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dimanche 28 avril 2019

Saint-Loup (écrivain)


Saint-Loup
Nom de naissance Marc Augier
Naissance
Bordeaux (Gironde)
Décès (à 82 ans)
Paris
Activité principale
écrivain, journaliste, militant politique, officier politique de la Waffen-SS, explorateur, alpiniste
Auteur
Langue d’écriture français
Genres
roman d'aventures, récit historique, biographie
Saint-Loup, nom de plume de Marc Augier, est un écrivain français, né le 19 mars 1908 à Bordeaux et mort le 16 décembre 1990 à Paris. Collaborationniste pendant la Seconde Guerre mondiale, engagé dans la LVF puis dans la Waffen-SS, il poursuit après-guerre une carrière d'écrivain et retrace dans plusieurs de ses livres l'engagement sur le front de l'Est.

Jeunesse

Fils d'une famille bourgeoise, il suit sa scolarité au lycée Victor-Hugo où il passe son bac en 19261. Il fait ensuite des études de droit à l'université de Bordeaux1. Il obtient une bourse pour apprendre à piloter. Il effectuera ainsi une vingtaine de vols avant un atterrissage en catastrophe à la suite d'une panne de carburant1. Il va se passionner également pour la moto, créant en 1928 le moto-club de Bordeaux1. Il abandonne alors ses études pour se consacrer à sa passion : Dunkerque-Perpignan en moins de 24 heures, rallye de Monte-Carlo, raid Paris-Athènes, traversée de l'Atlas marocain, etc.1. Il découvre en parallèle l'alpinisme.

Années 1930

Grand sportif, skieur et alpiniste, il s'illustre dans les années 1930 par des expéditions en montagne et en Laponie. Il est l'un des responsables des Auberges de la jeunesse en France. Il entre en 1936 dans le cabinet de Léo Lagrange, sous-secrétaire d'État aux Sports dans le gouvernement du Front populaire2. Séduit par l'Allemagne lors d'un voyage effectué en 1929, ce sympathisant socialiste, journaliste à La Dépêche du Midi et à Sciences et voyages, passe au national-socialisme après la lecture du livre La Gerbe des forces, d'Alphonse de Châteaubriant3, juste avant la guerre. Le national-socialisme apparaît à Augier comme le retour des peuples européens au paganisme des temps anciens, face à la décadence du judéo-christianisme.

Collaboration

Durant l'Occupation, Marc Augier dirige le mouvement Jeunes pour l'Europe nouvelle, l'organe de jeunesse du Groupe Collaboration, et devient rédacteur en chef de l'hebdomadaire collaborationniste La Gerbe, dont le directeur de publication est Alphonse de Châteaubriant. Intégrant le Bureau politique du Parti populaire français (PPF) de Jacques Doriot, il suit ensuite la Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF), en juillet 1942. Blessé et rapatrié, il édite en juin 1943 Le Combattant européen, journal de la LVF4. Il retourne en Allemagne en 1944 auprès de la Waffen-SS française sur le front de l'est, en tant que correspondant de presse attitré. À la fin de la guerre, il transite par le centre de formation de l'Allgemeine-SS allemande à Hildesheim ; il est également responsable de la publication de Devenir, organe officiel de la Division Charlemagne. Il est en avril 1945 en Italie.
Il est condamné à mort par contumace le 15 octobre 19485.

Après-guerre

Clandestin après 1945, il publie sous le pseudonyme de M-A de Saint-Loup un roman, Face Nord. Les ventes du livre, qui remporte un succès d'édition en France, lui permettent de payer son voyage pour l'Argentine. Il est un temps instructeur dans l'armée argentine, et aurait donné des cours de ski à Eva Peron6. Il publie un roman, La Nuit commence au Cap Horn, qui manque de lui valoir le prix Goncourt avant que l'identité de l'auteur ne soit révélée par Le Figaro Littéraire ; parmi les jurés, seule Colette ne rétractera pas son vote à la suite de la polémique6. Revenu en France après huit ans d'exil il se constitue prisonnier en 1953. Son procès devant le tribunal militaire est défendu par son avocat Me Jean-Baptiste Biaggi qui lui obtiendra une condamnation à deux ans de prison aussitôt gracié par l'amnistie7,
Saint-Loup poursuit ensuite une carrière d'écrivain et de journaliste, publiant plusieurs livres consacrés à la LVF (Les Volontaires) et à la Waffen-SS française (Les Hérétiques, Les Nostalgiques) ou belge (Les SS de la Toison d'or). Son œuvre est marquée par la recherche de l'aventure et du dépassement de soi ainsi que par l'hostilité à la philosophie chrétienne. Il se fait aussi le chantre des « patries charnelles » en publiant divers romans consacrés aux mouvements régionalistes et à la survie de l'homme en milieu sauvage. Il est pour Stéphane François l’un des principaux vecteurs du néopaganisme racial inspiré par le souvenir de la SS dans les années 19608.
En , il cofonde l'Association des amis du socialisme français et de la Commune9.
Grand amateur de moto, il s'intéresse également aux véhicules motorisés en publiant notamment des biographies des constructeurs automobiles Louis Renault et Marius Berliet. Son dernier roman, La République du Mont-Blanc, synthétise ses thèmes de prédilection en dépeignant la survie, en pleine montagne, d'une communauté de Savoyards fuyant le « métissage » et la « décadence ».
En 1991, l'Association des amis de Saint-Loup édite le recueil Rencontres avec Saint-Loup, avec des contributions de Philippe Conrad, Savitri Devi, Robert Dun, Henri Fenet, Myron Kok (af), Jean-Paul Le Perlier, Éric Lefèvre, Bernard Lugan, Jean Mabire, Michel Marmin, Christine Mauduit, Jean-Jacques Mourreau, Goulven Pennaod, Bruno Racouchot, Olivier Racouchot, Philippe Randa, Éric Simon-Marienne, Jean-Claude Valla et Pierre Vial10. Saint-Loup est particulièrement cité en référence par certains auteurs et militants néo-païens, comme Pierre Vial ou Jean Mabire.

