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mardi 19 septembre 2006

La mort annoncée de la Sécurité sociale

Mardi, 19 Septembre 2006

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La mort annoncée de la Sécurité sociale

Philippe Delbauvre

Politique
La mort annoncée de la Sécurité sociale
Ce début d’automne marque l’ouverture officieuse de la campagne électorale pour l’élection présidentielle de 2007. Les socialistes viennent de réunir leurs présidentiables et les diverses composantes de la gauche alternative se scrutent pour savoir quel serait le candidat unique (qui ne sera pas), le plus apte à les représenter. Dans le même temps la gauche qui fût si tolérante avec le pouvoir libéral dans l’hémicycle durant cinq ans se lance dans une bataille homérique contre la fusion Edf-Gdf qu’elle eût pourtant été la première à pratiquer si elle avait été au gouvernement. L’important est probablement que l’électeur ne retienne de cette histoire que les dizaines de milliers d’amendements déposés, preuve (sourire) que la gauche est restée la gauche. Il serait à ce titre d’ailleurs judicieux d’effectuer une analyse stylographique : comparer le nombre de fois où le qualificatif de ‘socialiste’ est utilisé lorsque le parti de Monsieur Hollande est au pouvoir et lorsqu’il est dans l’opposition. L’enseignement que l’on en tirerait serait que dès lors où l’on a les tripes à gauche, il ne faut pas voter socialiste.

Je souhaite aborder un problème essentiel auquel les français n’ont pas été sensibilisés. Si la lutte contre le libéralisme et ses effets dévastateurs commença avec Vichy, elle fut poursuivie à la libération par d’audacieuses mesures souvent inspirées du régime précédent. La plus célèbre et probablement la plus chère aux cœurs des français est très certainement la sécurité sociale. Outre évidemment la protection sociale, elle est aussi un facteur d’homogénéisation nationale, de solidarité entre les générations ainsi que de ciments entre les différentes classes sociales ; en cela elle est davantage qu’une institution économique : elle est le symbole de la communauté nationale où chacun est acteur tout en bénéficiant de l’aide de tous.

Cet article est un faire part. J’avoue déroger à la bienséance en annonçant le décès à venir alors que le médecin légiste n’a pas encore signé l’acte mais puisqu’il s’agit de la vérité…

La sécurité sociale se meurt depuis de nombreuses années et n’est maintenue en vie qu’artificiellement. A plusieurs reprises, l’Europe a rappelé l’obligation faite à la France de se conformer aux règles qui sont appliquées dans les autres pays. L’injection létale surviendra rapidement après les élections présidentielles : ne pas réveiller un peuple qui dort !

Evidemment c’est au nom de la liberté que le meurtre est commis. J’ouvre au passage une parenthèse afin de rappeler que les idées de liberté, de sécurité, de bonheur constituent autant de filets dans lesquels systématiquement les naïfs se font prendre. Ici c’est de la liberté d’assurance qu’il s’agit suite à deux directives européennes en date du 18 juin et du 10 novembre 1992. Elles ne furent pas appliquées en France. Celle ci fût en conséquence condamnée en 1999. Par ordonnance du 22 avril 2001 avec l’accord du parlement de l’époque (quel était-il ?), le gouvernement rappela la législation européenne. A savoir que désormais nul n’est obligé de cotiser aux régimes de sécurité sociale. Alors que dans le passé récent, les récalcitrants étaient poursuivis c’est désormais l’inverse qui prévaut. En conséquence, tout français peut attaquer un organisme gérant si on lui conteste le droit qui lui est donné de s’assurer par l’intermédiaire de l’assurance privée.

L’assurance privée peut tout prendre en charge. Elle permet déjà d’échapper à la CSG ainsi qu’à la CRDS. Elle permet de s’assurer contre la maladie, contre le chômage, pour la retraite. Voilà qui dans un premier temps ne peut que satisfaire ceux qui disposent d’un revenu important. Evidemment pour les autres c’est une autre histoire. Dans le monde du chacun pour soi où la pieuvre capitaliste étend toujours davantage ses tentacules, l’opération va avoir du succès. Les cadres seront les premiers à s’y atteler. Nombre de retraités aussi. Le reste lentement, pour ceux qui en auront les moyens, suivra. Plus les départs s’accentueront et évidemment moins il y aura de cotisants. Le système connaissant déjà des avaries, il coulera très vite.

Nous connaissons tous les assurances. Elles indemnisent quand … elles ne peuvent pas faire autrement.

Nous savons très bien que les demeures qui peuvent être efficacement assurées contre le vol sont justement celles qui ne sont pas cambriolables. De même le code de la route des assurances n’est pas le même que celui de l’état ; c’est ainsi que la police peut vous considérer en droit et votre assureur en tort.

La raison d’être de l’assurance n’est pas de vous aider mais de faire de l’argent ce qui ne relève pas du même esprit.

Un état ne peut connaître la faillite et disparaître ; une société d’assurance ou autre le peut parfaitement.

Les fusions acquisitions se poursuivent : tôt ou tard si le processus n’est pas enrayé, il y aura malgré de multiples enseignes, un seul dirigeant : il n’est aucunement souhaitable de se retrouver sous la tutelle d’un organisme privé qui dès lors aura tout le loisir une fois parvenu en situation de monopole d’augmenter ses tarifs.

D’ailleurs, quoique contraire au principe de libre concurrence, l’alignement des prix est un phénomène courant.

Alors ?

Merci à la très libérale Europe facteur de bonheur et d’avancées sociales.

Merci aux hommes politiques de nous avoir tant éclairés depuis une quinzaine d’années (le début du processus remonte à 1992).

Et de continuer à le faire durant cette campagne présidentielle.



mercredi 13 septembre 2006

Un sophisme économique

Mercredi, 13 Septembre 2006
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Un sophisme économique

Philippe Delbauvre

Politique
Un sophisme économique
Il ne s’agit pas d’affirmer que l’on s’achemine vers la suppression du Smic. On peut néanmoins constater que les libéraux (c’est à dire la gauche et la droite) tentent d’optimiser le système économique actuellement en place qui fait encore la part trop belle à des gâchis financiers que constituent à leurs yeux à titre d’exemple le rmi ou les prestations sociales.

Ainsi, le smic est un frein à l’emploi. C’est évidemment juste. Si les comportements économiques veulent être expliqués avec cohérence, il faut les analyser à la fois côté employeur que côté employé. L’intérêt du premier est de donner le minimum, celui du second d’obtenir le maximum. Il s’agit d’une évidence qu’il est tout de même nécessaire de rappeler avant toute étude. Il est en effet exact que l’on ne peut embaucher que si l’on dispose au moins, en surplus de la part que l’on se réserve, du minimum légal charges comprises. En conséquence on ne le peut pas si on ne possède, pour prendre un exemple, que de 70 % dudit minimum. Avec cette même somme, on le pourrait si minimum il n’y avait pas. Raisonnement imparable.

Donc on en déduit dans la poursuite de cette logique que la suppression du smic est un bien pour les employeurs qui peuvent désormais plus facilement embaucher, mais aussi pour les chômeurs qui trouveront ainsi davantage d’offres d’emploi. Toujours juste à l’évidence.

Ce que les tenants de cette révolution, qui pour certains sont tout aussi naïfs que généreux, c’est que cette logique ne fait pas du tout l’affaire de nombre de travailleurs. Il va de soi que ceux qui sont rémunérés au smic sont ici directement concernés puisque la baisse des salaires qui s’en suivra les touchera de suite. Il en est de même pour ceux dont le salaire est indexé sur le smic ; que l’on soit rémunéré à 70% ou à 140 % du smic, dès lors où salaire minimum il n’y a plus, le résultat sera le même : la baisse d’une rémunération déjà par trop modeste. Il faut également prendre en compte ceux qui dix heures par semaine travaillent et sont payés au smic : qu’adviendra t-il d’eux ? Voilà un paragraphe tout aussi cohérent que les précédents mais que l’on ne trouvera pas dans les analyses libérales.

