Alors que tous les médias dominants nous
vendent l’histoire parfaite d’un héros immigré clandestin qui sauve un
enfant à la façon de Spiderman, Mamoudou Gassama, reçu illico par Emmanuel Macron, s’affiche aussi avec le chef de Ligue de Défense Noire Africaine dont on connaît la subtilité légendaire.
.
jeudi 31 mai 2018
La Bosnie, nouveau pays de passage pour les migrants ?

Bosnie-et-Herzégovine
– Depuis le déclenchement de la crise migratoire dans les Balkans
occidentaux en 2014 (lorsqu’à l’automne 2014 une première vague massive
de migrants venus du Kosovo fit irruption à la frontière
serbo-hongroise), les routes empruntées par les migrants désireux de se
rendre en Europe occidentale ont souvent changé, au gré des efforts plus
ou moins importants consentis par les pays de transit de ne pas
accepter la violation de leurs frontières.
La fermeture à l’automne 2015 des frontières hungaro-serbe puis hungaro-croate
par le gouvernement hongrois de Viktor Orbán a incité les migrants à se
rediriger vers la Croatie et la Slovénie pour rejoindre l’Autriche et
l’Allemagne.
Cette nouvelle route migratoire, qui n’a duré que peu
de temps mais a vu transiter une quantité considérable de personnes en
très peu de temps (environ 600.000 personnes en 4 mois)
a cessé de fonctionner dans le courant de l’hiver 2016 lorsque le
gouvernement autrichien a fait une volte-face à 180 degrés sur sa
politique migratoire. Les données fournies par le Ministère de
l’Intérieur croate ont cessé d’être alimentées le 26 janvier 2016.
Depuis lors, la route migratoire des Balkans
occidentaux a cessé d’être l’axe majeur de migration vers l’Europe,
l’Italie retrouvant cette position. Toutefois, la route migratoire des
Balkans n’a pas totalement cessé d’exister :
_ entre 50.000 et 80.000 migrants étaient toujours dans des pays de transit, notamment en Serbie
_ des arrivées nouvelles, quoi que moins nombreuses,
se produisent toujours (avec pour pays d’entrée la Serbie ou la Turquie,
dont l’accès notamment par voie aérienne est moins contraignant que
pour les pays de l’Union européenne pour les ressortissants des pays
tiers)
_ des tentatives de contourner la barrière hongroise (via la Roumanie ou la Croatie et la frontière croato-serbe notamment)
Toutefois, les contrôles aux frontières
hungaro-roumaine et serbo-croate ont jusqu’alors empêché la plupart des
migrants de poursuivre leur route vers l’Allemagne. C’est donc désormais
par la Bosnie-Herzégovine qu’ils tentent leur chance, comme le
rapportent des articles de presse à ce sujet.
La frontière entre la Croatie et la Bosnie étant peu
surveillée – en particulier sur les sentiers – on aperçoit de plus en
plus de migrants en Croatie, dans la région de Karlovac (plus
particulièrement à Budačka Rijeka ce week-end), elle-même peu éloignée
de la Slovénie. Des squattages d’habitations ont notamment été rapportés
par les habitants de la région.
Si pour le moment ce ne sont que des groupes de
quelques dizaines de migrants qui sont aperçus ici et là, l’arrivée des
beaux jours et la diffusion instantanée de l’information à travers le
monde (les migrants étant tout aussi connectés via leurs smartphones à
l’information et au GPS que n’importe quel citoyen lambda de la
planète), il n’est pas à exclure que la Bosnie devienne dans les
prochains mois une région de transit pour quelques milliers ou dizaines
de milliers de migrants, d’autant que les portes d’entrée initiales (en
particulier la Grèce) de la route des Balkans sont toujours aussi
poreuses.
