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vendredi 30 décembre 2016

La Cause possible de l’accident du Tu-154 à Sotchi



Un appareil type Tu-154 qui transportait 64 membres des Chœurs de l’Armée rouge  « a disparu des radars » & s’est abîmé en mer deux minutes après avoir décollé de l’aéroport de Sotchi. Triste bilan encore pour ce type d’appareil. Rappelons, effet, qu’un Tu-154 de la Sily Powietrzne Rzeczypospolitej Polskiej (SPRP, armée de l’air polonaise), s’était écrasé, le 10 avril 2010; avec à son bord le président polonais Lech Kaczynski.
 
L’appareil type Tu-154 immatriculé RA-85572 qui transportait 64 membres du célèbre ensemble artistique Alexandrov de l’Armée rouge « a disparu des radars » & s’est abîmé en mer deux minutes après avoir décollé de l’aéroport international Adler de Sotchi.
Dans l’aviation civile, la « disparition des radars » pour les organes de contrôle au sol de la circulation aérienne c’est de ne plus recevoir d’informations transmises par le transpondeur de l’appareil. Le transpondeur est installé dans le poste de pilotage et transmet automatiquement chaque paramètre (vitesse, altitude, direction de vol, montée ou descente). L’accident est mystérieux parce que l’équipage a été surpris et rien n’a été signalé sur la radio avant le crash. J’exclus que l’accident ait été causé par un oiseau aspiré dans l’un des moteurs, parce que le Tu-154 aurait dans ce cas progressivement perdu de la vitesse et aurait poursuivi son vol sans moteur.

Dans le cas de l’avion Tu-154 immatriculé RA-85 572, le pilote commandant de bord était un militaire ayant à son actif 3.000 heures de vol. Deux minutes après le décollage, l’avion affichait une vitesse d’environ 500 km/h et devait être à une altitude de 150 m, où les volets étaient rentrés. L’escamotage des volets joue sur la portance de l’avion et favorise une légère descente pendant 3-4 secondes, raison pour laquelle le commandant couple son action avec le pilote automatique. C’est à ce moment que le pilote automatique imprime à l’avion son itinéraire de vol sélectionné dans le plan de vol.

Du décollage à la rentrée des volets, l’efficacité des commandes de profondeur du Tu-154 doit avoir un effet maximal, et le levier de commande de profondeur est sur grand bras. La documentation technique du Tu-154, au chapitre « cinématique du pilote automatique », indique que, à la vitesse de 420-440 km/h, pour passer au pilote automatique, on passe le levier de commande de profondeur de grand bras à bras intermédiaire, puis ensuite à petit bras. Le pilote automatique peut ainsi réduire de plusieurs fois l’effet d’une manœuvre brusque commandée par le pilote qui pourrait briser l’avion, étant donné que la vitesse est de plus en plus élevée. Notons que, selon le manuel technique de pilotage, la rentrée du train se produit 5-10 secondes après le passage au pilote automatique sur bras intermédiaire. Même si l’avion est piloté manuellement durant tout le vol, les règles de commande de profondeur sont exécutées automatiquement selon l’algorithme décrit ci-dessus.

Le récepteur d’altitude de vol (tube de Pitot) est recouvert d’une membrane élastique et peut être obturé par le gel s’il n’est pas protégé par un système de dégivrage ou encombré par des débris ou des insectes. Une défaillance du tube de Pitot à ce stade du vol rend l’avion vulnérable parce que des données erronées sur l’altitude sont transmises au calculateur du pilote automatique. Donc, si le dysfonctionnement est survenu lors de la rentrée du train, le Tu-154 a pu piquer du nez brusquement dans un mouvement accentué par le pilote automatique

Même si le pilote est intervenu rapidement, son intervention sur les commandes a eu peu d’effet sur le passage du levier de commande de profondeur de grand bras à bras intermédiaire. En raison de la faible hauteur de vol (150 m), la récupération de l’avion par l’équipage dans ce cas est presque impossible.

Rappelons que le dysfonctionnement du pilote automatique semble avoir été la cause de la chute du vol KGL 9268 de la compagnie russe Kogalymavia, opérant sur A321-231, qui a eu lieu le 31 octobre 2015 faisant la liaison entre Charm el-Cheikh en Égypte et l’aéroport Pulkovo de Saint-Pétersbourg. Il semble que l’ordinateur de gestion du pilote automatique de l’A321-231 a reçu des données erronées sur la vitesse, l’altitude et la vitesse verticale. Le pilote automatique a ordonné brusquement des manœuvres avec la surcharge négative de 4 g avec un angle de descente de 40-50 degrés, pour créer quelques secondes plus tard des surcharges positives 5-6 g, manœuvres que l’équipage d’un avion de passagers ne peut pas exécuter.

Source 

2017 : Macron-Fillon et la continuité des électeurs français



2016 fut l’année d’une révolte fluo, une année des dupes. En Autriche on a voté contre, mais on a fini par se ranger. En Italie on a voté contre, le système a remplacé son pion le jour-même. En Angleterre, on a voté contre, mais on reste en Europe. En Amérique on a voté contre, mais Wall Street monte et le cabinet de milliardaires golfeurs du joker rebelle se marre. On avait commencé par une envolée de l’or et un écroulement de bourses, puis tout s’est retourné sur ordre : l’or s’effondre ou est confisqué, la bourse bat ses records, la dette règne sur huit milliards de zombis, le dollar est tout-puissant. Il est le Dieu du Monde le plus monothéiste de l’histoire. Pourquoi ne pas monter à cent mille milliards de dettes après tout ?

Ces peuples aboient un peu mais la caravane passe. Elle promet pourtant un effondrement de notre euro, une hausse des menaces et des règlements, une explosion des attentats et de la quantité de réfugiés dans les chaumières. Elle inquiète et puis on se rendort.
Pseudo-révolte ? Mais même pas en ex-agonie. On peut leur tirer dessus ou les écrabouiller, ils sont déjà morts les Français.

Il n’y a qu’en France que le peuple rééduqué et vite couché de petits bourgeois laïcards et du pseudo-catho en Loden ne s’est pas rebellé. Il semble même ne s’être rendu compte de rien et il veut voter pour la continuité ou, comme disent les grisettes des médias, pour le changement dans la continuité. A ma gauche Macron jeune premier cuvée (couvée) Rothschild qui a efflanqué un peu plus l’industrie française (les affaires sont les affaires, pas vrai Manu ?), à ma gauche Fillon, cuvée Castries-Axa-Bilderbergs pour faire neuf, ex-premier de Sarkozy, et dont on a oublié qu’il a été ministre à peu près toute sa vie avec sa gueule de sacristain et de buveur de vin de table. 

Ce sera donc Fillon contre Macron. Parce qu’ils les rassurent.
Et vive la révolution : la gauche, la droite, la droite, la gauche. Politique euro et balle au centre. Les couillons enflammés n’ont qu’à aller se rhabiller avec leur plan survivaliste. Comment effacer les chômeurs, baisser les salaires, couler les retraites, combattre le terrorisme et les russes qui combattent le terrorisme, comment supporter Trump s’il n’est pas descendu d’ici là, comment lutter contre le sexisme et l’islamophobie et le réchauffement, demandez le programme.

Quand je passe en France ou que je vois passer du Français, je ne vois guère passer du rebelle. Je vois passer du Nuit debout tatoué, du retraité fluo, du proprio prospère. Je ne vois pas passer de peuple au message fort. Même les individus forts se font rares. Le Français ce n’est pas ce qu’en racontent le mythomane de nos réseaux antisociaux. Le Français n’est pas une victime ; il est surtout un collabo pépère, un citoyen consommateur : le marché noir l’a toujours intéressé plus que la Résistance.

On se consolera en écoutant la passacaille de Lulli et le Dominus regnavit de Mondonville. 

