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samedi 28 mars 2015

Dès lundi, le PS en quête de rabibochage avec le reste de la gauche



Dès lundi, le PS en quête de rabibochage avec le reste de la gauche
La majorité réfléchissait déjà à l'après-départementales vendredi, l'exécutif semblant peu pressé de remanier et le parti socialiste se disant prêt à un réchauffement de ses relations avec ses partenaires de gauche dès lundi.

Si les spéculations vont bon train autour d'un remaniement qui ferait entrer au gouvernement écologistes et frondeurs afin de ressouder la gauche, cet acte, arme exclusive du président de la République, n'était pas forcément imminent, à en croire Manuel Valls, qui a, lui, déjà été assuré par François Hollande de rester à Matignon.

En marge d'un meeting à Tours pour le deuxième tour des départementales, le Premier ministre a plaidé pour "un temps de maturation" de chacun, du côté des socialistes comme des écologistes. "On ne va pas se précipiter, a priori", renchérissait son entourage.

"Je suis favorable à l'entrée des Verts au gouvernement puisque j'étais favorable pour qu'ils restent", a affirmé le Premier ministre, mais à certaines "conditions". "Et je reste toujours ouvert pour que toute la famille socialiste soit rassemblée", a-t-il ajouté.

"Seule exigence": "la cohérence, la cohésion, la loyauté". Et de rappeler qu'il ne changera pas de ligne, en raison de certains signes économiques qui selon l'exécutif commencent à être encourageants.

Les "frondeurs" du PS réclament depuis des mois "une inflexion", tandis que des élus et des responsables pas nécessairement à gauche du PS regrettent une "majorité étriquée", qui selon eux ne permettra pas à François Hollande d'être en position de force pour 2017.

Une source gouvernementale souligne qu'il pourrait y avoir , en direction de la gauche du PS, des mesures de soutien et "un peu d'inventitivité" avec la part non utilisée du CICE par exemple.

Selon plusieurs sources socialistes, il y aura à un moment ou un autre "de toute façon des départs" du gouvernement, le président de la République ayant évoqué il y a deux semaines des "ministres faibles".

Cela aura-t-il lieu en juin à l'occasion du départ de Carole Delga, secrétaire d’État au Commerce et à l'Artisanat, annoncé par M. Valls vendredi? Ce dernier a admis sur iTELE qu'il pourrait y "avoir des remplaçants si on en a qui partent vers d'autres aventures à l'occasion des régionales".

Mme Delga laissera en effet son ministère pour mener campagne comme tête de liste socialiste dans la nouvelle région Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon.

- 'Gauche divisée, gauche éliminée' -

A court terme, le PS, qui n'a cessé de déplorer la division de la gauche -une démarche "suicidaire" selon le premier secrétaire-, s'attaque dès lundi à renouer avec ses partenaires, avec des réunions "au sommet".

La première rencontre aura lieu avec Europe Ecologie-Les Verts lundi après-midi. Les autres formations seront reçues dans les prochains jours.

"Le PS ne se résout pas à l'idée que lundi, la division puisse recommencer", a affirmé Jean-Christophe Cambadélis, selon lequel "nous avons une responsabilité historique de ne pas laisser le bloc réactionnaire s'installer en France à cause de nos divisions".

Ces divisions ont coûté quelque 250 cantons à la gauche selon le PS, celle-ci ayant été éliminée dès le premier tour dans un peu plus de 500 cantons (sur 2.054 au total).

"La gauche divisée, c’était la gauche éliminée ou handicapée. Et ce sont les plus défavorisés, les plus modestes et les électeurs de gauche qui se retrouvent alors sans représentation", met en garde M. Cambadélis, qui cherche par ailleurs à se poser en rassembleur, à deux mois du congrès du PS de Poitiers, où il brigue sa propre succession.

Les écologistes, de leur côté, travaillent à un "socle de réorientation" comme base de discusssion avec le gouvernement et les socialistes, qui comprend quatre piliers ("Europe, écologie, économie, démocratie") et qui se veut une sorte de ticket minimum d'entrée (au gouvernement).

"Dedans, il y a le financement de la transition écologique, notamment la fiscalité écologique" et "la proportionnelle", souligne un cadre d'EELV, à quelques mois de la conférence sur le climat à Paris.

L'avis du Conseil fédéral (parlement) du parti sera de toute façon demandé pour toute participation au gouvernement, dès qu'il aura rumeur de remaniment immédiat, assure-t-on à EELV.
 
Source:

Afp via nouvel obs

Élevés par des homosexuels, ils confient leur souffrance à la communauté gay



Élevés par des homosexuels, ils confient leur souffrance à la communauté gay
 
 Charlotte d'Ornellas
 
Il y a quelques jours, les homosexuels Dolce & Gabbana affirmaient que « la famille n’est pas une mode passagère, c’est un sens de l’appartenance. […] La seule famille, c’est la famille traditionnelle. » Tollé immédiat et appel au boycott dans les milieux LGBT.

Quelques jours plus tard, six adultes américains élevés par des homosexuels écrivaient pourtant aux deux stylistes pour les remercier d’avoir « donné voix à une chose que nous avons apprise par l’expérience : chaque être humain a un père et une mère, et couper l’un ou l’autre de la vie d’un enfant, c’est priver l’enfant de dignité, d’humanité et d’égalité ».

Les signataires poursuivent : « Nous savons que vous allez subir une immense pression, spécialement en ce moment où l’Italie et les États-Unis sont poussés à nier ce que nous réclamons, à savoir le droit d’avoir un père et une mère, dans le seul but de satisfaire un puissant lobby gay. ».
 Les six confient avoir trouvé dans les propos de Dolce & Gabbana « l’inspiration » et le « courage » d’aller dénoncer le mariage gay auprès de la Cour suprême des États-Unis, et leur lettre s’achève par une supplication : « C’est important pour notre bien […] que vous ne vous excusiez ni ne capituliez. S’il vous plaît, continuez à soutenir l’idée qu’un enfant a besoin d’un père et d’une mère. C’est un droit de l’homme. » Un cri de souffrance bien peu relayé par les promoteurs de l’égalité.