Bibliographie

Le ski en Laponie finlandaise

  • Solstice en Laponie (Marc Augier), Ed. du Contadour, 1940
  • Les skieurs de la nuit: un raid de ski-camping hivernal en Laponie finlandaise (Marc Augier), Éd. Stock, 1944 (Refonte de Solstice en Laponie)

La Seconde Guerre mondiale

  • Le dialogue franco-allemand : Jeunesses d'Europe unissez-vous ! (Marc Augier), groupe "Collaboration", 1941
  • Les jeunes devant l'aventure européenne (Marc Augier), groupe "Collaboration", 1941
  • J'ai vu l'Allemagne (Marc Augier), Éd. Sorlot, 1941; Éd. le Flambeau,1991 (suivi de Portrait d'Alphonse de Châteaubriant et de deux conférences données dans le cadre du groupe "Collaboration")
  • Les copains de la belle étoile (Marc Augier), Éd. Denoël 1941
  • Les partisans, Éd. Denoël, 1943
  • Les volontaires, Presses de la Cité, 1963 ; Éd. du Trident, 1986
  • Les hérétiques, Presses de la Cité, 1965 ; Presses Pocket, 1972; Éd. du Trident, 1986
  • Les nostalgiques, Presses de la Cité, 1967 ; Presses Pocket, 1971; Éd. du Trident, 1986
  • Les voiliers fantômes d'Hitler : aventures vécues, Presses de la Cité, 1973
  • Les SS de la Toison d'Or : Flamands et Wallons au combat, 1941-1945, Presses de la Cité, 1975
  • La division Azul : croisade espagnole de Leningrad au Goulag, Presses de la Cité, 1978
  • Götterdämmerung - Rencontre avec la bête : témoignage 1944-1945, Art et histoire d'Europe, 1986, Ed. de l’Homme Libre, 2012
  • Sergent Karacho, Éd. le Flambeau, 1994 (annoncé en 1945)
  • Hitler ou Juda ? Un second procès de Nuremberg, Cercle du Chêne, 2007 (paru en 1977 en espagnol)

L'aviation

La mer

  • La mer n'a pas voulu - Histoires de naufrages heureux, Éd. Arthaud, 1978

La montagne

  • Face nord, Éd. Arthaud, 1950; Art et histoire d'Europe , 1986
  • Monts pacifiques, de l'Aconcagua au Cap Horn, Éd. Arthaud, 1951
  • Le pays d'Aoste, Éd. Arthaud, 1953; F. Lanore , 1975
  • La montagne n'a pas voulu, Éd. Arthaud, 1953; Ed. Slatkin 1978
  • La peau de l'aurochs, Éd. Plon, 1954 (Grand prix biennal de littérature); Éd. de l'Homme libre, 1999
  • Montagne sans Dieu, Éd. Amiot-Dumont, 1955

L'industrie

Les patries charnelles

L'aventure

  • La nuit commence au Cap Horn: un génocide de droit divin, Plon, 1952; Presses de la Cité, 1965; Avalon, 1986; Transboréal, 2014
  • Le roi blanc des Patagons, France Club, 1964; Éditions Godefroy de Bouillon, 1996
  • Une moto pour Barbara, Presses de la Cité, 1971
  • La montagne n'a pas voulu, la mer n'a pas voulu, le ciel n'a pas voulu, Ed. Gergovie, 1998 (Recueil regroupant les trois ouvrages précédemment publiés individuellement)

Le scoutisme

  • L'enfant en plein air, Ed. Gergovie, 1998

L'armée

Les préfaces

  • Les commandos du Reich, Otto Skorzeny, Ed. Déterna, 2002
  • Opérations secrètes, Otto Skorzeny, Ed. Déterna, 2002

Bibliographie

  • Francis Bergeron, Saint-Loup, collection "Qui suis-je?", Pardès, 2010.
  • Philippe Carrard, Nous avons combattu pour Hitler, Armand Colin, 2011.
  • Jérôme Moreau, Sous le signe de la roue solaire : Itinéraire politique de Saint-Loup, L'Æncre, 2002.
  • Pascal Ory, Les Collaborateurs, Seuil, 1980.
  • Jean-Félix Lapille, Une parousie européenne : La Gerbe (1940-1944), mémoire de Master, université Paris 1, 2016, 237 p

Voir aussi

Notes et références

  1. a b c d et e "Saint-Loup [quand les chemins de traverse conduisent au front de l'Est] par Patrick Rouveirol, dans Histoires(s) de la dernière guerre, no 16, , janvier-février 2012, pp. 72-75.
  2. Carrard, op. cité, p. 292.
  3. Saint-Loup, J'ai vu l'Allemagne, Le Flambeau, 1986.
  4. Carrard, op. cit., p. 293.
  5. AN Z/6/337, dossier n° 3627
  6. a et b Dominique Venner, Histoire de la Collaboration, Pygmalion, , 766 p. (ISBN 9782857046424), p. 536
  7. Histoire interdite : nazis français, nazis allemands, de la fuite à la traque
  8. Stéphane François, Le nazisme revisité : l'occultisme contre l'histoire, Berg International, , 123 p. (ISBN 9782917191088), p. 74
  9. Jean-Yves Camus et René Monzat, Les Droites nationales et radicales en France : répertoire critique, Lyon, Presses universitaires de Lyon, , 526 p. (ISBN 2-7297-0416-7), p. 425.
  10. http://journals.openedition.org/babel/1316 [archive].

Quand, dans la boutique nationaliste, on entre la valeur "Charlemagne", on obtient :