Evidemment on suggère quelquefois une compensation grâce à une solidarité à maintes reprises évoquée mais jamais définie. Et pour cause. Qui sera solidaire ? Plus vulgairement, qui paiera ? Pas les entreprises puisque l’objet de la mesure consiste justement à les alléger financièrement. Pas l’état puisque son objectif ainsi qu’en témoignent ses désengagements aux échelles locales et nationales est de faire des économies pour s’aligner sur les autres modèles européens souvent plus libéraux et paupérisateurs (voir Royaume Uni). Pas les cadres véritables que l’on souhaite protéger via une diminution fiscale sous peine de les voir s’expatrier. Donc une solidarité payée par ceux qui devraient en principe en bénéficier : ceux qui n’appartiennent pas à une des catégories déjà mentionnées. Ou on fait payer ceux pour qui financièrement la vie n’est pas rose à l’aide par exemple d’une taxation indirecte pratiquement invisible politiquement et très douloureuse financièrement, où il n’y aura pas de solidarité. Et donc, pas de compensation.

A qui donc en définitive profite sincèrement la suppression du smic ?

Amen.

On peut très honnêtement reconnaître que ceux qui n’ont pas d’emploi pourront éventuellement en avoir un. Enfin, pour certains d’entre eux. C’est vrai. Si au smic on associe la base 1000, pour un travail effectué à cette rémunération, une suppression pousserait les offres à la hausse avec dans le même temps une mensualité à la baisse : qui prend à 900 ? 800 ? 700 ? Dans la tête d’un patron normal, conscient de ses intérêts (la nature humaine étant ce qu’elle est), l’idée de commencer directement à 300 vient naturellement ; s’il y a preneur c’est tout bénéfice, sinon augmenter progressivement. C’est tout simplement ce que l’on appelle la loi du marché. Dans la continuité du raisonnement précédent, il va de soi que le rmi ne peut qu’être revu à la baisse : on ne peut pas payer autant voir davantage celui qui ne travaille pas que celui qui travaille.

Les rmistes aussi vont être contents.

Amen.

Dernière étape, pour contraindre démocratiquement (c’est à dire intelligemment) ceux qui viendraient à rechigner, l’idée d’immigration choisie. Superbe expression qui sous entend :

Premièrement : que ceux qui vont venir ne sont pas méchants et ne doivent pas être amalgamés avec ceux que l’on connaît : si ce n’est pas faux, rien ne prouve qu’à long terme cela le devienne : on a déjà donné.

Deuxièmement : que ceux qui vont venir correspondent exactement aux profils manquants ici et qu’en conséquence personne d’ici ne sera lésé. Et là c’est faux. Parce que les offres fluctuent au cours du temps, parce que bien évidemment on n’a pas fait le recensement de tout ce qui pourrait manquer, parce qu’on a suffisamment de millions de chômeurs à employer.

Non ?

Si.

Hors sujet ? Du tout. A nouveau le but est de tirer conformément à la logique libérale les salaires vers le bas. On sait très bien que les praticiens étrangers travaillant dans la dite fonction publique hospitalière sont moins bien rémunérés que les français. Autre façon de pousser ces derniers à partir un jour ou l’autre vers un secteur privé appelé à se développer et bien plus attractif financièrement. On revient donc à la ‘légitime suppression’ du smic. Tout est cohérent pour celui qui veut voir.

L’enfer est pavé de bonnes attentions.

Ici, elle sont de plus mauvaises.

mardi 5 septembre 2006

Rien ne va plus, tout est ouvert

Mardi, 5 Septembre 2006
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Rien ne va plus, tout est ouvert

Philippe Delbauvre

Politique
Rien ne va plus, tout est ouvert
Les événements récents me contraignent à reprendre un article d’Alain Rebours, disponible dans les archives pour la lecture, afin de le réadapter au contexte actuel.

Sur le forum de ce même site je m’étais à l’époque particulièrement investi dans un fil consacré au CPE où le plus souvent je prévoyais quelques jours à l’avance le devenir du phénomène, tâche d’autant plus aisée que le processus à quelques variantes près reste toujours le même. Le premier ministre ne s’est depuis jamais remis politiquement de ces manifestations et reste à ce jour (la précision est d’importance) condamné à espérer un bouleversement hypothétique de la donne sans pour autant en être l’acteur.

Ce que l’on appelle désormais par convention la gauche n’a pas d’alternative à proposer. Elle ne peut, sous peine de se ridiculiser, évoquer un flot de nationalisations ou une relance de la consommation que l’appartenance de la France au système économique mondial empêche. S’il est possible de se permettre un petit écart par rapport à l’orthodoxie économique, lequel parce que petit ne changerait fondamentalement rien, les règles édictées doivent être néanmoins scrupuleusement respectées. Les intègres et naïfs socialistes de 1981 l’ont assez vite appris comme le savent ceux qui ont connu la période ou s’y sont intéressés. Au même titre qu’en tennis la balle ne peut rebondir au plus qu’une seule fois avant relance ou qu’en football de la main le ballon il ne faut pas toucher, on ne joue pas avec les impératifs catégoriques économiques du règlement capitaliste. Si néanmoins on venait à souhaiter le faire afin de remédier aux problèmes qui se pose dans le monde occidental c’est une révolution qu’il faudrait entamer et non une réforme qui en tant que telle resterait prisonnière du carcan et en conséquence vouée à l’échec.

Les cadres de la gauche en sont parfaitement conscients. Les militants beaucoup moins. Et le peuple quasiment pas puisque l’on ne cesse de lui répéter qu’il n’existe pas d’autres alternatives. On peut ainsi expliquer facilement le pourquoi de l’absence réelle de programme au sein de la gauche sachant que les phrases très généreuses mais bien évidemment floues et très générales n’en constituent pas un. On comprend mieux le succès de Ségolène Royal qui est un succès de personne et non d’idées. On comprend aussi le rejet dont elle fait l’objet de la part d’une partie des militants socialistes qui ont bien saisi qu’avec elle une politique authentiquement de gauche n’était pas à espérer. L’erreur de ces militants est de croire qu’un autre candidat pourrait proposer une autre alternative. Ce n’est donc pas idéologiquement que ce que l’on appelle la gauche peut battre lors des prochaines présidentielles, ce que l’on appelle la droite. Il s’ensuit qu’une victoire ne peut qu’emprunter un autre chemin avec par exemple et pour clore ce paragraphe un succès de personnalité.

A huit mois de l’échéance il va de soi que les paramètres commencent progressivement à se fixer. Il faut à la gauche affaiblir le gouvernement en espérant atteindre par ricochet Nicolas Sarkozy. Voilà chose ardue puisque quand bien même membre du gouvernement ce dernier n’a jamais cessé de faire entendre sa différence. Que l’équipe ministérielle donne l’impression d’une réussite et le ministre de l’intérieur s’en réclamera. Qu’elle donne le sentiment d’un échec et il aura beau jeu d’affirmer que tout en y participant il avait fait entendre un autre son de cloche. Il faut donc à la gauche ajouter autre chose à son armement qui à ce jour semble inadapté.

La gauche a toujours su jouer dans son histoire de l’impact des manifestations de rue. Encore une fois, les manifestations à l’encontre du CPE lui ont permis de marquer des points et de couler définitivement (je me méfie par expérience du terme) le premier ministre. Le secteur public, grand mobilisateur devant l’éternel, n’est plus ce qu’il était. Cela s’explique entre autre par la dépolitisation des nouvelles classes d’âge mais aussi par le recrutement de plus en plus massif de non titulaires qui ne disposent que de contrats précaires et qui ont tout intérêt, s’ils veulent espérer leur travail garder, à se tenir tranquille. Il suffit de se renseigner sur l’évolution de la Sncf comme de la poste pour s’en rendre compte.