C’était quand il y avait la France.

Big Brother petits bras…



La nécessité de censurer réprimer ce qui est qualifié de « fausses nouvelles » est devenue le dernier slogan à la mode des médias aux ordres de la CIA, après que le Pizzagate a fuité des données alléguant que le directeur de campagne de Hillary Clinton, John Podesta et d’autres personnes politiques très influentes à Washington ont été en rapport avec une étrange pizzeria, près de la Maison Blanche, gérée par un homme de 41 ans James Achilles Alefantis, surnommé Comet Ping Pong.
La dernière étape dans ce processus de censure d’internet est une décision du média social glauque dénommé Facebook de faire appel à des organisations spécialisées pour déterminer si les messages publiés sur Facebook sont des fausses nouvelles ou non. Maintenant, il apparaît que ces organisations privées chargées de la « police des faits » sont liées à la CIA et à des ONG en rapport avec cette dernière, y compris les fondations Open Society de George Soros.

Dans les dernières semaines de la campagne présidentielle américaine, Wikileaks a publié un grand nombre de courriels liés au dirigeant de la campagne de Clinton, John Podesta. Le contenu de milliers de courriels a révélé des échanges détaillés entre Podesta et l’étrange et influent propriétaire de la pizzeria Comet Ping Pong, Alefantis, ainsi que l’organisation par la campagne Clinton de collectes de fonds à Comet Ping Pong.

Le scandale du Pizzagate a explosé au cours des dernières semaines de la campagne américaine alors que des équipes de chercheurs privés ont documenté et publié sur Facebook, Instagram et d’autres, des faits suggérant qu’Alefantis et Comet Ping Pong étaient au cœur d’un cercle de pédophilie impliquant certains politiciens de Washington et au-delà.

Le New York Times et le Washington Post ont rapidement affirmé que les révélations du Pizzagate étaient des fausses nouvelles, citant des « sources anonymes » qui auraient dit que la CIA « croyait » que la Russie était derrière les pirates informatiques qui ont exposé les courriels et les documents du Comité national du parti démocrate ainsi que ceux du directeur de campagne de Hillary Clinton, John Podesta.

L’ancien expert en renseignement de la NSA, William Binney, a affirmé que les données de la campagne de Podesta et Clinton ont été divulguées et non pas piratées. La NSA, a-t’il souligné, a identifié immédiatement un hacker, en particulier un hacker étranger, mais elle est restée silencieuse.

La découverte et la livraison à Wikileaks des emails de Podesta ont été immédiatement imputées aux renseignements russes par la CIA, et maintenant par le président américain, sans aucune preuve, et malgré le fait que la NSA n’a pas réagi. Wikipédia, dont le contenu est souvent manipulé par les agences de renseignement américaines, a rapidement affiché une page avec ce titre curieux, Pizzagate (théorie de la conspiration).

Pour s’assurer que le lecteur neutre intéressé comprenne bien le message, le paragraphe d’en-tête dit : « Le Pizzagate est une théorie de conspiration démasquée qui a émergé pendant le cycle de l’élection présidentielle 2016 aux États-Unis, alléguant que les emails de John Podesta, qui ont été divulgués par WikiLeaks, contenaient des messages codés en rapport avec la traite d’êtres humains, et reliant un certain nombre de pizzerias de Washington D.C., à des membres du Parti démocrate et à un cercle pédophile. »


Début du slogan des fausses nouvelles


Mon propos en mentionnant les détails du Pizzagate n’est pas de démontrer l’authenticité des allégations à ce sujet, ce que d’autres font avec beaucoup plus de moyens. Au lieu de cela, mon but est de souligner la synchronisation entre la communication explosive des fuites du Pizzagate sur le blog Wikileaks de Julian Assange, et le lancement d’une campagne médiatique et politique massive contre ce qui est maintenant qualifié de fausses nouvelles.

L’article cité dans le New York Times, par Wikipedia, comme « démystifiant » les allégations du Pizzagate affirme : « Rien de tout cela n’était vrai. Bien que M. Alefantis ait des amis démocrates de premier plan à Washington et soit un partisan de Mme Clinton, il ne l’a jamais rencontrée, ne vend pas et n’abuse pas des enfants, et n’est pas été inquiété par les forces de l’ordre pour aucune de ces réclamations. Lui et ses quarante employés se sont involontairement trouvés pris au milieu d’une tempête de fausses nouvelles ». L’article ne contient pas une preuve concrète que les allégations sont fausses, disant simplement que Alefantis est la pauvre victime de fausses nouvelles vicieuses.

L’histoire du New York Times a été accompagnée d’une série d’articles tels que « Comment les fausses nouvelles deviennent virales : une étude de cas ». Un autre titre évoque : « Obama, avec Angela Merkel à Berlin, condamnent la propagation de fausses nouvelles ».

Puis, le 19 novembre, l’ardent partisan de Clinton, le milliardaire de Facebook Mark Zuckerberg est cité dans un article éminent intitulé : « Selon Mark Zuckerberg, Facebook étudie les moyens de combattre les fausses nouvelles ».


Facebook recrute des censeurs à la CIA


Zuckerberg, PDG et fondateur du site Facebook.com, leader mondial des médias sociaux, le 5e homme le plus riche du monde avec environ 50 milliards de dollars, a maintenant établi un réseau tierce partie de « Police des faits » dont le travail consiste à signaler, par un drapeau rouge, tout message de l’un quelconque du milliard – estimé – de personnes utilisant le site, avec un avertissement saillant qui prévient : « contesté par des tiers vérificateurs de faits ».

Facebook a annoncé qu’il prend ses données de censure à partir d’un réseau international dénommé Réseau international de vérification des faits (IFCN). Cette IFCN, une nouvelle création, a rédigé un code de cinq principes auxquels les sites internet d’actualités doivent se conformer, et Facebook travaillera avec des « organisations tierces de vérification des faits » qui sont signataires de ce code de « déontologie ».

Si nous recherchons le nom International Fact-Checking Network (IFCN), nous nous trouvons sur la page d’accueil de quelque chose appelé l‘Institut Poynter pour les études des médias à Saint-Pétersbourg, en Floride.

Okay. Si nous regardons un peu plus loin, nous constatons que le Réseau international de vérification des faits de l’Institut Poynter reçoit à son tour l’argent de la Fondation Bill & Melinda Gates, de Google, du National Endowment for Democracy, du Omidyar Network, de l’Open Society Fondations de George Soros.
Oh mon Dieu !

Bill & Melinda Gates Foundation qui s’associe à Soros dans de nombreux projets désagréables comme, par exemple, convaincre les pays africains d’accepter les semences génétiquement modifiées ou OGM ?

Google, dont les origines remontent aux financements par la CIA et par la NSA, comme l’indique le chercheur en renseignement Nafeez Ahmed : « Une pléthore de start-ups du secteur privé cooptées par le renseignement américain pour conserver la supériorité dans le secteur de l’information. » ?

Omidyar Network, de Pierre Omidyar, fondateur milliardaire d’eBay, qui finance, entre autres projets, la publication numérique en ligne The Intercept, lancée en 2014 par Glenn Greenwald, Laura Poitras et Jeremy Scahill ?

National Endowment for Democracy (NED) [Fondation nationale pour la démocratie], l’ONG « privée » financée par le gouvernement US, planquée derrière chaque changement de régime de la CIA, de la Révolution de couleur en Ukraine au Printemps arabe ? Le NED était un projet de la CIA créé dans les années 1980 sous l’administration Reagan dans le cadre de la privatisation des opérations de renseignement américaines, comme Allen Weinstein – qui avait rédigé la législation du Congrès pour établir le NED – l’a noté dans une interview candide au Washington Post en 1991 : « Beaucoup de choses que nous faisons aujourd’hui étaient faites clandestinement, il y a 25 ans, par la CIA ».