Plus récemment encore, Heather Barwick, Américaine également, écrivait à sa « chère communauté gay » pour lui confier sa souffrance. Élevée par deux lesbiennes, la jeune femme a longtemps milité pour le mariage homosexuel. Elle écrit « pour sortir du placard » : « Je ne soutiens plus le mariage homosexuel », confie-t-elle, en précisant : « Non pas parce que vous êtes gay, je vous aime tant, mais en raison de la nature même de la relation homosexuelle. »

Pourquoi ? Parce que « cela promeut et normalise une structure familiale qui nous prive de quelque chose de précieux et de fondamental. On nous répète que nous n’avons pas besoin de ce que nous désirons naturellement et profondément. On nous répète que ça va aller. Mais ce n’est pas vrai, nous souffrons », explique-t-elle.


C’est après s’être mariée que la jeune femme a réalisé combien l’absence d’un père était douloureuse, « en voyant mes enfants aimer et être aimés par leur père ». « J’aime la partenaire de ma mère, précise la jeune femme, mais une autre femme ne remplacera jamais le père que j’ai perdu (…] C’est une chose étrange et troublante de vivre avec cette douleur profonde de rechercher un père, un homme, dans une communauté qui prétend que les hommes sont inutiles. »

Heather Barwick sait que les homosexuels peuvent être de bons parents. Elle sait aussi que « tant de causes peuvent faire souffrir les enfants dans une famille : divorce, abandon, infidélité, viol, mort… » mais « la meilleure et la plus belle structure familiale est celle dans laquelle les enfants grandissent avec un père et une mère », écrit celle qui refuse désormais que l’on impose sa souffrance à d’autres enfants.

Elle supplie cette communauté gay qu’elle « aime tant » et qui lui a « tant appris » d’entendre cette souffrance, dans un message poignant :

"Un grand nombre d’entre nous a peur de parler et de vous dire sa peine et sa souffrance parce que quelles que soient les raisons, vous n’avez jamais l’air de nous écouter. Vous ne voulez pas entendre. Si nous disons que nous souffrons d’avoir été élevés par des parents homosexuels, nous sommes ignorés ou catalogués comme haineux. Cela n’a rien à voir avec la haine du tout […] Je sais que vous avez vraiment été haïs et que vous avez réellement souffert […] J’étais là. J’ai pleuré et j’ai ressenti la colère directement dans la rue avec vous. Mais ce n’est pas moi. Ce n’est pas nous."

Un témoignage désarmant pour des activistes LGBT souvent tentés par la violence et l’agressivité lorsque certains, et même leurs propres enfants, leur rappellent ces évidences, et la souffrance immense qu’impose leur négation.
 
Source:

Boulevard Voltaire

Juppé et Onfray, les idiots utiles



Juppé et Onfray, les idiots utiles
 
 Aristide Leucate
 
« Le Grand Journal » de Canal+ est au journalisme ce que le confort est aux latrines. Un oxymore institutionnel qui révèle, malgré tout, l’inconséquence de ceux qui se soumettent au prêt-à-penser idéologique de ces curaillons de la pensée unique.

Mercredi 25 mars, Antoine de Caunes y recevait Alain Juppé et Michel Onfray. Le premier, fort de ses ambitions présidentielles, est un habitué des plateaux du Tout-Pourri médiatique, histoire de se tailler un costume de présidentiable en tout point conforme à la doxa dominante. Quant au second, militant décomplexé d’un athéisme radical, empruntant, à la suite d’Éric Zemmour, le sillon de l’infréquentabilité politico-médiatique (tous deux se virent décerner la rosette brune de l’hitlérisme par Manuel Valls en personne), il tente de renverser sur sa gauche (non sans quelque talent, nonobstant) un BHL en perte de vitesse.

Notre philosophe infligea publiquement au « meilleur d’entre nous » une fessée magistrale : « [Vous qui prétendez aux plus hautes fonctions], je trouve grave que vous n’ayez pas lu le Coran. Je trouve qu’aujourd’hui, se permettre d’avoir des avis sur l’islam sans avoir lu le Coran, […] les hadiths du Prophète, […] une biographie du Prophète, c’est comme parler d’un film qu’on n’a pas vu… » Juppé blêmit, encaissa l’humiliation et, courant encore plus vite à Canossa, lâcha piteusement : « C’est vrai, vous avez raison, je n’ai jamais lu le Coran. […] Je vais le lire intégralement. […] J’ai essayé mais, en réalité, c’est illisible. »

Que cet homme politique blanchi sous le harnais se livre à un tel aveu est d’autant plus consternant qu’il témoigne, jusqu’à la caricature, de l’irresponsabilité de ceux qui nous gouvernent. N’a-t-il pas remis la Légion d’honneur à Tarek Obrou, recteur de la mosquée de Bordeaux, proche des Frères musulmans, après lui avoir vendu un terrain privé communal pour l’édification d’un centre culturel islamique ?

Toutefois, pour légitime qu’elle fût, la réprimande de Michel Onfray retomba comme un soufflé après qu’il eut affirmé en substance qu’il y a « au moins deux islams », l’un s’appuyant sur la sourate selon laquelle il n’y aurait « pas de contrainte en matière de religion », l’islam républicain devant se construire sur cette phrase-là, l’autre proprement incompatible avec les valeurs de la République.

Avoir commis un pompeux Traité d’athéologie ne suffit pas pour être un spécialiste de théologie. Ainsi, le bât blesse lorsque, d’une part, Onfray, juché sur le pavois de son omniscience infatuée, se trompe littéralement en citant la sourate 2 du verset 256 qui proclame plutôt qu’il n’existe « nulle contrainte dans la religion », d’autre part, en lui conférant un sens à mille lieues de celui donné par les légistes musulmans. Selon l’islamologue Dominique Urvoy, ce verset consacre surtout « le droit des non-musulmans à embrasser l’islam sans qu’on les en empêche ». Verset qui fut abrogé par le Verset du sabre appelant à tuer les mécréants.

Comme le remarquait, à bon droit, l’abbé Guy Pagès dans son remarquable Interroger l’Islam, « Que l’on vive “sans contrainte” parce que l’on est musulman ne signifie pas que l’on doive renoncer à exercer la contrainte à l’encontre des non-musulmans […] ainsi que de nombreux versets […] en témoignent. »

De ce fait, la vacuité d’un Juppé n’a d’égale que la légèreté d’un clerc comme Onfray qui, à l’instar de la majorité des élites intellectuelles et politiques françaises et européennes, persistent dans le déni de réalité.

Source:

Boulevard Voltaire

Départementales : et maintenant le tripartisme



Départementales : et maintenant le tripartisme
 
 Henri Vernet
 
PS, UMP et désormais FN : ce n'est plus une bipolarité droite-gauche mais un jeu à trois partis de force presque égale qui caractérise notre système politique.