Il est en revanche un secteur qui reste politiquement dangereux pour tous les gouvernements et qui n’est autre que celui de l’enseignement.

A cela plusieurs raisons.

Le corps enseignant certes moins syndiqué qu’auparavant possède encore l’esprit de corps. C’est là où l’esprit corporatiste est l’un des plus développés. C’est aussi une des valeurs sures dans l’électorat de ce que l’on appelle la gauche. C’est d’ailleurs tant vrai qu’un ministre de gauche n’a guère à craindre d’eux à moins de tenir des propos particulièrement provocateurs comme l’avait fait Claude Allègre. Ce sont majoritairement des fonctionnaires dévoués à la cause du parti sans pour autant être socialistes ( ‘ Les socialistes ont le coeur à gauche et le portefeuille à droite ’) et quantitativement important. Comme de plus la grève est chez eux une seconde nature (dès lors où une mesure vient d’un gouvernement dit de droite), ils maîtrisent parfaitement le sujet et sont donc efficaces. C’est aussi une catégorie directement liée au monde estudiantin qui est non politisé dans sa majorité mais dont les représentants le sont. Là encore phénomène de masse, donc impressionnant mais aussi perçu comme sympathique par nombre de français qui ont l’occasion de se rappeler leur jeunesse et qui ne peuvent avoir de griefs à l’encontre des ‘petits’ qui à l’évidence sont globalement dépourvus d’arrières pensées. Si suite à un coup de matraque, un enseignant est envoyé comateux à l’hôpital, le français désapprouve. Si c’est un jeune étudiant depuis peu majeur, c’est l’indignation pour ne pas dire la révolte. Cette affection sélective ne bénéficie pas aux enseignants souvent décriés par les français. Il n’empêche qu’à défaut de constituer la poudre ils peuvent très bien en être la mèche : c’est d’ailleurs une habitude.

On ne peut ainsi que comprendre les réunions prévues le 6 septembre (donc dans deux jours puisque j’écris en date du 4) entre enseignants en vue de préparer la manifestation du 28 prélude à quatre jours de grèves dans le meilleur des cas. Voilà qui nous amène donc début octobre et au retour à la vie des facultés qui elles aussi, n’en doutons pas, sont déjà prêtes à intervenir. A quoi servent les fameuses longues vacances si ce n’est à préparer les actions à venir qui ‘spontanément’ adviendront peu après la rentrée ? Il ne faut pas disposer d’une intelligence lumineuse pour comprendre que les plans ont déjà été élaborés et que les deux mouvements en apparence différents vont converger et se fondre.

Comme de plus le problème de la non régularisation est posée et que la responsabilité en incombe directement au ministère de l’intérieur qui est dans cette histoire le premier visé, il n’est pas difficile d’imaginer que la défense de la veuve et de l’orphelin va être à maintes reprises évoquée. Loi des séries, le ministre de l’éducation nationale est un Udf favorable à l’Ump. Est-il nécessaire d’expliquer que François Bayrou va être ravi de l’aubaine et saisir la chance qui va lui être offerte de faire entendre sa différence aussi bien à l’encontre de son rival mais aussi du gouvernement ? Il va de soi que le front national qui est en hausse dans les sondages va jouer le rôle qui est le sien : de Villiers maintenant rejeté par l’opinion elle même, tout ce qui peut arriver de mal au gouvernement et surtout à Nicolas Sarkozy ne peut que profiter au menhir. Un quelconque cas de bavure ou de déclaration malencontreuse imputables au ministre de l’intérieur ne constitue t-il pas la dernière chance qui s’offre à un Ump de faire ou de refaire surface ?

Désormais, comme on le dit au jeu : ‘rien ne va plus’. Tout est ouvert.

Le CPE n’était pas la solution. L’opposition en elle même au CPE non plus.

Le programme présidentiel de Nicolas Sarkozy dont il n’a dévoilé que la face émergée est détestable. Celui des candidats socialistes est inexistant, ce qui constitue un mieux. Faute de grives …

Que les manifestations à venir ne poseront pas les vrais problèmes, j’en suis convaincu. Il n’est pas cependant impossible qu’elles soient décisives en ce qui concerne les prochaines élections présidentielles



mardi 22 août 2006

Sur le conflit libanais

Mardi, 22 Août 2006
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Sur le conflit libanais

Philippe Delbauvre

Étranger
Sur le conflit libanais
Il n’est pas difficile de comprendre qu’ un expert militaire libanais s’exprimant dans la situation présente au sujet du récent conflit que l’on croit définitivement terminé alors que ce n’est que très probablement que la fin d’une première étape ne puisse bénéficier de toute la latitude nécessaire afin de parvenir à un jugement objectif. Non pas que l’homme manquerait de capacités, quoique la notion d’expert prête à sourire si l’on tient compte des différentes expertises et ce dans différents domaines, mais plutôt que libanais et ainsi situé dans ce cadre, il se trouve astreint à suivre une déontologie davantage conforme aux intérêts des instances dirigeantes de son pays qu’à une stricte objectivité que l’on est en droit d’attendre. Ainsi, il m’a semblé nécessaire de reprendre cette analyse où l’on trouve d’ailleurs des contradictions afin de rétablir une vérité peut être désagréable à lire ou à entendre mais néanmoins que l’on se doit de connaître ne serait ce pour ne pas être par trop dépourvu lorsque cette crise que l’on croit close aura des développements ultérieurs.

Grand avantage de la dernière coupe du monde de football promue événement de l’année et dont on ne parle plus alors qu’au passage les problèmes essentiels se posent encore avec davantage d’ampleur de jour en jour, tout le monde est désormais apte, matraquage médiatique oblige, à comprendre une parabole, une métaphore, une comparaison avec la sphère footballistique : lorsqu’une équipe dans des conditions normales se trouve en possession du ballon, son objectif est de remonter le terrain, d’entrer en zone adverse et d’aller marquer. Si elle y parvient, il s’agit d’un succès ; si elle n’y parvient pas ce n’est pas un échec mais la poursuite de l’affrontement sans préjudices, sauf un des joueurs de l’équipe attaquante ou de l’équipe défensive s’est blessé durant l’action.

Israel donc n’a pas marqué : en quoi cela constitue t-il une défaite ? Que l’on m’explique donc !

Je sais fort bien que le sensationnalisme journalistique est toujours prêt à créer l’événement justement pour faire sensation, que l’image de Tsahal humiliée est une extraordinaire information, mais il n’en reste pas moins que les choses ne sont pas aussi simples. Je veux bien admettre qu’il s’agit d’un point de vue qui peut apparaître surprenant mais cette proclamée défaite israelienne ne fait que le jeu d’Israel non parce qu’elle est défaite mais parce qu’elle est proclamée. Paradoxe n’est pas contradiction.

On ne peut contester le nombre de morts israeliens, encore faudrait t-il le comparer avec celui des libanais. On ne peut contester les quelques dégâts constatés sur le sol israelien, sont t-ils pour autant comparables à la dévastation que vient de connaître le Liban ? Le très fameux merkava n’est pas invincible, que l’on nous donne le nom du char qui aurait pu résister. Les conséquences économique seront néfastes pour Israel ? Qu’importe, ‘le grand frère’, pour reprendre l’expression d’Helene Carrere d’Encausse, viendra au secours.