Les autorités croates n’ont jusqu’à présent pas
communiqué à ce sujet, ni répondu aux sollicitations à ce sujet. De
façon plus générale, depuis le début de la crise migratoire dans les
Balkans, les autorités croates ont toujours assumé sans complexe le rôle
de pays de transit de la Croatie et sont parmi celles qui ont observé
la plus grande discrétion, ignorant le sujet ou organisant en toute
discrétion et sans que cela ne perturbe grandement la vie de ses
citoyens le transfert des migrants vers le pays suivant sur la route
migratoire (en l’occurrence la Slovénie), ou bien en réinstaurant le
contrôle des frontières lorsque la route de transit se trouvait bloquée.
Reste à voir si cette situation durera, en cas d’accroissement du
nombre de clandestins venant de la Bosnie et de réaction des autorités
slovènes.
Migrants et élections slovènes : l’avenir des Balkans en jeu ?
Slovénie – Les migrants squattent Sarajevo et la
Slovénie redoute jusqu’à 60.000 clandestins en transit par la Bosnie :
les élections slovènes pèseront lourd dans le dénouement de ce dossier.
Au moment où nous évoquions
la potentialité d’une nouvelle crise migratoire dans les Balkans par le
transit de la Bosnie et le relatif silence des autorités croates à ce
sujet, la presse croate commençait tout juste à évoquer
des perspectives alarmantes pour la Croatie, avec 60.000 migrants
potentiels redoutés depuis la Bosnie selon les autorités slovènes.
Désormais, des groupes de migrants venus de tout le monde arabo-musulman (de l’Algérie au Pakistan) ont établi des campements sauvages en plein cœur de ville à Sarajevo.
Malgré le silence maintenu des autorités croates sur
le sujet du danger migratoire, des instructions d’un renforcement
modeste du contrôle des frontières avec la Bosnie ont été données.
Problème : avec 933km de frontières communes avec la Bosnie, ce ne sera
pas chose aisée.
Des sources non-officielles évoquent 1.300 tentatives
de passages illégaux de la frontière slovène (en provenance de la
Croatie) durant le premier trimestre de l’année 2018, soit près de 4
fois plus que l’année dernière à la même période.
La nouvelle route balkanique évoquée semble
contourner totalement la Serbie, puisqu’elle traverse l’Albanie, le
Monténégro puis la Bosnie-Herzégovine. Et après, la Croatie puis la
Slovénie.
Lors d’une rencontre entre les pays du groupe de Visegrád et des pays des Balkans à Athènes, le
Ministre hongrois des Affaires Étrangères Péter Szijjártó a déclaré le
11 mai 2018 qu’une nouvelle vague migratoire pouvait être attendue cet
été dans les Balkans, et que tout dépendait de la Turquie et de sa
volonté de contenir les migrants en Turquie, étant donné que les
frontières du sud-est de l’Europe étaient totalement ouvertes et
n’étaient pas protégées. Péter Szijjártó a ajouté que les conflits et
différends dans les débats internationaux, que ce soit à l’ONU ou au
sein de l’UE, étaient davantage de nature à inspirer de nouvelles vagues
migratoires qu’à les refréner.
Le même 11 mai, c’est Viktor Orbán qui se trouvait en Slovénie (qui votera le 3 juin suite à la démission de son ancien gouvernement)
pour soutenir la campagne électorale du conservateur Janez Janša, qui a
déjà été Premier Ministre de la Slovénie à deux reprises.
Dans son discours,
tenu dans le district de Prekmurje (en hongrois Muravidék) où se trouve
une petite minorité hongroise, le Premier Ministre hongrois fraîchement
réélu a mis l’accent sur le danger de l’immigration et le risque que
les peuples européens perdent leurs pays. Dans le contexte de l’arrivée
potentielle de dizaines de milliers de migrants à la frontière de la
Slovénie (qui est aussi la frontière de l’Espace Schengen, dont la
Croatie ne fait pas partie), il est possible que cette thématique et le
soutien de Viktor Orbán pèsent plus lourd que prévu.