Après les européennes de 2014, le nouveau succès du Front national au premier tour des départementales confirme un changement majeur pour notre système politique : l'entrée dans le tripartisme. Jusqu'ici, depuis ses débuts en 1958, la Ve République vivait au rythme de l'affrontement -- et de l'alternance au pouvoir -- des deux grands partis de gauche et de droite, le PS et l'UMP (ex-RPR).

Il faut désormais compter avec un troisième grand acteur, le FN. En retrouvant dimanche dernier son score de mai 2014, 25 % des voix, le mouvement lepéniste ne peut certes plus se proclamer premier parti de France, mais il fait jeu égal avec l'UMP (30 % avec ses alliés UDI et MoDem) et le PS (21,3 % avec les radicaux de gauche).Dans plusieurs centaines de cantons, ses candidats ont même éliminé du second tour ceux du PS ou de l'UMP. Plus qu'un phénomène, il y a là une nouvelle donne qui devrait bel et bien s'ancrer dans notre paysage politique, au vu de la progression régulière du FN, notamment depuis l'arrivée à sa tête de Marine Le Pen, scrutin après scrutin.

Pourtant, ce tripartisme gauche-droite-extrême droite ne satisfait pas entièrement les Français. En effet, selon notre sondage Odoxa (avec i>télé), près de la moitié des Français (48 %) ne se reconnaissent pas dans les trois grands partis. Soit qu'ils se sentent plus proches du bloc « autres partis » (sept partis de la gauche, du centre ou de la droite). Soit, et c'est plus embêtant, qu'ils ne se sentent proches d'aucune formation politique. « Avec 26 %, le premier parti de France est ainsi celui des sans-parti », commente Céline Bracq, directrice d'Odoxa. Autre enseignement de l'enquête, les trois grands ne représentent finalement que la moitié de la population (52 %). « Cela signifie que l'UMP, le PS et le FN ne suscitent pas d'engouement spontané », poursuit Céline Bracq. Dans notre sondage, PS et UMP apparaissent au coude-à-coude, ce qui peut paraître contradictoire avec les résultats du premier tour des départementales. Explication : il ne s'agit pas ici d'intentions de vote mais de sentiment de proximité avec telle ou telle formation.

Enfin, dernier point fort de l'enquête, le FN apparaît dans ce système tripartite comme celui qui satisfait le plus ses sympathisants. La preuve ? « Alors que 38 % des Français disent se sentir plus proches du PS, cela ne se retrouve pas dans ses scores, reprend Céline Bracq. Tout simplement parce que ces sympathisants socialistes, déçus par le manque de résultats du gouvernement, n'ont pas voté pour lui. Tandis que la totalité de ceux qui apprécient le FN -- 22 % -- vote pour lui. » Ce constat vaut avertissement pour les deux partis de gouvernement, PS surtout. S'ils veulent continuer à jouer les rôles principaux dans ce tripartisme, ils devront convaincre et mobiliser davantage leurs sympathisants.
 
Source:

Le Parisien

S.Nasrallah: le sort des envahisseurs au Yémen est la défaite



S.Nasrallah: le sort des envahisseurs au Yémen est la défaite
 
 S.Nasrallah
 
Le secrétaire général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, a réfuté les prétextes avancées par l’Arabie saoudite et sa propagande médiatique pour justifier l’agression saoudo-américaine sur le peuple yéménite.

Pourquoi l’Arabie et les pays Arabes n’avaient rien fait pour les Palestiniens, et les peuple de la région alors qu’au Yémen ils se sont réveillés tout d’un coup pour déclencher une guerre contre le peuple yéménite brave, s’est interrogé Sayed Nasrallah dans une intervention télévisée sur la chaine AlManar.

Après son échec au Yémen, et après la perte de son hégémonie exercée depuis des dizaines d’années sur ce pays pauvre, l’Arabie a déclenché cette guerre pour reprendre le contrôle de ce pays, a encore dit Sayed Nasrallah.

"Les dirigeants saoudiens ont encore une chance avant qu'ils ne soient vaincus et humiliés, celle de se comporter comme des frères avec les Yéménites et d'aller vers le dialogue car la porte est encore ouverte".

Il a en outre appelé les autres pays participant à l’agression saoudo-américaine contre le peuple yéménite à réviser leur décision et à ne pas trainer la région vers la guerre en raison de quelques sommes d'argents.

Sayed Nasrallah a dans ce contexte enjoint la Ligue arabe, "au lieu d'être complice du sang versé au Yémen, d'assumer une responsabilité historique qui est celle de stopper cette agression et d'aller vers une solution politique".

"Sinon, la défaite et la honte seront au rendez-vous des envahisseurs", a-t-il prévenu.

S'agissant du Liban, il a affirmé que c'est l'Arabie, et en particulier Saoud Fayssal (ministre des Affaires Etrangères) qui sabote l'élection d'un président au Liban et non pas l'Iran qui n'a jamais imposé des ordres sur les Libanais ou le Hezbollah.

Sayed Nasrallah a également accusé les services de renseignement saoudiens et notamment Bandar ben Sultan (l'ancien chef des renseignements saoudiens) d'avoir envoyé les takfiristes et les Kamikazes en Irak et d'avoir crée Daesh.

Voici les principaux points de ce discours :

Avant tout il faudrait que chaque personne et chaque Libanais clarifie sa position envers les développements dangereux qui se passent au Yémen.

A peine quelques heures après l’agression saoudo-américaine contre le Yémen, nous avons vu (l’ancien Premier ministre libanais) Saad Hariri saluer l’intervention saoudienne au Yémen.

Il est de notre droit d’exprimer notre point de vue de la façon qu’on voit convenable.

Nous espérons que ces évènements n’exacerberont pas la tension au Liban.

Avant d’aborder le dossier du Yémen, je voudrais parler de deux points au niveau local :

-du dialogue en cours entre le Hezbollah et le Futur

-du Tribunal international (sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri).

Dialogue entre Hezbollah et Futur

Il est dans l’intérêt de tous que toutes les parties parlent de dialogue.

Des le début du dialogue entamé entre le Futur et le Hezbollah, il y avait certaines parties politiques à l'intérieur et à l'extérieur du Futur qui voulaient saboter ce dialogue.

Par rapport à nous, nous allons poursuivre ce dialogue censé réduire les tensions dans le pays, et nous n’allons pas prêter l’oreille à tous ceux qui cherchent à embraser le feu de la division.

