Réunis à Prague, les leaders européens d’extrême droite saluent « l’événement historique » en Autriche
La police tchèque a renforcé ses mesures de sécurité après des annonces
de manifestations de groupements de gauche, dont un blocus de la
banlieue de Prague.
Marine Le Pen, Tomio Okamura, leader d’extrême droite tchèque et le Néerlandais Geert Wilders à Prague le 16 décembre. DAVID W CERNY / REUTERS
Des dirigeants de partis d’extrême droite européens, dont Marine Le Pen et le néerlandais Geert Wilders, se sont retrouvés samedi 16 décembre à Prague. Ils ont notamment salué « l’événement historique » en Autriche où le parti d’extrême droite FPÖ a obtenu ce samedi les ministères de l’intérieur, de la défense et des affaires étrangères après avoir conclu un accord de gouvernement avec les conservateurs du ÖVP.
« Il ne reste qu’à applaudir
qu’une fois de plus en Autriche aujourd’hui, un parti membre de notre
groupe au Parlement européen soit pris au sérieux au point d’avoir sa
chance au sein du gouvernement », s’est réjoui devant les
journalistes Geert Wilders, le chef du Parti néerlandais pour la
Liberté. De son côté, Marine Le Pen est tournée vers les élections
européennes de 2019.
« Je pense que les élections européennes peuvent apporter un véritable bouleversement de la donne politique en Europe et même permettre à ceux qui s’opposent à l’Union européenne et qui sont des défenseurs de l’Europe des nations et des libertés d’être majoritaires dans le cadre de la future assemblée. »
La présidente du FN a ensuite apporté son soutien au président russe
Vladimir Poutine qui briguera un nouveau mandat en mars 2018. « En ce qui concerne le Front National, bien sûr nous souhaitons la victoire de Vladimir Poutine. Car nous pensons que la France et la Russie doivent améliorer leurs relations diplomatiques », a-t-elle notamment déclaré.
« Une Europe des nations souveraines »
Cette conférence, à Prague, réunissait les alliés au sein de l’Europe des nations et des libertés, un groupe politique du Parlement européen fondé il y a deux ans. Outre Mme
Le Pen, et M. Wilders, Lorenzo Fontana, de la Ligue du Nord italienne,
et Georg Mayer, du Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ) étaient
également présents. Les organisateurs annonçaient également comme
participants le Belge Gerolf Annemans, le Polonais Michal Marusik, ainsi
que Marcus Pretzell du « Parti bleu » allemand, et Janice Atkinson,
ancien membre du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP). Ces partis déclarent se concentrer désormais sur la coopération
en Europe, en dehors des structures de l’Union européenne, lors de
cette conférence intitulée « Pour une Europe des nations souveraines ».
Une sécurité renforcée
La police
tchèque a renforcé ses mesures de sécurité après des annonces de
manifestations de groupements de gauche, dont un blocus de la banlieue
de Prague où la conférence doit se tenir. Les autorités devront aussi veiller à la sécurité personnelle de Geert Wilders, confronté à des menaces de mort pour ses propos hostiles à l’islam. Cette conférence se tient deux mois après que le parti d’extrême
droite tchèque SPD (Liberté et démocratie directe) de l’homme d’affaires
Tomio Okamura, né à Tokyo, a bénéficié du soutien de 10 % des électeurs
lors du scrutin législatif, grâce à son discours fermement anti-islam
et anti-UE, dans un contexte de montée des mouvements d’extrême droite en Europe. Soutenu par Marine Le Pen, le SPD a gagné 22 sièges au Parlement
tchèque, qui compte 200 députés. Tomio Okamura a également bénéficié du
soutien du président tchèque Milos Zeman, un homme de gauche connu pour
son discours prorusse, prochinois et antimusulman, qui a assisté à un
congrès du SPD le week-end dernier.
Milos Zeman, qui a déjà comparé la crise migratoire à « une invasion organisée » et considère les musulmans comme des gens « impossibles à intégrer », est le grand favori de l’élection présidentielle de janvier. La République tchèque,
qui s’oppose avec véhémence au système européen des quotas de
relocalisation des migrants, a accueilli seulement 12 migrants sur son
sol, dans le cadre de ce programme.
La minorité musulmane est quasi inexistante dans ce pays de l’UE de
10,6 millions d’habitants, et les différents partis tchèques veulent ajouter des accents antimusulmans et anti-immigrés à leurs campagnes électorales pour capitaliser sur la crainte du terrorisme et des dépenses sociales potentielles.