid. L’AWB devint particulièrement médiatique avec ses drapeaux et brassards ornés d’un triple 7, par ses défilés paramilitaires et la Brandwag, milice nommée chargée de défendre les intérêts blancs du pays.
C’est toujours montant sur un étalon noir ou blanc que Terre’Blanche arrive à ses meetings politiques. Dans ses discours, Eugène Terre’Blanche exaltate les républiques boers du XIXe siècle, déclame sa farouche opposition à la démocratie parlementaire sous toutes ses formes et défend  le maintien de l’apartheid sur l’ensemble du territoire sud-africain, appelant de ses vœux la création d’un état populaire blanc.
 Il devient le leader charismatique d’une minorité de blancs sud-africains, principalement des petits fermiers boers, des ouvriers et des artisans vivant dans les zones rurales du pays, notamment celles de l’État libre d’Orange et du Transvaal.
En 1990, à la libération de Nelson Mandela, Terre’Blanche menaçe de prendre le pouvoir par la force si le gouvernement blanc de Frederik de Klerk « capitule » devant l’ANC. Terre’Blanche tente alors de bloquer, par tous les moyens, y compris la violence, les négociations sur le démantèlement de l’apartheid. Ainsi, le 9 août 1991, lorsque le président De Klerk vient participer à un meeting à l’Hôtel de Ville de Ventersdorp, Terre’Blanche organise une manifestation de deux mille membres de l’AWB pour protester contre sa politique.
La manifestation se termine par une confrontation avec la police, confrontation que les médias appelleront la bataille de Ventersdorp et qui se solde par la mort de trois membres de l’AWB ainsi que d’un passant. C’est la première fois en quarante-trois ans que la police tire des coups de feu et tue des manifestants blancs.
Orateur talentueux, doué d’un riche sens poétique des cadences du langage, Terre’Blanche assimile la fin de l’apartheid à une capitulation devant le communisme.
Le référendum du 17 mars 1992, avec un taux de participation supérieur à 80 %, les Blancs votèrent à 68,7 % pour le « oui » aux réformes. Les conservateurs et leurs alliés tels l’AWB subirent alors une défaite déterminante.
Le 7 mai 1993, à Potchefstroom, lors du ralliement de quinze mille militants de la droite conservatrice et des mouvements de nationaliste sud-africain (AWB, Boere Kommando, Boerevolk, Pretoria Boere, le mouvement de résistance Boer, l’armée Boer républicaine ….), Terre’Blanche se rallie  au général Constand Viljoen auquel il prête serment de fidélité. L’Afrikaner Volkfront, coalition regroupant le parti conservateur et diverses milices dont l’AWB, estt née.
Son objectif est la création d’un état indépendant, un Boerestaat, situé à l’intérieur des frontières de l’Afrique du Sud.
C’est sous la bannière de l’Afrikaner Volkfront qu’Eugène Terre’Blanche et l’AWB tentent, à nouveau, de jouer la carte de la violence le 25 juin 1993 lorsque trente membres de la milice de l’AWB envahisent le centre de conférence du World Trade Center de Kempton Park où se déroulent les négociations constitutionnelles en présence de Joe Slovo, le chef du parti communiste sud-africain et de Pik Botha, le ministre des Affaires Étrangères. Ils sont suivis par quatre cents des trois mille manifestants du Volksfront qui se sont rassemblés devant le World Trade Center
Le 17 juin 1997, Eugène Terre’Blanche est condamné à six ans de prison pour avoir agressé un pompiste noir dans une station-service ainsi que pour la tentative de meurtre d’un garçon de ferme. Il est alors incarcéré à la prison de Rooigrond près de Mafikeng dans la province du Nord-Ouest.
Devenu un chrétien repentant, ruiné, Terre’Blanche est libéré en juin 2004.
Le 16 décembre 2005, il célèbre le jour de la réconciliation (ancien jour du vœu sous l’apartheid) par un rassemblement sur Church Square au centre de Pretoria. Devant une petite centaine de partisans, il fustige la « nation artificielle » créée au moyen de la langue anglaise « comme une potion magique ». La lutte contre la criminalité devint alors son nouveau cheval de bataille. Il fonde dans ce cadre le Brandwag van die Christen Boerevolk (Service de défense du peuple boer chrétien), un réseau affilié à l’AWB qui peut être mobilisé par SMS afin d’intervenir lorsque ses adhérents ont des problèmes de sécurité.
En 2008, Eugène Terre’Blanche réactive l’AWB et participe en septembre 2009 à un meeting devant le monument de Vegkop où il réclame que des terres du nord du Natal et du Transvaal oriental soient restituées au Boerevolk, c’est-à-dire au peuple boer.
Il milite pour l’obtention d’une république afrikaner autonome, cause qu’il veut porter devant la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye sur la base des accords passés entre les Voortrekkers et les chefs tribaux noirs au dix-huitième siècle.
Le 3 avril 2010, Eugène Terre’Blanche, est battu à mort durant son sommeil par deux employés noirs pour le motif qu’il aurait refusé de leur verser leur salaire mensuel de trois cents rands (trente euros) ce que conteste sa fille, Bea Terre’Blanche.
Terre’Blanche a été tué à coups de pangas (machettes) et de tuyaux selon la version de la police.
Le meurtre de Terre’Blanche est lié à une polémique concernant une ancienne chanson datant de l’apartheid et prônant le meurtre des Boers, chanson reprise par Julius Malema, le chef de la ligue des jeunes de l’ANC, alors en visite au Zimbabwe, lors de l’assassinat de Terre’Blanche, afin de soutenir la réforme agraire de Robert Mugabe laquelle, après avoir entrainé le départ des fermiers blancs, a abouti à une chute de la production agricole.
Lors des funérailles d’Eugène Terre’Blanche, le service religieux eut lieu au temple de l’église protestante afrikaner de Ventersdorp le 9 avril 2010, en présence de plus de dix mille sympathisants blancs, de fermiers et d’une centaine de partisans de l’AWB en tenue militaire qui accueillirent le cercueil de Terre’Blanche en chantant l’ancien hymne national sud-africain : Die Stem.