Crise migratoire : le Monténégro pourrait construire une barrière à sa frontière avec l’Albanie ; la Hongrie propose son aide

Monténégro – Comme évoqué il y a quelques jours, des groupes de migrants ont été aperçus en Croatie en provenance de Bosnie, qui est devenue le nouveau pays de transit choisi par les migrants qui veulent rejoindre l’Europe occidentale par les Balkans.
Et ce sont désormais jusqu’à 60.000 migrants qui sont redoutés par la Slovénie,
qui est de surcroît en période de campagne électorale, avec le risque
de se retrouver dans un cul-de-sac si l’Autriche se refusait à laisser
entrer les migrants en transit en Slovénie.
Mais il se pourrait aussi que la route migratoire
soit coupée en amont, à en croire les récentes déclarations des
autorités du Monténégro.
Vojislav Dragovic, chef du département de la police des frontières au ministère de l’Intérieur du Monténégro, a déclaré à la télévision publique
que la construction d’une barrière frontalière avec l’Albanie était
envisagée en cas d’augmentation de la pression migratoire sur le
Monténégro. D’autant que l’Albanie ne semble pas disposée à reprendre
les migrants qui arrivent au Monténégro, en dépit d’accords bilatéraux
entre le Monténégro et l’Albanie, au prétexte de l’absence de certitude
sur la provenance d’Albanie de ceux-ci.
La Hongrie a déclaré être disposée à offrir au Monténégro 25km de grillage frontalier. La frontière entre le Monténégro et l’Albanie s’étend sur 172km.
Mamoudou Gassama, récupéré par les médias. Le sophisme au pouvoir
Jean Ansar ♦
Journaliste.
L’idéologie médiatique présente régulièrement une sélection d’immigrés et migrants émouvants ou admirables. Cette fois, ils ont leur héros. Certes Mamoudou Gassama en est un. Il n’a pas réalisé les risques, mais il a eu un réflexe formidable en sauvant un petit enfant suspendu à un balcon pour cause de négligence parentale.
Gassama est un clandestin, il a été épatant, donc les clandestins et migrants sont épatants. C’est le sophisme qui est l’un des points récurrents de l’idéologie médiatique. Bien sûr qu’il y a amalgame et récupération et donc on jure le contraire. Tous les amalgames et toutes les récupérations ne seraient donc pas mauvais.
Que l’on régularise Mamoudou ne choquerait personne. Que l’on s’en serve pour en régulariser des centaines de milliers qui n’ont sauvé personne est une autre affaire. Les médias choisissent leurs migrants. Jamais ils ne montrent un clandestin violeur ni ne font de ces cas plus nombreux des généralités, la bien sûr pas d’amalgame.
On est unanime pour saluer le geste, pas pour l’interpréter politiquement en faveur de l’immigration clandestine, car c’est de cela qu’il s’agit hélas.
Peu après les faits, le père de l’enfant, né en 1981 et sans antécédent judiciaire, a été placé en garde à vue pour avoir laissé son enfant sans surveillance, selon une source judiciaire. Il devait être déféré au tribunal de Paris. Sa mère n’était pas à Paris au moment des faits.
La couverture médiatique de cet acte montre bien que l’on veut nous imposer les clandestins et culpabiliser nos réticences. Les réactions politiques sont à la hauteur des arrières pensées.
Ceux qui n’aiment pas les migrants sont en fait responsable de non assistance à personne en danger. Nous sommes bien dans la république des sophismes et ils sont nombreux ceux qui préfèrent, au fond d’eux même, l’adulation de Mamoudou aux hommages au colonel Beltrame.
Le geste du malien va dans le sens du pays qu’ils veulent nous imposer.
Le président l’a immédiatement reçu en direct devant toutes les caméras des chaines de déformation continue, après les communiqués de madame Hidalgo.
Le “héros” n’y est pour rien et les flagorneries orientées ne retirent rien à la beauté de son geste. Il s’agit simplement de ne pas être dupe de l’admiration médiatique qui est tout sauf innocente.