Tribunal international

S’agissant du tribunal international, on a dès le début pris une décision définitive à l’égard du travail de cette instance qui ne se base sur aucune preuve juridique.

On ne commente pas les résultats de ce tribunal, ni les histoires, qui n’ont aucune valeur juridique, racontées par les témoins.

Saoud Fayssal bloque l’élection d’un président

Et puis, s’agissant des présidentielles au Liban, une nouvelle campagne d’accusations a été lancée contre l’Iran.

Je voudrais assurer que l’Iran ne s’est jamais ingéré et n’impose pas de veto sur quiconque et n’a jamais traité ce dossier avec le Hezbollah. Mais le responsable de ce blocage est l’Arabie saoudite et notamment son ministre des Affaires Etrangères Saoud Fayssal qui impose son veto sur le plus fort candidat chrétien au niveau national.

Yémen :

Pas de tempête décisive contre « Israël »

S’agissant des évènements dangereux au Yémen, la guerre saoudienne a été déclenchée par des raids et des bombardements. Et une coalition a été conçue sous le nom de tempête décisive.

Avant de parler de sentiments, il y a beaucoup de gens qui se sont interrogés sur la raison qui a poussé l’Arabie à sa tempête décisive.

D’où est venue cette détermination ?

Cela fait des années que la Palestine sollicite l’aide des Arabes et de l’Arabie sans que nous voyions des « tempêtes » ou même une « brise décisive » contre Israël.

Les Palestiniens, qui sont des musulmans sunnite -désolé pour avoir utilisé ce terme- vous ont beaucoup appelé et sollicité l’aide des rois mais sans trouver aucune réponse.

En 2006 (guerre israélienne contre le Liban), on n’a pas sollicité votre aide, mais on vous a demandé de nous laisser tranquille.

Il est triste que tous les misères des Palestiniens n’aient pas poussé à une intervention saoudienne.

Les 3 prétextes saoudiennes de la guerre

-Si l’objectif de cette guerre est de sauver le peuple yéménite comme vous le prétendez. Pourquoi vous ne sauvez pas le peuple palestinien qui en train d’être tué par Israël depuis des dizaines d’années? Pourquoi vous l’avez abandonné et vendu à « Israël » ?

-Si la guerre a été déclenchée pour défendre la légitimité de Hadi (président yéménite démissionnaire), où êtes-vous de la légitimité de la Palestine ?

-Si vous parlez d'un danger qu'il faut contrer. N'avez-vous jamais senti le danger que représente Israël, qui est à côté de vous? La réponse est que vous n'avez jamais perçu Israël ni comme un ennemi ni même comme une menace.

Discutons de ces prétextes avancés par l’Arabie.

Est-il logique de déclencher une guerre et bombarder des enfants s’ils (Saoudiens) veulent sauver le peuple yéménite ?

Ils ont parlé d’un président légitime (Abed Rabbo Mansour Hadi). Celui-ci a démissionné puis renoncer à sa démission. De plus, son mandat de 2 ans s’est achevé en février.

Si Hadi a demandé leur aide pour qu’il reste président, est-il raisonnable qu’il mène une guerre pour qu’il reste au pouvoir ? Pourquoi ils n’ont pas fait pareil en Tunisie avec leur allié Ben Ali (président déchu). Il en est de même en Egypte avec leur ami Hosni Moubarak.

Ce prétexte est infondé et même mensongère. La question est beaucoup plus profonde.

Ceci justifie l’écoulement du sang des yéménites ?

Les Saoudiens prétendent que la nouvelle situation au Yémen survenue après la révolution populaire dirigée par Ansarullah l’armée et les tribus constitue une menace pour l’Arabie, les pays du Golfe et la mer rouge. Où sont les preuves de ces allégations ? Est-ce que ceci justifie l’écoulement du sang des yéménites ?

Les Yéménites sont confrontés à un bon nombre de problèmes internes, dont entre autres : la lutte contre Daesh, les questions des développements sociaux, la rédaction d’une nouvelle constitution. Ils ont au moins 20 ans de travail pour s’en sortir.

Le pays qui connait le plus les capacités militaires du Yémen c’est l’Arabie.

Juste à la veille de la mort du roi Abdallah (d’Arabie) les dirigeants d’Ansarullah (Houthis) entretenaient des relations avec l’Arabie, le Qatar et d’autres pays du golfe.

Qu'ont fait les Houthis pour que vous les jugiez de cette façon?

Ce prétexte est également infondé. Il s’agit également de mensonge.

Approuver cette agression = complice dans le sang écoulé

J’espère qu’on m’écoute bien sur ces points. Le fait d’approuver cette agression veut dire qu’on est complice dans le sang écoulé au Yémen.

Si cette guerre était dirigée contre Israël, nous allons être des soldats au sein de cette coalition. Mais nous ne le serons jamais, en cas de guerre contre un peuple arabe.

Le mensonge d’une occupation iranienne

Le problème principal réside dans la mentalité saoudienne qui n’accorde aucune importance à la notion du « peuple ».

Une des plus grands mensonges saoudiens voulant justifier la guerre au Yémen prétend que ce pays arabe a été occupé par l’Iran et parle d’ingérence iranienne dans le Yémen. Pourtant l’Arabie n’a jamais accepté que ce pays arabe adhère au sein du Conseil de coopération des pays du Golfe et s’est comporté d’une façon hautaine avec les Yéménites vu que ce sont des gens de second degré.

L’offensive médiatique lancée contre le Yémen est beaucoup plus grande que l’intervention militaire.

Où sont les preuves de la présence iranienne au Yémen? Où sont ses bases militaires et ses soldats? Il s’agit d’un grand mensonge qui n’a même pas besoin d’être discuté.

Absence de la notion du Peuple chez Al-Saoud

Permettez-moi de vous dire que la notion du « peuple » n’existe pas dans la mentalité saoudienne. Les Saoudiens ne reconnaissent pas les causes des peuples, vu qu’ils sont des rois et des dirigeants. Ils voient les gens comme des vassaux.

C’est ce qui explique la position saoudienne envers la (révolution) en Tunisie, en Egypte, en Libye.

C’est cette mentalité qui a mené à l’échec et à des conséquences erronées. C'est l’échec de la diplomatie saoudienne qui pousse les pays de la région vers l'Iran.