Terre’Blanche est inhumé dans les terres de sa ferme, située à une dizaine de kilomètres du centre de Ventersdorp.

Le 22 mai 2012, Chris Mahlangu est reconnu coupable du meurtre d’Eugène Terre’Blanche par la justice sud-africaine alors que son coaccusé, mineur au moment des faits, n’est reconnu coupable que de cambriolage, une partie des charges retenues contre lui ayant été annulées pour vice de procédure. Le 22 août 2012, Chris Mahlangu est condamné à la prison à perpétuité.

Eugène Terre’Blanche figure en vingt-cinquième position sur une liste des cent plus grands sud-africains.

Source 

Nouveauté : La Foi du Futur – Matt Koehl

2018, Les Editions du Lore, 40pp., 10 €



Principal défenseur d’un hitlérisme ésotérique outre-atlantique, ancien chef de file du World Union of National Socialists (WUNS), ami de Florentine Rost van Tonningen, Matt Koehl (1935-2014) prit le commandement du National Socialist White People’s Party (rebaptisé New Order en 1983) après l’assassinat de George Lincoln Rockwell en 1967. Lors de sa première parution américaine, Savitri Devi fut enthousiasmée par La Foi du Futur, n’hésitant pas à qualifier ce texte d’ « exceptionnel, objectif et brillant ». L’influence de la « Prêtresse d’Hitler » sur l’œuvre de Koehl, avec qui elle correspondait, est indéniable. Synthétisant tout d’abord la percée du Christianisme en Occident puis son déclin, inévitable car issu d’un crédo allogène ne pouvant contenter l’Homme aryen, Matt Koehl développe ensuite sa mystique national-socialiste, voyant en Adolf Hitler une incarnation de l’Absolu, « le symbole éternel de notre moi devant le Monde ».

Source 

1er février 1930 : 1er Comité de Défense Paysanne de Dorgères, ancêtre des « Chemises vertes » !

« Dictature paysanne ! » la formule est violente, provocatrice ; et pourtant, c’est avec de tels slogans que le journaliste Henri D’Halluin, dit « Dorgères », enflamma les campagnes françaises au cours des années trente. Son mouvement, la Défense Paysanne, fut en effet rapidement en mesure de regrouper des milliers de paysans, mais surtout de mobiliser l’ensemble des composantes de la société rurale (propriétaires, agriculteurs, hommes politiques, syndicalistes…) autour de ses revendications.

Henri D’Halluin est né le 6 février 1897 à Wasquehal dans le Nord, fils d’un boucher tôt décédé en 1909. Il aide alors sa mère à tenir la boucherie. Pendant la Première Guerre mondiale, il est arrêté à trois reprises et notamment en janvier 1918 alors qu’il tente de passer aux Pays-Bas. Il est alors condamné et emprisonné à la forteresse de Bruges en février 1918 et s’évade en octobre et, à la faveur du désordre, regagne les lignes alliées. Cette action lui vaudra la Croix de guerre.

