Directeur de
Synthèse nationale
2017
restera sans doute dans les mémoires comme ce que l’on appelle une
« année noire » à la fois pour la France et aussi pour la Droite
nationale.
En
effet, alors que tout avait commencé plutôt sous de bons hospices, les
choses se sont très vite dégradées. Usée par le calamiteux quinquennat
du non moins calamiteux François Hollande, la France s’apprêtait à
tourner allègrement la page de l’aventurisme socialo-boboïsant en
élisant un candidat imprévu, François Fillon, qui, sous une allure
rassurante de notable provincial, lui donnerait l’impression de rompre
avec les excentricités des derniers locataires de l’Elysée. Elle
s’apprêtait aussi à laisser à une Marine Le Pen flamboyante le rôle de
principale opposante nationale à ce dernier. Tel était le contexte qui
était celui du début de l’année… Et patatra, rien de ce qui était prévu n’arriva. Ce fut l’outsider
Emmanuel Macron, roue de secours improvisée du Système agonisant, élevé
en quelques mois au premier plan de la vie politique grâce aux soutiens
financiers et médiatiques de l’oligarchie, qui emporta la mise…
Fillon,
victime de sordides affaires financières remontées opportunément à la
surface, fut dégagé dès le premier tour et Marine Le Pen, éblouie par le
miroir aux alouettes de la respectabilité et achevée par sa pitoyable
prestation télévisuelle de l’entre deux tours, ne fit pas vraiment le
poids en finale. Les tenants du Système pouvaient, à l’issue de ce
printemps électoral fort chargé, être rassurés : tout allait donner
l’impression de changer pour que, surtout, rien ne change… Nous avons
assisté, en ce début d’année 2017, à un véritable tour de passe-passe
politique digne des meilleurs illusionnistes et dont on se serait bien
passé car, une fois de plus, notre peuple à raté l’occasion de rompre
avec l’idéologie dominante qui la conduit à sa perte.
Tout
aurait dû en effet changer car la France en avait assez d’être dirigée
par des charlots type Sarkozy ou Hollande pour ne citer qu‘eux, qui
donnaient d’elle une image déplorable et qui lui imposait, de
quinquennat en quinquennat, encore plus de soumission aux diktats
mondialistes. Tout aurait dû changer parce que, partout autour de nous
en Europe, face au danger de plus en plus menaçant que représente
l’implantation d’une civilisation venue d’ailleurs, on observe une
véritable réaction identitaire. Tout aurait dû changer parce que les
peuples se rendent compte qu’ils ne sont plus vraiment maître chez eux
et que leur avenir est décidé par les conseils d’administration des
organismes financiers apatrides qui ont acquis plus de pouvoirs que
leurs propres Institutions, fussent-elles démocratiques. Tout aurait dû
changer mais, finalement, rien ne changera…
Avec Macron et sa clique de politicards recasés, de plumitifs soumis et de patrons de start up
arrogants, la finance mondialisée a de beaux jours devant elle. Les
Sorros et autres Attali ont, une fois de plus, gagné la partie. Mais
pour combien de temps encore ?
Malgré
les « désillusions » du printemps nous sommes de ceux qui continuent à
croire que cette déchéance ne sera pas éternelle. Il n’y a pas de
fatalité du déclin et la soumission finit toujours par atteindre ses
limites. Nous sommes persuadés que, un jour ou l’autre, nos peuples
européens se réveilleront et qu’ils reprendront en main leur destin.
Mais, hélas, cela n’est pas encore pour demain.
Ces
dernières années le mouvement national a été squatté par un leurre qui,
peut-être par défaut de convictions, l’a conduit au fond du trou. Lors
de notre XIe Journée nationale et identitaire, le 1er octobre
dernier à Rungis, Jean-Marie Le Pen, notre invité d’honneur, déplorant
avec raison et peut être une certaine amertume l’état actuel du Front
national qu’il avait bâti, constatait que celui-ci est aujourd’hui le
seul mouvement politique existant qui n’a pas son propre journal. Ce qui
est vrai… mais je suis tenté d’ajouter que le Front national a aussi
une autre particularité : c’est sans doute le seul mouvement au monde
dont la présidente n’a pas les idées. Ce qui explique bien des choses et
en particulier la série de revers qu’il vient de subir. En fait,
partant de ce constat, on peut considérer que le crash de Marine Le Pen était malheureusement prévisible… Hubert de Mesmay dans son livre (cliquez ici) analyse parfaitement cette chute. Mais cela relève déjà du passé.
Il
est temps maintenant de tirer les leçons de ces déconvenues et de
remettre le mouvement national en ordre de marche. En réunissant à
maintes occasions à la même tribune, ou dans les colonnes de ses
publications, toutes les personnalités et les diverses sensibilités de
la Droite d’idée, Synthèse nationale répond à sa vocation
d’être le ferment du renouveau national dans notre pays. Je dis cela
sans aucune vanité car force est de constater que la démarche qui est la
nôtre commence à rencontrer un certain succès. Alors que cela était
inenvisageable il y a quelques années, nous pouvons nous réjouir de voir
agir, si ce n’est ensemble tout du moins dans la même direction, des
organisations et des revues aussi diverses que toutes celles qui étaient
présentes à Rungis le 1er octobre.
L’époque
dans laquelle nous vivons est bien incertaine. Nous savons que le
« sens de l’histoire » est une baliverne inventée par les marxistes et
que, à tout moment, les choses peuvent changer rapidement. Qui aurait
imaginé il y a quelques mois par exemple que le dévoiement de
l’identitarisme catalan aurait comme conséquence le renouveau du
sentiment national en Espagne ? Qui aurait imaginé il y a quelques
années, alors qu’elles étaient asservies par des régimes communistes,
que la Hongrie ou la Pologne seraient à l’avant-garde face à la
submersion de notre continent ? Les exemples sont nombreux et ils
confirment tous la fameuse réflexion de Charles Maurras comme quoi « en
politique le désespoir est la pire des sottises ».
Alors Amis et Camarades lecteurs de Synthèse nationale
ne vous laissez pas décourager par quelques facéties électorales. Le
déclanchement des révolutions ne se décrètent jamais la veille de
celle-ci. Ils sont l’aboutissement d’un long et fastidieux travail de
préparation et de conditionnement des esprits. C’est à cette tâche que
nous nous attelons à Synthèse nationale. Et pour la réussir, nous avons besoin de votre aide à tous.
Éditorial du n°47 de la revue Synthèse nationale