Source
Journaliste.
L’idéologie médiatique présente régulièrement une sélection d’immigrés et migrants émouvants ou admirables. Cette fois, ils ont leur héros. Certes Mamoudou Gassama en est un. Il n’a pas réalisé les risques, mais il a eu un réflexe formidable en sauvant un petit enfant suspendu à un balcon pour cause de négligence parentale.
Gassama est un clandestin, il a été épatant, donc les clandestins et migrants sont épatants. C’est le sophisme qui est l’un des points récurrents de l’idéologie médiatique. Bien sûr qu’il y a amalgame et récupération et donc on jure le contraire. Tous les amalgames et toutes les récupérations ne seraient donc pas mauvais.
Que l’on régularise Mamoudou ne choquerait personne. Que l’on s’en serve pour en régulariser des centaines de milliers qui n’ont sauvé personne est une autre affaire. Les médias choisissent leurs migrants. Jamais ils ne montrent un clandestin violeur ni ne font de ces cas plus nombreux des généralités, la bien sûr pas d’amalgame.
On est unanime pour saluer le geste, pas pour l’interpréter politiquement en faveur de l’immigration clandestine, car c’est de cela qu’il s’agit hélas.
Peu après les faits, le père de l’enfant, né en 1981 et sans antécédent judiciaire, a été placé en garde à vue pour avoir laissé son enfant sans surveillance, selon une source judiciaire. Il devait être déféré au tribunal de Paris. Sa mère n’était pas à Paris au moment des faits.
La couverture médiatique de cet acte montre bien que l’on veut nous imposer les clandestins et culpabiliser nos réticences. Les réactions politiques sont à la hauteur des arrières pensées.
Ceux qui n’aiment pas les migrants sont en fait responsable de non assistance à personne en danger. Nous sommes bien dans la république des sophismes et ils sont nombreux ceux qui préfèrent, au fond d’eux même, l’adulation de Mamoudou aux hommages au colonel Beltrame.
Le geste du malien va dans le sens du pays qu’ils veulent nous imposer.
Le président l’a immédiatement reçu en direct devant toutes les caméras des chaines de déformation continue, après les communiqués de madame Hidalgo.
Le “héros” n’y est pour rien et les flagorneries orientées ne retirent rien à la beauté de son geste. Il s’agit simplement de ne pas être dupe de l’admiration médiatique qui est tout sauf innocente.
Source
« Ce que nous sommes : Aux sources de l’identité européenne » (Collectif Iliade)
Recension de Thierry Godefridi pour le site palingenesie.com — Le président de l’Institut Iliade pour la longue mémoire européenne, Philippe Conrad, un historien, a réuni pour écrire ce manifeste qu’est « Ce que nous sommes : Aux sources de l’identité européenne » (Pierre-Guillaume de Roux, éditeur) un panel d’essayistes de formations, de professions et de passions diverses.
En guise d’introduction, Philippe Conrad rappelle la prophétie de Samuel Huntington concernant le « choc des civilisations » et, le « melting pot » américain s’étant transformé en « salad bowl », sa question à ses compatriotes concernant la coexistence – exploitée politiquement – de communautés diverses sur leur territoire : « Qui sommes-nous ? » Cette question, l’Europe, affaiblie par « le suicide que constitua sa guerre de 30 ans » (1914–1945), a le devoir de se la poser, estime l’historien, car elle est menacée par l’évolution de sa démographie au nom d’un « universalisme humanitaire » né de valeurs chrétiennes transposées par les Lumières en droits de l’homme censés s’imposer à tous.Le message est : « Face au mondialisme et au multiculturalisme, évitons que les générations futures ne soient constituées de zombies amnésiques, relevant des deux seules espèces de l’homo festivus et de l’homo oeconomicus. Réapproprions-nous de notre espace et de notre mémoire, et défendons nos racines ! » Quelles sont-elles ?