Et si nous creusons encore plus profondément, nous trouvons, oh surprise !, l’inévitable suspect habituel, George Soros, trader de hedge fund initié et condamné, philanthrope exonéré d’impôts et giga-milliardaire qui semble avoir financé non seulement Hillary Clinton, mais pratiquement toutes les Révolutions de couleur fomentées par la CIA et le département d’État US, de la Russie à la Chine en passant par l’Iran, grâce à son réseau Open Society Foundations, y compris le pillage de la Russie et de la plupart des pays de l’Europe de l’Est ex- communiste, dans les années 1990, par Jeffrey Sachs sous couvert de la thérapie de choc.

Un autre des médias travaillant avec la censure des fausses nouvelles du Facebook de Zuckerberg est le Washington Post, aujourd’hui détenu par le fondateur milliardaire d’Amazon, Jeff Bezos. Bezos est un important partenaire des affaires de médias avec… la CIA, un fait qu’il a omis de déclarer après avoir pris en charge la propriété du journal le plus important de Washington.
Le Washington Post de Bezos a récemment publié une liste bizarre de 200 sites Web dont elle prétend qu’ils génèrent des fausses nouvelles [y compris le Saker, NdT]. Le journal a refusé d’identifier qui lui a donné la liste. L’enquêteur journaliste vétéran à Washington, Wayne Madsen, a révélé la source de la liste tabou style McCarthy de soi-disant fausses nouvelles. Il s’agissait d’un « site Web appelé PropOrNot.com qui a des liens avec la CIA et George Soros ».

Ce ne sont pas seulement les révélations du Pizzagate qui ont déclenché une attaque aussi massive sur des sites Internet indépendants. Il semble qu’en janvier 2014, lors du Forum économique mondial de Davos, le contrôle de l’information sur Internet a été un des principaux sujets de discussion. À l’époque, Madsen a noté : « Avec la disparition imminente de la neutralité du World Wide Web, qui a donné un accès égal aux opérateurs de sites Internet, le 1% des investisseurs milliardaires est occupé à se positionner pour prendre le contrôle total des informations sur Internet. »

Ce ne sont même pas les renards qui gardent le poulailler d’Internet. Ce sont les loups-garous de la CIA et la censure du gouvernement américain. Le fait que les révélations explosives du Pizzagate / Podesta aient simplement déclenché une accélération dramatique du calendrier de l’opération « Fausses Nouvelles » prévu par la CIA − en tant que successeur de leur opération de discrédit linguistique de la « théorie de la conspiration » en 1980 − montre clairement qu’il ne s’agit pas d’un service public impartial, objectif et transparent pour protéger le public d’Internet contre les contenus nuisibles.

Et, d’ailleurs, qui sont-ils pour me dire, ou vous dire, ce que vous êtes autorisés à lire, à digérer et sur quels sujets vous pouvez former vos idées indépendantes ? C’est une réincarnation au XXIe siècle de l’Inquisition espagnole, composée des vrais créateurs de faux, le Washington Post, AP, ABCNews, Snopes.com, FactCheck.org, la CIA et ses amis. Je dirais que c’est un développement alarmant, non pas du fait de la Russie, mais du fait des réseaux de la CIA qui encouragent l’opération « Fausses Nouvelles » à diaboliser tous ceux qui s’opposent à la propagande de Washington.

Article original paru chez New Eastern Outlook
Traduit et édité par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone


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«La douce illusion» de la résolution 2334 de l’ONU



Le 29 novembre 1947, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté une résolution pour établir un Etat juif (à côté d’un Etat arabe) dans la terre d’Israël. Soixante-neuf ans plus tard, le vendredi 23 décembre 2016, le Conseil de Sécurité de l’ONU a adopté une résolution pour tenter de sauver celle votée en 1947. La résolution 2334, approuvée vendredi, a constitué un souffle de bonnes nouvelles, d’espoir, dans la mer d’obscurité et de désespoir des récentes années.

Alors même que tout allait à vau-l’eau – approfondissement de l’occupation, de plus en plus soutenue par les Etats-Unis sans compter une Europe qui se précipite à droite de l’échiquier politique – voilà une résolution de Hanouka [«Fête des Lumières» du 24 décembre 2016 au 1er janvier 2017] qui allume une mince bougie d’espoir. Alors qu’il semblait que les méchants allaient l’emporter, la Nouvelle Zélande et trois autres pays sont venus donner un cadeau de Noël au monde.

Donc, un grand merci à la Nouvelle Zélande, au Venezuela et à la Malaisie. Il est vrai que l’arbre de Noël qu’ils ont apporté, avec ses lumières étincelantes, sera bientôt enlevé. Donald Trump attend déjà à la porte. Mais l’empreinte restera. D’ici-là, réjouissons-nous, même si nous savons qu’on aura une gueule de bois le lendemain.
Il nous faut bien sûr interpeller rageusement le président Barack Obama: «Pourquoi n’est-ce n’est que maintenant que vous faites quelque chose?» Et frustrés nous devons demander au monde: «Et qu’en est-il des actions?». Mais il est impossible d’ignorer la décision du Conseil de sécurité selon laquelle toutes les colonies sont illégales, par nature.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahou peut bien rappeler ses ambassadeurs, tandis que son bras droit, le ministre Yuval Steinitz hurle que la résolution est «injuste» (il a visiblement un sens de l’humour!). Isaac Herzog [Parti travailliste], le leader de l’opposition, peut aussi bafouiller : «Nous devons lutter contre cette décision par tous les moyens». Mais toute personne ayant une conscience ne manquera pas de se réjouir de cette résolution.
En outre, aucun Israélien respectable ne devrait se laisser berner par la propagande qui prétend que la résolution est «anti-israélienne» – une définition que les médias israéliens se sont évidemment empressés d’adopter avec leur servilité caractéristique.
Cette décision a ramené Israël sur le sol solide de la réalité. Toutes les colonies, y compris celles dans les territoires qui ont été annexés, dont évidemment Jérusalem Est, constituent une violation de la loi internationale. Le monde entier est unanime pour le penser, aussi bien les soi-disant amis d’Israël que ses soi-disant ennemis.
Il est probable que les dispositifs de lavage de cerveau en Israël, de pair avec les mécanismes de répression et de déni, essaieront d’ébranler la décision. Mais lorsque les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Chine et la Russie sont d’accord pour une déclaration aussi claire, cela sera difficile. Alors vous pouvez bien vous plaindre: «Tout le monde est contre nous», hurler à l’«antisémitisme», vous pouvez demander: «Qu’en est-il de la Syrie?». En fin de compte cette vérité limpide restera: le monde entier pense que les colonies sont un crime. Toutes les colonies.
Il est vrai que le monde ne lève pas un petit doigt pour éliminer les colonies, mais peut-être cela arrivera-t-il un jour. Mais à ce moment-là il sera trop tard.

La résolution 2334 établit une distinction artificielle entre Israël et les colonies en ce sens qu’elle vise les colonies et non l’occupation. Comme si c’étaient les colons d’Amona qui étaient coupables et non pas tous les Israéliens.

Cette duperie prouve à quel point le monde continue à traiter Israël avec indulgence et hésite à prendre des mesures contre ce pays, comme il l’a fait contre la Russie après sa conquête de la Crimée.
Mais les Israéliens qui ne vivent pas à Amona, qui n’y sont jamais allés, doivent se poser la question: cela vaut-il vraiment la peine? Tout cela pour quelques colons qu’ils ne connaissent pas et qu’ils n’ont pas vraiment envie de connaître?

