Rien
ne sert de parler pendant des heures de la technique géniale de la
« chaîne de blocs » pour justifier la valeur du « bitcoin ». Cette
technique est l’arbre qui cache la forêt. Un bitcoin ne repose sur rien
et ne vaut rien si ce n’est le prix auquel des imbéciles souhaitent
l’acheter dans un méga-système à la Ponzi qui n’est rien d’autre qu’une
répétition, au XXIe siècle, de la fameuse crise spéculative des bulbes de tulipe en Hollande au XVIIe
siècle. De même qu’il est impossible d’empêcher des gens, s’ils le
souhaitent, de se jeter du haut de la tour Eiffel, il n’est pas possible
d’empêcher des gens de se ruiner ! La seule valeur réelle du bitcoin
est la valeur marchande du brevet technologique « blockchain ».
Cette
technologie, qui s’est affranchie de l’intervention étatique, a pour
garant seulement un algorithme et repose sur la seule valeur que lui
donne la masse des acheteurs du bitcoin. Son créateur est inconnu et il a
jeté la clef au fond du puits après la conception de la chaîne de
blocs. Ne sont capables de créer des bitcoins que ceux qui disposent
d’une capacité de calcul avec des fermes d’ordinateurs, avec la capacité
technique pour les émettre.
Certains
technocrates évoquent la loi de Metcalfe comme quoi la valeur d’un
réseau est proportionnelle au carré du nombre de ses utilisateurs. Ce
qu’ils oublient, c’est que cent fois zéro, cela fait toujours zéro !
Mais ils confondent, en fait, valeur du réseau des utilisateurs du
bitcoin et valeur du bitcoin. Un deuxième arbre technocratique vient
ainsi s’ajouter à l’arbre technologique pour cacher la forêt du néant et
du vide absolu bitcoin.
La
valeur du bitcoin repose, en réalité, sur la confiance que lui donnent
des imbéciles, des spéculateurs et des mafieux. Le bitcoin n’est adossé à
aucune autorité centrale et il est probable que les États lui tordront
un jour le cou. Le Maroc, après la Chine et le Vietnam, est le dernier
État qui vient d’interdire purement et simplement le bitcoin.
Le
bitcoin, créé le 3 janvier 2009, a connu un cours ultra-volatile en
dessous des 20 dollars jusqu’à son véritable envol en 2013, avec en
moyenne une explosion de bulle chaque année. Le bitcoin, qui vient
d’atteindre 14.000 dollars, est en train de monter jusqu’au ciel.
Certains s’en réjouissent alors qu’il est, en fait, le signe
annonciateur d’un krach pire que 1929 et de l’apocalypse économique,
politique, civilisationnelle qui nous menace.
Les
politiques monétaires irresponsables, l’hyper-endettement des États,
des entreprises et des particuliers dans la plupart des pays du monde
(Chine, Japon, pays émergents inclus), contrairement à 1929, où les
problèmes se cantonnaient essentiellement à l’Europe et aux États-Unis,
les chiffres réels de chômage, cachés en France ou aux États-Unis, de
20 %, les ratios catastrophiques des banques italiennes, le déficit
public et commercial américain, le dollar attaqué par la Chine comme
devise principale des contrats pétroliers : tout cela sent plus
l’apocalypse qu’un simple krach à venir. En cas de faillite de l’État et
d’un taux de chômage réel à 40 %, les banlieues de non-droit pourraient
se conduire en France comme à Saint-Martin après l’ouragan.
En
1913, la dette totale des États-Unis s’élevait à 39 milliards de
dollars. Aujourd’hui, elle se situe à 70.000 milliards de dollars, soit
1.800 fois plus. Les taux d’intérêt sont aujourd’hui à 1,5 % aux
États-Unis ; demain, ils atteindront immanquablement 15-20 %. Et si le
Dow Jones a chuté de 90 % entre 1929 et 1932, le NASDAQ a décliné de
80 % entre 2000 et 2002. Le Dow Jones, qui était à 1.000 en 1982, se
situe aujourd’hui autour de 23.400.
Il
est probable que, lors du prochain krach, une impression monétaire
illimitée se produira et que le monde ressemblera à l’Allemagne en 1923,
avec les devises dollar et euro qui vaudront zéro. Le seul vrai bitcoin
naturel depuis Nabuchodonosor, l’or, lui, vaudra alors 15.000 ou 80.000
dollars, soit bien plus que le bitcoin actuel des hommes. C’est l’or
qui remplacera le bitcoin, et non pas le bitcoin qui remplacera l’or.