samedi 27 avril 2019

De sortie hier soir avec mes trois potes et ma copine


Une superbe image

Journal Militant - Fin de cycle et élections européennes



Fin de cycle et élections européennes

Ce mois d’avril 2019 a débuté par un énième remaniement ministériel. A l’ignoble porte couteau Griveaux succède une Sénégalaise naturalisée en 2016 comme porte-parole du gouvernement de leur République qui « assume parfaitement de mentir pour protéger » son chef. Ainsi, de jeunes ambitieux à la moralité douteuse, arborant quelques diplômes réputés sanctionnant un savoir lacunaire et une absence d’expérience de la vie réelle sont censés diriger des « manants », adeptes de la « clope » et censés être drogués au 20 heures télévisuel.
Tout cela fonctionne de moins en moins bien, mais l’oligarchie continue à jouer la même pièce depuis plus de quarante ans. Seuls les acteurs, toujours plus mauvais, changent. Elle pense que son petit jeu, qui a réussi durant des décennies, le peut encore. Or l’oligarchie est intellectuellement vide. De pensée, elle n’en a point d’autre que le prêt à penser qui lui est servi dans leurs écoles, Science Po, Hec, Ena, etc. et n’a d’autre horizon que « gérer ». Ce sont des âmes mortes qui, comme l’écrivait Péguy en juillet 1914, ont succombé à l’accumulation de leur paperasserie, de leur bureaucratie. On se retrouve avec des gens qui ne connaissent rien à la réalité, rien à la vie quotidienne, rien à l’économie et fonctionnent en vase clos.
Avec le choc pétrolier de 1974, nous sommes entrés dans un cycle de déclin français, accéléré par Mitterrand et aggravé par ses successeurs. Ce cycle, c’est la volonté de l’arrimage monétaire à l’Allemagne dont l’effet, à travers l’euro qui est un mark faible et un franc fort, déprime notre économie ; c’est l’incapacité à lutter contre la désindustrialisation ; c’est l’accélération non maîtrisée des dépenses des pouvoirs publics ; c’est l’immigration massive allogène enclenchée par la loi Giscard-Chirac sur le regroupement familial et source d’un fardeau financier toujours alourdi (en France 60% des envahisseurs sont illettrés contre 30 % en Grande-Bretagne et … 5 % au Canada) ; c’est libéralisme des mœurs banalisé dès 1968, continué par la loi Veil et aggravé par les lois sur le mariage des invertis, sur la PMA, etc. ; c’est la dégradation de la qualité de l’enseignement et de la formation technique des jeunes générations dont le rôle est central dans la croissance économique.
En 2019, alors que les mentalités ont peu évolué, nous arrivons en fin de partie, tandis que le monde est entré dans une nouvelle ère depuis quinze ans avec les technologies numériques, les GAFA, le réveil chinois, la reprise en main de la Russie, la crise du Proche-Orient et l’invasion migratoire subséquente, l’agressivité islamique, la déliquescence de l’Europe occidentale et cette réaction épidermique qu’est la montée des mouvements populistes.
Politiquement, outre la baisse du niveau du personnel politique, nous assistons à la disparition des grands récits fédérateurs susceptibles de structurer l’électorat dans la durée et au déclin conjoint des partis politiques traditionnels qui structuraient (même formellement) la vie politique. Cela se conjugue à une défiance croissante à l’égard du système représentatif, tandis que nos sociétés sont marquées par une fragmentation sociale et culturelle due au multiculturalisme et par la césure irrémédiable entre une minorité dénationalisée, acquise au mondialisme et le reste du peuple, agressé dans sa chair. Cette délégitimation du pouvoir engendre un « dégagisme » qui fait émerger des personnages politiques sans assise électorale solide, fragilisant un peu plus l’ensemble. Il ne faut pas s’étonner, dès lors, que soit apparu un mouvement comme celui des Gilets jaunes.
Pourtant, rien ne change. L’oligarchie d’Anti-France continue imperturbablement son entreprise de destruction, feignant d’ignorer le légitime rejet dont elle est l’objet de la part des Français, les réprimant sans ménagement lorsqu’ils manifestent en jaune, les réduisant à l’état de voyous incultes et, pire encore selon son registre de bien pensance, du péché suprême d’antisémitisme, bien que ce petit jeu fonctionne de moins en moins. Que nous propose Macron ? De vendre les infrastructures de la France aux étrangers, comme les aéroports, d’accélérer le fédéralisme européen alors que l’U.E. s’enfonce dans une impasse, de dissimuler une politique migratoire laxiste. Comme ses prédécesseurs, il s’empresse d’aller au dîner du CRIF, de pratiquer l’islamophilie. Mais il est vrai, qu’il y est encouragé par une Eglise qui, à la suite de François zéro, vante les mérites de l’accueil des « migrants ». Les contrôles réglementaires de nature carcérale et de tous ordres ne vont pas cesser. L’Etat va installer de nouveaux radars en nombre encore plus grand et supposés résister aux dégradations … jusqu’à ce que les Français, exaspérés, leur montrent le contraire.
Tourné vers son rêve européiste, Macron qualifie le nationalisme de « lèpre » et vante son projet cosmopolite et mondialiste, autrement dit un projet d’Anti-France, d’anti civilisation européenne. En effet, la fracture révélée en France par la crise des Gilets jaunes s’étend à toute l’Europe, sous des formes diverses, avec la montée des partis dits populistes et avec l’opposition de plus en plus frontale entre Bruxelles, le tandem franco-allemand d’une part et les peuples d’Europe centrale emmenés par Viktor Orban.
Actuellement, les grandes questions du moment n’engendrent qu’un chaos idéologique et politique, une absence de réponse cohérente. Aucune force politique n’est en mesure de proposer un projet collectif crédible et cohérent.  En dépit de quelques nuances, partout règne le même sentiment d’impuissance, de médiocrité et de précarité politiques. En France, Macron n’est fort que de la médiocrité ou de la fragilité de ses oppositions.
Seuls les nationalistes ont un projet cohérent, solide, parce qu’ancré dans une tradition de 2000 ans d’histoire et fondé sur la doctrine nationaliste, fruit de l’expérience de l’histoire et pensé en fonction du seul intérêt des peuples. C’est la raison pour laquelle l’oligarchie les diabolise, les persécute, veut les museler.
Les prochaines élections au parlement de l’U.E. vont révéler cette lutte entre les peuples qui ne veulent pas mourir et les agents du projet mondialiste, dont Macron se veut le champion.
 Aucun facteur de déstabilisation n’est à négliger : si les « eurosceptiques » dominent, ce ne sera certes pas l’estocade, mais une banderille de plus, après le Brexit, aura été plantée dans ce projet, déjà agonisant en Europe, réalité que peu de gens ont saisie. N’en attendons rien de plus. En France, par exemple, un parti comme le Rassemblement national défendra une position au vernis nationaliste comme une poutre vermoulue soutient un toit. Mais, dans le cas précis de cette élection, à la différence d’élections présidentielles ou législatives, il est d’intérêt révolutionnaire, en l’absence de liste nationaliste authentique, d’urner en faveur d’une liste eurosceptique, afin de contribuer à donner une chance d’entraver, tant soit peu, le « machin » bruxellois et ceux qui l’animent.
MILITANT.
Éditorial de MILITANT n° 714 d’Avril 2019

SOMMAIRE :
Fin de cycle et élections européennes (Militant)………………………………………………………………………… page 3
Le gazoduc Nordstream 2, un concentré de conflits d’intérêts (Nicolas OUGAROV)……………………… pages 4 et 5
Transgression et transhumanisme (André GANDILLON) ……………………………………………………………pages 6 à 10
Les investissements chinois en Europe, signe de déclin européen (Maurice GUFFROY)  ………………..pages 11 à 13
Les néo réactionnaires de la Silicon Valley (Albert FOEHR)………………………………………………………… page 14
Le problème de Macron : comment bâillonner les Français (Emile MALLIEN)……………………………… page 15
Chronique impertinente……………………………………………………………………………………………………………..page 16


Source 

Vincent Reynouard - Ensemble pour sauver l’Europe blanche

Suite au deuxième épisode de la série « Face au Grand Remplacement, pour un vrai réveil de l’Occident », un Internaute interpelle Reynouard : « Il ne s’agit pas de l’effondrement de notre société blanche et chrétienne, il s’agit d’une invasion sémite (muzz et juifs). Dire que notre civilisation s’écroule est faux : c’est nous obliger à affronter un futur incontournable. Ce qui est une abomination. Nous sommes envahis, et nous devons nous libérer. Point à la ligne. » Dans cette vidéo, Vincent Reynouard répond. 

vendredi 26 avril 2019

Sortie du numéro 85 de Rébellion : Rêver n'est plus interdit !