Au sortir de la Première Guerre mondiale, il passe un baccalauréat littéraire, puis effectue deux années d’études de droit Pourtant, en 1921, il embrasse la carrière de journaliste au quotidien catholique et conservateur Le Nouvelliste de Bretagne. Ce journal rennais est fondé en 1901 sous l’impulsion des autorités ecclésiastiques pour concurrencer le quotidien L’Ouest-Eclair de l’abbé Félix Trochu, journal rallié à la République. Du haut de ses 20 000 exemplaires journaliers dans les années 1920, Le Nouvelliste travaille à la reconstruction d’une droite conservatrice en Bretagne. Henri d’Halluin couvre notamment l’actualité agricole du département d’Ille-et-Vilaine et devient ainsi un ardent défenseur de la cause paysanne. Cette spécialisation dans l’information agricole le conduit à prendre la tête du Progrès agricole de l’Ouest, quelques années plus tard. C’est lors de son passage dans cette publication qui pratique « l’activisme au service de la France profonde » qu’il prend le pseudonyme de « Dorgères ».

La Défense Paysanne

À partir de 1928, Henri d’Halluin passe de l’activisme médiatique à l’activisme politique en fondant le premier Comité de défense paysanne à Rennes, en réaction à la loi sur les assurances sociales bénéficiant désormais aux ouvriers agricoles. Pourtant votée à la quasi-unanimité, en raison d’une prise de conscience des milieux politiques des retards de la législation sociale française, la loi se heurte à l’opposition de la paysannerie. En effet, outre la main-d’œuvre salariée, les membres de la famille travaillant sur l’exploitation sont considérés comme assujettis obligatoires et la charge financière est donc lourde pour les exploitations familiales. Mais en plus, propriétaires, fermiers et métayers sont assimilés, comme non salariés, à des assujettis facultatifs et doivent donc cotiser plus pour bénéficier des dispositions de la loi…

Une manifestation organisée à Rennes le 1er février 1930 réunissant plus de 10 000 paysans, constitue un succès incontestable pour Dorgères et le place désormais comme un acteur politique incontournable dans le monde rural breton. Elle lui permet de donner un écho plus grand à sa campagne qui se poursuit par l’organisation de nombreuses réunions publiques dans les différents départements.

Cette hostilité envers la régulation étatique n’exclut pas le soutien à un ultra-protectionnisme, qui s’étend jusqu’aux produits issus des colonies. Dorgères dénonce ainsi la famille Louis-Dreyfus pointant du doigt leur importation illégale du blé qui « casse » le marché !

Dorgères sera le meilleur interprète du sentiment d’exclusion alors dominant chez les campagnards, qui s’estimaient harcelés par l’Etat et sacrifiés au bénéfice de « ceux des villes ». Doué d’un spectaculaire talent oratoire, ce tribun sillonne les foires, tétanisant des assemblées de milliers de paysans. Prônant les vertus d’une « France paysanne » et réclamant la parité entre urbains et ruraux, il fait des terriens des acteurs politiques en inventant l’action directe : grève des impôts, opposition aux saisies, expéditions contre les salariés agricoles en grève, blocage des livraisons (inspirant plus tard Confédération paysanne ou CDCA ?).

Faisant l’apologie de la classe paysanne avant l’heure, de la « terre qui ne ment pas » et une critique acerbe du parlementarisme et de l’État, il réclame la réforme au nom du corporatisme et de la famille. « Le paysan sauvera la France », tel est le thème que développe l’homme en s’attachant à démontrer que les paysans représentent la partie de la nation qui est restée saine, « celle qui n’a pas connu dans la période d’après-guerre les plaisirs faciles, les dancings et les huit heures », et pour laquelle rien n’a été fait par les gouvernements successifs.

Ainsi, par exemple à Tours, le 6 avril 1935, à l’issue d’une réunion sous sa présidence, six mille agriculteurs ont « proclamé leur volonté de poursuivre une politique basée sur le programme suivant :

 » 1º Défense et extension de la propriété individuelle et spécialement de la petite propriété paysanne;
 » 2º Lutte contre l’excès de mesures étatistes et des charges fiscales;
 » 3º Lutte contre les trusts;
 » 4º Organisation professionnelle solidement charpentée;
 » 5º Revalorisation des produits agricoles.
 » Ils demandent aux pouvoirs publics :
 » a) D’avoir une politique économique qui permette à tous les travailleurs, y compris ceux de la terre, de vivre de leur labeur;
 » b) De consulter la représentation agricole, chaque fois que les intérêts de la profession seront en jeu et spécialement lors des négociations des traités de commerce, et protestent contre les récentes lois dites d’assainissement des marchés. » (Journal d’exil, Léon Trotsky)



Principalement basé dans le Nord-Ouest de la France, il parvient malgré tout à s’implanter dans d’autres parties du territoire. Le parti épouse rapidement certaines formes du fascisme agraire de la vallée du Pô. En effet le monde paysan est au centre du développement et de l’épanouissement du fascisme italien et allemand. Les squadristes italiens ont été particulièrement actif dans les campagnes et, dans un manifeste électoral du NSDAP pour l’élection présidentielle de 1932, Hitler écrit « sauver la paysannerie c’est sauver la nation allemande ». Et Dorgères réclame un État autoritaire et corporatiste « même au prix d’un renversement de la République » :
« Je crois au développement d’un mouvement de genre fasciste (…) Si vous saviez, paysans français, ce que Mussolini a fait pour les paysans italiens, vous demanderiez tous un Mussolini pour la France ? »
Modeste Legouez, futur sénateur de l’Eure, sera le premier président des « Jeunesses vertes », habillées en chemises de cette couleur. À son apogée le mouvement revendique jusqu’à 420 000 membres dont plusieurs dizaines de milliers de jeunes militants répartis sur 50 départements !

