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dimanche 4 février 2018

Conférence du Cercle Rébellion Bordeaux : Mai 68, dernier inventaire avant liquidation !

Avec François Bousquet
rédacteur en chef d’Éléments
1968 : la maladie infantile du capitalisme ?

Et Louis Alexandre
rédacteur en chef de Rébellion
Y a-t-il quelque chose à sauver de mai 68 ?
Maison cantonale de La Bastide, 42, rue de Nuits 33100 Bordeaux
À 100 m de l’arrêt Jardin botanique, ligne tram A

 Participation : 5 EUROS
Réservation et contact avec les camarades du cercle Rébellion de  Bordeaux : rebellion.bordeaux@gmail.com


samedi 3 février 2018

L’Autriche, pays protecteur du Sud-Tyrol

par Franck Buleux

Dans mon essai publié en mai dernier, L’Europe des peuples face à l’Union européenne (éditions L’Æncre), j’ai évoqué, en quelques lignes (pp. 53-54), le cas de la région du Haut-Adige (ou du Sud-Tyrol), appelée, administrativement par les autorités italiennes, la province autonome de Bolzano, qui n’est autre que la capitale de ce territoire largement autonome partie de la péninsule.

L’Europe des peuples face à l’Union européenne de Franck Buleux, éditions L’Æncre, collection « À Nouveau Siècle, Nouveaux Enjeux », 226 pages, 25 euros.

L’Europe des peuples face à l’Union européenne de Franck Buleux, éditions L’Æncre, collection « À Nouveau Siècle, Nouveaux Enjeux », 226 pages, 25 euros.