Rébellion Diffusion
 
Ven 26/04/2019 10:21
 
Le numéro 85 de Rébellion est sortie ! Avec au sommaire :

Edito : Rêver n’est plus interdit ! 

Dossier actualité : Gilets Jaunes et colère noire ( Louis Alexandre)

Parole d’une gilets jaunes ( Camille Mordelynch)

Vivre et travailler au pays -l' Ecologie en Gilet Jaune( Guillaume Le Carbonel) 

Le mouvement des gilets jaunes du point de vue afrodescendant ( Dany Colin) 

Histoire : Easter Rising 1916, l’insurrection irlandaise ( Pierre Lucius)

Dossier Culture : Utopie ou barbarie 

La Grande-Bretagne, terre d’Utopie ( Louis Alexandre)

William Morris, l’artisan utopiste ( Pauline Grandin) 

Uchronies : une histoire permanente ( Pierre Lucius) 


jeudi 25 avril 2019

La Ligue de défense noire africaine veut effacer Saint Louis et de Louis XIV de notre paysage


La Ligue de défense noire africaine vient de lancer sur les réseaux sociaux une nouvelle campagne revendiquant d’effacer les traces de Saint Louis, de Louis XIV et du général De Gaulle. Précédemment, ce groupuscule avait déjà pris pour cible la statue de sainte Jeanne d’Arc, sise place des Pyramides à Paris.

Et si ces énergumènes qui n’aiment pas la France ni son histoire retournaient tout simplement en Afrique ? Que l’on sache, personne ne les retient ici. Bien au contraire !

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Les Identitaires et la recomposition des droites


Les Identitaires et la recomposition des droites



Source inconnue (pinterest)

Voici une version française de Jean-Yves Camus, « Die Identitäre Bewegung oder die Konstruktion eines Mythos europäischer Ursprünge », Gudrun Hentges, Kristina  Nottbohm, Hans-Wolfgang Platzer, dir., Europäische Identität in der Krise ?, Springer, 2017, pp. 233-247.

Le terme « identitaire » désigne habituellement depuis le début des années 2000, le Bloc identitaire (BI), ses pseudopodes locaux et déclinaisons sous d’autres dénominations (Génération identitaire ; Les Identitaires, connus pour leur activisme, leur présence sur internet et les réseaux sociaux ainsi que pour leur participation au système électoral (entre 2005 et 2017) puis leur retour à la fonction d’avant-garde militante et idéologique laissant le terrain électoral au FN/RN. Les Identitaires ne sont que la partie la plus visible d’une mouvance plus large, la mouvance identitaire, archipel de groupes concurrents dont l’objectif essentiel est l’action métapolitique. Celle-ci a pour objectif de diffuser un certain nombre de thèmes dont l’origine se trouve dans le travail de la Nouvelle Droite des années 1970-80 : refus de la société multiculturelle ; sens de la communauté militante ; opposition à l’immigration extra-européenne ; ethno-différentialisme ; refus du nationalisme jacobin et valorisation des « patries charnelles » ; attachement à l’Europe des ethnies et non au souverainisme hexagonal anti-européen. Grâce à un réel professionnalisme dans l’utilisation du web et des réseaux sociaux, le BI a contribué à faire connaître des idées telles que le « grand remplacement » ou la « remigration ». Vivier de cadres pour le le FN, il a néanmoins un logiciel idéologique propre et, avec Marine Le Pen, des désaccords de fond sur les identités régionales, l’Europe, l’Islam et la définition de l’identité nationale. Avec des opérations médiatisées comme affrètement du C-Star ; l’opération de patrouilles aux frontières au col de l’Échelle et l’occupation des locaux de SOS-Méditerranée à Marseille, le mouvement possède aussi une dimension consistant à endosser des actions et des mots d’ordre que la politique de normalisation du FN ne lui permet pas d’assumer.
Nous n’en oublierons pas pour autant la mouvance identitaire en dehors du BI. Celle-ci comprend d’autres groupuscules dont les thèmes sont soit identiques (Réseau Identités1) soit orientés de manière plus radicale vers un racialisme de type völkisch (Terre et Peuple2), soit privilégiant un esprit communautaire s’inscrivant dans la postérité du Mouvement de Jeunesse allemand dans sa composante bündisch (Europe Jeunesse3). Dans la lignée du GRECE (Groupement de Recherches et d’Etudes pour la Civilisation Européenne), l’ensemble des mouvements identitaires cherche à promouvoir une identité française inscrite dans un héritage européen, en postulant une filiation directe et ininterrompue avec les Indo-Européens définis en tant que peuple historique, porteurs d’un schéma d’organisation sociale, de valeurs culturelles et de mythes qui constituent « la plus longue mémoire »4 de la civilisation européenne. Très réduite au plan des effectifs militants, éclatée en de multiples organisations concurrentes, cette mouvance n’en a pas moins eu une influence sur le Front national et, d’une manière moins perceptible, sur l’évolution des idées politiques en France, puisque le simple mot « identitaire », ignoré avant la décennie 2000 en dehors de l’extrême-droite5, est désormais entré dans l’usage courant, au terme d’une évolution que les militants du « gramscisme de droite » considèrent être une victoire de la guerre des mots qu’ils ont engagée.