Une chose est certaine, Tsahal a patiné, tout comme l’armée américaine l’avait fait avant elle et continue à le faire en Irak. Et dans chacun des cas ce ne sont pas les états majors qui opposent une résistance à l’envahisseur mais les peuples. C’est également vrai au sujet des palestiniens mais aussi des libanais qui de toutes confessions religieuses et de toutes obédiences politiques se sont réunis face à l’agresseur. Voilà probablement pourquoi la main se devait d’être reprise par les israeliens, ce qui n’a pas tardé. Ainsi s’expliquent les jérémiades que l’on a pu entendre, les assaillants se faissant passer pour des assaillis. Ainsi, la réduction de la résistance au seul Hezbollah afin de mieux accréditer la thèse du choc civilisationnel alors qu’il n’en est rien comme l’indique la réaction unanime libanaise. Ainsi l’acceptation délibérée de cette défaite puisqu’il n’est pas contestable que les objectifs n’ont pas été atteints mais aussi parce que l’état hébreu a intérêt à se faire passer pour plus faible qu’il n’est. Ainsi également la volonté de déclencher en sa faveur un mouvement de sympathie doublé d’un sentiment d’inquiétude à l’encontre de ceux qui se sont pourtant légitimement défendus. C’est la raison pour laquelle, dans cette optique les ripostes ne vont guère tarder en tentant de sensibiliser les européens par l’intermédiaire d’attentats, ciblés ou pas, qui seront mis sur le compte ou d’une des factions libanaises ou de la Perse, ou de la Syrie pour prendre un exemple particulier. On peut également imaginer que chaque mort au sein de la force internationale d’interposition fera l’objet d’un traitement médiatique spécifique dans son pays d’origine. D’autres exemples peuvent être trouvés, la liste n’étant pas exhaustive.

Il faudra donc regarder avec cette perspective là et pas une autre les développements de l’actualité des semaines et des mois à venir si l’on veut comprendre l’évolution. Une chose est certaine, cette bataille au sein du conflit, s’est terminée d’une façon très inhabituelle. On s’en réjouit tout en restant serein. C’était l’objet de cet article.

Rien n’est acquis.



mardi 15 août 2006

Les nationalistes les plus bêtes du monde

Mardi, 15 Août 2006
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Les nationalistes les plus bêtes du monde

Philippe Delbauvre

Politique
Les nationalistes les plus bêtes du monde
Jean Dutourd avait écrit en son temps un ouvrage intitulé ‘La gauche la plus bête du monde’. Ultérieurement, Philippe Vasseur a cru bon de composer ‘ La droite la plus bête du monde ‘ quoiqu’avec un état d’esprit et dans un cadre différents. Voilà qui pourrait laisser accroire l’accomplissement d’une complémentarité au sens mathématique du terme des deux pamphlets. Or, à l’évidence il n’en est rien puisqu’il faudrait et ce serait bien la moindre des choses dans le cadre du problème qui nous préoccupe, publier un ouvrage consacré à nombre de ceux qui se disent nationalistes qui viendrait très opportunément compléter les deux autres et dont le titre ne serait pas difficile à trouver.

Je ne reproche pas à ceux qui se disent nationalistes de l’être, mais de le proclamer tout en ne l’étant pas. Je ne reproche pas, et cela dans la même continuité de pensée, aux socialistes, écologistes et communistes de l’être, mais de s’en vanter tout en ne l’étant pas. Il s’agit ici d’un simple constat logique qui n’est autre que de l’honnêteté intellectuelle, qualité qui fait pourtant défaut à ceux- là mêmes qui n’ont de cesse de mettre en cause le manque de probité pourtant réel des gouvernants.

Je laisserais donc de côté les trois mouvances de gauche ou définies comme telles puisque ce ne sont pas elles qui font l’objet de mon ire mais aussi parce qu’en raison du fait que la simple constatation du décalage entre les discours tenus durant les campagnes électorales et les non réalisations flagrantes durant des participations gouvernementales depuis plus d’un quart de siècle rend toute argumentation superfétatoire.

Ainsi de forum en forum, d’agora en agora, d’universités d’été qui glacent les cerveaux et de joyeux Noëls d’hiver qui brûlent les neurones, invariablement la même propagande antinationale pourtant sécrétée de et par l’étranger est répétée à satiété par des français se définissant avant tout comme tels puisque 'nationalistes'. Plutôt que de tirer de riches enseignements des défaites subies durant les guerres de libération qui ont montré que le combat sur le terrain était de moindre importance par rapport à celui mené à l’aide de l’action politico-psychologique sous toutes ses formes, on continue invariablement à postuler un distinguo ami /ennemi comme si dans chacun des camps tout était homogène.

Ainsi, l’antiracisme a bien souvent sa place dans les milieux considérés. Voilà l’exemple même du degré zéro de la pensée qui caractérise bien souvent le 'nationaliste' de base, autoproclamé expert le temps d'une intervention sur un forum et évidemment reconnu comme tel par ses pairs de même parentale afin de permettre un renvoi d'ascenseur. Il ne lui est pas venu à l’esprit de réfléchir ne serait ce qu’un tant soi peu pour constater que l’antiracisme n’était pas l’opposé du racisme, qu’en choisissant de se positionner comme antiraciste il utilise le référentiel de ses propres adversaires, qu’il se place ainsi dès le départ dans la position de l’accusé, qu’il accepte de déplacer le débat en direction d’une pigmentation dont on n’a que faire parce qu’elle est bien loin des préoccupations essentielles, mais aussi que l’antiracisme est bien autre chose que la lutte contre le racisme. Il ne lui viendrait pas à l’idée, toujours suite à une carence intellectuelle, de questionner l’interlocuteur sur ce qu’est la race, pas plus que de se documenter sur les études ayant trait aux groupes sanguins pourtant très enrichissantes. Il est vrai qu'un pigment se voit et non un rhésus d'où la réaction pavlovienne de l'animal ici considéré. De manière similaire, on attend toujours la question pertinente qui consisterait à interroger le militant donneur de bonnes leçons (bien souvent aussi stupide que son interlocuteur) sur ce qui caractérise un homme et ce qui permet ainsi de le comparer à un autre. En clair, quelle est la norme (au sens mathématique) utilisée, condition sine qua non afin de pouvoir mettre en application une relation d'ordre. Là où la naïveté devient bêtise effarante, c’est que c’est sur la plupart des fora 'nationalistes' et pas ailleurs que l’on ne cesse de commencer une phrase par une déclaration antiraciste. Sachant qu’ailleurs donc, ce réflexe n’existe pas, il conduit nécessairement à l’effet opposé de celui souhaité.

Je ne prétends pas que la subtilité soit à la portée de tous et c’est la raison pour laquelle les cadres qui devraient pallier la bêtise ambiante mentent ou sont incompétents. Nul besoin d’être un génie pour constater à la lecture des différents fora, sachant la place que prennent l’immigration et la délinquance, que ces deux thèmes constituent le grand sésame qui motivent majoritairement l’adhésion au 'nationalisme'. Voilà qui vient confirmer la définition bien connue qui fait de ce mouvement de pensée 'la haine des autres'. Autant l'exprimer de suite, de l'autre bord, je louerais le ciel soir et matin de m'octroyer de si piteux adversaires. En conséquence, si l’on était tous de la même religion et sans crainte pour son portefeuille, tout serait parfait à quelques détails près. Que les 'nationalistes' rendent aux religieux de toutes obédience non chrétiennes ainsi qu’aux délinquants tout leur du: sans eux, ils ne seraient rien.