Parlant de notre héritage indo-européen et de la parenté entre un grand nombre de langues d’Europe et d’Asie, les produits non d’une quelconque idéologie mais d’une Histoire de plusieurs millénaires, Henri Levavasseur cite Heidegger : « Le commencement a fait irruption dans notre avenir ; il y demeure, en nous enjoignant de sa voix lointaine à nous approprier de nouveau sa grandeur. »
Jean-François Gautier évoque le millier de cités helléniques, formées en autant d’Etats indépendants et devenues des modèles pour les arts, les sciences, l’éducation et l’organisation politique de nombre de pays européens. Il rappelle le principe de sagesse plurielle hérité de ce monde : Γνῶθι σεαυτόν. (Hegel lui aussi voyait dans cette maxime un tournant majeur de la pensée en ce qu’elle faisait de la conscience humaine, et non d’un dogme ou d’une doctrine transcendante, l’instance de vérité.)
Jean-Louis Voisin, Thibaud Cassel, Henri Levavasseur inventorient ce que Rome nous a légué, le latin, « un héritage vécu au quotidien », l’organisation du temps et de l’espace, l’organisation sociale fondée sur les notions de citoyenneté et d’égalité juridique, l’idée impériale et l’esprit de concorde, s’appuyant sur les principes d’autonomie et de subsidiarité, tandis que Philippe Conrad réhabilite le Moyen Âge et le christianisme comme vecteurs de l’identité européenne et de continuité morale et culturelle.
Eric Grolier parle des voix de la forêt et du rapport européen à la nature en commençant par citer un poème d’Arthur Rimbaud dont il fait remarquer que les vers ne sont pas ceux d’« un poète chinois, arabe ou wolof » et témoignent d’une sensibilité et d’une esthétique spécifiquement européennes qui se retrouvent dans la musique et la peinture européennes, résonances et images d’un « univers ordonné, accordé à nous-mêmes ».
Distingué philologue classique, Christopher Gérard s’inquiète de la propension de notre civilisation à nier ses valeurs et, par voie de conséquence, à refuser de les transmettre au nom de toute une série d’idéologies, à commettre un suicide sans noblesse par absence de paideia (παιδεία), d’apprentissage de la totalité et de l’harmonie. « Notre paideia se fonde sur deux valeurs qui distinguent l’Europe des autres civilisations », écrit-il, « un insatiable désir de liberté, le besoin irrépressible de se déterminer soi-même, aux antipodes de cet oubli de soi, de la soumission orientale qui force à se prosterner, » et « une conscience de la valeur irremplaçable de la personne humaine », conforme à l’humanisme classique tel qu’exprimé dans le Protagoras de Platon (« L’homme est la mesure de toute chose »), et à une aristocratie de l’effort et du mérite comme sources de noblesse.
« Du passé, faisons table rase », dit l’Internationale, citée par Lionel Rondouin, qui accuse Hobbes d’être à l’origine de toutes les théories de la table rase, du constructivisme politique et du libéralisme économique dont les similitudes résident, d’après lui, dans ce que les hommes, tels des monades, y flotteraient « quelque part dans le plasma inorganique de l’espace et du temps, sans détermination culturelle et historique ». Deux conceptions de sociétés s’opposent de manière fondamentale, écrit-il, les sociétés de l’Être des peuples, de l’identité collective, et celles de l’Avoir des marchands, de la recherche du bonheur, du primat de l’individu libre.
Ce n’est pas le seul endroit de ce manifeste où l’antagonisme entre conservatisme et libéralisme (ici qualifié de « Mondialisme Immigrationniste Marchand ») est affirmé avec vigueur.
Pour Edouard Chanot, le libéralisme dénature le domaine politique qui devrait être nécessairement pluriel comme l’est la réalité et s’appauvrit lorsqu’il est soumis à un ordre particulier, que ce soit la morale, la théologie, le droit, l’économie, voire l’esthétique, car le politique se trouve alors contraint d’« appliquer des concepts au mépris des circonstances et des nécessités ». A cet égard, la modernité libérale, construite sur une vision individualiste de la vie, de la liberté, de la propriété et du bonheur, corromprait la pratique politique, dans la mesure où elle prône l’émancipation absolue de l’individu et, produit d’une culture particulière, elle cherche à s’exporter à la planète entière.