Pourquoi ce territoire, limitrophe au nord et à l’est de l’Autriche (Tyrol et Salzbourg), à l’ouest de la Suisse (Grisons), au sud-est de la Vénétie (province de Belluno), au sud de la province autonome de Trente (Trentin) et au sud-ouest (par le col du Stelvio) de la Lombardie (province de Sondrio) pose-t-il question aujourd’hui ?
Au cœur des Alpes, partie des Dolomites, la province autonome italienne regroupe 500 000 habitants répartis sur une surface territoriale de 7 400 km 2.
Ce territoire est devenu italien seulement après la Première Guerre mondiale ; cet ancien territoire de l’empire Austro-hongrois des Habsbourg a fait l’objet, par les Alliés, d’une promesse au profit des Italiens en cas d’entrée dans la guerre contre Berlin, en 1915 et, bien évidemment, de victoire ultérieure. Ce qui fut fait et ce territoire a fait l’objet, jusqu’en 1946, d’une « italianisation ».
Près de cent ans après la victoire des Alliés, 70 % de la population est toujours germanophone et les partis réclamant plus d’autonomie ou l’indépendance, voire le rattachement du territoire à l’Autriche, représentent, peu ou prou, le même niveau électoral lors des élections au Conseil de la province (le dernier scrutin a eu lieu en 2013).
Ce qui vient d’évoluer, depuis la parution de mon essai, c’est la décision du nouveau gouvernement autrichien, composé d’une union des droites entre conservateurs (ÖVP) et populistes (FPÖ) d’accorder un passeport autrichien à 350 000 résidents du territoire, c’est-à-dire aux germanophones.
Sur place, le paysage politique n’y est pas opposé, bien au contraire, puisqu’il s’agit d’une revendication du parti majoritaire et d’autres mouvements, également représentatifs de la population. La province est dirigée, depuis sa création, par le Südtiroler Volkspartei (SVP), qui défend la majorité de langue allemande et la minorité de langue ladine (30 000 personnes). Ce parti populaire démocrate-chrétien siège avec la droite européenne, c’est-à-dire avec les conservateurs autrichiens à Bruxelles (il y eut un élu SVP jusqu’en 2014) tout en soutenant la gauche italienne lors des élections nationales (le Parti démocrate italien). Outre ce mouvement, qui représente près d’un électeur sur deux et qui dirige le Conseil de la province autonome de Bolzano (où il a longtemps d’ailleurs obtenu la majorité absolue), d’autres mouvements sont germanophones. Considéré comme plus à droite et plus proche de l’Autriche, le parti Die Freiheitlichen (les Libéraux) représente 18 % des suffrages exprimés. Encore plus radicaux car favorables au rapprochement avec l’Autriche, le Süd-Tiroler Freiheit est un parti politique régionaliste et indépendantiste fondé en 2007 qui s’auto-déclare « mouvement » et non parti et dont l’objectif est le rattachement de la province autonome de Bolzano au Land du Tyrol (et donc, par voie de conséquence, l’Autriche elle-même), qui serait alors ainsi réunifié, ce mouvement représente 7 % des suffrages exprimés. Les partis nationaux italiens représentent des scores modestes, voire faibles : 9 % pour Les Verts, 7 % pour le Parti démocrate, 3 % pour la Lega ou 3 % pour le Mouvement 5 Étoiles… Bref, vous l’avez compris, autonomistes, indépendantistes et rattachistes pro-Autrichiens forment, largement, la majorité électorale du territoire.
De plus, ce territoire est déjà largement autonome, notamment fiscalement puisque le statut du territoire permet de conserver 80 % à 85 % de ses recettes fiscales. Cette décision du gouvernement autrichien permet de rapprocher, un peu plus, ce territoire germanophone de l’essence de la grande majorité de sa population.
Contrairement à la Corse, dont le Conseil exécutif de l’Île de Beauté en a fait la demande, la province de Bolzano dispose de deux langues officielles (la fameuse co-officialité linguistique), l’italien (puisqu’ils sont Italiens) et l’allemand. En outre, la population a obtenu un système d’éducation spécifique (une espèce de droit local), une répartition au prorata des emplois publics selon l’appartenance culturelle d’origine (une forme de préférence fondée sur l’ethnos culturel, fondé sur la langue commune). Le Conseil au pouvoir dispose de larges pouvoirs, à l’exception des domaines régaliens : police, justice, immigration, défense nationale, qui restent du domaine de Rome.
Cette région est la plus riche d’Italie par habitant, elle connaît ce que l’on pourrait appeler le plein-emploi (4 % de demandeurs d’emploi). Les étudiants Sud Tyroliens passent plus souvent de l’autre côté du col du Brenner que dans la « botte italienne »…
Toutes ces raisons, à la fois historique, géographique, culturelle et démocratique, font que la décision du nouveau chancelier autrichien, Sebastian Kurz, ne choque pas au cœur des Alpes italiennes germanophones et germanophiles.
Bien sûr, le principe de l’intangibilité des frontières, fondement du droit international, risque d’être remis en cause. Mais ce qui fut bon lors de la dislocation de la Yougoslavie, de la Tchécoslovaquie, de l’URSS ne pourrait-il pas l’être lorsque la population a fait un choix clair, distinct du statu quo ante ?
Le gouvernement autrichien fonde sa décision d’octroyer un passeport sur le caractère linguistique, véritable ferment de l’identité d’un peuple. Effectivement, une nation peut-être constituée de plusieurs langues (Suisse et Belgique par exemple) et l’utilisation d’une langue commune est un véritable ferment d’unification des peuples, qu’ils se soient préalablement constitués en États nations ou non.
Quoi qu’il en soit, cette proposition de passeport autrichien reste facultative mais on peut penser que l’Autriche est la puissance protectrice de la région, comme le pense une grande majorité de la population du Sud-Tyrol.
Subsidiairement, la politique « italienne » du nouveau gouvernement autrichien peut poser problème au groupe Europe des nations et des libertés (ENL) au sein duquel siègent des députés européens du  FPÖ et de la Lega italienne. Mais, une nouvelle fois, la volonté d’un peuple, a fortiori inscrit dans l’histoire, la géographie, la langue, doit-elle s’arrêter à la frontière établie et imposée par le droit militaire des vainqueurs ?