Le nationalisme français a tout au long de son histoire subit des mutations ; ainsi il est passé de l’échelle hexagonale (à l’époque où les possessions coloniales le permettaient) à la dimension supérieure que constitue l’Europe. Il n’entre pas dans mon propos de juger si cette évolution est positive ou non ; on ne peut que constater qu’intellectuellement elle peut se justifier. Encore faudrait t-il à nouveau noter qu’elle n’est pas récente et que la relève tarde. C’est tout aussi vrai des nationalistes européens que de leur frère aîné et bien vieillissant hexagonal. L'imprégnation du système en place sur les esprits est telle qu'elle n'est pas même perçue. Ainsi, la mode chez les 'nationalistes français' consistant à mettre des tronçons de phrase en anglais. Ainsi le recours à la nourriture rapide sous toutes ses formes (de la pizza réchauffée au célébrissime cheese) tout en vantant notre indéniable spécificité culturelle dont la conséquence culinaire est justement le temps accordé au repas. Ainsi l'indépassable Kant, penseur chéri de la philosophaille très assidue des plateaux de télévision, dont un des axes majeurs de la pensée a volé en éclat voilà un siècle (les 'nationalistes' sont ignares en physique à l'évidence), dont l'unicité humaine a été balayée par les études ethnologiques, est lui aussi célébré dans les mêmes milieux. Encore une fois, chacun peut être kantien: encore faut t-il être cohérent. Autre chose qui est la volonté de faire 'peuple': assurément une démarche qui pourrait être intelligente si l'on ne faisait pas plèbe; d'ailleurs le peuple ne veut absolument pas faire peuple et en toute honnêteté il faut reconnaître que les communistes eux non plus ne l'ont pas compris.

Qui comprendra enfin que la plus subtile des occupations d’un pays se caractérise justement par l’absence de troupes militaires ? Qui se posera avec toute l’acuité requise le problème de l’interaction entre la technologie utilisée et les modes de vie spécifiquement nationaux ? Quand aura t-on le courage de se plonger dans les études statistiques officielles que l’on ne prend même pas la peine de cacher puisque personne ne les lit, afin d’en finir avec les idées reçues ? Quand enfin parce que la liste serait trop longue se décidera t-on à regarder une carte du monde tel qu’il est et non tel qu’il fût



dimanche 9 avril 2006

De la culture de mort à sa promotion et défense

Dimanche, 9 Avril 2006
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De la culture de mort à sa promotion et défense

Philippe Delbauvre

Tribune libre
De la culture de mort à sa promotion et défense
L'une des erreurs majeures des analystes politiques lus ici ou là consiste à affirmer qu'il existe un mal franco français qui épargnerait les autres pays européens et autres contrées occidentales, ou à l'opposé que globalement les choses iraient ici plutôt bien, le danger venant d'une invasion à venir. Dans le cas de la première hypothèse, un regard objectif sur la santé de nos voisins montrent qu'à l'évidence les problèmes sont là bas les mêmes et qu'ainsi, considérer que la France n'est qu'une tumeur locale au milieu d'un continent sain est une absurdité qui ne résiste pas à l'analyse. En ce qui concerne l'invasion, j'ai bien l'impression que les assaillants sont dans la place et AU POUVOIR, et qu'aucun pays hors d'Europe n'a l'envie ni les moyens de rejouer à notre encontre les expériences de 1914 ou de 1939. On peut ne pas être d'accord: chacun a le droit d'être ridicule.

L'élection de Benoit XVI ne nous a pas laissés insensibles: il nous fallait chercher dès son arrivée à comprendre où l'Eglise allait aller et en vertu de quels choix doctrinaux. Ce fut l'occasion pour moi d'avoir de nombreux échanges à ce sujet avec un ami d'outre Manche afin d'essayer de prévoir le comportement à venir du Saint Siège. Malheureusement, nous n'avions pas tort dans nos analyses d'alors comme nous allons le constater par la suite. Que le Vatican tende la main à ceux que l'on appelle intégristes n'est en soi pas une mauvaise chose: c'est toujours cela de gagné face à la modernité. Toutefois, je crains fort que ce geste n'est pour unique but que de se rallier des islamophobes conséquents (ce que je réprouve), tout en se gardant bien d'en retirer les précieuses analyses quant au misonéisme (ce que j'attends). L'archevêque de Paris vient de s'exprimer au sujet du CPE à l'occasion du pélerinage des étudiants à Chartres. Ce n'est guère réjouissant.

Ainsi:

"Le blocage des institutions démocratiques, l'intimidation, le vote forcé, les décisions enlevées à l'arraché, la destruction des outils intellectuels, livres et instruments de travail, tout cela a fonctionné en Europe au XXè siècle, en Allemagne et en Russie. Notre démocratie devrait avoir honte de voir resurgir en son sein les fantômes des totalitarismes"

L'archevêque de Paris croit donc aux fantômes. Je doute sincèrement que cette notion fasse partie intégrante de la théologie catholique. Il est pourtant vrai que ces phénomènes ont existé au 20 ème siècle. Le premier problème est que nous sommes au 21 ème. Le second est que ces mêmes phénomènes ont existé bien avant et que l'Eglise fût experte en la matière. Je ne lui reproche pas son passé, mais son oubli: cela me rappelle Robert Hue déclarant qu'au parti communiste on aimait la démocratie.

Et de poursuivre:

"La liberté et la démocratie se méritent et se construisent par notre engagement à les rendre possibles et effectives. Pour qu'elles soient vivables, il faut que des hommes et des femmes de conviction soient déterminés à s'engager pour les soutenir et les faire grandir".

et

"Quand on me dit que les AG sont manipulées et les décisions arrachées par des minorités d'influence, je me demande si on n'abandonne pas le terrain en laissant dépérir les organisations démocratiques''.

On constate ici un appel à l'engagement des catholiques en politique pour maintenir les actuelles structures démocratiques. On ne nous dit pas en quoi elles sont légitimes ou plus simplement bonnes. Le terme de ''démocratie'' est devenu le sésame qui permet d'ouvrir les coeurs. Ainsi l'archevêque met ses pas dans ceux des artistes, chanteurs, intellectuels, rappeurs et bien pensants. Il serait temps que les membres du clergé fassent l'effort de se renseigner au sujet de la désaffection qui touche partis politiques et syndicats et autres structures démocratiques avant d'en faire l'apologie.

Ce qui est connu d'un étudiant de premier cycle en sociologie devrait l'être d'un archevêque.

Et de conclure:

"des hommes et des femmes de votre âge, et culturellement bien moins équipés que vous, ont combattu et combattent parfois jusqu'au don de leur vie pour obtenir des élections démocratiques et promouvoir un fonctionnement social qui respecte aussi les minorités".

Tous en choeur: ''we are the world, we are the children''. (Voir paragraphe précédent). N'importe quel politique aurait pu énoncer la même phrase et c'est en cela qu'il s'agit d'une catastrophe: l'Eglise n'offre aucune alternative alors que c'est justement ce que l'on attend d'elle. Catholique, je demanderais le retour à la catholicité rayonnante. Je couperais les ponts avec toute forme de collaboration avec le monde profane. Je pointerais du doigt les tares d'un système qui se mondialise ainsi que l'absence de contrepoids idéologique. Je me ferais procureur chargeant une structure politico-économique dont les vices touchent tant de familles françaises.

Il semblerait que l'Eglise ait déjà postulé la victoire du capitalisme. Et le syllabus ? Et rerum novarum ? Et la tradition ?

Jean Marie Lustiger faisait remarquer que la société dans laquelle nous vivions était une culture de mort.

Je regrette déjà Jean Marie Lustiger.



samedi 1 avril 2006

Du capitalisme en général et de son mondialisme en particulier

Samedi, 1 Avril 2006
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Du capitalisme en général et de son mondialisme en particulier

Philippe Delbauvre

Tribune libre
Du capitalisme en général et de son mondialisme en particulier
Georges Bush, suite à une nouvelle déclaration, vient de me pousser une fois de plus en direction du clavier afin d'écrire quelques unes de mes réflexions.