« Identitaire » : genèse d’un concept

“Le désir d’égalité, succédant au désir de liberté, fut la grande passion des temps modernes. Celle des temps postmodernes sera le désir d’identité. Alain de Benoist, figure de proue de la “Nouvelle droite”, énonçait cette prédiction en 1977 dans son ouvrage Vu de droite. La genèse idéologique de la famille néo-droitière, sur laquelle Pierre-André Taguieff6 a produit une œuvre de référence, permet de comprendre comment et pourquoi la notion d’identité a pris le pas, dans ces milieux, sur celui de Nation. C’est le passage du nationalisme français (« hexagonal ») à la valorisation de l’identité européenne, théorisé par le mouvement Europe-Action au milieu des années 60, qui a bouleversé les références de l’extrême-droite française en produisant une fracture non réparée à ce jour. Celle-ci sépare les souverainistes intégraux, pour qui aucun niveau de souveraineté n’est légitime hormis l’État-nation (c’est l’idée des néo-fascistes de Jeune Nation et de l’Œuvre française, des royalistes, mais aussi du Front national), des identitaires pour qui l’État-nation est un cadre intermédiaire entre l’enracinement dans une région (au sens du « Heimat » allemand) et l’appartenance à un cadre civilisationnel qui est celui de l’Europe.
L’identité individuelle du citoyen est, pour les souverainistes intégraux du FN, française au sens où la Révolution de 1789 a défini ce mot, c’est-à-dire (théoriquement) ouverte à tous ceux qui, indépendamment de leur origine et de leur religion, acceptent le pacte républicain. Ainsi par exemple, le FN veut interdire l’expression de l’islam politique, mais il ne professe pas d’incompatibilité entre être musulman et être citoyen, même si son idéal est l’assimilation et non l’intégration7. La mouvance identitaire par contre, est ethno-différentialiste : pour elle, chaque peuple, chaque culture, ne peut s’épanouir que sur son territoire d’origine ; le métissage est vu comme un facteur de décadence ; le multiculturalisme comme un projet pathogène, produisant criminalité, perte des repères et au final, possibilité d’une « guerre ethnique » sur le sol européen, entre « européens de souche » et « allogènes » afro-maghrébins et en tout cas musulmans8. Au plan des projets politiques, le FN et les identitaires partagent de plus en plus le constat du « Grand Remplacement ». Cette théorie, popularisée par l’écrivain souverainiste et identitaire Renaud Camus9, affirme que le substrat ethnico-religieux du peuple français est en passe de changer totalement de nature, en raison d’une immigration de peuplement d’origine extra-européenne. Les deux sous-familles de l’extrême-droite divergent par contre sur la manière de répondre à ce constat. Le FN souhaite limiter strictement l’immigration légale, voire la faire diminuer par le renvoi de certaines catégories d’étrangers10, la mouvance identitaire propose la « remigration », c’est-à-dire le rapatriement organisé et obligatoire (bien que théoriquement négocié avec les États étrangers) des extra-européens vers leur pays « d’origine »11.
Dans l’ordre chronologique, le terme « identitaire » apparaît dans le vocabulaire de la Nouvelle droite. La stratégie métapolitique du GRECE, dès le milieu des années 1980, conduisit la Nouvelle Droite à abandonner le racisme hiérarchisant et à prendre ses distances avec l’action proprement politique, certains de ses animateurs, Pierre Vial et Jean Mabire en particulier, fondant le mouvement Terre et Peuple. C’est dans les colonnes de son magazine éponyme que dès le second numéro (hiver 1999), Pierre Vial consacre son éditorial au « Mouvement identitaire ». A peu près à la même époque un autre ancien cadre du GRECE, Guillaume Faye, publie une série de livres largement lus et commentés dans la mouvance nationaliste, qui évoquent à la fois l’inévitable « guerre raciale », le nécessaire retour aux traditions ancestrales indo-européennes et la centralité du concept d’identité dans le combat idéologique12.
Revenant en fait à la théorie du conflit racial exposée par la revue Europe-Action, il affirme la valeur positive de l’ethnocentrisme, qui est pour lui une « conviction mobilisatrice, propre aux peuples longs-vivants, que celui auquel on appartient est central et supérieur et qu’il doit conserver son identité ethnique pour perdurer dans l’histoire ». Il complète son propos par un aveu de taille : « vrai ou faux “objectivement”, peu importe: l’ethnocentrisme est la condition psychologique de la survie d’une peuple (ou même d’une nation) dans l’histoire ». Autrement dit : la généalogie des peuples européens que retrace la mouvance identitaire n’a pas nécessairement à voir avec l’histoire : elle tient du mythe mobilisateur. Là où Faye, comme Vial, restent toutefois en lisière de l’action partisane13, un acteur émerge au début des années 2000, qui va associer le terme « identitaire » à un parti politique : c’est le Bloc identitaire.