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Source 

Paul Copin-Albancelli 24 janvier 1851 – 22 mars 1939


Paul-Joseph Copin, est né le 24 janvier 1851 à Vervins.

Franc-maçon dès 1884, de la loge l’Avant-Garde maçonnique de Parisappartenant à l’obédience maçonnique du Grand Orient de France. Il accomplit successivement les offices de secrétaire, d’orateur et de premier surveillant dans sa loge.
En 1887, il intègre un chapitre des hauts grades maçonniques dit Rose-Croix il en sera le secrétaire.
Il se marie le 27 novembre 1889 à Paris avec Marie Lucie Anaïs Cogniasse-Delage  (1844-1901).  Qui sera connu comme la dramaturge Simone ARNAUD.
Dès 1889, encore dans la maçonnerie, il dénonce en tant que journaliste ses agissements dans une campagne électorale à Vervins qui oppose un conservateur, Godelle, à un député gouvernemental sortant et franc-maçon, Dupuy. Il accuse alors publiquement la maçonnerie d’intolérance, de fanatisme antireligieux et d’ingérence occulte dans les affaires politiques. Godelle l’emporte. Il est alors frappé d’une peine de mise en sommeil de quelques mois, au terme de laquelle il donne sa démission de sa loge, courant janvier 1890.
Copin-Albancelli use de son expérience pour se faire l’un des plus violents dénonciateurs de la franc-maçonnerie qu’il associe, comme plusieurs antidreyfusards de l’époque, à un complot juif.
Il commence une série de conférences en France, dont la première est donnée devant les membres de la Ligue de la patrie française avec le soutien de Jules Lemaître et la seconde devant les membres de l’Action française.
Au tournant du XXe siècle, il fonde les journaux antimaçonniques et antisémites À bas les tyrans (avec André Baron/Louis Dasté), La Bastille et France d’hier et France de demain. Il dirige l’Union française antimaçonnique, qui fusionne en 1906 avec deux ligues créées par Émile Driant. La nouvelle entité prendra alors le nom de Ligue française anti-maçonnique qu’il animera également.
Elle éclate en 1909 et Copin-Albancelli fonde la Ligue de défense nationale contre la franc-maçonnerie. Il s’occupe aussi de la société d’édition « La Renaissance française« .
Parallèlement à ces activités, Copin-Albancelli collabore également à la Revue Internationale des Sociétés Secrètes de Mgr Ernest Jouin, célèbre contempteur de la franc-maçonnerie et dénonciateur de conspirations liées à des forces occultes.
Après avoir été boulangiste, Copin-Albancelli est également l’un des premiers militants nationalistes et royalistes de l’Action française. Il collabore à la Revue d’Action française qui devint L’Action française sous la direction de Charles Maurras. Il est aussi membre du Mouvement de défense des traditions nationales (ou Entente nationale), regroupant plusieurs royalistes de l’Action française ou indépendants.
Il contribue au livre de Maurras Enquête sur la monarchie dont il a écrit un chapitre.
Il meurt à Paris le 22 mars 1939.
Il est inhumé au cimetière Bouilhet de Marly le Roi auprès de son épouse.