L’Iran a volé au secours des peuples

Quand « Israël » a occupé le Liban en 1982, tous les Arabes ont abandonné le Liban à l’exception de la Syrie…

Les Libanais se sont acharnés à lutter contre l’occupation. L’Iran n’est pas resté les bras croisés, il a volé au secours de la résistance, en offriront argent, armes et techniques. La résistance au Liban était purement libanaise, ses martyrs étaient libanais, ses détenus libanais, ses orphelins libanais, son mouvement était à cent pour cent libanais.

Mais en raison de la non-reconnaissance des peuples, les saoudiens s’obstinent à prétendre que la résistance au Liban n’est pas libanaise, elle est iranienne !

Même quand le Hezbollah a voulu offrir aux Arabes et aux musulmans la victoire (sur Israël en 2006), les Saoudiens ont refusé.

L’Iran n’a jamais imposé sa volonté sur le Liban.

L’Arabie a abandonné la cause palestinienne

En Palestine : vous avez abandonné le peuple palestinien, ouvrant la voie à Israël de tuer, démolir, détenir…

Pourquoi avez-vous laissé les Palestiniens vivre dans la misère, de s’installer dans les camps de réfugiés, d’être obligés à immigrer de la Cisjordanie et de Jérusalem.

Vous avez pourtant de l’argent que vous dépensez en Europe et en Amérique. Pourquoi vous ne donnez pas aux Palestiniens un peu de cet argent.

Les Palestiniens ont eu alors recours à l’Iran. Bien que ce dernier souffrait de la guerre irakienne (soutenue par les pays du Golfe) et des sanctions, les Iraniens ont transmis argent, armes et technique, en plus de position politique en faveur de la cause palestinienne.

Et on se demande pourquoi les Palestiniens ne vont-ils pas aimer l’Iran ?

Il n’y a pas d’hégémonie iranienne en Palestine, mais c’est l’Arabie (et les Arabes) qui ont délaissé la cause palestinienne.

L’Arabie a envoyé les takfiristes en Irak

Les Saoudiens évoquent également une hégémonie et influence iranienne en Irak.

Qu’est ce vous avez fait pour l’Irak. Le Prince Nayef a dit, un jour, à un des dirigeants iraniens que son pays a offert 200 milliards de dollars à Saddam (ancien président irakien) dans sa guerre contre l’Iran.

C’est vous qui ont encouragé Georges Bush (ancien président américain) à envahir l’Irak.

Quand le peuple irakien s’est révolté contre l’occupation américaine et s’est engagé dans une résistance anti-occupation, les renseignements saoudiens ont facilité l’entrée des takfiristes, des kamikazes et des voitures piégées en Irak pour commettre des tueries et des assassinats dans le nord, le centre et le sud.

Daesh est votre produit. C’est votre Bandar (ben Sultan, ancien chef des renseignements) qui a armé Daesh, « avant que la magie ne se retourne contre vous » (proverbe arabe).

Les Irakiens ont vu l’Iran à leurs côtés au niveau politique, et dans leur lutte contre l’occupation.

Et puis, récemment après l’offensive de Daesh en Irak et sa propagation le long des frontières saoudiennes, c’est l’Iran qui a apporté son aide sans distinction aux irakiens chiites, kurdes, sunnites et turkmènes dans leur lutte contre Daesh.

Envoyer les monstres du monde en Syrie

Il en est de même pour la Syrie, vous avez envoyé tous les monstres du monde pour renverser le président syrien, qui a refusé les propositions des qataris et des turcs pour que son pays devient dépendant des leurs.

Vous avez tué la Syrie, détruit la Syrie. Si vous interrogez aujourd’hui le peuple syrien, vous allez voir qu’il y a une unanimité parmi ce peuple en faveur d’un règlement politique de la crise.

Le nombre des Iraniens en Syrie ne dépasse pas les 50. Mais pour Saoud fayssal, la Syrie est occupé par l’Iran et le Hezbollah. Il ignore le peuple syrien, comme si le Hezbollah peut s’étendre du sud au nord de la Syrie.

L’Iran n’est pas l’empire perse

Bien que nous au Liban croyons que le guide suprême Sayed Ali Khamenei est l’Imam des musulmans. Mais je jure par Dieu, que les Iraniens ne nous ont jamais donné des ordres au niveau local ou régional. Ce qui n’est pas le cas avec l’Arabie et ses alliés qui veulent imposer leur volonté sur les pays tiers.

Demandez aux Palestiniens si l’Iran leur a imposé un jour quoique ce soit. Il en est de même pour les Irakiens et les Syriens.

L'Iran n'est pas l'empire perse, ni l'État de votre ancien allié et maitre le chah Pahlavi. Il s'agit de la République islamique. C'est pourquoi vous ne réalisez qu'il vole au secours de la Syrie, de l'Irak et du Yémen… sans rien imposer ou demander en contrepartie. L'Islam prime sur toutes les autres considérations perses, nationales, raciales, confessionnelles ou sectaires.

Personne ne pourra remplacer les offres de l’Iran aux Palestiniens

Le Hamas m’a dit une fois qu’une de ses délégations était à Ryad, elle a dit aux Saoudiens : l’Iran nous offre argent, armes et entrainements militaires. Donnez nous de l’argent pour qu’on coupe nos relations avec l’Iran. Or, quand il s’agit de faire face à Israël et aux Etats-Unis, ils n’osent pas.

Après la flambée du printemps arabe, j’ai dis aux dirigeants palestiniens pariez sur les pays que vous voulez, mais personne ne vous donnera l’arme dont vous avez besoin à l’exception de l’Iran.

Des milliards dépensés pour déstabiliser le Yémen

Qu’est ce que vous avez fait au Yémen ? Vous exercez depuis des décennies une hégémonie sur ce pays. Vous vous ingérez dans tous les affaires internes au Yémen. Vous bourrez le nez dans l’administration, la politique, la sécurité, l’armée, l’économie, les tribus et même les confessions.

Vous avez dépensé de grandes sommes d’argent pour que certaines tribus changent leur confession. Je ne veux pas citer des noms actuellement. Vous avez tout fait pour que votre mainmise reste imposée dans ce pays.

Qu’en est-il de l’économie, de l’infrastructure, et de la stabilité au Yémen après ces dizaines d’années de votre hégémonie.

Six guerres contre Ansarullah

S’agissant d’Ansarullah, vous avez soutenu six guerres sur ces gens opprimés et isolés à Saada pour les anéantir. Vous avez lancé des offensives militaires à leur encontre et ils vous ont vaincu. Vous avez dépensé des milliards de dollars sur le Yémen, mais pour acheter les gens, soutenir les takfiristes, et changer les confessions.