Mettons les choses au clair: à en entendre certains, notamment '' l'intelligentsia '' française, l'homme serait un débile profond inapte à défendre les intérêts de son pays.

Voire. On avait fait le même constat au sujet d'un de ses prédécesseurs, en l'occurence Ronald Reagan qui fut élu en 1980. Or, une décennie plus tard l'union soviétique s'effondrait plaçant ainsi les Etats Unis sur la dernière ligne droite qui permet le contrôle planétaire. Pour un simple ''cowboy'' et accessoirement acteur raté, c'était là une incontestable réussite. La puissance américaine ne s'étant pas agrandie, il n'en découle pas la naissance d'une hyperpuissance comme on le dit trop souvent, mais plutôt la fin d'un équilibre qui permettait aux puissances moyennes de jouer, si elles le souhaitaient, la carte de la troisième voie. Méfions nous donc des jugements d'intellectuels autoproclamés qu'à l'évidence l'histoire ne cesse de contredire. Pour ma part, je juge le résultat de la politique étrangère de Georges Bush sans me poser la question de savoir s'il est lettré ou pas.

Incontestablement, le bilan est bien plus que positif si l'on prend pour critères de réussite ceux de l'hôte de la maison blanche, ce qui me semble être la moindre des choses dès lors où l'on souhaite faire preuve d'honnêteté intellectuelle. Que l'armée américaine soit embourbée en Irak est exact mais il ne faut néanmoins pas pour autant oublier que ce pays ne se situe pas dans le voisinage géographique immédiat des usa. En clair, à l'approche du but adverse les états unis ne parviennent pas à concrétiser. C'est certes bien dommage pour eux mais nullement catastrophique, loin de là. D'autres points ont été marqués ailleurs. A commencer par la reconnaissance quasi universelle de la victoire du capitalisme qui, à titre d'exemple, a poussé Marie Georges Buffet à affirmer qu'il était désormais envisageable d'abandonner l'idée communiste. Pour une première secrétaire du Parti, ce n'est pas rien.

Revenons à notre brave texan qui poursuit sa route et engrange les succès. L'innondateur par imprudence vient de nous expliquer que les états unis se doivent de rester un pays d'immigrants. Et personne ne réagit dans les milieux nationalistes. Comme s'il s'agissait là que d'une déclaration banale qui ne méritait pas en elle même une analyse. Or c'est justement ce que je compte faire.

Beaucoup de nos concitoyens ont en tête la catastrophe économique qui fût celle du communisme. Souhaitant un modèle plus performant mais aussi poussés par des vents porteurs, ils font ainsi en réaction l'apologie du monde libéral tout en espérant maintenir la cohésion nationale. Ainsi, la nation serait nationale, la patrie patriote et l'économie dynamique. Tout serait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes (possibles ?). Malheureusement, nous disposons de résultats provenants d'autre pays qui sont davantage avancés que nous dans la voie libérale et qui viennent contester cet optimisme. Ainsi l'Angleterre de Tony Blair dont on nous vante les succès (quels chifffres ??) est devenue la championne européenne en matière de décomposition du tissu social. C'est avant tout là bas et pas en France que la pauvreté fait des ravages. A tout le moins, pas avec une telle ampleur chez nous. On peut dire qu'il est possible de jauger l'authenticité du fait national à l'intérêt porté par l'ensemble de la communauté à ses plus démunis. J'ai l'intime conviction et en cela je suis soutenu par Marx en personne (Manuscrits de 1844) que le joug féodal était bien moindre que le libéral. Un fait n'est pas contestable, savoir que la libéralisation en France depuis trente ans a engendré tous les fléaux que nous connaissons aujourd'hui. Que partout où la cigue financière a été administrée et cela quelles que soient les traditions locales, les nations ont été désagrégées.

Alors oui à l'évidence, les états unis se doivent de rester un pays d'immigrants. Parce que la structure est capitaliste, mais aussi parce que pays d'immigrants il ne peut que stimuler l'individualisme donc le libéralisme. En découlent le communautarisme, le pluriculturalisme et évidemment la délinquance pour ceux qui ne se seront pas adaptés: il s'agit là du prix à payer. Car si le capitalisme est producteur de richesses, il a aussi un coût. Le choix du moi hédoniste qui est la caractéristique sociale propre au libéralisme ne peut que mener à la dissolution de la nation. Ainsi on est surpris de constater que dans les grands clubs sportifs européens aucun joueur n'est originaire de la ville représentée. Faut t-il l'être ? Du tout. Ces structures sportives sont capitalistes et sont gérées en tant que telles. Il leur faut impérativement des résultats ce qui signifie à l'évidence qu'il vaut mieux prendre ce qui se fait de mieux quitte à aller le chercher ailleurs. Les plus grands clubs sont presque tous les plus riches et les plus riches sont bien souvent les plus grands. Alors bien entendu, ils gagnent. Mais qui gagne ? Et l'autochtone ? La victoire a un prix elle aussi. Transposé à l'échelle nationale, il ne reste plus qu'à effectuer le parallèle entre le joueur étranger et le travailleur étranger. Joueurs et travailleurs ne sont pas mécontents de leurs situations malgré le mal du pays mais qu'en pensent les joueurs et travailleurs nationaux ? Quel est le grand bénéficiaire ? En quoi de bons résultats d'une entreprise française nous concernent t-ils puisque c'est la même qui s'établit à l'étranger pour employer à moindre coût et dès lors favorise le chômage français ? Voilà la question que l'on ne se pose pas et bien à tort.

Là réside probablement la plus grande erreur de nombre de nationalistes français qui persistent à défendre un système économique qui se trouve aux antipodes de l'intérêt national. Paradoxalement, le commmunisme a mieux défendu les valeurs nationales que ne le fait le capitalisme. Ni immigration, ni hédonisme, foi intacte et même revigorée, chômage quasi inexistant. Soyons clairs. Je perçois à l'avance le sourire de ceux qui me connaissent bien et qui doivent songer à mon anticommunisme. Je ne fais que constater les faits avec le plus grand plaisir dès lors où ils me permettent de remettre en cause des idées reçues. Je maintiens donc mon opposition farouche à ces deux matérialismes qui ont tout laminé sur leurs passages. Encore faut t-il remarquer que l'un a disparu alors que l'autre prospère (sic). C'est ce qui, pour beaucoup, n'a pas été fait. L'erreur communiste a été stratégiquement de poser que les contradictions du capitalisme le pousserait à sa perte. C'est justement grâce au jeu de ses contradictions.

Que le capitalisme sort toujours indemne en dressant les intérêts particuliers les uns contre les autres. On ne s'étonnera donc pas de la constitution de lobbies dans nos sociétés dont les rivalités en fragmentant la nation sont encouragés par le capitalisme. Ce dernier a dès lors beau jeu de donner la parole à tous en vue d'orchestrer la cacophonie. Il en résulte des oppositions bien connues: homme/femme, parents/enfants, hétérosexuels/homosexuels, pour/contre etc ...

Ainsi l'individu (et non la personne) se trouve ravi de s'être exprimé et d'avoir projetté son moi. Qu'en reste t-il pour la commmunauté ?

Une autre erreur du communisme est d'avoir postulé que l'impérialisme était le stade suprême du capitalisme. Cela présuppose que dans les pays au capitalisme avancé, le politique précéde l'économique. Or j'ai bien l'impression qu'aujourd'hui les équipes gouvernementales sont aux ordres des dirigeants économiques. En témoignent le démantèlement de la fonction publique, la diminution des prestations sociales, le refus d'intervenir dans les conflits d'entreprises etc. Plus grave, les grandes entreprises outre le fait qu'elles emploient des non nationaux, utilisent aussi des capitaux étrangers: elles sont donc redevables. Enfin, les états unis sont t-ils prêts à aller à l'encontre des intérêts de microsoft ?