Source 

Galette des rois du Parti Nationaliste Français à Lyon le 10 janvier 2018


Le 10 Janvier dernier se tenait notre galette des rois annuelle. C’est en effet dans un charmant restaurant de la capitale des Gaules que se sont réunis militants et sympathisants du mouvement pour fêter l’événement.
Afin d’illustrer avec audace cette année de reconquête nationale, quoi de mieux que la présence tant sulfureuse que corrosive de notre ami Jérôme Bourbon, président directeur du décapant journal Rivarol !
Notre invité d’honneur a su revenir avec brio et humour sur cette année 2017, au combien douloureuse pour les nationalistes ; en premier lieu par la défaite cinglante du néo FN Mariniste et sa stratégie folle de dédiabolisation, et qui, par ses courbettes et génuflexions, n’aura donné que du grain à moudre à ce système politique corrompu. D’autre part à cause d’une répression judiciaire toujours croissante pour les derniers insoumis à la pensée unique, qu’ils soient dans nos rangs ou dans ceux de ce que l’on nomme la Dissidence, puis de terminer par la constatation du faible engouement des jeunes français patriotes pour la lecture. Mais cette baisse tendancielle du sursaut national est à tempérer, car elle ne peut être pour nous militants que synonyme d’amélioration, donc de renaissance.
La soirée fut également ponctuée par les discours du directeur de Jeune Nation, Yvan Benedetti,  et président de l’Œuvre Française envers et contre tout, ainsi que de Maître Pierre-Marie Bonneau, membre du présidium du PNF.
Ce dernier est longuement revenu sur notre sentiment d’appartenance à la nation française, et de sa légitimité face au magma mondialiste, destructeur de toute différence, et menaçant notre race, nos cultures et traditions.  Maître Bonneau a évoqué les pensées du regretté Charles Maurras, et qui fut l’occasion pour nous de se rappeler les principes et convictions qui sont les nôtres.
De ce regain d’intérêt national, Yvan Benedetti a, comme à son habitude, et de la plus belle des manières, clôturé une soirée déjà bien entamée, en réveillant en nous l’épopée de Jeanne d’Arc ! Cette fille si pieuse et dévouée, qui sauva la France par le fer, et à qui la Providence confia la plus salvatrice des missions ! En effet ces notes d’espérance auxquelles son rédacteur s’est fait le porte-voix, résonnent encore dans nos âmes nationalistes les plus ferventes.
On notera également la présence de Jean Plantin, fondateur des éditions Akribeïa, inlassable combattant de la libre-recherche historique et de la liberté d’expression, qui a fait l’honneur de sa présence.
La section lyonnaise adresse quant à elle ses vœux les plus chers à tous nos membres, en espérant que 2018 sera l’année du renouveau, à l‘heure où le Judaïsme politique et son entreprise de subversion tente de nous abattre.
Ce que nos ennemis ignorent c’est que chaque coup qu’ils nous donnent nous rend plus forts, que chaque étincelle qu’ils allument nous rend plus ardents. C’est à nous nationalistes que reviendra demain le privilège de porter haut les drapeaux de la victoire !

Qui vive ? France !

Source 

Aux sources de l’idéologie mondialiste : le Talmud (audio)

Le conservatisme, une vision politique à reconquérir

par Franck Buleux

Préalablement à cette intervention, il est loisible d’affirmer que le conservatisme « à la française » est un terme « à la mode », ce qui peut lui donner un aspect positif au temps de la médiacratie (le fameux « quatrième pouvoir » permet d’avoir un certain nombre d’analyses sur ce courant de pensée) ; de plus, il est à la une de revues amies : la revue Éléments, « La nouvelle vague du conservatisme » et la revue L’incorrect de décembre 2017, « 100 % conservateur » et surtout, « Le dictionnaire du conservatisme » est sorti aux Éditions du Cerf en septembre dernier avec plusieurs contributions d’intellectuels visant à la mise en place d’une école doctrinale conservatrice française.


Le dictionnaire du conservatisme (Frédéric Rouvillois).
Le dictionnaire du conservatisme (Frédéric Rouvillois).

Je n’ai nul besoin de vous rappeler que le début de la dernière campagne présidentielle avait fait du candidat François Fillon le candidat estampillé « conservateur », le postulant largement favori avant les déboires que l’on connaît. Et d’ailleurs, le candidat conservateur avait largement éliminé les candidats « sociaux-libéraux » (Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet et Bruno Le Maire) et bonapartiste (Nicolas Sarkozy) de LR (Les Républicains) lors des deux tours de la primaire de la droite et du centre. Depuis le CNIP (Centre national des indépendants et paysans) et La Droite, devenue DLC (Droite libérale chrétienne) de Charles Millon (dont l’épouse, la philosophe Chantal Delsol œuvre au renouveau du conservatisme, notamment dans le dictionnaire pré-cité), on n’avait pas évoqué – autant et à bon escient – la persistance, voire la perspective, d’un conservatisme national, comme voie alternative politique.