Le Bloc identitaire : du nationalisme-révolutionnaire à la périphérie du FN

Crée officiellement le 6 avril 2003, le Bloc identitaire n’émerge pas à partir du néant. Pour un certain nombre de ses dirigeants dont Fabrice Robert et Philippe Vardon, il est la continuation de leur engagement nationaliste-révolutionnaire dans les rangs des mouvements Nouvelle Résistance (1991-98) et Unité Radicale (1998-2002), dont la figure de proue était Christian Bouchet14. Nous avons en 1998 montré comment déjà, les deux groupes en question articulaient leur discours autour de deux thèmes : la recherche de nouvelles convergences entre radicaux de droite et de gauche, dans un projet de confrontation idéologique entre « la périphérie » et « le centre » ; et la mise en avant des ethnies comme référence première des identités personnelles et collectives, au détriment de la Nation, perçue comme une entité abstraite, voire destructrice des particularismes locaux15.
Le Bloc identitaire a conservé le second de ces fondamentaux, mais il a abandonné le premier, en affirmant nettement son identité de droite et en prenant en compte la quasi-impossibilité, pour un groupe activiste, d’avoir une audience autre que marginale, dans un contexte où le camp nationaliste est tout entier accaparé par la force électorale du Front national (28% des voix aux élections régionales de décembre 2015). En date de 2016, il a adopté un positionnement original, qui lui permet de continuer à s’exprimer en tant que force politique autonome tout en en se plaçant dans l’orbite du FN. Depuis décembre 2015, Philippe Vardon et Benoît Loeillet, deux de ses animateurs historiques à Nice, sont conseillers régionaux de Provence-Alpes-Côte d’Azur, respectivement placés en cinquième et septième position sur la liste frontiste des Alpes-Maritimes. D’anciens cadres de la mouvance (André-Yves Beck à Béziers16) ou d’autres plus récents (Damien Rieu à Beaucaire17, toujours actif au BI), occupent ou ont occupé des fonctions au cabinet de maires frontistes ou « Rassemblement Bleu Marine » élus en 2014.  Une cinquantaine de militants identitaires ont, aux municipales de 2014, été candidats sur des listes FN ou RBM18.
Comment s’est effectuée cette évolution et à quelle logique répond-elle ? Après la dissolution d’Unité radicale, le 6 août 2002, qui suivit l’attentat manqué contre le Président Chirac commis le 14 juillet précédent, trois options étaient ouvertes pour les militants, outre l’abandon de la politique : continuer sous un autre nom et en se repliant sur la métapolitique et la géopolitique (c’est ce que fit Christian Bouchet avec son Réseau radical), tomber dans la surenchère de l’activisme violent19 ou devenir un mouvement politique légal, prenant ses distances avec les formes extérieures de la radicalité et révisant au besoin certaines de ses positions passées. Le Bloc identitaire naquit ainsi en avril 2003 et se transforma en parti politique lors de la convention tenue à Orange en octobre 2009. Les Jeunesses identitaires, au départ mouvement de jeunesse du BI, furent présentées dès 2005 comme une formation autonome, bien que les liens interpersonnels entre animateurs des deux structures fussent suffisamment étroits pour suggérer une quasi-identité entre elles. Depuis septembre 2012, date à laquelle Génération identitaire a pris le relais, la distinction d’avec le BI subsiste. Elle permet au BI de ne pas avoir à endosser la responsabilité politique et judiciaire d’actions susceptibles de donner lieu à des poursuites pénales, comme l’occupation du toit de la mosquée de Poitiers (20 octobre 2012) ou, le 26 mai 2013, l’intrusion dans les locaux du Parti Socialiste à Paris.
Se définissant comme la « première ligne de la résistance », mais également comme « un clan » qui se dresse « face à la racaille, face à ceux qui veulent fliquer notre vie et nos pensées, face à l’uniformisation des peuples et des cultures, face au raz de marée de l’immigration massive, face à une École qui nous cache l’histoire de notre peuple pour nous empêcher de l’aimer, face à un prétendu vivre-ensemble qui vire au cauchemar »20, Génération identitaire a une posture de combat, comme en témoigne son emblème, le « lambda » majuscule qui ornait le bouclier des Spartiates. Le BI lui, cherche à montrer l’image d’un mouvement plus politique qu’activiste, doté d’un programme charpenté, qui repose sur quatre axes21 : une « vision de l’homme enracinée dans ses communautés naturelles et historiques », donc ethno-différentialiste, en ce sens qu’elle postule l’incompatibilité de l’islam et de toute forme d’immigration extra-européenne avec la culture de notre continent ; l’opposition à « la globalisation économique, celle qui écrase les peuples », ce qui conduit le BI à se réclamer d’un refus de la marchandisation du monde inspirée par les thèses de la Nouvelle droite ; la prétention à incarner l’écologie sous la forme du localisme, de la lutte contre la démesure (hubris), voire d’une certaine décroissance, mais aussi de l’écologie des peuples22 et enfin construction d’une « Europe politique puissante dégagée de l’OTAN » et « élargie à la Russie ».
Les diverses composantes de ce programme conduisent le BI et ceux de ses cadres qui sont désormais dans l’orbite du FN à pencher résolument en faveur des positions de Marion Maréchal Le-Pen plutôt que de celles de Marine Le Pen ou Florian Philippot. Si les liens sont de nature géographique (Marion Maréchal a dirigé la liste FN en Provence-Côte d’Azur, bastion du BI), ils sont aussi idéologiques. Les identitaires ne sont pas des souverainistes absolus. Leur nationalisme français admet un enracinement dans des régionalismes (breton, provençal, alsacien, etc…) et une articulation avec le sentiment d’appartenance à une culture européenne permettant de dépasser l’idée de Nation. Dans leur période de jeunesse militante, certains ont cru trouver cet idéal dans la pratique des rituels néo-païens (de type solstice) et la référence indo-européenne. Des groupes comme Europe-Jeunesse et Terre et Peuple s’y adonnent encore. Toutefois les cadres du BI ont ensuite réalisé que de telles références, si elles permettaient de conserver un « folklore » militant et une culture de témoignage, cadraient mal avec l’évolution vers l’âge adulte et la volonté sinon de toucher les masses, du moins de jouer un rôle de laboratoire d’idées pour le seul parti nationaliste doté de perspectives de participation au pouvoir ( le FN) et plus largement, pour une grande famille des droites qui concilierait organicisme et défense des libertés économiques, promotion des valeurs morales traditionnelles et modernité, volonté d’abattre le « système » et utilisation décomplexée du marqueur politique de droite. Soit précisément ce qui constitue l’agenda idéologique de Marion Maréchal et à quoi s’oppose le « ni droite, ni gauche » de la direction nationale du parti.
L’un des aspects les plus originaux du parcours intellectuel du Bloc identitaire est par ailleurs la capacité à se réclamer d’une identité européenne influencée, dans les années 1990 par la Nouvelle droite et des écrivains comme Jean Mabire et Dominique Venner pour aboutir, 25 ans plus tard, à une synthèse entre références européennes et catholicisme traditionnel. Pour comprendre ce chemin intellectuel, il faut scruter l’évolution de Dominique Venner lui-même dont le BI semble avoir été proche puisqu’au lendemain de son suicide, le 23 mai 2013, le mouvement saluait « le soldat, le militant, l’intellectuel (…) le camarade qui, naguère encore, nous accordait de son temps et nous prodiguait son amitié »23.

Réconcilier « la plus longue mémoire » et le christianisme

En se donnant la mort le 21 mai 2013 dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, l’écrivain et essayiste Dominique Venner, modèle des générations identitaires au sens large, depuis Europe Action (1964) jusqu’au BI en passant par la Nouvelle droite, a surpris, voire choqué, plus d’un militant de cette droite radicale française dont il avait été une des icônes dans l’activisme, le passage du nationalisme hexagonal au nationalisme européen et enfin la réflexion métapolitique néo-droitière. « Suicide d’un opposant au mariage pour tous » ; « suicide d’un ex-OAS »: ainsi a été annoncée sa mort dans la presse généraliste. Une analyse pour le moins superficielle pour un geste symbolique qu’il convient d’interpréter autrement, si l’on veut comprendre l’idéologie identitaire. Cet historien et essayiste avait été de tous les combats de l’extrême-droite du milieu des années 50 à celui des années 60, décrivant son idéal comme un « ordre militaire et mystique». Il avait ensuite cessé de militer dans des groupes voués selon lui à un activisme stérile et était devenu une des figures de la « Nouvelle droite », dont il partageait l’ethno-différentialisme, le paganisme et l’élitisme. C’est chez lui, en particulier, que le mouvement identitaire a puisé tout le vocabulaire du « soldat politique », du héros spartiate, du code de l’honneur. Venner, comme nombre d’identitaires au départ, était païen, mais il se donne la mort dans une cathédrale. En choisissant ce lieu, pour commettre un acte de surcroît explicitement interdit par la religion chrétienne, il pose Notre-Dame non plus comme un lieu de prières mais comme un symbole du « génie européen » dont se réclama en héritage la mouvance identitaire.
Il transforme la croyance, le dogme, en religion nationale, en composante fondamentale de l’identité française et européenne à laquelle il n’est pas indispensable de croire pour se reconnaître en elle, mais qu’il est indispensable de considérer comme la religion qui a façonné la France pour être français. Il se donne en outre la mort à un moment précis : celui des manifestations, auxquelles participent les Identitaires contre le « mariage pour tous ». Son suicide est un geste à portée politique, qu’il motive ainsi : « Je crois nécessaire de me sacrifier pour rompre la léthargie qui nous accable »24. Le malentendu est de croire qu’il réduisait cette « léthargie » au vote du mariage pour tous. Comme la majorité de son camp politique, il était persuadé que cette loi s’inscrivait dans un contexte général, celui de la destruction programmée, voire déjà largement achevée, de la civilisation européenne par le « mondialisme ». Pour lui cette fin imminente de civilisation résultait au premier chef de ce qu’il appelait «  le crime visant au remplacement de nos populations ». C’est-à-dire le changement, selon lui imposé, structurel et définitif du substrat ethnique français et européen par l’immigration et le métissage. Il avait soutenu le Printemps français tout en distinguant bien en son sein deux composantes: une catholique, conservatrice et bourgeoise dont il n’attendait rien et une » identitaire » de laquelle il espérait un sursaut. Cette dernière n’était pas réductible au BI mais elle l’incluait, comme d’autres organisations de la même mouvance parmi lesquelles on peut citer la fondation Polémia, de Jean-Yves Le Gallou, ou encore l’institut Iliade, dirigé par Philippe Conrad.