François Bousquet aborde cette autre manifestation de ce qu’il appelle le nihilisme européen que serait la déconstruction, « destitution du sujet, désinstitutionnalisation du pouvoir, délégitimation des savoirs ». Pour lui, la déconstruction consiste à embrasser tout ce qui a été rejeté à la marge du discours européen, l’Autre, et cette mise en exergue de l’altérité rejoint les franges les plus radicales de la philosophie libertarienne dès lors que tout est culture, rien n’est nature, et, selon la formule de Foucault, « l’homme devient entrepreneur de lui-même ».
Qu’est-ce que vivre en Européen aujourd’hui ? C’est la question à laquelle répond Grégoire Gambier pour qui « l’invasion migratoire, sans précédent dans l’histoire de l’Europe » reflète une dénégation des Européens de « persévérer dans leur être », car nous nous laissons imposer « des religions, des cultures, des modes de vie qui nous rendent étrangers à nous-mêmes ». Nous, Européens conscients et fiers de l’être, écrit-il, sommes condamnés à être « insoumis, dissidents et rebelles » et, face à la menace de disparition de notre civilisation, « il nous faut plus que jamais être et durer, mais aussi croire et oser ».
En guise de conclusion, Jean-Yves Le Gallou, cofondateur de l’Institut Iliade et président de la fondation Polemia, invite à s’opposer aux « déconstructeurs » et à affirmer nos valeurs et traditions, notre préférence de civilisation, sous trois formes d’action, politique, individuelle et communautaire. « Ne soyez ni des consommateurs passifs, ni des râleurs stériles ! Soyez des combattants ! » enjoint-il.
Cet ouvrage collectif a pour ambition de « composer un chant polyphonique d’amour et de combat pour l’Europe de demain » à travers les contributions de douze auteurs dont le moindre mérite n’est pas de formuler leur vision des origines de la civilisation européenne et des défis auxquels elle doit faire face, de manière érudite et dans un langage clair et accessible. S’ils s’insurgent contre l’emprise des dogmes et des utopies, les auteurs de cet exercice de synthèse qu’est « Ce que nous sommes » (à lire absolument par les esprits ouverts qui refusent de se laisser endoctriner et inféoder) se démarquent toutefois aussi des conceptions libérales de la société, bien que, par son humanisme classique, la contribution de Christopher Gérard puisse, à certains égards, en faire douter.
« Ce que nous sommes : Aux sources de l’identité européenne » (Pierre-Guillaume de Roux, éditeur).
Thierry Godefridi
Source : palingenesie.com
Acheter Ce que nous sommes. Aux sources de l’identité européenne
Ce que nous sommes. Aux sources de l’identité européenne, sous la direction de Philippe Conrad, édition Institut Iliade / Pierre-Guillaume de Roux, 2018, 199 p. 20 euros, frais de port compris.La Russie, terre promise de l’extrême droite française ?

Source : version colorisée de « Tintin au pays des soviets »
Le premier voyage d’Emmanuel Macron en Russie rappelle au réel une stratégie d’influence russe qui, lors de la campagne présidentielle française de 2017, avait paru amplement jouer la carte de l’extrême droite.
En France, l’orientation à l’Est touche l’ensemble des structures d’une extrême droite historiquement morcelée mais depuis plus de trente ans dominée par le Front national (FN).
Ce mouvement est souvent présenté comme une rupture dans l’histoire des extrêmes droites.
Le rapport intitulé « Les extrêmes droites françaises dans le champ magnétique de la Russie » que nous venons de publier pour le programme sur le soft power russe en France du Carnegie Council, de la Foundation Open Society Institute, en coopération avec l’Open Society Initiative for Europe, cherche à montrer que la question n’est pas conjoncturelle mais structurelle.