Le Front Paysan

En 1934, le mouvement de Dorgères, les Comités de Défense Paysanne, rejoint le Front paysan, avec l’Union nationale des syndicats agricoles, des associations de producteurs, et le Parti agraire et paysan français de Fleurant-Agricola. Au cours des années suivantes, le Front populaire devient l’ennemi à abattre pour ces agrariens. Les dorgéristes mènent ainsi des actions violentes, notamment en brisant les grèves des ouvriers agricoles. Dorgères a ainsi séduit un temps aussi les grands propriétaires ruraux, tels Jacques Le Roy Ladurie, avec lesquels il fit alliance.



« Les grands rôles étant tenus par M.M. Le Roy Ladurie et Dorgères. L’un et l’autre dans un genre différent, firent le procès du parlementarisme envisagé dans son ensemble, sans distinction d’étiquette politique, exposèrent la détresse des ruraux et firent appel “à la solidarité du sillon” pour que, représentant déjà le nombre, les paysans acquièrent en se groupant la force qui pourra imposer à l’État une forme corporative, seul moyen de salut pour l’agriculture. » (Le préfet de la Haute-Garonne au ministre de l’Intérieur, 26 août 1935)

Mais, le Front populaire se révélant peu menaçant – Léon Blum envoya même les gendarmes briser les premières grèves de salariés agricoles -, ils finirent par le lâcher : eux souhaitaient une cogestion de la politique agricole, tandis que lui rêvait d’une société paysanne étanche à l’emprise étatique. Et lors d’un meeting organisé par le comité francilien le 19 octobre 1936, mais interdit par la préfecture, Dorgères est arrêté en compagnie de près de 70 de ses compagnons. Deux mois plus tard, il connaît le même sort lors d’une nouvelle action des maraîchers parisiens aux halles centrales.

La Corporation Paysanne

Fin 1939, il entre comme volontaire dans le corps franc du 15e régiment d’infanterie alpine, et combat en Alsace : il est nommé caporal, reçoit la croix de guerre et est titulaire d’une citation. Capturé par les Allemands à Saint-Valéry-en-Caux, il s’enfuit en zone libre.

Alors, avec la Révolution nationale du maréchal Pétain, Dorgères prend de nouvelles responsabilités sous le Régime de Vichy lors de la refonte du syndicalisme agricole autour du corporatisme. Il est nommé délégué général à l’organisation et à la propagande de la Corporation paysanne créée par Pierre Caziot le 21 janvier 1941.

L’Ouest-Eclair rapporte ainsi, le 9 mars 1941, les propos du président de la chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine qui se félicite qu’Hervé de Guébriant – le fondateur du mutualisme agricole breton – ait été nommé à la tête de la délégation régionale du syndicat de la Révolution nationale. Et il plébiscite la nomination en tant que délégué général à la propagande « d’un homme aussi de chez nous, Henri Dorgères, dont le dévouement à la cause des intérêts paysans, l’activité et le dynamisme sont bien connus et ont, depuis longtemps, débordé le cadre de notre département et de la Bretagne ».

Et ce sont les organisations de base d’Henri Dorgères qui permirent la constitution de cette Corporation paysanne de Vichy dont il obtint le grade de général. En récompense, Dorgères fut décoré de l’ordre de la Francisque des mains du maréchal Pétain lui-même, dont il demeura un vif soutien jusqu’à la fin.



En août 1944, il est arrêté par les Alliés dans l’Indre et emprisonné à Paris. Il est condamné à dix années d’indignité nationale mais amnistié pour services rendus à la Résistance et libéré le 26 avril 1946 (toutefois, un arrêté ministériel de juin 1945 l’exclut pour cinq ans de toute participation à des organismes agricoles). Son rôle auprès des prisonniers évadés voire des personnes poursuivies par l’Occupant qui cherchaient à passer la ligne de démarcation lui sauve la mise.