Pourtant, la question du conservatisme est complexe car le terme, lui-même, renvoie à des phénomènes – et des réalités – politiques différents, du parti conservateur britannique (les Tories, au pouvoir au Royaume-Uni en alternance démocratique avec le Labour travailliste) au monolithique ancien parti communiste soviétique (PCUS), dont les caciques étaient qualifiés de « conservateurs », sans doute en partie en raison de leur âge… Une seule chose est sûre, l’absence pérenne – ou presque (l’exception Fillon vaincue par le très progressiste hebdomadaire Le Canard enchaîné) – du terme dans le débat français, depuis la fin de la Révolution française au moins jusqu’à récemment (puisque l’on parle de néo-conservateurs que la gauche morale n’hésite pas, d’ailleurs, à qualifier de « néo-cons » – le discrédit sémantique est toujours au cœur des débats et fonctionne d’ailleurs, mais s’agissant de cette tendance, il s’agit, le plus souvent, de « libéraux américains » – donc, la gauche américaine issue des démocrates – défendant des thèses conservatrices liées à la défense de la nation : identités fédérées réaffirmées, rejet du « politically correct », rejet du fiscalisme…).

Quel est le point commun entre ces différents conservatismes ? Il s’agit d’une prise de conscience d’une menace sur des valeurs, des principes jugés essentiels : on peut probablement parler de conservatisme lors des succès en matière de mobilisation de La Manif pour tous, s’agissant de préserver un droit naturel objectif (droits de l’enfant au sein d’une famille établie) face à des exigences progressistes fondées sur des droits subjectifs (droit à l’enfant de tout individu). Le conservatisme peut aussi s’exprimer sur le terrain des institutions comme sur celui de la proximité : la gastronomie, la valeur touristique de la région, l’écologie terrienne, le respect de valeurs liées au sol… Le retour à la terre, voire le retour de la Terre, est une forme naturelle de conservatisme. Le récent vote corse, est selon moi, plus qu’un dégagisme (alors que des sortants sont réélus…), un vote conservateur lié à l’insularité du territoire et à ses conséquences sur les hommes et l’environnement. L’allégorie du jardin utilisée par Chantal Millon-Delsol dans le « Dictionnaire du conservatisme » est éclairante, évoquant le conservatisme comme une praxis s’opposant à toute doctrine dont l’objet serait de refaire le monde ex nihilo, forme sublime, et totalement abstraite, de l’expression totalitaire. Le retour aux racines s’oppose clairement aux formes de changement inspirées par les slogans de gauche qu’elle soit marxiste « Du passé, faisons table rase » (la tabula rasa marxiste) ou sociale-démocrate : « Le changement, c’est maintenant ! ». Seules l’intensité révolutionnaire et l’horizon utopique font naître la distinction initiale, bien connue et représentée par les bolcheviks et les mencheviks il y a cent ans. Le conservatisme pensé de cette manière est une forme de traditionalisme, c’est-à-dire la conservation des acquis, notamment issus de la Nature, que l’on soit, à titre personnel, déiste ou non. Le terme des « acquis sociaux » fort prisé des marcheurs de Bastille à Nation pourrait aussi être transformé en « acquis moraux » ou en « acquis culturels » ou « naturels ». Serait-ce choquant ou outrancier ? Poser la question, c’est y répondre. Le retour du conservatisme, c’est d’abord le retour aux fondamentaux.
Alors, si le conservatisme est une sauvegarde d’acquis préexistants, peut-on le considérer strictement comme réactionnaire ?