La résolution 2334 est destinée surtout aux oreilles israéliennes, comme le réveille-matin qui vous réveille juste à temps, comme une sirène qui vous incite à aller vous réfugier dans un abri antiaérien. Il est vrai que la résolution n’a aucune valeur concrète; il est vrai que la nouvelle administration états-unienne promet de l’effacer. Mais deux questions resteront. Pourquoi les Palestiniens ne méritent-ils pas exactement la même chose que les Israéliens? Et à quel point un pays avec sa puissance de lobbying, son armement et sa haute technologie peut-il continuer à ignorer le monde entier? Ce premier jour aussi bien de Hanouka que de Noël nous pouvons apprécier, ne serait-ce qu’un moment, la douce illusion  que la Résolution 2334 va soulever ces questions en Israël.

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La colonie d’Elon Moreh: «Un manuel de l’occupation»

Piotr Smolnar, dans Le Monde daté du 27 septembre (page 3), décrit les méthodes «classiques» utilisées par les colons de la colonie d’Elon Moreh, appuyés par l’Etat d’Israël, afin d’exproprier de leurs terres les paysans palestiniens. Une illustration, parmi d’autres, de la politique coloniale de l’Etat d’Israël à l’œuvre depuis fort longtemps:

«Azmut, Deir Al-Hatab et Salem, là où vit la famille Marouf, sont trois villages palestiniens situés sur des collines à l’ouest de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie. De génération en génération, leurs habitants se sont consacrés à l’agriculture et à l’élevage. Leur rythme de vie, leur organisation collective et leurs revenus dépendaient de ces deux activités. Oliviers, figuiers et citronniers coloraient le paysage. Des réserves d’eau naturelle servaient à étancher la soif des bêtes. On vivait modestement, mais l’autosuffisance était assurée.

Tout cela, c’était avant que la colonie d’Elon Moreh ne soit établie, en 1980. Depuis trente-six ans, cette communauté a grignoté les terres palestiniennes, privé les villageois de l’accès à leurs terres cultivées – à partir de la première Intifada (1987) – et à leurs pâturages.

L’histoire de ces trois villages est un véritable manuel de l’occupation, de ses expropriations et de la négation des droits palestiniens.«Les villageois ont été laissés dans un état d’insécurité à de multiples niveaux: financier, alimentaire et social, souligne l’ONG israélienne B’Tselem dans un rapport accablant sur la situation locale, publié début décembre. L’Etat d’Israël et 1800 colons agissant avec son soutien et ses encouragements ont pris les terres des villages, en y faisant ce qu’ils voulaient, pendant que près de 10’000 résidents palestiniens ne pouvaient s’approcher de ces terres.»

Dans cette expropriation graduelle, l’administration civile israélienne – qui gère entièrement la zone C, soit 60 % de la Cisjordanie – a procédé par des techniques classiques. Elle a élargi la zone dite de sécurité autour de la colonie; elle a enregistré de nouveaux lots de terrains comme propriétés d’Etat; elle a construit une route de contournement de 15 kilomètres, pour relier Elon Moreh à la colonie d’Itamar.

Cette route est devenue, dans les faits, une frontière pour les villageois, les empêchant de se rendre sur leurs terres situées de l’autre côté. Sauf à deux moments de l’année, et sous haute surveillance: lors de la semence printanière et de la récolte des oliviers en octobre. Quelques jours amers.

Enfin, deux avant-postes («outposts») – illégaux même au regard du droit israélien – sont apparus en 1998 et en 2009 au milieu de la réserve naturelle voisine de Har Kabir, créée par l’administration civile. L’armée n’a jamais démantelé ces deux colonies sauvages, qui ont étendu les zones inaccessibles pour les paysans palestiniens.
Tandis que l’attention médiatique est focalisée, depuis de longs mois, sur l’avant-poste d’Amona, auquel le gouvernement a consacré des moyens démesurés pour déménager sans heurts quarante familles avant le 25 décembre, la Cisjordanie compte des dizaines de communautés juives similaires. Protégées par l’armée et bénéficiant de services des conseils régionaux de colons, elles sont au cœur d’un projet de loi à la Knesset visant à les légaliser.»

Article publié dans le quotidien Haaretz le 26 décembre 2016

Traduction & Titre

Palestine : Le texte de la résolution 2334 (2016)


Tout le monde en parle, mais qui l’a lue ? Vous trouverez ci-dessous, le texte complet de la résolution 2334 du 23 décembre 2016 du Conseil de sécurité sur la situation en Palestine. Du grand classique, qui rappelle les notions les plus établies, et qui est pourtant dénoncée par les dirigeants d’Israël comme une trahison absolue… trahison absolue de la part des États-Unis qui – sous l’initiative d’Obama – viennent de lui voter un plan militaire d’aide de 38 milliards de dollars sur dix ans, un record… Et à nouveau l’incantation de deux États alors qu’Israël ne veut renoncer à aucune colonie, ne veut pas de capitale palestinienne à Jérusalem, ne veut pas de continuité territoriale entre la Cisjordanie et Gaza, et rejette le droit au retour des réfugiés.