Après-guerre, Dorgères n’abandonne pas la vie publique. Il fonde une agence de publicité agricole, avant de devenir le gérant de la Gazette agricole au début des années 1950. Se rapprochant de Pierre Poujade, Henri Dorgères crée le Rassemblement paysan, en 1957, avec ce dernier et Paul Antier. Puis, lors du scrutin législatif de janvier 1956,  il se présente en Ille-et-Vilaine sur les listes poujadistes de l’Union pour le salut de la patrie. Élu à l’Assemblée nationale, il s’oppose à la ratification des traités instituant la Communauté économique européenne (CEE), notamment sur la question agricole, et il y porte des textes ayant attrait à l’agriculture et la fiscalité.

Il meurt passablement oublié en 1985 alors que les mouvements agricoles lui doivent encore aujourd’hui quelques « nouveautés majeures » qui font partie de ses legs et sont devenues banales : l’autoreprésentation (présence de vrais paysans à la tête des organisations agricoles) et l’action directe (destruction de produits, saccages de sous-préfectures…).

Source 

Grégory Bouysse – Encyclopédie de l’Ordre Nouveau – Wallonie (vidéo 2)

Présentation de l’ouvrage de G. Bouysse, « Encyclopédie de l’Ordre Nouveau Hors-Série WALLONIE (partie II) ».

Dictionnaire biographique des sous-officiers et soldats de la Légion / Sturmbrigade / Division Wallonie, ainsi que des officiers de formations secondaires (NSKK, Garde Wallonne, SD…).

L’Iran et le Grand Architecte

Cette relation a été établie par la veuve du colonel Boumédiene, Anissa, dont on pouvait estimer, avec le bon sens propre au Grand Michel (comme on désigne la naïveté robuste traditionnelle  de ce que notre fabuliste qualifiait de  « paysan du Danube » ou   celle d’un Candide) qu’elle aurait plus spontanément évoqué Dieu ou Allah, maître des deux univers ! Elle s’adresse ainsi à la cheftaine des dits « combattants du peuple » [Moudjahidines du peuple] qui sont une force offensive armée, notons le cependant, de type également révolutionnaire, islamico-marxiste, néo-bolcheviste  opposée à l’Etat iranien.

Anissa Boumediène devant le CNRI (Moudjahidines du peuple), réuni en banlieue parisienne, en France, le 21 janvier 2018
« Je suis prise au dépourvu car vous ne m’avez pas dit que je devais parler (…) Et je pense, si je pouvais émettre un vœu et que le Grand Architecte de l’univers m’entende, de dire eh bien oui, nous souhaitons la fin de ce régime en Iran et pour suprême gageure et suprême vengeance, nous aimerions que ce soit une femme qui le remplace et que ce soit, en particulier, Miryam Radjavi » (Anissa Boumedienne)

Si le Grand Architecte entre dans la partie, c’est qu’une mobilisation interne et externe est prévue contre ce grand pays dont la République de 1979 a continué le développement engagé par le premier Châh d’Iran, Reza, qui entretenait de si fortes et aimables relations politiques et technologique  avec l’Europe nouvelle dressée contre le nouvel ordre du Traité de Versailles dessiné à la Conférence des Maçonneries des puissances alliées de juin 1917, tenue à Paris, qu’il fut renversé par une coalition anglo-soviétique en 1941.

Reza Chah Pahlavi

Une des conditions de pareil bouleversement  placé sous l’invocation de ce Grand Architecte de l’Univers, est le déracinement du patriotisme persan ou iranien, en le coupant de son passé, en le calomniant ou le caricaturant, et en cultivant au sein du peuple, entre nouveaux riches et classes appauvries par un blocus prolongé, une sorte de lutte des classes où triomphent les marchands d’illusion : pareil déracinement est sensible au sein d’une jeunesse nombreuse, majoritairement féminine, qui ne connaît du monde extérieur que l’image qu’en donnent les chaînes de télévision étrangères auxquelles elle a accès, et sans qu’un enseignement non pas religieux, mais moral et philosophique, ne lui ait été  prodigué qui l’armât suffisamment.
Il est vrai, concédons le, qu’un mot a été lancé par le Guide religieux Suprême, mais qui demeure un concept vide sans mobilisation verticale de haut en bas, de la population, « d’économie de résistance ». L’idée est juste, et elle reprend la vieille idée allemande du philosophe et patriote Fichte, d’un « Etat commercial  fermé » : une nation doit pouvoir compter sur ses forces, sans songer uniquement à monnayer ses produits naturels. A cet égard un marché commun asiatique pourrait s’ouvrir, sauf à considérer, avec bon sens, que cette région d’Asie centrale est, en premier avec le Kazakhstan et sa capitale, Astana, ornée d’une pyramide due à un architecte anglais rénovateur de la City de Londres, une véritable loge maçonnique monumentale donnant ainsi à la veuve du Président Boumédienne cette lumière sur l’avenir et de l’Iran et de son pays frère, que chante l’épopée du Livre des Rois ou Châh Nameh, l’Afghanistan rongé par une lutte terroriste sans fin.
« Palais de la Paix et de la réconciliation » construit en 2006 à Astana au Kazakhstan et dont l’inspiration maçonnique est évidente
L’exemple de l’Iran, de sa reconstitution moderne, de son indépendance ruinée par l’Angleterre par deux fois en 1917 et en 1941, de la guerre avec l’Irak qui servit de point de départ à une destruction de ce pays qui pousse maintenant l’audace de l’Arabie wahhabite à viser directement l’Iran dans une lutte sans merci, est celui d’un pays qui dut chacune de ses renaissances 1 – à un chef autoritaire et plongeant les racines du peuple dans un passé mythique et enthousiaste, 2°- un écartement de toute division du pays, en mettant la Nation au dessus des intérêts particuliers, ce qui est le contraire de ce que diffuse l’idéologie actuelle d’assistance généralisée, 3°- une aide européenne efficace.