Le Bloc identitaire, laboratoire de nouvelles méthodes d’action

Le BI s’est distingué des autres mouvements de la droite radicale par sa capacité à innover dans les pratiques d’action militante. Dès sa création, il s’est investi dans ce que les observateurs appellent le « militantisme 2.0 »25 avec une certaine maîtrise des réseaux sociaux, de la vidéo prise sur le vif et envoyée en quasi-direct sur les plateformes de partage et dans la mise en ligne de sites de « réinformation » gratuits, interactifs et présentés comme une alternative aux medias dominants26 : c’est ce que les adversaires du mouvement appellent la « fachosphère ». Cette forme de propagande militante, adaptée aux classes d’âge 18-24 et 25-35 ans, supplante la presse écrite du mouvement, qui consiste en un journal en quadrichromie théoriquement trimestriel (Identitaires) et un certain nombre de fanzines publiés par des groupes locaux27. Le mouvement est également différent des autres en termes d’organisation territoriale : en application de son intérêt pour les régionalismes il a, ou a eu, une structure quasi-fédérale qui agrège des sections dotées d’une autonomie et dont les noms évoquent les identités locales ou régionales, voire les langues régionales : Nissa Rebella (Nice) ; Alsace d’abord ; Rebeyne (Lyon) ; Vox populi Turone (Tours), etc… Il a également intégré la dimension régionaliste dans le combat électoral, en participant à la Ligue du (2,69%) et à la Ligue du Midi (0,68%), qui ont présenté des listes aux élections régionales de 2010, tout comme Alsace d’abord (4,98%).
Le BI a en outre tenté de transposer en France la pratique, ancienne au sein de la droite radicale italienne où Casapound (à Rome) est devenu un lieu emblématique, des locaux militants ayant pignon sur rue et jouant à la fois le rôle de siège d’une section, de maison de quartier, de salle de conférences et de lieu d’activités sociales ou sportives. L’expérience-pilote a été, à partir de 2004, l’ouverture à Nice de La Maioun, actuellement ouverte sous le nom de Lou Bastioun, dans le quartier populaire du Paillon. D’une surface d’environ 150 mètres carrés, visible depuis la rue, ce local comporte une salle de bar pouvant accueillir une soixantaine de personnes, une petite bibliothèque militante, des présentoirs avec les publications du mouvement et une plus grande salle, pouvant contenir une centaine d’invités lors de conférences ou projections de cinéma. Cette dernière est convertie, une partie du temps, en salle d’entraînement aux sports de combat/self-défense, notamment la boxe thaï. Un bureau sert enfin à l’administration de Nissa Rebella28. D’autres locaux semblables existent à Lyon (La Traboule) : ceux ouverts en 2012 à Toulouse et Bordeaux semblent avoir fermé.
On notera pour conclure que les identitaires ont voulu exporter leur doctrine et leurs méthodes d’action. S’ils n’ont pas le monopole des contacts internationaux avec des mouvements-frères, la spécificité de leur histoire est d’avoir créé de toutes pièces un concept (celui d’Identitaire), là où les autres réseaux transeuropéens diffusent des références idéologiques déjà existantes : national-populisme, nationalisme-révolutionnaire ou néo-fascisme. Le Bloc identitaire a fait des émules dans un premier temps en Espagne (Assemblea identitaria), au Portugal (Causa identitaria) et avec le député européen de la Ligue du Nord, Mario Borghezio puis en Allemagne et en Autriche avec le Identitäre Bewegung29. L’un des témoignages les plus intéressants sur le caractère à la fois international et générationnel du mouvement identitaire européen est ainsi l’ouvrage de Markus Willinger, Génération Identitaire: Une Déclaration de Guerre Contre les Soixante-huitards (2014), écrit par un activiste autrichien, ayant fait ses études à Stuttgart, inspiré par un mouvement français et publié par Arktos un éditeur basé en Suède30.

Conclusion

Le Bloc identitaire peut être interprété comme la matrice d’un renouvellement idéologique et générationnel qui a cherché, à partir de la France, à reformuler l’idée d’identité européenne, en tenant compte des apports théoriques de la Nouvelle droite et du nationalisme-révolutionnaire. L’actualisation idéologique essentielle est celle qui consiste, dans un pays (la France), très marqué par la centralisation et l’idée d’État unitaire (« jacobin »), à tenter de penser l’articulation entre régionalisme ( mais pas séparatisme), nationalisme français et conscience d’une unité ethnoculturelle de l’Europe. Le facteur générationnel tient à la jeunesse des cadres du BI et des organisations associées, nés dans les années 1980 et 1990, et qui estiment incarner la génération du rejet des valeurs libérales-libertaires issues de Mai 68.
Le Bloc identitaire est resté un mouvement numériquement réduit (600 personnes présentes à la convention d’Orange de novembre 2012). Il est néanmoins le plus important de l’opposition nationaliste extra-parlementaire. Il avait à sa création un désavantage : être né alors que le FN était déjà, par ses succès électoraux et sa visibilité médiatique, hégémonique au sein de la droite radicale française. Il a su retourner cette situation : d’une part en abandonnant la tactique du « front uni antisystème » utilisée par Nouvelle Résistance, dont les références allant jusqu’au national-bolchevisme trouvaient peu d’échos à droite ; d’autre part, en évitant l’écueil de la surenchère activiste qui a conduit d’autres groupes comme Troisième Voie et l’ Œuvre française à être dissous, enfin en assumant, avec un savoir-faire certain dans le domaine de la communication politique, un rôle d’écoles de cadres et d’aiguillon politique pour cette partie du FN qui voit son avenir dans une recomposition totale des droites entre les élections présidentielles de 2017 et de 2022.