Tant que la cause palestinienne avancera à la vitesse de l’ONU… L’irresponsable ONU qui a proposé le plan de partage, a admis l’État Israël fondé sur une conquête militaire en 1949, et attend 2012 pour conférer à la Palestine le statut anecdotique d’ « Etat non-membre »… Pathétique et dramatique, car c’est la vie d’un peuple… L’un des peuples plus anciens de l’histoire de la planète…
* * *
Le Conseil de sécurité,
Rappelant ses résolutions sur la question, notamment les résolutions 242 (1967), 338 (1973), 446 (1979), 452 (1979), 465 (1980), 476 (1980), 478 (1980), 1397 (2002), 1515 (2003) et 1850 (2008),
Guidé par les buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies et rappelant notamment que l’acquisition de territoire par la force est inadmissible,
Réaffirmant qu’Israël, Puissance occupante, est tenu de respecter scrupuleusement ses obligations et responsabilités juridiques découlant de la quatrième Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, en date du 12 août 1949, et rappelant l’avis consultatif rendu le 9 juillet 2004 par la Cour internationale de Justice,
Condamnant toutes les mesures visant à modifier la composition démographique, le caractère et le statut du Territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-Est, notamment la construction et l’expansion de colonies de peuplement, le transfert de colons israéliens, la confiscation de terres, la destruction de maisons et le déplacement de civils palestiniens, en violation du droit international humanitaire et des résolutions pertinentes,
Constatant avec une vive préoccupation que la poursuite des activités de peuplement israéliennes met gravement en péril la viabilité de la solution des deux États fondée sur les frontières de 1967,
Rappelant l’obligation faite à Israël dans la Feuille de route du Quatuor et approuvée par sa résolution 1515 (2003) de geler toutes ses activités de peuplement, y compris par « croissance naturelle », et de démanteler tous les avant-postes de colonie établis depuis mars 2001,
Rappelant également l’obligation faite aux forces de sécurité de l’Autorité palestinienne dans la Feuille de route du Quatuor de continuer de mener des opérations efficaces en vue de s’attaquer à tous ceux qui se livrent à des activités terroristes et de démanteler les moyens des terroristes, notamment en confisquant les armes illégales,
Condamnant tous les actes de violence visant des civils, y compris les actes de terreur, ainsi que tous les actes de provocation, d’incitation à la violence et de destruction,
Réitérant sa vision d’une région où deux États démocratiques, Israël et la Palestine, vivent côte à côte, en paix, à l’intérieur de frontières sûres et reconnues,
Soulignant que le statu quo n’est pas viable et que des mesures importantes, compatibles avec le processus de transition prévu dans les accords antérieurs, doivent être prises de toute urgence en vue de i) stabiliser la situation et inverser les tendances négatives sur le terrain, qui ne cessent de fragiliser la solution des deux États et d’imposer dans les faits la réalité d’un seul État, et de ii) créer les conditions qui permettraient d’assurer le succès des négociations sur le statut final et de faire progresser la solution des deux États par la voie de négociations et sur le terrain,
  1. Réaffirme que la création par Israël de colonies de peuplement dans le Territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-Est, n’a aucun fondement en droit et constitue une violation flagrante du droit international et un obstacle majeur à la réalisation de la solution des deux États et à l’instauration d’une paix globale, juste et durable;
  2. Exige de nouveau d’Israël qu’il arrête immédiatement et complètement toutes ses activités de peuplement dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et respecte pleinement toutes les obligations juridiques qui lui incombent à cet égard;
  3. Souligne qu’il ne reconnaîtra aucune modification aux frontières du 4 juin 1967, y compris en ce qui concerne Jérusalem, autres que celles convenues par les parties par la voie de négociations;
  4. Souligne qu’il est essentiel qu’Israël mette un terme à toutes ses activités de peuplement pour préserver la solution des deux États, et demande l’adoption immédiate de mesures énergiques afin d’inverser les tendances négatives sur le terrain, qui mettent en péril la solution des deux États;
  5. Demande à tous les États, compte tenu du paragraphe 1 de la présente résolution, de faire une distinction, dans leurs échanges en la matière, entre le territoire de l’État d’Israël et les territoires occupés depuis 1967;
  6. Demande que des mesures immédiates soient prises pour prévenir tous les actes de violence visant des civils, y compris les actes de terreur, ainsi que tous les actes de provocation et de destruction, demande que les auteurs de tels actes en répondent, et appelle au respect des obligations qu’impose le droit international de renforcer l’action menée pour lutter contre le terrorisme, notamment par la coordination en matière de sécurité, et de condamner sans équivoque tous les actes de terrorisme;
  7. Demande aux deux parties d’agir dans le respect du droit international, notamment du droit international humanitaire, et des accords et des obligations qu’elles ont précédemment contractés, de faire preuve de calme et de retenue et de s’abstenir de tout acte de provocation et d’incitation à la violence et de toutedéclaration incendiaire, dans le but, notamment, de désamorcer la situation sur le terrain, de rétablir la confiance, de montrer, par leurs politiques et leurs actes, un3/3 16-22920 véritable attachement à la solution des deux États et de créer les conditions nécessaires à la promotion de la paix;
  8. Invite toutes les parties à continuer, dans l’intérêt de la promotion de la paix et de la sécurité, de déployer collectivement des efforts pour engager des négociations crédibles sur toutes les questions relatives au statut final dans le cadre du processus de paix au Moyen-Orient et selon le calendrier établi par le Quatuor dans sa déclaration du 21 septembre 2010;
  9. Préconise vivement à cet égard l’intensification et l’accélération des efforts diplomatiques entrepris et de l’appui apporté aux niveaux international et régional en vue de parvenir sans tarder à une paix globale, juste et durable au Moyen-Orient, sur la base des résolutions pertinentes de l’Organisation des Nations Unies, du mandat de la conférence de Madrid, y compris le principe de l’échange de territoires contre la paix, de l’Initiative de paix arabe et de la Feuille de route du Quatuor, et de mettre fin à l’occupation israélienne qui a commencé en 1967, et souligne à cet égard l’importance que revêtent les efforts déployés pour faire avancer l’Initiative de paix arabe, l’initiative prise par la France de convoquer une conférence de paix internationale, les efforts récemment entrepris par le Quatuor ainsi que ceux déployés par l’Égypte et la Fédération de Russie;
  10. Rappelle qu’il est déterminé à apporter son appui aux parties tout au long des négociations et dans la mise en œuvre d’un accord;
  11. Réaffirme qu’il est résolu à examiner les moyens concrets de faire pleinement appliquer ses résolutions sur la question;
  12. Prie le Secrétaire général de lui faire rapport tous les trois mois sur la mise en œuvre des dispositions de la présente résolution;
  13. Décide de demeurer saisi de la question.
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Le chômage et la honte de nos gouvernants (1)



Le président de la République, M. François Hollande, et son gouvernement se réjouissent bruyamment de ce qu’ils appellent la « baisse » du chômage. Mais, les chiffres sont cruels, même s’ils sont manipulables. Ce que nous connaissons aujourd’hui est – au mieux – un mouvement de stabilisation de la hausse du chômage. Et il ne peut en être autrement, avec la croissance atone (sans doute 1,2% pour 2016, voire un peu moins) que nous connaissons.

Il faut ici, quitte à lasser, répéter un certain nombre de réalités statistiques. Les données qui sont présentées en France tous les mois ne sont pas celles du « chômage » mais uniquement celles des « demandeurs d’emploi ». Il faut, de plus, considérer ces données comme un indicateur du chômage « à minima » mais non comme une réalité. Ces données sont, on l’a souvent dit, réparties en diverses catégories. On peut en faire une liste rapide :
  1. Catégorie A : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi ;
  2. Catégorie B : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite courte (i.e. de 78 heures ou moins au cours du mois) ;
  3. Catégorie C : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite longue (i.e. de plus de 78 heures au cours du mois) ;
  4. Catégorie D : demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi (en raison d’un stage, d’une formation, d’une maladie, d’un congé maternité,…), sans emploi ;
  5. Catégorie E : demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, en emploi (par exemple : bénéficiaires de contrats aidés).
C’est donc très abusivement que le gouvernement ne retient que la catégorie « A » comme indicateur du chômage. En effet le chômage réel, tel que l’on peut l’estimer à partir du nombre des demandeurs d’emploi couvre en réalité les catégories A + B + D. La somme des catégories C et E représentent, elle, les personnes ayant un emploi, mais soumise à un temps partiel contraint (cat. C) ou n’exerçant cet emploi que du fait des subventions directes versées par l’Etat à l’employeur (contrats aidés). On appellera ces deux catégories le « quasi-chômage ».

Si l’on regarde les courbes depuis 2008, on constate, bien sûr, que la montée du chômage ne date pas de l’arrivée au pouvoir de François Hollande. Il y a eu, tout d’abord, l’effet de la crise financière, de l’été 2008 à la fin de 2010. Le chômage s’était, alors stabilisé. Puis, il a commencé à s’accroître à nouveau en raison de la politique économique de François Fillon, alors premier ministre. La politique de François Hollande, Président « socialiste » a, pour sa part, continué cette tendance et engendré un accroissement de 600 000 personnes dans ces catégories représentatives du chômage.
Nous sommes donc toujours au-dessus de la ligne représentant les 4,5 millions de demandeurs d’emploi en novembre 2016 pour la catégorie A + B + D. L’accroissement notable de la catégorie « D » indique l’ouverture de stages, qui pompent une partie des effectifs de la catégorie A.

Mais, si nous regardons comment évolue la courbe de ce que nous avons appelé le « quasi-chômage », nous constatons qu’elle a augmenté sou François Hollande de plus de 800 000 personnes. En fait, le total des demandeurs d’emplois toutes catégories confondues, s’établit aujourd’hui à 6,249 millions de personnes, ce qui représente un triste record historique. La montée du « quasi-chômage » en proportion du « chômage » correspond par ailleurs à la tendance actuelle à la fragilisation générale de l’emploi.
Ces chiffres, et ces courbes, illustrent tout l’échec des politiques économiques qui ont été menées depuis 2011, que ce soit sous des gouvernement de « droite », comme celui de François Fillon et Nicolas Sarkozy, ou sous des gouvernement de « gauche », comme sous la direction de François Hollande. Au total, depuis la mise en œuvre de la politique de François Fillon, c’est 1,5 millions de demandeurs d’emplois en plus que comptabilise la DARES.

Ces chiffres devraient couvrir de honte ceux qui nous gouvernent, ou qui aspirent à nous gouverner.