Un aveu de  taille : le Dieu des printemps arabes et persans

L’on dit que la vérité sort de la bouche des enfants, mais aussi que la bonne méthode de raisonner peut être, selon le mot de Descartes dans son Discours de la Méthode, entendue de tous, y compris des femmes et des Turcs, comme étaient de son temps entendus les Musulmans. C’est le bénéfice de cet entretien improvisé de la veuve du Président Boumédiene de nous révéler ce dieu des batailles qui ravage le Yémen, la Syrie, allume les canons du nouvel Ottoman très proche de l’Etat d’Israël, entre deux colères, et pousse enfin le monde au chaos en criant à la démocratie. C’est lui qui tire sur les Coptes d’Egypte, fit massacrer une quantité impressionnante d’Algériens, et permet aux fausses ambulances d’Afghanistan d’exploser ! C’est un pareil dieu qui conduisait l’an dernier la justice britannique à approuver le commerce d’armes d’ Ilam Fox, ancien ministre écossais de la Défense, conservateur, promu secrétaire d’Etat, et partisan du Brexit, adversaire de la Défense européenne au profit de l’OTAN, ayant exporté près de 3,5 millions de livres sterlings d’armes en Arabie wahhabite, création, depuis le XVIIIe siècle, des intrigues britanniques visant à détruire les grands empires ottomans et perses.
L’Arabie saoudite a mis le feu au Proche-Orient. À qui profite le crime ?
Il faut aussi que ce dieu ait des charmes pour faire oublier que le Dieu de son enfance n’était pas celui qui trône en loge, qui a coupé la tête du roi-martyr, et quelques mois après, de notre reine qui écrivait à son frère Leopold, empereur d’Allemagne, en juin 1790, mort visiblement empoisonné par la secte :
« Méfiez-vous là bas de toute association de francs-maçons. C’est par ce moyen que tous les monstres d’ici comptent parvenir dans tous les pays au même but. O Dieu garde ma patrie et vous-même de pareils malheurs » (Marie-Antoinette)
Cette troupe de monstres est composée de plusieurs étendards, que les démons qui volent bas essaient de faire s’entrechoquer, et ce pour ne pas qu’on  s’aperçoive qu’un abîme final est ouvert, celui dans lequel les illusionnistes plongent les dupes ou les âmes naïves répétant des mots dont elles ne saisissent pas le sens.
Cette étourderie de femme semi-savante enthousiasmée par le Grand Architecte est celle même de la raison contemporaine qui ne prend pas la peine d’abandonner ses distractions pour fixer la réalité. Le monde n’est point un chaos, mais un ordre qui a ses degrés, et tant que la duperie humaine préférera un dieu qui flatte à un qui juge, un dieu brouillon à un dieu sage, le vouloir-vivre aveugle à la sérénité d’une mort victorieuse, comme il s’en trouve la trace dans les vraies religions qui n’en font qu’une au crible de la philosophie, alors le compas d’architecte aura toujours la capacité de se transformer en fléau des peuples. Ce que montre le tableau de notre écroulement mondial.

Libres Propos iconoclastes post électoraux


Identité ou souveraineté ?
 