Il est donc urgent que les nationalistes relisent TOUS les penseurs de la mouvance.

Evola, Maurras, Sorel, Peguy, Junger, ....

Peut être faudrait t-il les lire plus simplement.

Ils sont tous anticapitalistes



mercredi 22 mars 2006

CPE les nervis du système reprennent du service

Mercredi, 22 Mars 2006
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CPE les nervis du système reprennent du service

Philippe Delbauvre

Politique
CPE les nervis du système reprennent du service
Les lecteurs qui ont pris l'habitude de consulter le site voxnr.com, tant la première page que le forum ont pu constater que je n'ai pas varié dans mes prises de position politique. Anti-système j'étais, anti-système je reste. Ils ont pu également noter l'attention toute particulière que je porte à Nicolas Sarkozy en raison de son américanophilie non dissimulée ainsi qu'à la gauche suite à la rupture avec un projet d'essence sociale qui fut abandonné voilà presque un quart de siècle. Ni le petit homme de droite, ni la gauche, ne sont des alternatives aux maux dont souffre notre pays et plus généralement l'occident.

Le projet du CPE n'est en rien définitif. Il instaure une précarisation qui dans le cadre de l'économie libérale est certes un plus, mais qui va vite s'avérer insuffisante. Il faudra donc que les gouvernants aillent bien au delà s'ils souhaitent réellement participer à la course de longue haleine que nous impose la concurrence économique. Il leur faudra donc se délester des fardeaux qui pèse sur l'activité libérale. Ces surcharges pondérales sont bien connues des français et pour cause: ils y tiennent. Ils ont pour nom "retraite", "conditions de travail", "smic", "temps de travail", "sécurité sociale", etc... C'est tout cela que l'on est en train de jeter à la mer progressivement (ce qui est habile politiquement) de manière à ce que la pilule puisse passer. En conséquence, le CPE n'est pas une catastrophe en lui même, mais simplement le prolongement d'une politique qui se propose d'aller bien plus loin. Il en va de même pour le déremboursement des médicaments qui petit à petit s'accélère de façon à ce qu'un jour nous finirons tous par nous rendre compte que, la privatisation étant effectuée, il ne nous reste plus qu'à recourir à l'assurance.

Certaines classes d'âge ont connu leurs manifestations bien avant celles qui font l'actualité aujourd'hui. La gauche en a fait les frais suite à la défense de l'école privée en 1984 mais aussi suite à l'opposition des jeunes et enseignants à l'ami de Lionel Jospin qui n'était autre que Claude allègre ministre de l'éducation nationale de son état. La droite a du elle aussi passer sous les fourches caudines des vagues étudiantes. On peut songer à 1986 qui se clôtura par le retrait du projet Devaquet ou à l'ambition balladurienne du CIP qui ne connut pas de meilleur sort. En cela, le renvoi dos à dos de ce qui alternativement se nomme majorité ou opposition et que l'on persiste bien à tort à appeler gauche ou droite s'impose. Systématiquement, c'est un zéro pointé qui sanctionne de détestables copies gouvernementales.

La gauche et la droite rivalisent d'incompétence lorsqu'il s'agit de répondre aux légitimes aspirations des jeunes. Je crains que la motivation de ceux ci ne soit pas aussi importante que ce que l'on a coutume d'affirmer. En effet, un projet dit de gauche sera brocardé par les étudiants dits de droite et réciproquement. Or les jeunes, dans leur majorité ne croient plus à la politique. Cela explique que les grèves et blocages ne sont que le fait de minorités qu'elles soient de droite ou de gauche suivant l'époque. On pourrait se réjouir de l'attitude de l'étudiant représentatif qui attend que les événements se passent en considérant que cette inaction est la conséquence délibérée d'un choix, les politiques n'étant plus pris au sérieux. Malheureusement il n'en est rien. Il s'agit simplement d'une soumission à un système qui, parce que hédoniste, n'est pas sans avantages. Quitte, et trop tard, une fois arrivé sur le marché du travail à crier au scandale en découvrant les affres du chômage ou des conditions de travail. Ceux qui en revanche sont politisés sont ravis de l'aubaine. Ainsi, les manifestant de droite sont systématiquement qualifiés de fascistes. Au même titre que les manifestants de gauche sont affublés du qualificatif de stalinien ou autre nom d'oiseau. Je ne conteste pas le droit à la lutte contre le bolchevisme international ou la peste brune, chacun à l'évidence ayant droit à son dada. Je m'interroge sur l'existence et la survie de l'un comme de l'autre.

Pour ma part, je suis intimement convaincu que ces deux idéologies politiques ont disparu de l'espace politique français ou ne subsistent qu'à l'état résiduel. L'instrumentalisation de ces deux phénomènes politiques fait justement la joie d'un système bien satisfait que l'on ne pratique pas son analyse. C'est donc au monde libéral que rendent service les étudiants de gauche en soutenant leur joujou politique, tout comme c'est au même monde libéral que rendent service les étudiants de droite pour les mêmes raisons. Bien peu en ont conscience. Quand bien même le projet du CPE serait abandonné, une gauche victorieuse en 2007 le réhabilitera sous un nom et une forme différente. Aider l'opposition si ce n'est pas pour affaiblir le pouvoir est dans ce cas ridicule.

Peut être aussi faudrait t-il se pencher sur les réactions de la galaxie nationaliste que l'on inféode à tort ou à raison à l'extrême droite. Beaucoup ont suivi de très loin les émeutes de novembre, attitude qui nous a bien fait sourire si l'on tient compte de leurs propos bellicistes. Le conflit inter-ethnique ou la guerre civile n'ont pas eu lieu. Nous l'avions dit, écrit et nous avions raison. De la même façon, les émeutes étudiantes ne déboucheront pas sur le grand soir. Quand bien même, si tel était le cas, compte tenu du fait que les différentes orientations des membres du réseau radical convergent néanmoins vers une attitude résolument anti-système, nécessité pour nous serait de prendre le train en marche pour le diriger sur une voie conforme à nos idées. En cela, les manifestants en dépit de leur naïveté politique, s'ils ne sont pas nos amis ne sont pas non plus nos ennemis. On m'objectera peut être qu'ils nous considèrent eux comme la "frange la plus réactionnaire de la bourgeoisie". Peu nous importe, ce sont les mêmes qui, fustigeant le capital ou le mondialisme, ont voté Rocard puis Jospin et se préparent séduits à voter Ségolène. La cohérence n'est donc pas leur fort. Ils affaiblissent le gouvernement et c'est l'essentiel. Déplacé donc, d'être terrorisés ou de de s'attendre à l'établissement de kolkhozes.

Mai 68 et les parallèles douteux. La situation serait la même aux yeux de certains alors que le phénomène est tout à fait différent. Mai 68 n'est que l'événement marquant la rupture entre deux modèles sociétaux. Il ne fut pas la cause, mais la conséquence d'un état d'esprit. La grève était généralisée et cela dans des usines où le nombre d'ouvriers étaient importants. Qui imagine aujourd'hui Jacques Chirac obligé d'aller solliciter la fidélité de l'armée dans les circonstances actuelles ? Qu'une partie de ce que l'on appelle "extrême droite" se soit portée au secours du général De Gaulle est exact mais les enjeux étaient différents. Nous étions en pleine guerre froide (où sont les chars soviétiques ?), les communistes avaient le vent en poupe (combien aujourd'hui ?) et suite au choix de l'OAS certains avaient tout intérêt au ralliement. Ils en furent d'ailleurs récompensés.