Notes

1 Dirigé par Richard Roudier, à Montpellier, qui a quitté le Bloc identitaire après en avoir animé l’antenne en Languedoc-Roussilon, la Ligue du Midi.
2 Mouvement fondé et dirigé par Pierre Vial et travaillant avec le Thule Seminar, de Pierre Krebs.
3 Mouvement de jeunesse de type Wandervogel, en lien avec der Freibund (Göttingen).
4 L’expression « peuples à la longue à la plus longue mémoire », très utilisée dans la mouvance identitaire, est adaptée de la phrase de Nietzsche : « L’homme de l’avenir est celui qui aura la plus longue mémoire ».
5 Une des rares occurrences du terme dans le monde académique, avant les années 2000, se trouve dans le titre de l’ouvrage de Jean-François Bayart, L’illusion identitaire, Fayard, 1996. Parmi les ouvrages ayant reçu un écho médiatique, on citera : Joseph Macé-Scaron : La panique identitaire, Grasset, 2014 ; Ivan Rioufol : La fracture identitaire, Fayard, 2010 ; Eric Dupin : L’hystérie identitaire, Le Cherche Midi, 2004 ; Daniel Sibony, Le « racisme », une haine identitaire, Seuil, 2001, etc…
6 Voir notamment : Sur la Nouvelle droite. Jalons d’une analyse critique (1994)
7 Marine Le Pen affirme : « Or, l’assimilation constitue le rempart contre le communautarisme qui est l’un des terreaux du fondamentalisme islamiste. Dans sa sagesse, l’antiquité avait résumé cette règle de bon sens : « A  Rome, fais comme les romains ! ». Discours à l’université d’Oxford, 5 février 2015. Dans une conversation avec l’auteur (1er juin 2016), Jean-Marie Le Pen expliquait : « Nous pouvons dire aux musulmans : voyez le château de Versailles eh bien, c’est à vous. Mais à condition que vous deveniez français ».
8 Dans Terre et Peuple n°28, été 2006, Pierre Vial annonce « la clé du choc des civilisations : la guerre ethnique, qui est l’aspect le plus important du duel Nord-Sud ». Guillaume Faye, qui participe désormais à des tables-rondes du Bloc identitaire écrit : « La guerre civile ethnique, comme un serpenteau de vipère qui brise la coquille de son œuf, n’en est qu’à ses très modestes débuts ». Cf. son blog intitulé J’ai tout compris : http://www.gfaye.com/la-guerre-civile-ethnique-est-elle-evitable-probablement-pas/ (7 janvier 2016).
9 R. Camus : Le Grand Remplacement, éditions David Reinharc, 2011
10 Le »projet politique » du FN, dans sa version de 2015, indique : « Pour ce qui est de l’immigration légale, l’objectif est d’aboutir à un solde de l’ordre de 10 000 étrangers par an dans notre pays ». Il ajoute que pourront être sommés de quitter la France les immigrants en situation légale mais condamnés par la justice ou au chômage depuis plus d’un an.
11 Le Bloc identitaire a organisé le 15 novembre 2014 à Paris des Assises de la Remigration. Le Mouvement pour la Remigration, dirigé Laurent Ozon, un temps membre de la direction frontiste, est un autre groupe identitaire actif sur cette thématique : http://www.mouvementpourlaremigration.fr/
12 L’Archéofuturisme (1998) ; La colonisation de l’Europe (2000) et surtout Pourquoi nous combattons. Manifeste de la Résistance européenne(2001).
13 Vial a été conseiller régional FN, puis MNR, en Rhône-Alpes, jusqu’en 2004.
14 C. Bouchet, personnage-clé de la mouvance nationaliste-révolutionnaire depuis les années 1980, s’est progressivement rapproché du FN après la dissolution d’Unité radicale, jusqu’à en devenir le secrétaire départemental en Loire-Atlantique. Il s’en est éloigné fin 2015.
15 Jean-Yves Camus : Une avant-garde populiste : peuple et nation dans le discours de Nouvelle Résistance. In: Mots, n°55, juin 1998.
16 Ancien cadre de Nouvelle Résistance, ancien collaborateur du maire d’Orange, Jacques Bompard, il est désormais directeur de cabinet de Robert Ménard.
17 Nommé fin 2014 directeur adjoint de la communication du maire FN, Julien Sanchez, il semble l’avoir depuis quitté.
18 Entretien avec Fabrice Robert, juin 2014, à Paris
19 En janvier 2003 un sympathisant d’Unité radicale, .J.F.T, âgé de 30 ans, était interpellé pour avoir envisagé de commettre un attentat-kamikaze devant une mosquée parisienne.
20 Présentation du mouvement sur son site : https://www.generation-identitaire.com/generation-identitaire-2/
22 Le programme du BI mentionne » le respect de la diversité et des écosystèmes humains (lien entre les ethnies, les peuples et leur milieu géographique et culturel) »
24 Sa dernière lettre, qui fait office de testament, est consultable sur l’un des principaux sites de la mouvance identitaire : http://fr.novopress.info/137842/dominique-venner-nous-a-quitte-son-message-dadieu/
25 Sur ce point, voir Virchow, Fabian (2015). The « Identitarian Movement »: What Kind of Identity? Is it Really a Movement?. Digital Media Strategies of the Far Right in Europe and the United States (Lexington Books). Virchow, Fabian (2015). The « Identitarian Movement »: What Kind of Identity? Is it Really a Movement?. Digital Media Strategies of the Far Right in Europe and the United States (Lexington Books). pp. 177–190.pp. 177–190.
26 Les principaux sont : http://fr.novopress.info/ ( présentée comme une « arme de réinformation massive ») et http://www.fdesouche.com.
27 Ainsi Malfoutu, publié par la section parisienne nommée Projet Apache, n°1, avril-mai 2010
28 État des lieux, lors de notre visite du 28 août 2015, grâce au concours de Philippe Vardon.
30 http://www.arktos.com/books.html. Arktos semble être à cette date la plus importante maison d’édition et de diffusion en ligne se réclamant des mouvances identitaire et nationaliste-révolutionnaire.

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