Mais ce peuple n’a pas tardé à prendre la décision de restituer son pays, son existence, et sa dignité.

Véritable raison de la guerre


La véritable raison de cette guerre est l'échec de l'Arabie saoudite et la perte de son emprise sur ce pays. Les Saoudiens ont réalisé qu’ils ne peuvent plus parier sur leurs valets dans ce pays, ils ne peuvent plus compter sur les takfiristes (vaincus dans plusieurs régions), le Yémen appartient désormais à son peuple. L’Arabie ne pas supporter ce choix. La véritable motivation de cette guerre est la reprise du contrôle de ce pays et point à la ligne.

Ce qui est requis aujourd'hui, afin que les émirs al-Saoud rétablissent leur hégémonie sur le Yémen, c'est que le sang des officiers de l'armée saoudienne et des fils du peuple yéménite et d'autres peuples arabes soit versé. Tout cela uniquement parce que des rois et des émirs ont perdu leur domination sur le Yémen.

Ils Poussent le Yémen dans les bras de l'Iran

Vous êtes actuellement en train de pousser tout le Yémen dans les bras de l'Iran.

Il est du droit de ce peuple yéménite opprimé, vaillant et sage de se défendre et de résister et il sortira sans doute victorieux.

Abbas soutient l’agression contre le Yémen

Ici, j’ai une question à Mahmoud Abbas (président palestinien). Est-il dans l’intérêt du peuple palestinien qu’il soutient une guerre contre un peuple?

Avec quelle logique tu t’adresseras désormais aux gens ? Si Israël vient dans l’avenir agresser la Cisjordanie et Gaza. Tu n’as plus de logique.

Initiative arabe

Nous appelons à une initiative arabe et islamique pour stopper immédiatement l’agression contre le Yémen et opter pour une solution politique.

Sinon, la défaite et la disgrâce sont le sort des envahisseurs. Cette bataille s'achèvera par la défaite des envahisseurs et la victoire du peuple yéménite.
 
Source:

Al manar

L'Eurasisme face au Libéralisme (Action Française) video



Conférence à Bordeaux du jeudi 13 mars, organisée par le Cercle Jean-Baptiste Lynch, traitant du sujet "L'eurasisme face au libéralisme" présenté par Charles Horace. Cette conférence s'inscrit dans le cadre de la campagne "Le libéralisme contre les libertés" initié par l'Action Française.
 
 

« La dette ? Une machine devenue folle et proche de ruiner tous les États »



 « La dette ? Une machine devenue folle et proche de ruiner tous les États »
 
 Entretien avec Alain de Benoist
 
La dette… La dette… La dette ! Elle obsède tout le monde, et c’est sans doute à juste titre. Mais comment en est-on arrivé là ?

La possibilité offerte aux ménages d’emprunter pour couvrir leurs dépenses courantes ou acquérir un logement a été l’innovation financière majeure du capitalisme d’après-guerre. À partir de 1975, c’est ce qui a permis de compenser la baisse de la demande solvable résultant de la compression des salaires et de la précarité du travail. Le crédit a ainsi représenté pendant des décennies le véritable moteur de l’économie. Aux États-Unis, cette tendance a encore été encouragée dans les années 1990 par l’octroi de conditions de crédit de plus en plus favorables, sans aucune considération de la solvabilité des emprunteurs. Quand la crise financière de 2008 a éclaté, les États se sont encore endettés pour empêcher les banques de sombrer. La machine s’est alors emballée de façon telle que les États surendettés sont devenus prisonniers de leurs créanciers, ce qui a limité d’autant leur marge de manœuvre en matière sociale et politique. Aujourd’hui, ils se retrouvent pris dans un système usuraire, puisqu’ils n’ont d’autre alternative que de continuer à emprunter pour payer les intérêts de leur dette (la France emprunte, à cet effet, 50 milliards d’euros par an), ce qui augmente encore le montant de cette dette.

Résultat : le volume total de la dette mondiale atteint aujourd’hui le chiffre faramineux de 200.000 milliards de dollars, soit 286 % du PIB mondial, contre 142.000 milliards de dollars en 2007. Et encore ne tient-on pas compte des dettes contingentes comme la dette bancaire ou celle des retraites à servir !

La dette cumulée de tous les États atteint des niveaux stratosphériques. Les particuliers et les ménages savent bien pourtant que personne ne peut vivre perpétuellement à crédit…

Il semble, en effet, préférable de ne pas dépenser plus que ce que l’on gagne. Mais le problème est qu’on ne peut assimiler le budget d’un État à celui d’un ménage. Un État est tenu de faire des investissements à long terme qui, ne pouvant être financés sur la base des seules recettes courantes, doivent obligatoirement l’être par l’emprunt. Les nations, en outre, ne sont pas des êtres mortels : un pays ne fait pas faillite à la façon d’une entreprise ou d’un particulier. Enfin, quand il emprunte, un État n’engage pas sa propre fortune, mais celle de ses citoyens (il gage une partie de l’épargne des plus aisés plutôt que de la prélever par le moyen de l’impôt). Ce faisant, il se soumet, en revanche, aux marchés financiers. Le montant de la dette indique le degré d’aliénation de l’État.

Tout le monde fait les gros yeux à la Grèce, en affirmant qu’elle « doit payer sa dette ». Michel Sapin dit même que, si elle ne la payait pas, cela coûterait 600 ou 700 euros à chaque Français. Mais que faire quand on ne peut pas payer ?


Rappelons d’abord que, contrairement à ce que prétend la vulgate médiatique, l’envolée de la dette grecque est due pour l’essentiel à des taux d’intérêt extravagants et à une baisse des recettes publiques provoquée par des amnisties fiscales qui ont surtout profité à l’oligarchie. Quant à Michel Sapin, il dit n’importe quoi. Les prêts que la France a consentis à la Grèce sont, en effet, déjà comptabilisés dans la dette publique française, que la France n’a pas plus que la Grèce l’intention (ni les moyens) de payer. Il n’y a, en fait, aucun avenir pour la Grèce à l’intérieur d’une Union européenne qui cherche à constitutionnaliser les politiques d’austérité afin de museler la souveraineté populaire : comme l’a dit sans fard Jean-Claude Juncker, porte-parole des étrangleurs libéraux et subsidiairement président de la Commission européenne, « il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens » (sic). La Grèce n’a d’autre choix que de passer sous la table ou de la renverser, c’est-à-dire de faire défaut sur sa dette et de sortir de l’euro.