On a reproché à Marine Le Pen pendant sa campagne présidentielle, d’avoir mis l’accent exclusivement sur la souveraineté et les questions monétaires et économiques au détriment des questions identitaires et d’immigration. Ce grief est fondé et ce fut une des erreurs majeures de sa campagne. Mais beaucoup vont plus loin en lui reprochant de n’avoir pas mis exclusivement l’accent sur les questions identitaires et d’immigration, considérant les questions de souveraineté, les questions monétaires et économiques comme secondaires et propres à diviser. En d’autres termes, comme cela mettait en cause l’Euro et l’Union Européenne auxquels de nombreux électeurs se disaient attachés par peur du changement, il aurait mieux valu ne pas en parler. Ici, c’est aller trop loin et c’est oublier que les questions identitaires et de souveraineté sont liées. Certes, elles ne sont pas sur le même plan : l’Identité ethnique et culturelle est une finalité, une raison de vivre et de mourir, la Souveraineté est un moyen, le moyen justement de faire respecter l’Identité. Un État souverain ne sert à rien s’il règne sur un magma de populations disparates mais l’Identité sans Souveraineté c’est comme un homme sans mains et cela ne dure pas longtemps. D’ailleurs, si notre pays est dans la situation où il se trouve du point de vue de l’immigration et de la question islamique qui lui est liée dans une certaine mesure, c’est parce qu’il a progressivement perdu sa souveraineté au profit de l’Union Européenne, des structures atlantistes, des firmes transnationales et des marchés financiers.

Ce que l’on peut reprocher à Marine Le Pen dans sa campagne présidentielle ce n’est pas d’avoir abordé les questions de souveraineté économiques et financières mais de les avoir abordées sans les lier aux questions identitaires et, de plus, de les avoir abordées en dilettante, ce qui renvoie à son inculture et à sa paresse intellectuelle alors qu’il y avait à sa disposition suffisamment d’écrits produits par des économistes sérieux qui lui aurait permis de mettre Macron en difficulté lors du fameux débat durant lequel elle s’est lamentablement discréditée. Mais pour cela, il aurait fallu travailler sérieusement avec des conseillers sérieux afin de bien se préparer et, surtout, il aurait fallu ne pas mépriser les capacités de son adversaire…

la suite ici :
http://www.terreetpeuple.com/terre-et-peuple-magazine-communaute-6/589-terre-et-peuple-magazine-n-74-hiver-2017/1772-libres-propos-iconoclastes-post-electoraux.html

Le texte de cet article est aussi disponible dans le numéro 74 de notre revue.


L'éditorial de Pierre Vial  http://www.terreetpeuple.com/terre-et-peuple-magazine-communaute-6/589-terre-et-peuple-magazine-n-74-hiver-2017/1758-editorial-tp-mag-n-74.html

Le sommaire
http://www.terreetpeuple.com/terre-et-peuple-magazine-communaute-6/589-terre-et-peuple-magazine-n-74-hiver-2017/1759-sommaire-tp-mag-n-74.html


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Militant N° 700 – Un demi-siècle d’existence

700 numéros en un demi-siècle d’existence : tel pourrait être résumé l’ouvrage accompli par les équipes bénévoles qui ont assuré avec un constant souci de régularité la publication de Militant. Le résultat n’est pas mince. Peu de revues nationalistes ont une telle longévité. Actuellement, seuls Écrits de Paris et l’hebdomadaire Rivarol peuvent afficher une ancienneté plus grande que celle de Militant.
 
Depuis 1967, la ligne politique de notre revue n’a jamais changé : il s’agit d’une part de décrypter les événements de l’actualité sous l’éclairage de la doctrine nationaliste qui n’est rien d’autre qu’une méthode d’analyse, nourrie de l’expérience de l’histoire, des problèmes qui se posent à la vie de la nation et de leur résolution par rapport à celle-ci. Mais, d’autre part, Militant propose des solutions et développe au fil des numéros un programme politique apte à rétablir la France et notre civilisation. Militant est, au sens strict du mot, une revue de combat et de doctrine, insensible aux modes du moment et sans concession à quelque intérêt politicien ou éditorial à court terme.

En cinquante ans, à cette aune,  les difficultés n’ont pas manqué : les problèmes d’impression liés à l’hostilité du régime, les difficultés financières. Mais tout cela a jusqu’à présent été surmonté, sans autre aide que celle de nos abonnés et de la détermination des équipes rédactionnelles qui n’ont toujours compté que sur elles-mêmes.

Cependant, signe d’une société en crise, comme toute la presse écrite, nous sommes confrontés à un désintérêt marqué pour les lectures de fond. Aujourd’hui, les gens tendent à lire des textes brefs, aisés à lire et à comprendre, s’intéressent à ce qui se passe à court terme, voire dans l’instant. S’y ajoute la concurrence de l’Internet, un canal médiatique qui lui aussi favorise l’évanescent et le fugitif : on lit rapidement sur un écran avant de passer à autre chose. L’avantage d’une revue éditée sur papier est de se conserver. Longtemps après la parution d’un numéro, il est toujours possible de s’y reporter, de relire des articles de fond et d’y trouver des informations très vite enfouies dans le foisonnement de l’Internet. Une revue sur papier est un outil de formation irremplaçable.
Tout cela se ressent dans l’évolution du nombre des abonnés, les jeunes générations ne compensant pas totalement la disparition de leurs aînées, celles qui ont vécu la Seconde Guerre mondiale.
Lorsque Militant a commencé à paraître, la France sortait de la Guerre d’Algérie, était un pays peuplé de Blancs, situé dans le camp anti communiste mais soumis au monde atlantiste des États-Unis et de la finance cosmopolite depuis 1945. Les dérives de la démocratie semblaient cependant pouvoir être corrigées pour peu qu’une élite de Français non reniés entraine derrière elle l’ensemble de ses compatriotes. Il suffisait, pensait-on, de militer, de s’organiser et, à la faveur d’une crise, rétablir la France sur des bases qui semblaient encore solides.