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Le savoir faire de la CIA en matière d’élections, aux États-Unis et ailleurs


Wayne Madsen

 Jamais la CIA n’a autant participé aux élections américaines qu’en 2016. Par ailleurs, l’agence a aussi une riche histoire d’immixtion dans les élections d’autres nations, y compris en Russie. Les conclusions d’un rapport secret de la CIA sur une prétendue ingérence de la Russie dans les élections américaines ont été sommairement rejetées – par le directeur du renseignement national, le FBI, et plusieurs officiers de renseignement américains à la retraite – comme un outil de propagande, largement truqué, concocté par le très politisé directeur de la CIA John Brennan et ses copains.

Brennan et sa clique ont fait monter la mayonnaise en affirmant, sans aucune preuve, que le président russe Vladimir Poutine avait personnellement dirigé le piratage de systèmes informatiques liés aux élections américaines. NBC News –  qui a une longue histoire de coopération avec la CIA, remontant à l’époque de la RCA / NBC, présidée par David Sarnoff dont Allen Dulles, directeur de la CIA était un ami proche – a donc consciencieusement présenté les revendications scandaleuses de Brennan comme étant des « nouvelles ».

Il est clair que les anciens fonctionnaires de la CIA qui ont prêté foi au rapport de Brennan n’auraient pas fait cela s’ils n’avaient pas reçu son autorisation et celle de la CIA pour rendre publiques leurs accusations infondées contre la Russie. Ceux qui ont fait écho aux conclusions infondées de Brennan concernant l’ingérence électorale de la Russie incluent l’ancien directeur intérimaire de la CIA Michael Morell, l’ancien directeur de l’Agence de la CIA et de la Sécurité nationale Michael Hayden, l’ancien directeur de la CIA, Leon Panetta, l’ancien agent de services clandestins de la CIA Robert Baer,  Evan McMullin – un candidat présidentiel indépendant éliminé en 2016 – et Glenn Carle. Cependant, pour chacun de ces ex-fantômes, Brennan tire de son chapeau l’accusation selon laquelle le président-élu Donald Trump est un « agent russe », beaucoup d’autres disent que les preuves de la CIA concernant l’ingérence russe dans les élections de 2016 sont des balivernes pures et simples.

Brennan et sa cabale de joueurs occultes savent bien que c’est la CIA qui a été pionnière dans l’art et la science de la manipulation électorale. En 1996, c’est la Russie qui a subi le plus de manipulations électorales de la CIA, avec ses agents d’influence à Moscou et dans d’autres grandes villes – à savoir le National Endowment for Democracy (NED) et l’Open Society Institute and Foundation de George Soros – engagés dans des mauvais coups pour saper les chances électorales du candidat à la présidentielle du Parti communiste russe Gennady Zyuganov.

La CIA, les agents de Soros et le NED ont imprimé et distribué des tracts faux et diffamatoires écrits soi-disant par Zyuganov pour sa campagne électorale. Les dépliants préconisaient le retour de la Russie au stalinisme et le réveil de la guerre froide contre l’Occident. Les vicieux agents de la CIA et de Soros ont également annoncé à la presse de fausses conférences de Zyuganov où personne ne s’est montré. L’équipe des mauvais coups a également annulé des réservations faites par la campagne Zyuganov dans les hôtels et les salles de réunion publiques. La CIA et ses alliés ont également contribué à manipuler les résultats électoraux et les votes en escamotant des bulletins pour Zyuganov, en particulier au Tatarstan et au Bashkortostan. Cela a aidé le candidat préféré des États-Unis, Boris Eltsine, à obtenir une victoire au second tour avec un score de 54% contre 40% pour Zyuganov. En 2012, le président Dmitri Medvedev a déclaré : « Il n’y a guère de doute sur celui qui a remporté [l’élection de 1996]. Ce n’était pas Boris Nikolaevitch Eltsine. »

La CIA a participé au jeu de la manipulation électorale depuis sa création en 1947. En février 1948, un ancien document de la CIA a révélé les efforts déployés par les États-Unis et leur ambassadeur à Rome, James Dunn, en prévision des élections italiennes du mois d’avril 1948. Les expéditions de blé des États-Unis vers l’Italie devaient être augmentées pour empêcher une réduction des rations de pain juste avant les élections. Du matériel militaire américain devait être envoyé en Italie dans le cas où la loi martiale serait déclarée si le Parti communiste italien, qui avait été dans un gouvernement de coalition avec les démocrates chrétiens depuis 1944, avait réussi dans les urnes. Un complément d’aide à cet effort militaire fut accordé par l’endoctrinement politique de nombreux officiers et sous-officiers italiens dans les écoles militaires des États-Unis.

La CIA a également dirigé un coup sévère contre l’électorat italien, en avertissant que les Italiens ne pouvaient pas « combiner les avantages de l’aide de l’Ouest avec ceux de la sécurité politique et des avantages de l’Union soviétique ». La CIA craignait que si l’Union soviétique rendait le contrôle de la ville de Trieste à l’Italie et renonçait aux réparations de guerre dues à l’Union soviétique avant les élections d’avril, le Parti communiste italien en recueillerait les bénéfices électoraux et serait victorieux.

Les magouilles politiques de la CIA en Italie ont commencé sérieusement quand elle a envoyé secrètement un million de dollars, essentiellement en valises de billets, à des politiciens Chrétiens démocrates dirigés par le Premier ministre Alcide de Gaspari. La CIA a utilisé des journaux en Italie pour publier des lettres falsifiées, soi-disant écrites par les communistes italiens, dans une tentative pour les embarrasser publiquement. De même, la CIA a tenté de faire chanter les dirigeants du Parti socialiste italien qui faisaient partie d’une coalition de Front populaire avec les communistes. Le chantage a finalement conduit à une scission au sein du Parti socialiste entre le chef du parti Pietro Nenni et le leader anti-communiste Giuseppe Saragat. La manipulation de la CIA a payé quand les démocrates-chrétiens ont obtenu 48.5% des voix et ont formé un nouveau gouvernement sans la participation communiste.

Quand, en 1978, il est apparu que les Démocrates chrétiens, menés par l’ancien Premier ministre Aldo Moro, étaient prêts à un « compromis historique » pour partager le pouvoir politique avec le Parti communiste italien, la CIA a chargé ses agents d’influence en Italie et au Vatican, le réseau Gladio, d’organiser le kidnapping et l’assassinat de Moro et de faire porter le blâme à l’extrême-gauche des Brigades rouges italiennes. L’opération psychologique de la CIA, visant à accuser les communistes radicaux pour la mort de Moro, a été couronnée de succès lorsque l’électorat italien a voté massivement pour une faction démocrate-chrétienne, liée à la CIA, et opposée à tout accommodement avec les communistes. La CIA a montré qu’elle n’était pas opposée aux assassinats politiques pour atteindre ses objectifs électoraux dans d’autres pays.

L’implication de la CIA par tous les moyens dans les élections de 1948 en Italie a été répétée dans de nombreuses nations du monde entier. En 1964, la CIA a veillé à ce que le candidat à la présidentielle socialiste Salvador Allende, du Front populaire d’action populaire chilien (FRAP), soit battu par le leader démocrate-chrétien Eduardo Frei. La CIA a injecté 3 millions de dollars dans la campagne de Frei, principalement pour générer de la propagande anti-Allende. Allende a perdu avec 38,6% des voix contre 55,6% à Frei. En 1970, Allende a remporté l’élection présidentielle avec un mince 36,4% des voix contre l’ancien président soutenu par la CIA, Jorge Alessandri. La CIA a immédiatement mis un terme au mandat de Allende et, le 11 septembre 1973, un coup d’État militaire soutenu par la CIA a entraîné l’assassinat d’Allende. L’unique chose qui sépare la CIA des autres agences de renseignement qui cherchent à influencer les élections, c’est que les mains de la CIA sont toujours pleines de sang.