Si l’on considère que le mouvement conservateur est une réponse à un processus révolutionnaire estimé dangereux pour une collectivité et ses membres, il n’est qu’une réaction à une pensée progressiste extrémiste. Au pire, il s’oppose au fameux sacro-saint « cours de l’histoire » en s’arc-boutant sur un maintien de privilèges exprimé dans un statu quo ante, au mieux, il se refuse à une évolution qu’il estime négative, car dangereuse. Le terme « réaction » renvoie à un retour à un point connu, fixé, du passé ; il conduit à une destruction. Une révolution peut être réactionnaire, si ses repères sont dans un passé lointain et révolu, un conservatisme peut éviter une réaction, s’il parvient à pérenniser ce qui est. Le conservateur se situe dans la survivance de ce qui est. Même si, dans la bouche des archéos-gauchistes, réactionnaires et conservateurs sont des synonymes, il est indispensable de dissocier les termes. Il n’est pas question d’un retour abstrait, mais de maîtriser un présent concret.
S’il n’est pas réactionnaire, le mouvement conservateur pourrait-il être révolutionnaire ? A priori, les deux termes semblent procéder d’un oxymore. Pourtant, le conservatisme ne peut pas être considéré comme un vulgaire immobilisme. Un corps social est intrinsèquement dynamique, comme la Nature, il vit, il s’adapte. Face au réactionnaire, le conservateur aménage, améliore, restaure le présent pour éviter le retour à un passé, souvent inconnu. Les Révolutionnaires français étaient le plus souvent excessivement réactionnaires, visant au retour d’un ordre ancien. Le conservateur se nourrit de l’expérience, de la praxis, il utilise le présent comme une substance organique permettant de créer de l’histoire, du devenir. On peut ainsi parler de « conservatisme en mouvement », mettant en place des formes nouvelles, elles-mêmes issus du vivant. Une société est un élément organique dont l’évolution procède de son propre état. Le mouvement conservateur, loin d’être figé, permet à la société de muter à partir d’elle-même et non pas d’une société sans passé.

Un mouvement conservateur, non réactionnaire, peut-il être libéral ?

Au sein des familles idéologiques de la droite (ou des droites), le débat, ici, est essentiel : le plus souvent, il est fait référence à des partis libéraux-conservateurs, c’est-à-dire économiquement libéraux et conservateurs en matière sociétale. Les partis de droite en Occident, du Japon à l’Allemagne, en passant par le Royaume-Uni et l’Espagne, sont souvent considérés comme libéraux et conservateurs. Et pourtant, cette liaison, cette fusion même n’est pas si évidente.

En effet, originellement, l’esprit conservateur est de nature collective : il vise à préserver un ordre naturel préexistant alors que le libéralisme post-révolutionnaire naît du développement des besoins exprimés individuellement. Le conservatisme ne nie pas la liberté mais se rattache davantage à la liberté concrète, plus qu’abstraite, à la liberté collective, plus qu’individuelle. Le triomphe de l’individualisme, état suprême du libéralisme, s’oppose au conservatisme des systèmes normatifs. C’est ici, à mon sens, que le renouveau du conservatisme prend tout son sens : le développement de l’individualisme a contribué à l’effacement des repères collectifs, identitaires, religieux ou culturels. La fin du bien commun a rendu la modernité, expression d’un libéralisme fondé sur l’individu, exécrable pour les « oubliés » du système. L’extension des droits individuels comme le droit à l’enfant, exalté par les « progressistes », vient à exclure ce bien commun qu’est le droit de l’enfant à vivre au sein d’une famille. Alexandre Soljenitsyne dénonçait déjà, en 1978, dans Le déclin du courage, le matérialisme occidental issu de la société de consommation. Le déracinement, fruit de ce conservatisme anglo-saxon, a touché d’abord les classes populaires souvent qualifiées d’« oubliées » par nos chercheurs sociologues. La France des oubliés, c’est d’abord l’expression d’une société qui a fait de l’individualisme libéral son étalon, son exigence. Or, le conservatisme, forme d’enracinement, aurait pu, pourrait, peut encore venir tempérer ce système économique certes nécessaire mais qui doit constituer un des piliers d’une société tridimensionnelle et non le pilier central.