Ceux qui font les gros yeux à la Grèce devraient essayer de comprendre que, si la morale est de mise en matière de dette privée (cf. l’allemand Schuld, « dette », et schuldig, « coupable »), elle ne l’est pas en matière de dette publique. Quand un État emprunte, il ne s’engage pas moralement, mais conclut un simple accord financier. La valeur de cet accord est subordonnée à des exigences politiques, en ce sens qu’aucun État ne peut saigner à mort son peuple au seul motif que les accords signés doivent toujours être respectés (pacta sunt servanda). L’économie de la servitude n’est, en effet, pas supportable : on ne saurait exiger d’un peuple qu’il rembourse une dette contractée dans le passé à ses dépens. Au demeurant, les exemples ne manquent pas qui montrent que l’obligation de rembourser une dette publique n’a jamais été considérée comme absolue. La dette de l’Équateur a été supprimée en 2008, celle de l’Islande en 2011. En Pologne, dès l’arrivée au pouvoir de Lech Wałęsa, en 1990, les créanciers de ce pays ont réduit sa dette de 50 %. Quand ils ont envahi l’Irak en 2003, les États-Unis ont épongé la dette irakienne pour assurer la solvabilité du pouvoir qu’ils venaient de mettre en place à Bagdad. Quant à l’Allemagne, elle ferait bien de ne pas oublier qu’après la guerre, le « miracle économique » allemand n’a été rendu possible que grâce à l’accord de Londres du 27 février 1953, qui a d’un trait de plume supprimé plus de la moitié de sa dette extérieure. C’est la meilleure preuve que, lorsqu’une dette devient insupportable, il n’y a pas d’autre solution que de l’annuler ou de la restructurer.
 
Source:

Boulevard Voltaire

vendredi 27 mars 2015

UMP, PS, FN… Y a-t-il assez de place pour trois grands partis en France ?



UMP, PS, FN… Y a-t-il assez de place pour trois grands partis en France ?
 
 Anne Brigaudeau
 
Avec 25% des voix à l'issue du premier tour des départementales, après l'UMP, mais devant le PS, le Front national prouve à nouveau son implantation dans le paysage politique français. Mais cette tripolarisation peut-elle durer ?

Le Front national s'enracine dans la vie politique française. Après les municipales, où il a conquis plusieurs villes, et les européennes, où il est arrivé en tête du scrutin, le parti présidé par Marine Le Pen a recueilli 25,24% des voix au premier tour des élections départementales dimanche 22 mars, derrière l'UMP et ses alliés (27,45% des voix) , mais devant le PS et les siens (21,47%).

Ce paysage électoral où trois partis dépassent chacun les 20%, distançant tous les autres (Front de gauche, EELV, etc.), est devenu la norme. Peut-il perdurer ? Ou l'un des trois va-t-il finir par disparaître, sous l'effet d'un système électoral qui favorise, notamment lors de la présidentielle, la domination de deux grands partis ? Entretien avec Madani Cheurfa, enseignant-chercheur et secrétaire général du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof).

Francetv info : UMP, FN et PS dépassent chacun les 20% des voix aux dernières départementales. La tripolarisation est installée. Quelles conséquences cela peut-il avoir sur la vie politique ?

La présidentielle, élection phare de la vie politique, n'autorise pas une triangulaire au second tour. Seuls les deux candidats arrivés en tête du premier tour sont qualifiés. On verra en 2017 de quelle façon trois pôles se fondent en deux candidats possibles au deuxième tour. D'où l'excitation qui va regagner les uns et les autres une fois passée cette séquence départementale et régionale, en vue de l'élection présidentielle.

Tout va dépendre des stratégies des partis. Bloquée sur sa droite, l'UMP va devoir composer de plus en plus avec les partis du centre, l'UDI et le MoDem. Cela va participer de la recomposition partisane. On peut imaginer tous les scénarios, y compris un éclatement du centre ou l'échec de l'hyper-centre cher à François Bayrou.

Mais il n'y a pas que l'élection présidentielle proprement dite. On verra aussi en 2017 ce qui adviendra lors de ce troisième tour de la présidentielle que sont les législatives. Avec les trois électorats prédominants, il y aura une masse de députés UMP, une masse de députés PS et une masse de députés FN. On n'est plus dans la configuration de 1978 avec deux blocs, et à l'intérieur de ces deux blocs, deux grands partis : la droite RPR et le centre UDF d'une part, le PS et le PCF d'autre part. L'électorat était harmonieusement partagé en deux. C'est désormais terminé. On risque d'avoir des configurations inédites dans l'articulation entre le pouvoir législatif et le chef de l'exécutif. Et des tensions.

Les institutions de la Ve République y résisteront-elles ?

Les institutions ont suffisamment de force et de solidité pour que la Ve République résiste. Mais on peut se demander surtout quelle sera la réaction du corps social et des citoyens si le Front national entre en force à l'Assemblée nationale. Est-ce qu'on connaîtra des défilés, des manifestations de protestation comme le 21 avril 2002 ? Est-ce que les citoyens accepteront que si ces députés FN sont là légalement, ils sont légitimes ? La "dédiabolisation" chère à Marine Le Pen n'a pas occulté le fait que, pour certains, le FN ne respecte pas les valeurs républicaines, même s'il respecte les institutions.

Cette entrée en force du FN à l'Assemblée est-elle un scénario plausible ?

Le Front national a changé de braquet. Avant, il n'était pas capable de produire des candidats. Cela a longtemps été un frein à son implantation. Or, aux départementales, c'est lui qui a réussi à présenter le plus de binômes. Il fait élire de plus en plus de candidats. Il a conquis des villes, il est capable de prendre des départements, peut-être des régions… Il n'y a pas de raison que cela s'arrête.

L'année 2015 est-elle importante pour une éventuelle recomposition ?

Oui, car il faut tenir compte du contexte particulier de ces élections départementales et régionales au milieu du quinquennat : elles coïncident avec la pré-préparation des différentes primaires pour la présidentielle. Nicolas Sarkozy a parlé aux militants de l'UMP dans le cadre des départementales, mais aussi dans la perspective des primaires. Mais une fois qu'il sera le candidat acquis, s'il remporte les primaires, il faudra qu'il change de registre et de niveau pour dépasser le simple parti et s'adresser aussi au centre-droit. Une stratégie qu'Alain Juppé emploie dès à présent.