 Néanmoins, l’exode rural commençait à laisser de grands vides dans nos campagnes, tandis que la télévision envahissait de plus en plus les foyers et contribuait à sidérer les mentalités. Surtout, très vite, l’état d’esprit traditionnel, celui qui avait fait la force de la France durant des siècles, allait être très vite balayé – parce que déjà subverti potentiellement – par la loi Neuwirth légalisant la pilule à dépeupler, les virus intellectuels répandus sur la société à la suite du Printemps 1968, opération de renversement de notre société menée par des agitateurs en majorité juifs et le revendiquant. Cela, d’autant plus rapidement que l’Église catholique subissait le traumatisme de Vatican II. Au même moment, avec Pompidou, les vannes de l’immigration extra-européenne allaient être grandes ouvertes pour peser à la baisse sur les salaires des ouvriers français. Peu après, avec le trio Giscard-Chirac-Veil, l’avortement, autrement dit le meurtre des enfants à naître, allait être légalisé, sapant du même coup les bases du respect de l’ordre naturel et de la vie.

Allant de pair avec ces coups  mortels portés contre notre civilisation, fut votée en 1972 la loi Pleven, base légale de l’arsenal judiciaire visant à détruire les défenses immunitaires intellectuelles des Français relativement à la défense de leur histoire, de leur culture, autrement dit de cet élément constitutif de leur personnalité que constitue l’héritage de 2000 ans de culture française et européenne.

Dès lors, les nationalistes allaient être plus que jamais marginalisés, faire l’objet d’une répression croissante dans la mesure où ils sont les seuls à dénoncer de manière inébranlable la politique criminelle mise en place et à rappeler quelle devait être la vraie et juste politique à mener dans l’intérêt de la France et du bien commun des Français, notamment la préservation du caractère naturellement blanc et chrétien de la société française. 

Tout propos visant à affirmer notre fierté d’être Français, de revendiquer l’héritage de nos pères, la grandeur de notre civilisation qui a sorti l’humanité de la stagnation scientifique et industrielle est vilipendé et ceux qui s’en font les hérauts sont immédiatement diffamés. La presse nationaliste, calomniée, dénigrée, est aujourd’hui victime d’une omerta visant à empêcher nos compatriotes de prendre conscience de leur asservissement et de briser les chaînes de la servitude au mondialisme apatride. Entretemps, nombre de compagnons, fatigués d’attendre un redressement qui ne vient pas, ont baissé les bras, certains s’engageant dans une démarche réformiste en pensant que le moindre mal consiste à aménager ce qui existe, pour éviter que la situation empire. Ce faisant, ils oublient qu’un tel monde n’est pas réformable et qu’ils jouent le rôle d’idiots utiles du système en place.

Aujourd’hui, le régime accentue l’étouffement de toute pensée droite et libre. Après les lois liberticides Pleven et Gayssot, voici des lois criminalisant les propos privés (décret du 3 août 2017 analysé dans Militant N° 697), voici la surveillance accrue de l’internet et des réseaux sociaux où les utilisateurs sont fichés mieux que par n’importe quel KGB, en attendant une possible loi sur les « Fake news », ou nouvelles fausses, promise par Macron et visant de fait à réprimer tout propos qui sortira du « politiquement correct » décidé par le pouvoir.

Une revue comme Militant constitue l’un des rares lieux où, tout en usant de la prudence verbale nécessaire compte tenu du contexte répressif en vigueur, il est possible de s’informer sans fard, sans concession, sur la réalité de notre temps. Que chaque lecteur de notre revue s’en fasse le propagandiste auprès de son entourage : c’est ainsi, qu’inaccessibles au découragement, nous pourrons continuer à entretenir, dans l’espérance de l’inévitable réveil, la braise de la France millénaire qui couve sous les décombres sans cesse accumulés par ce régime d’Anti-France et anti naturel qu’est leur République, cinquième du nom.

Éditoriel de Militant n°700 de janvier 2018

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Militant – Entretien de janvier 2018 – «L’économie orientée» nationale et sociale