Le conservatisme, une vision politique à reconquérir:

Le conservatisme est une vision de proximité (le conservatisme n’est pas mondialiste) ; en effet, chaque territoire a un mode de vie à préserver, ce qui le distingue, là aussi, d’un certain libéralisme, à la vision trop universelle. Vision enracinée d’un territoire défini, le conservatisme produit sa propre essence, son propre progressisme. La vision du progrès n’a de sens que dans le cadre de l’évolution naturelle du vivant. L’homme transforme la Nature, il ne la nie pas. Nier la Nature serait une attitude réactionnaire, la transformer est adapter les besoins des populations à l’univers du possible.
Au-delà de cet enracinement indispensable, les conservateurs devront choisir entre le conservatisme libéral et le national-conservatisme, débat qui existe déjà entre les membres du groupe Conservateur et réformistes européens (70 élus, soit 10 % de l’ensemble des parlementaires et troisième groupe du Parlement en nombre de membres). De nombreux mouvements considérés comme « populistes » sont membres de ce groupe, notamment au Nord de notre Vieux Continent (Parti du progrès danois, les Vrais Finlandais, la Nouvelle alliance flamande, Droit et justice polonais…).

Pour en revenir à la France, tout le monde a conscience qu’il a manqué l’électorat populiste à François Fillon au premier tour et l’électorat conservateur à Marine Le Pen au second tour.
Le sujet ne porte pas, ici, sur le populisme. Je n’aborderai donc pas le caractère abstrait de cette expression utilisée aussi bien pour Donald Trump, Bernard Tapie en son temps, Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen aujourd’hui. Mais, pour ce qui est du conservatisme, il s’agit bel et bien d’une voie à explorer à la condition de donner à ce mot une expression… révolutionnaire !

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Source 

jeudi 25 janvier 2018

Selon la Cour de cassation, les Femen peuvent outrager des manifestants catholiques en toute tranquillité – mieux, l’AGRIF va devoir les y aider en versant 3 000 euros pour couvrir leurs frais d’avocat !

Jeanne Smits, vice-présidente de l’AGRIF, communique :

La Cour de cassation a rejeté, le mardi 23 janvier, le pourvoi formé par l’AGRIF contre la décision de relaxe des Femen par la Cour d’appel de Paris dans l’affaire de la manifestation contre le « mariage pour tous » à Paris le 18 novembre 2012. L’AGRIF les poursuivait pour obtenir réparation des injures qu’un groupe de ces féministes au poitrail dénudé avaient proféré de diverses manières à l’égard des catholiques en faisant violemment irruption dans le cortège.

La Cour de cassation a rendu un arrêt qui doit inciter à se demander si les lois « antiracistes » ne sont pas bonnes à mettre au rebut.
Eloïse Bouton, Fanny Fraslin, Sarah Heulin, Valérie Rousell et Inna Schevchenko ont obtenu une décision qui les reconnaît comme auteurs d’injures, s’étant affublées de coiffes de religieuses pour mieux tourner ces dernières en ridicule, mais aussi de slogans et de gestes « pour partie obscènes ». Mais la Cour justifie cela au motif de « deux libertés d’expression » en « conflit » le jour de la manifestation, « dans des formes qui demeurent tolérables dans une société démocratique ».

Oui, elles arboraient les mots « Fuck Church » sur leurs torses, mais le « plus violent » de leurs slogans « s’adressait à une institution et non à une ou plusieurs personnes déterminées », et si les propos des Femen ont pu « choquer les personnes présentes dans leurs convictions religieuses, ils ne revêtaient toutefois pas un caractère injurieux à l’égard de celles-ci en raison de leur appartenance à cette religion », assurent les magistrats.

Relisez cette phrase : elle signifie qu’on peut injurier un catholique en s’attaquant à sa mère, l’Eglise, sans lui faire de tort et en toute impunité.

L’AGRIF est condamnée à payer 1.500 euros à Sarah Heulin, et autant aux quatre autres Femen ensemble, pour les dédommager de leurs frais.