L’élection de 1956 à Ceylan – maintenant connu sous le nom de Sri Lanka – a vu le parti national impopulaire dirigé par le Premier ministre pro-Ouest, John Kotelawala, battu par le Parti de la Liberté du Sri Lanka, dirigé par Solomon Bandaranaike. Bien que le gouvernement de Kotelawala ait reçu l’aide généreuse de la CIA, financée par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement, cela n’a pas suffi pour le sauver de la défaite devant les socialistes de Bandaranaike. La CIA s’est contentée de mettre en péril le gouvernement de Bandaranaike avec la cerise sur le gâteau de l’assassinat du Premier ministre en 1959, prétendument par un moine bouddhiste qui a caché un revolver sous sa robe avant une réunion avec le Premier ministre dans sa résidence privée. Les deux inspirateurs de l’assassin ont été condamnés à perpétuité, tandis que le tireur, Somarama Thero, a été baptisé chrétien deux jours avant sa pendaison.

Le programme d’opérations psychologiques de la CIA MK-Ultra avait déjà maîtrisé la science de l’organisation d’assassinats programmés. La CIA a réussi à manipuler les élections parlementaires, les élections présidentielles, les référendums populaires et les élections locales et régionales. La CIA dirige maintenant ses talents dans les chicaneries électorales vers l’électorat américain pour discréditer et saper la légitimité de la présidence de Trump.

Pour la sauvegarde de la démocratie partout dans le monde, la CIA doit être abolie.

Traduit et édité par jj, relu par Catherine pour le Saker Francophone

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Léon Bloy et le recyclage touristique du paradis

Bientôt les vacances, c’est donc le moment d’enfoncer un peu le clou. Car les chrétiens du moyen âge ne partaient pas en vacances ; s’ils se mettaient en mouvement c’était pour marchander, s’initier par l’aventure chevaleresque ou, encore plus noblement, se croiser ou partir en pèlerinage. Ils ne faisaient pas de tourisme nos chrétiens.

Inventeurs du présent perpétuel, les romains avaient déjà dépoétisé la réalité, leur paganisme consumériste recyclant la nature en commodités ; c’est ainsi que les fontaines sacrées des Gaulois devinrent des spas. Juvénal ou Sénèque ont tonné contre ce pragmatisme proto-bourgeois.

On y reviendra !

Le monde moderne s’est adonné à la profanation de la réalité. La Création est devenue la Nature puis la Nature environnement. Le tourisme promis à une élite de voyageurs surtout britanniques (cf. le Grand Tour) s’industrialise au siècle et commence alors à tétaniser Théophile Gautier qui écrit dans son Voyage en Espagne:
C’est un spectacle douloureux pour le poète, l’artiste et le philosophe, de voir les formes et les couleurs disparaître du monde, les lignes se troubler, les teintes se confondre et l’uniformité la plus désespérante envahir l’univers sous je ne sais quel prétexte de progrès. Quand tout sera pareil, les voyages deviendront complètement inutiles, et c’est précisément alors, heureuse coïncidence, que les chemins de fer seront en pleine activité. À quoi bon aller voir bien loin, à raison de dix lieues à l’heure, des rues de la Paix éclairées au gaz et garnies de bourgeois confortables? Nous croyons que tels n’ont pas été les desseins de Dieu, qui a modelé chaque pays d’une façon différente, lui a donné des végétaux particuliers, et l’a peuplé de races spéciales dissemblables de conformation, de teint et de langage.
Gautier devine un monde marchand, pasteurisé et homogénéisé, celui où s’agglutinent des unités humaines qui s’ignorent autant, et même beaucoup plus, que des animaux en chaleur (c’est juste avant les abattoirs de 14). Unité humaine, une belle alliance de mot de Bloy, qui invente aussi le GN distributeur automatique.

Cinquante ans plus tard donc, Léon Bloy imagine le pire dans le monde petit-bourgeois de notre république à qui il tord le cou dans son Exégèse des lieux communs. Bloy imagine que de même que l’on détruit toutes les îles tropicales, on fera (« on », explique-t-il magiquement, c’est le chef du bourgeois) des recyclages du paradis terrestre. Après tout ne fait-on pas du Church shopping aux « States » avant de choisir sa baraque en banlieue ?

Je vous laisse apprécier la prose du maître (Exégèse CI, monter une affaire) :
La plus belle affaire du monde serait le lotissement ou la vente au doigt mouillé du Paradis terrestre. Il y aurait de l’argent à gagner, si l’état embryonnaire de nos connaissances géographiques ne s’y opposait pas invinciblement. Par bonheur, il est caché, ce lieu de délices, bien caché et bien gardé. Tout fait présumer qu’il sera encore à naître dans dix mille ans, le premier bourgeois qui aura la permission d’y pénétrer.
Essayez de vous mettre en face de cette horreur : l’exploitation et le dépeçage du Paradis terrestre ; l’irruption du notaire, du métreur, de l’entrepreneur et des tramways électriques sous ces ombrages de six mille ans qui ont vu l’Innocence humaine… !
Par nature le Bourgeois est haïsseur et destructeur de paradis. Quand il aperçoit un beau Domaine, son rêve est de couper les grands arbres, de tarir les sources, de tracer des rues, d’instaurer des boutiques et des urinoirs. Il appelle ça monter une affaire.
On rappellera que les tramways sont arrivés au mont Saint-Michel. Essayez de râler pour voir.

Un mot encore. L’immobilier abject toujours accompagne le tourisme, voyez l’Espagne ou bien les îles. La baisse drastique des taux d’intérêt un peu partout après le 11 septembre et l’introduction de l’euro auront permis l’explosion planétaire de l’immobilier, qui a recouvert la terre et ses prairies, les fleuves et leurs lits, les berges et les estuaires de bêton, de circuits, de surfaces dites grandes, de centres commerciaux et de lotissements. Il me semble aussi que ce dessein cachait une noirceur bien avérée: empêcher la terre de respirer, la profaner, la recouvrir (on pense interdire à Bruxelles l’usage de son jardin potager : là ce sera la fin des haricots, et la bonne). Et bien c’est presque fait. Tout le bêton immonde du monde dit moderne ne sert qu’à créer le rhinocéros humain de l’apocalypse si bien décrit par Bloy ou Ionesco.

Le paradis est mal parti, il ne reste, recyclés, que les petits coins de paradis préservés par la pancarte : parc national ! Dès que vous verrez un sommet moins pollué et pas recouvert de pistes de ski, parc national !

Bonnes vacances donc, mais sur la pointe des pieds !

PS : Quant à la fête de Noël (Christmas, en néo-français), regardez ce qu’on en a fait des deux côtés de l’Atlantique avant de vous en prendre à la violence des polémistes chrétiens…

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le CFR et sa boule de cristal ont omis l’essentiel…



Le Council of Foreign Relation (CFR), fondé en 1921, est un groupe de réflexion de 4 900 membres spécialisé dans les affaires internationales des États-Unis. Organisme à but non lucratif, il est composé de politiciens chevronnés, de dirigeants d’entreprises, de journalistes reconnus, d’avocats éminents, de personnalités des médias, d’érudits renommés et de professionnels distingués. Le CFR est la voix promotionnelle de l’establishment. Il exerce une grande influence sur la politique étrangère et sur les décisions prises par les hauts fonctionnaires et les membres du Congrès.

Le 13 décembre, le CFR a publié son enquête annuelle sur les Priorités préventives afin d’aider les décideurs à planifier les éventualités. Le document évalue les conflits violents, en cours et potentiels, et les sources d’instabilité en fonction de l’impact qu’ils auront sur les intérêts des États-Unis ainsi que leur probabilité d’advenir en 2017.