Que nous donnerait l'actuel gouvernement si nous venions à le soutenir ? Absolument rien. Tout simplement parce qu'il n'a pas besoin de soutien. Et puis avouons le, parce qu'il sait très bien, que quoiqu'il advienne, nous ne le soutiendrons pas.



dimanche 12 mars 2006

Droite et gauche, des typologies obsolètes érigées en dogme

Dimanche, 12 Mars 2006
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Droite et gauche, des typologies obsolètes érigées en dogme

Philippe Delbauvre

Politique
Droite et gauche, des typologies obsolètes érigées en dogme
Il est une mode, que l’on rencontre de plus en plus fréquemment dans les milieux que les spécialistes traditionnellement classent à droite, qui consiste à se définir comme étant de gauche. Encore faudrait t-il définir la notion, ce qui n’est jamais effectué, enfin à tout le moins jamais de façon consensuelle. Bizarre, dans ces conditions que de vouloir impérativement appartenir à ce que qu’à l’ évidence personne ne connaît.

Peut être faudrait t-il effectuer un grand bon dans le temps : nous voici ainsi revenu aux années 1960 et 1970 où l’appartenance à la gauche – avec ses goulags – était le grand sésame qui permettait d’entrer dans les milieux très selects où l’on était d’office gratifié des qualités d’intelligence, d’ouverture d’esprit … et de visionnaire (sic).

Tout le monde a évidemment le droit de se tromper (même si à l’origine, l’homme de gauche avait par définition raison). « Ah l’autogestion ! » s’exclame encore aujourd’hui Cohn Bendit, « Ah les contradictions du capitalisme qui allaient le mener à l’échec », peut t-il dire lui aussi ou l’un de ses pairs.

Amusante toute cette rhétorique aujourd’hui, maintenant que nous bénéficions du recul.

Je ne leur en veux pas. Ils étaient jeunes, croyaient penser de façon autonome, alors qu’ils n’étaient que le fruit d’un déterminisme générationnel. Comme pour chaque classe d’âge, cela va de soi.

Ce qui m’embarrasse davantage, c’est qu’au moment où les sociologues reconnaissent que la France, mais aussi l’Europe ont davantage changé en vingt ans qu’en un siècle, beaucoup sont restés sur le quai de la gare, et à l’image de la vache dans son près, semblent soucieux d’attendre un train qui est déjà passé et ne passera plus. Un tel comportement pour les plus anciens peut se comprendre. En effet, il est d’autant plus difficile de renoncer à ce à quoi on a longtemps espéré que l’on y a cru longtemps. S’expliquent peut être là, l’âge moyen du militant du parti socialiste (52 ans) ou du parti communiste (?).

Là où cela devient inquiétant, c’est lorsque des jeunes, qui par définition, n’ont pu connaître sérieusement l’atmosphère des années 60 où à tout le moins des années 70 s’en viennent ressortir du réfrigérateur, que l’on avait éteint durant quelques semaines au retour de je ne sais quelles vacances intellectuelles, une assiette de viande crue devenue forestière, que la décence interdirait de donner à n’importe quel animal de compagnie.

A l’évidence, le désintérêt pour la gauche qui frappe le pays n’a pas été compris. Que l’on ait pu y croire en 1981 (« les 23 ans d’opposition »), c’est tout à fait logique, mais qu’aujourd’hui et ce après un quart de siècle de gestion du pouvoir partagée par alternance avec la droite, on ait pu conserver le même point de vue, cela montre que l’on est passé de la croyance à la foi.

Cela fait bien longtemps que j’ai laissé à ceux qui le souhaitaient le qualificatif de gauche. Pas mécontent de l’opération, et pour cause.

Il n’a plus de droite ou de gauche : leurs adeptes sont devenus des libéraux.

Voilà très exactement le nouveau clivage : les libéraux ou les autres.

Bien peu l’ont compris.

samedi 18 février 2006

Le système politique français est en panne

Samedi, 18 Février 2006
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Le système politique français est en panne

Philippe Delbauvre

Politique
Le système politique français est en panne
On glose.

Une VI ème république.

Il y a après chaque élection législative un politique promu au perchoir dont la principale mission, nous explique t-il invariablement, est de rendre à l’assemblée sa liberté d’expression, de la favoriser et de la chérir. Et rien ne change.

Le chef de l’exécutif a vu sa fonction établie juridiquement en 1958 avant d’être confirmée en 1962. Le président de la république se situe au dessus des partis suite à une tradition solidement établie. Enfin, il est sensé l’être. Voici donc le premier problème constitutionnel et politique qui vient d’être posé. Il est malheureusement d’ampleur car il concerne directement le sommet de l’état et influe donc sur toutes les strates de la pyramide. Comment un homme politique, dont l’ascension a nécessité le passage par un ou plusieurs partis, pourrait t-il une fois élu à la magistrature suprême, oublier toutes les décennies de combats engagés au profit d’un camp ? Comment un tel homme, se choisissant un premier ministre politisé et appuyé par une assemblée qui ne l’est pas moins, pourrait t-il se placer dans la position du spectateur non engagé ? C’est déjà là pari impossible à tenir et aucun président n’a su se débarrasser de ses engagements politiques passés.

L’homme est homme. Ce qui est vrai pour le commun des mortels l’est aussi pour le président de la république. De Gaulle s’est représenté, Giscard aussi, et Mitterand, et Chirac. Pompidou est l’exception mais c’est la maladie qui en a voulu ainsi. Une élection se prépare, et à fortiori une réélection. Le président dès lors, tout en bénéficiant de sa majesté présidentielle, s’en retourne alors à ses premières amours politiciennes. Est ce conforme à ce que l’on attend de lui ? A cette position d’arbitre soucieux d’incarner la totalité du corps électoral. Dans la pratique, il faut éliminer les rivaux de son propre camp et choisir son adversaire du second tour, qui évidemment sera celui le plus facile à abattre. Qu’en pense t-on dans les chaumières ?

L’assemblée nationale prête elle aussi à sourire. A quoi bon réunir des députés issus de régions différentes sachant que leurs votes ne sera que celui de leur parti ? D’ailleurs, comme c’est le cas aujourd’hui, lorsqu’il existe une majorité absolue à l’assemblée, on peut tout à fait légitimement se demander à quoi sert le vote puisque avant même le dépouillement les résultats sont connus.

Je ne souhaite pas embarrasser les plus jeunes avec des exemples lointains, cela d’autant plus que la situation actuelle se prête à une analyse. La critique est facile, les propositions sont ardues tant à définir qu’à trouver.

Alors je vais me mouiller, quitte à finir trempé.

Un seul mandat pour le président de la république me semble chose nécessaire. Cela évitera l’amorce de campagne de réélection trois avant. Cela permettra aussi de prendre des mesures impopulaires qui sont quelquefois nécessaires.

Le scrutin proportionnel est une nécessité : on ne peut laisser sans représentants FN, LCR et LO qui ont totalisé 30 % des voix en 2002.

Mieux, l’assemblée élue en 2002 l’a été dans un cadre très particulier. Elle continue de fonctionner comme si l’électorat n’avait pas changé. C’est politiquement inadmissible. Si aujourd’hui, l’UDF, compte tenu du positionnement qu’elle s’est choisi, était nécessaire à la droite pour obtenir une majorité absolue, la situation serait toute différente. On peut songer au CPE par exemple.

En conséquence, une élection au suffrage universel direct, prenant en compte la proportionnelle et renouvelant l’effectif de l’assemblée par cinquième à raison d’une fois par an, rendrait aux députés des pouvoirs qu’ils n’ont pas.

Il ne s’agit là que de pistes qu’il faudrait approfondir. Je ne pense pas bénéficier de l’assentiment de ceux qui pourtant clament haut et fort leur volonté de changement.