Les arrêts se suivent et ne se ressemblent pas. Après ses deux récentes victoires judiciaires, cette décision aux attendus étonnants oblige l’AGRIF à constater que la protection des droits des chrétiens en France est plus qu’aléatoire. Les « institutions » ont bon dos !

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Ernst Nolte : une réflexion marquante sur la pensée totalitaire


Ce n’est qu’au milieu des années 1980 que le grand public a connu le nom d’Ernst Nolte, l’un des plus grands spécialistes des totalitarismes du XXe siècle. Dans un article de la Frankfurter Allgemeine Zeitung du 6 juin 1986, « Un passé qui ne veut pas passer », il s’était interrogé, une fois de plus, sur les origines de l’idéologie génocidaire qui avait conduit aux horreurs de l’holocauste. Et il pointait, outre le génocide arménien, le « meurtre de classe » perpétré par les Soviets auquel répondait le « meurtre de race » des nazis. C’était, sans vouloir nier aucunement l’unicité de la Shoah, établir un parallèle entre communisme et fascisme. Un crime contre la bien-pensance, aux yeux d’un certaine gauche, qui, emmenée par Jürgen Habermas, accusait aussitôt Nolte, mais aussi d’autres historiens de renom comme Andreas Hillgruber ou Michael Stürmer, de vouloir blanchir le passé allemand. 

Querelle des historiens
 
La polémique, connue comme « querelle des historiens » (Historikerstreit) a rapidement dépassé le milieu des spécialistes, un peu comme celles qui, en France, ont entouré Le passé d’une illusion de François Furet, en 1995, ou Le Livre noir du communisme, en 1997, de Nicolas Werth et de Stéphane Courtois. Les pièces du dossier ont été réunies pour le lecteur français dans un volume des éditions du Cerf, Devant l’histoire. Les documents de la controverse sur la singularité de l’extermination des Juifs par le régime nazi (1988), auquel il faut ajouter l’échange entre François Furet et Ernst Nolte, Fascisme et communisme (1989), ainsi que la lumineuse mise au point d’Alain Besançon, Le malheur du siècle : sur le communisme, le nazisme et l’unicité de la Shoah (1998).
Ernst Nolte est né en 1923. S’il n’avait pas souffert d’un handicap physique qui le rendait inapte au service militaire, il eut évidemment été mobilisé. Au lieu de faire la guerre comme ses futurs collègues Andreas Hillgruber ou Reinhart Koselleck, il étudia notamment à l’université de Freiburg, chez Martin Heidegger. Mais l’histoire du XXe siècle l’attirait plus que la philosophie et c’est à elle qu’il a consacré sa vie, dans l’espoir d’éclaircir tant que soit peu les origines des catastrophes qui se sont abattues sur lui.
La nécessité d’une conscience historique <>Son premier grand ouvrage, Le Fascisme dans son époque, parut en allemand en 1963 et en français en 1970. Trois volumes, consacrés respectivement à L’Action française, au Fascisme italien et au National-socialisme, étudiés pour la première fois comparativement. Ils ont été republiés par Stéphane Courtois dans la collection « Bouquins » (2008), complétés d’articles prolongeant une enquête qui a finalement abouti à la grand synthèse, La guerre civile européenne (1917-1945) parue en 1987 et traduite en 2000.
Après la querelle des historiens, la gauche bien-pensante, toujours fortement implantée dans certaines facultés allemandes, a essayé de reléguer Ernst Nolte, qui a terminé sa carrière à la Freie Universität de Berlin, sur le banc des réprouvés. Mais ses livres, dont beaucoup ont été traduits dans de nombreuses langues, reparaissent peu à peu en édition de poche et finiront par atteindre le grand public. Peu avant sa mort, le 18 août 2016, il a publié une sorte de testament intellectuel, Historische Existenz, zwischen Anfang und Ende der Geschichte ? (2015), dans lequel il insiste une nouvelle fois sur l’absolue nécessité d’une conscience historique dans la constitution d’une identité humaine. Car c’est en grandissant hors sol que les hommes deviennent les proies désignées des idéologies totalitaires. 

Robert Kopp

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