« Avec l’entrée en fonction d’une nouvelle administration présidentielle, il est important d’aider les décideurs politiques à anticiper et à éviter les crises potentielles qui pourraient survenir et menacer les intérêts américains. Notre enquête annuelle vise à mettre en évidence les sources les plus probables d’instabilité et de conflit dans le monde afin que le gouvernement puisse donner la priorité à ses efforts de manière appropriée », a déclaré le directeur de l’ACP, Paul B. Stares.

Le document recense sept sources potentielles de conflit, dont l’escalade peut avoir de graves conséquences pour Washington. La liste commence par une confrontation, délibérée ou involontaire, entre la Russie et l’OTAN, provoquée par le « comportement agressif » de la Russie en Europe de l’Est. Il semble plutôt symbolique que le système de lance-roquettes multiples russe auto-porté Uragan ait été choisi comme illustration sur la page de garde de la publication de l’enquête.

Les autres menaces les plus graves incluent une crise majeure en Corée du Nord causée par les essais d’armes nucléaires, une cyberattaque dévastatrice sur les infrastructures critiques des États-Unis et un attentat terroriste perpétré par des terroristes étrangers ou nationaux contre les États-Unis ou les pays alliés.
Le rapport mentionne également l’instabilité accrue en Afghanistan, l’intensification de la violence entre la Turquie et divers groupes armés kurdes et l’escalade de la guerre civile en Syrie, la crise des réfugiés en Europe, la division de l’Irak due à la violence sectaire d’État islamique, les tensions croissantes entre Israéliens et Palestiniens et la désintégration politique de la Libye, l’instabilité politique aux Philippines, l’instabilité croissante et l’autoritarisme en Turquie, et la propagation des troubles civils et de la violence ethnique en Éthiopie.

Globalement, le document évoque trente éventualités de menaces potentielles à la stabilité pouvant avoir un impact sur les intérêts de l’Amérique. Beaucoup d’entre elles ont des relations directes ou indirectes avec la Russie : l’Ukraine, la Géorgie, la Syrie, les cyberattaques – à vous de choisir.

Le document établit des priorités, mais il manque d’analyse. Il n’existe aucune explication des raisons pour lesquelles telle ou telle menace potentielle est apparue et ce qui a aggravé le problème.

Prenez par exemple la prétendue menace venant de Moscou.
Les États-Unis se sont retirés du Traité ABM en 2002, ce traité concernait le processus de contrôle des armements. Le programme de défense antimissile balistique de l’OTAN (BMD) est devenu le principal obstacle sur la voie de tous les accords Russie-OTAN pour soulager les tensions en Europe. Les États-Unis sont les instigateurs de la permanente mise à niveau de l’arsenal nucléaire tactique de l’OTAN en Europe, en violation flagrante du Traité de non-prolifération (TNP) de 1968. Washington déploie ses forces près des frontières russes dans le cadre de l’Initiative européenne de réassurance de l’OTAN.

Les États-Unis ont largement contribué à la crise du contrôle des armements. Washington a également violé plusieurs accords importants dans ce domaine, y compris le traité INF.

La politique assertive de la Russie a été provoquée par l’expansion de l’OTAN et le rejet des tentatives pour résoudre des questions vitales, comme les plans de défense antimissile balistique.

La menace terroriste est devenue particulièrement aiguë pour les États-Unis après la tragédie du 11 septembre. Mais Ben Laden, le cerveau derrière ce crime odieux, a été soutenu par les États-Unis avec d’autres extrémistes qui combattaient l’Union soviétique en Afghanistan. L’attaque a été un contrecoup provoqué par cette politique.

L’émergence du groupe État islamique en Irak est le résultat de l’invasion américaine en 2003. Les flux de réfugiés vers l’Europe sont le résultat du soutien de Washington au printemps arabe. L’instabilité en Libye a été créée en raison de l’intervention de l’OTAN menée par les  États-Unis en 2011 qui va bien au-delà de la résolution 1973 de l’ONU.

Il y a un fait très important que l’enquête sur les Priorités préventives n’a pas mentionné. Ce sont les États-Unis eux-mêmes qui ont créé les problèmes de sécurité auxquels il doivent faire face. Et le 115e Congrès essaie d’aggraver les choses. Il y a des raisons de croire que le président élu sera en mesure de changer le cours des choses. Les premiers actes qu’il entreprend prouvent qu’il est capable d’une pensée indépendante. Il semble être à l’abri de l’influence extérieure. Son choix du candidat au poste de secrétaire d’État [un « ami » de Poutine, NdT] confirme ce fait. Espérons que le nombre de contingences quantifiées par le CFR sera réduit après l’entrée en fonction du président Trump.

Traduit et édité par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

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samedi 24 décembre 2016

Poutine : notre homme de l’année. Quand la géopolitique s’impose face au mondialisme

                                 La rédaction de Métamag

Il n’est pas nécessaire d’approuver toute sa politique internationale pour cependant tomber d’accord sur l’essentiel. La vision du monde de Vladimir Poutine est la nôtre.

C’est une vision géopolitique fondée sur l’histoire des nations, des peuples et des espaces de civilisation. Elle s’oppose totalement au mondialisme libéral voulant une démocratie universelle sans racines.

Ce monde traditionnel a marqué des points contre le mondialisme pendant cette année 2016, essentiellement grâce à Vladimir Poutine. Même si on a du mal à penser qu’il a fait l’élection américaine, la victoire de Donald Trump est une victoire aux Usa de la vision du monde géopolitique et identitaire à la russe.

Le tsar s’est imposé de l’Ukraine à la Syrie malgré la guerre économique que la finance mondiale lui mène au nom bien sûr des valeurs de la démocratie. L’ingérence humanitaire a vécu et la diplomatie à la française peut bien éructer, elle ne peut que se lamenter sur le sort de ses vaincus mais ne pèse en rien sur la victoire.

Quand à la menace mondiale du terrorisme musulman, bras armé de l’islamisme radical à ambition universelle comme la démocratie atlantiste, ceux qui veulent éradiquer Daesh et ses clones ont un allié naturel dans le président russe. Certes il frappe les rebelles pour consolider Assad, appuyé par les chiites d’Iran et du Liban. Mais se faisant, il fait basculer le rapport des forces au détriment des fanatiques sunnites soutenus par les pétromonarchies du golfe.
De son coté, le mondialisme version européenne ne cesse de reculer avec le Brexit ou l’émergence du groupe de Visegrad. Le mondialisme américain a été battu par Trump alors même que la présidence Obama marque un effacement réel de la démocratie arrogante et unipolaire.

Dans le dernier numéro d’ «éléments», Alexandre Douguine l’explique avec clarté. « Poutine est devenu le grand obstacle pour les projets mondialistes qui sont aussi ceux du capitalisme…. Pour ceux qui aspirent à un monde multipolaire, il est le sauveur de la puissance continentale, de la Russie souveraine et d’une Europe indépendante »

La droite Française majoritaire de Fillon à Marine Le Pen est devenue sensible au discours russe. Quand aux Usa l’équipe que Trump met en place sera Poutino compatible. Certes, chacun défendra ses intérêts et cela n’évitera pas les conflits ni les luttes d’influences. L’humanité a grandi dans la lutte perpétuelle. Mais les nations et les civilisations redeviennent le centre d’un grand jeu qui n’a jamais cessé. Il a été cependant camouflé par une vision moralisatrice des valeurs universelles portées avec cynisme et hypocrisie par les démocraties occidentales et atlantiques pour l’exclusif avantage financiers et économique des Usa et du système bancaire international.

Notre ennemi c’est la finance apatride et sa vision mercantile et libérale du monde. Il faut y ajouter les médias qu’elle finance.

Poutine est un vrai chef d’état dont la priorité est la grandeur de sa nation. Il était temps qu’un européen historique nous ramène à l’essentiel.

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