Chaque
année depuis l’entre-deux-guerres, paraissent une vingtaine d’articles
de par le vaste monde, fatigants par leurs stéréotypes, consacrés à la
Federal Reserve des USA, donc au dieu-dollar et à ses très puissants
manipulateurs, car, contrairement aux clergés, les financiers savent
exactement pour quelle raison ils roulent le vulgum pecus, ce troupeau
humain qui, depuis des millénaires, réclame, non du pain et des jeux,
mais de quoi se remplir la panse abondamment et tromper son ennui, par
le travail et les loisirs dépaysant.
Tout
le monde sait que le système monétaire des USA, donc celui de la
quasi-totalité de la planète – soit directement, soit par le jeu de la
convertibilité –, est une arnaque où de richissimes familles de
financiers (et leurs employés de haut vol) s’enrichissent à mesure que
l’économie mondiale croît et embellit.
Et
n’en déplaise aux pisse-vinaigres anti-US (groupe auquel l’auteur de
ces lignes est fier d’appartenir), ce système fonctionne depuis plus
d’un siècle : il est né en décembre 1913. Certes, il s’est déréglé en
1929 et en 1937, parce que des ânes bâtés ont très stupidement réagi par
un réflexe archaïque de repli sur soi, après l’explosion de bulles
spéculatives new-yorkaises.
Depuis
lors (grâce en soient rendues aux mânes de Franklin Delano Roosevelt,
authentique canaille de génie), les dirigeants du cartel mondialiste ont
compris que le système tournera à la façon d’une vis sans fin tant
qu’il y aura des marchandises à consommer (quelles qu’en soient la
qualité et la provenance) et des consommateurs, le système étant
alimenté en faisant tourner ad libitum la planche à billets (quelles
qu’en soient la couleur et l’unité de compte).
Et
que nul ne nous casse les pieds avec la Dette mondiale (étatique ou
privée). Les expériences du Directoire français (1796-99) ou de
l’après-1918 en Europe prouvent qu’on peut fort aisément tout annuler ou
presque, en ruinant les citoyens-créanciers, puis recommencer, car la
leçon est perpétuellement oubliée du public.
Les
vrais riches achètent de l’or, du platine, des pierres précieuses, des
objets d’art (dont l’unicité fait la valeur, bien plus que leur qualité
esthétique), des propriétés autosuffisantes (au point de pouvoir assurer
une survie de grande qualité si « tout pète » ailleurs), des mines (qui
a la différence des usines ou des navires restent immuables), en plus
d’armes et de mercenaires.
Le
seul aléa, incontrôlable, est le génial illuminé qui embrase une grande
Nation, lui proposant une grande aventure, fondée sur un idéal
(politique ou religieux, il importe peu) et sur « l’étalon-travail »,
plutôt que sur les dieux habituels : or, stupéfiants, dollar (ou
équivalents exotiques).
Au
pis-aller, après la période guerrière où de jeunes excités se sont
éclatés, tout en détruisant des milliards en biens ainsi que des
milliers ou des millions de vies « sans importance », on recommence le
cycle économique. En clair : on repeuple et on rebâtit.
Autant
que peut en juger un sujet qui a un peu étudié l’histoire, c’est comme
cela que fonctionne l’humanité depuis l’Antiquité. La FED et ses
imitatrices régionales ne font que réguler le fait humain : à la
tragédie succède la bouffonnerie hédoniste… certains nomment cela
Comédie humaine. L’essentiel est de s’occuper durant la période de vie
sur Terre, avant de sombrer dans le néant… en n’oubliant pas trop la
phrase d’un grand moraliste : « Jouir rend vulgaire ».
La
guerre (ou tout autre activité destructrice – en médecine, on parle de
catabolisme) et l’économie (ou tout autre système constructeur –
l’anabolisme) participent du même processus que l’on peut résumer
simplement par l’adage populaire : « L’argent, c’est fait pour rouler »…
quant aux experts, ils n’ont jamais rien prévu et ont rarement proposé
de mesures efficaces, les « amateurs » s’avérant généralement plus
inventifs, il n’est que d’étudier l’histoire pour s’en assurer.
On
peut toujours critiquer « le monde comme il va », ça fait passer le
temps et ça donne l’impression d’être un grand penseur. Mais une vie
d’homme est peut-être une activité plus sérieuse : transmettre son
héritage génétique, participer à une grande aventure collective ou
laisser une œuvre… jouer les Cassandre participe-t-il de cet idéal ? À
chacun d’en décider souverainement.