La droite a du mal à savoir quel est son logiciel. Tout va se recomposer sur le scénario des urnes. Il faut rester prudent. On risque d'assister à des retournements de situation. Bien malin qui pourra dire dès aujourd'hui qui sera le candidat de l'UMP en 2017 !

A quel type de recomposition les électeurs pourraient-ils adhérer ?

Si les partis doivent se recomposer, il faut que ce soit sur leur capacité à élaborer un vrai projet de société répondant aux réelles préoccupations des gens : sur l'emploi, le chômage, en particulier le chômage des jeunes, l'éducation, la fiscalité. Car notre dernier baromètre Cevipof montre que la défiance des électeurs envers les élus n'a jamais été aussi grande. Ce que montrent aussi les 50% d'abstention qui renvoient tout le personnel politique dos à dos.
 
Source:

Francetv info

Une semaine à y perdre son latin !



 
 Henri Gizardin
 
Pour un esprit inquiet, voire cartésien, cette semaine est particulièrement ardue !

Tout d’abord avec les élections départementales, qui plongent le citoyen dans un état de nerf ou, au contraire, de sidération grave. Entre l’écoute des conseillers parisiens « autorisés » – et sincères ? – et les petites voix qui grommellent de plus en plus explicitement au ras des urnes, le choix pour le second tour s’avère calamiteux ! L’opprobre menace, de toute façon, celui qui fera son devoir, plus encore que celui qui se sera épargné le déplacement. La démocratie à la renverse, c’est ce qui menace le pays, sinon les départements à l’avenir incertain, après le 29 mars.

La seconde actualité, dramatique, de l’accident du vol de Germanwings dans les Alpes pose de nombreuses questions aussi bien techniques qu’humaines. Mais déjà les doutes émergent que les déclarations du BEA – Bureau d’enquêtes et d’analyses – sont volontairement limitées, voire pour partie censurées. L’enregistreur des échanges vocaux – qui a parlé – aurait révélé plutôt d’inquiétants silences ? L’engagement de hautes personnalités des trois pays concernés brouille la réputation d’impartialité et d’autorité reconnue des enquêteurs et experts de cet organisme français. La belle image propagée aussi bien par les commentateurs que par les publicités – ex : Das Auto! – de la fiabilité et du sérieux allemands pourrait être gravement écornée s’il apparaissait que la sélection, la formation et le suivi des pilotes ne correspondent pas à la réputation de la Lufthansa.

Le troisième sujet qui interroge, bien que largement camouflé derrière les deux précédents, est la suppression du latin dans les collèges, avec la réforme « enseignement pluridisciplinaire », lancée par le super-ministre de l’Éducation nationale. Cette langue dite morte, vitale pour la survie d’un bon français qui faillit aussi bien à l’écrit qu’à l’oral, est une option qui permettait à une tranche d’étudiants de constituer un petit rempart contre la démolition aggravée de notre langue. La sape commencée avec l’adoption débridée d’anglicismes qui font mode ou branché, en particulier avec les nouveaux sports et technologies, poursuivie avec des volapüks d’origines diverses, s’amplifie suite à l’urgence apportée à l’information. Lire les bandeaux défilants des chaînes d’information – sans doute tapés à la hâte par des stagiaires encore boutonneux d’une école de journalisme ? – ou les nombreuses coquilles dans les journaux les plus réputés confond le lecteur, ancien élève de l’école publique d’après-guerre qui écrivait la dictée d’une belle cursive avec une Sergent-major. Et davantage encore, s’il en demeure de vivants, les bons élèves de la République munis du certificat d’études primaires.

Source:

Boulevard Voltaire

Les sans-diplômes votent FN ? C’est bien normal



 
 Béatrice Ladeville
 
Le 24 mars 2015, SOS Racisme, sur sa page officielle Facebook, se faisait un plaisir de publier un tableau prouvant que le vote FN et le niveau d’éducation des électeurs suivaient des courbes opposées : les sans-diplômes seraient ainsi un sur deux à voter pour le FN, tandis que les diplômés du supérieur ne seraient que 16 %.

Le rire gras des « touche-pas-à-mon-pote-sauf-si-c’est-un-souchien » n’est pas une démonstration et on pourrait même dire qu’un tel « racisme » anti-non-diplômé est si contre-productif que seuls des ânes peuvent l’utiliser. Cela étant dit, les statistiques semblent être là, et si les chiffres utilisés sont les bons, on peut dire que le vote FN est inversement proportionnel au diplôme des électeurs.

Pourquoi devrions-nous être surpris ?

Serions-nous étonnés que ce soient ceux qui regardent le moins les publicités qui sont les moins sensibles à leurs chants de sirènes ? Serions-nous surpris que ceux qui n’ont pas passé leur jeunesse dans un bruit infernal aient gardé une meilleure ouïe ?

Depuis plus de 30 ans, c’est à l’école, au lycée, dans les facultés que les citoyens sont le plus directement soumis aux discours des élites qui sont passées de façon progressive, petit pas après petit pas, d’un discours humaniste, ouvert et tolérant, tout à fait audible, à un discours incohérent et fou, nous obligeant à désirer notre propre disparition au nom des soi-disant valeurs qui feraient notre identité.

Il est normal que ceux qui ont passé le plus de temps de leur vie soumis à la propagande soient les plus atteints et les plus aveuglés.

Certains – ayez pitié – ont passé leur jeunesse entière à fréquenter des enseignants admirateurs de BHL ou d’Attali, à lire des critiques d’art obsédés par la magie Dogon, à entendre vanter les cultures du Maghreb, à faire des thèses de troisième cycle sur la montée d’Hitler au pouvoir ou sur les peuples indigènes maltraités par de méchants Occidentaux, etc., bref, tous ces étudiants ont été formés, formatés pour être non seulement des croyants de la nouvelle religion sans dieu, mais pour en être de grands prêtres, diffuseurs de la bonne parole multiculturaliste et relativiste.

Comment ne pas s’étonner qu’il soit plus difficile à ces gens diplômés d’ouvrir les yeux, d’admettre qu’ils ont été bernés, de déconstruire non plus ce qu’on leur a appris à déconstruire, c’est-à-dire en gros l’Occident, mais à déconstruire la doxa elle-même ?

Les sans-diplômes n’ont été pratiquement soumis qu’à la doxa que les médias leur diffusent, ce qui n’est pas rien, mais visiblement n’est pas suffisant : il ne leur reste que le bon sens et on peut les féliciter.

Source:

Boulevard Voltaire