La Russie sans les soviets
Bien avant le tropisme pro-russe du FN, on retrouve chez divers collaborationnistes ayant continué à militer après la Seconde Guerre mondiale (avec la constitution d’Internationales comme le Mouvement social européen, le Nouvel ordre européen ou Jeune Europe) une idéologie visant à dépasser les antagonismes entre Européens au bénéfice d’une construction continentale. Pour la plupart, ces mouvements reprennent l’expression de « nationalisme-européen » pour qualifier leur idéologie, selon une formule venant de la propagande collaborationniste.Entre autres, le développement de l’antisionisme dans l’Union soviétique après l’affaire du complot des blouses blanches“ en 1953, les a ensuite convaincus – tout comme les jeunes militants qu’ils formaient – que la Russie pouvait protéger l’Europe de « l’impérialisme américano-sioniste » qui viserait à établir une gouvernance globalisée du monde.
Cette attirance pour la Russie socialiste était souvent comprise comme une évolution de l’extrême droite, qui se serait « gauchisée », alors qu’elle était pourtant la conséquence d’une fidélité aux dogmes les plus intransigeants de l’extrême droite radicale quant à la primeur d’un monde à organiser en grands ensembles ethno-culturels.
Ce fut une erreur analogue qui fut commise quand les radicaux se prirent de passion pour la Russie, une fois l’hypothèse communiste levée par la chute du Mur de Berlin.
Il est vrai que le mythe entretenu par certaines figures de l’extrême droite radicale quant à leur engagement antérieur à gauche contribue à cette illusion : François Duprat co-fondateur du FN et son vrai-faux passé trotskiste, l’essayiste Alain Soral hypertrophiant son histoire avec le Parti communiste français, etc.
Brèves d’Europe
par Patrick Parment
Federica Mogherini, haute représentante pour les affaires étrangères et la politique de sécurité de l’UE.
L’Union européenne vient de se doter d’un règlement général sur la protection des données (RGPD) particulièrement efficace et qui va restreindre le champ des grandes plateformes numériques (Fessebook, etc.). Car ce nouveau règlement ouvre la possibilité de recours collectif en justice.
Les grandes plateformes du numérique vont appliquer ou faire semblant d’appliquer le RGPD, parce qu’il est vital pour elles de continuer à accéder au marché européen, mais les petits vont continuer à souffrir de leur concurrence.
Angleterre. Les Anglais adorent se livrer aux paris les plus loufoques. Et le mariage d’Harry est une superbe occasion : la pluie sera-t-elle de la partie ? Le prince Harry aura-t-il rasé sa barbe rousse ? Elton John chantera-t-il Candle in the Wind en hommage à Diana, la défunte mère du marié ? La reine en bleu, en jaune, en vert ?
Bref, ce mariage très médiatisé renvoie la monarchie anglaise à ce qu’elle est désormais : une monarchie d’apparat ; Buckingham est mûr pour accueillir la téléréalité avec la reine en rock star ! Reste un sens du spectacle unique au monde.
Le mariage d’Harry et de Meghan pourrait rapporter un milliard de livres (1,14 milliard d’euros) en un an, selon les estimations du cabinet de conseil Brand Finance. Ce chiffre englobe aussi bien les retombées commerciales que le tourisme.
Le gouvernement britannique veut se servir de la nouvelle donne avec la Russie pour affirmer sa nouvelle « Fusion Doctrine » en matière de sécurité nationale. La Fusion Doctrine vise à associer, en cas de menace, les ressources de tous les secteurs possibles (communications, santé, économie, etc.) – et non les seuls ministères régaliens –, en faisant appel également au privé.
L’ensemble des informations et la stratégie sont concentrés au niveau du National Security Council, directement rattaché à Downing Street, ce qui permet de réagir très rapidement.
L’ancien maire de Londres Ken Livingstone a démissionné du Parti d’opposition travailliste, emporté par les accusations d’antisémitisme qui pèsent sur lui et moins d’un mois après des élections locales décevantes pour le Labour.
Espagne. Un scandale secoue, comme un vulgaire parti espagnol, la gauche radicale espagnole, Podemos. Le couple formé par Pablo Iglesias et Irene Montero, secrétaire général et porte-parole parlementaire de Podemos, a reconnu avoir acheté une villa de 660 000 euros à La Navata, un quartier huppé à 40 km de Madrid.
Le couple a décidé de s’en remettre à la base. Si celle-ci considère en majorité que l’achat de la villa constitue une « faute politique », alors les deux leaders de la formation radicale démissionneront. Mais au lieu de calmer les esprits, cette annonce a mis le feu aux poudres.
Italie. La Ligue et le M5S se sont mis d’accord sur le nom du futur chef du gouvernement. Il s’agit de Giuseppe Conte, 53 ans, professeur de droit privé à la faculté de Florence et de Rome. Reste que Luigi Di Maio et Mateo Salvini devraient faire partie du prochain gouvernement. Le premier au Travail, le second à l’Intérieur pour durcir la politique migratoire.
Seulement voilà. Selon un scénario digne d’un film de Dino Risi, la presse nous apprend que le CV du brave professeur Giuseppe Conte est en partie bidonné, qu’il n’a jamais étudié à New York ni au Kulturinstitut de Vienne. Pas plus qu’il n’a été expert au sein d’un « Social Justice Group » de l’Union européenne qui n’existe pas. Du coup, le président Mattarella a suspendu sa nomination renvoyant la Ligue et M5S dos à dos.
Insertion dans le contrat de gouvernement des deux partis, l’interdiction d’accès à l’exécutif des francs-maçons, « car en Italie, il ne faut pas penser à la franc-maçonnerie de Garibaldi ou de Mameli [auteur de l’hymne italien, NDLR], mais à celle des cinquante dernières années », en référence à la Loge P2.
Russie. Vladimir Poutine a accueilli Angela Merkel dans un climat d’autant moins tendu que la chancelière est revenue dépitée de ses entretiens avec Trump. Poutine en a profité pour rappeler que « malgré l’environnement international compliqué et les divergences de vues sur un certain nombre de problèmes […], l’Allemagne reste le deuxième partenaire de la Russie, après la Chine. »
Mais il a été fortement question du gazoduc Nord Stream 2 censé relier la Russie à l’Allemagne, via la mer baltique. Controversé, en butte à l’hostilité de la Pologne, le projet double les capacités de son grand frère, Nord Stream, qui, lui, passe par voie terrestre via l’Ukraine. Ce projet contrarie bien évidemment les Américains qui voudraient vendre leur gaz liquide 25 à 30 % plus cher.
« Des navires russes vont patrouiller en permanence cette année en Méditerranée pour contrer la menace terroriste en Syrie, où l’armée russe intervient auprès du régime de Bachar al-Assad », a déclaré le président russe Vladimir Poutine. La Russie dispose de deux bases militaires : une base navale à Tartous et la base de Hmeimim au nord de Lattaquié.
Suède. Stefan Ingves, gouverneur de la Banque centrale suédoise, vient d’exprimer son inquiétude. Constatant que les échanges en liquide ne représentent plus que 20 % du commerce dans son pays, il redoute que cette dématérialisation, qui « profite essentiellement aux banques commerciales » aux capitaux souvent flottants et aux initiatives parfois dangereuses, ne provoque une « crise économique gravissime. »
Les démocrates de Suède, parti populiste, fort de 20 % des intentions de vote, talonne les Modérés (conservateur), relativement stables à 22 %, et n’est plus qu’à 4 points des sociaux-démocrates du Premier ministre Stefan Löfven, le plus petit écart jamais mesuré entre les deux formations par Ipsos. Il devient même le premier parti de Suède chez les hommes (26 %).
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