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mercredi 20 décembre 2017

Lecture : la France coule à pic

Chère amie, Cher ami,

Le dernier classement Pirls vient confirmer ce que nous ne cessons de répéter depuis des années. Révélée le 5 décembre, cette étude mesure la chute vertigineuse des écoliers français, qui apprennent de moins en moins à lire.

C’est simple : la France fait partie des deux seuls pays européens à régresser, avec les Pays-Bas.

Pire : notre décrochage tend à s’accélérer.
En effet, nous avons perdu 5 points en 10 ans, entre 2001 et 2011.
Aujourd’hui, nous perdons 9 points par rapport à il y a cinq ans !


Les résultats des élèves français au test internationnal PIRLS


Pour les statisticiens du ministère de l’Éducation, ces chiffres sont « significatifs ». Selon eux, cette chute est bien due à une « érosion des performances ».
Et tous les élèves sont concernés : les élèves en difficulté comme les « bons ».

Si nous ne faisons rien, la lecture sera bientôt réservée à une petite élite de privilégiés.

Mais à SOS Éducation, ce n’est pas notre choix : nous avons constaté que TOUS les élèves peuvent apprendre à lire.
Et nous nous nous battrons jusqu’à y arriver.


Comment ?

Pour bien comprendre les mécanismes en œuvre et comment les déjouer, voici d’abord une brève explication du protocole Pirls.

Le Pirls (Programme international de recherche en lecture scolaire) évalue la lecture des élèves de CM1 (10 ans environ) selon deux axes :
  • Les mécanismes de compréhension
  • 2 objectifs de lecture : comprendre les textes littéraires, et, savoir extraire des informations utiles.

Des questionnaires sur les habitudes de lecture et les attitudes vis-à-vis de l’écrit sont soumis aux élèves et séparément à leurs parents.

D’autres questionnaires évaluent les pratiques pédagogiques et la formation. Ils sont renseignés par les maîtres des élèves évalués et par les directeurs d’école.

Les élèves doivent lire 8 textes longs et intégraux et répondre à 12 questions pour chacun.
 
L’évaluation distingue quatre niveaux :
  • Au niveau 1, les élèves savent prélever des informations explicites et établir des inférences simples.
  • Au niveau 2, les élèves utilisent les informations explicites dans plusieurs parties du texte pour faire des interprétations simples. Ils comprennent la structure générale du texte.
  • Au niveau 3, ils sont également capables d’effectuer des inférences qui s’appuient sur différentes caractéristiques des personnages et des évènements, et ils savent les justifier.
Ils interprètent en faisant appel à leurs connaissances et expériences personnelles. Ils comprennent des procédés tels que la métaphore simple.
  • Enfin au niveau 4, ils peuvent interpréter les intentions, les sentiments, les comportements des personnages en se basant sur le texte, ils sont capables d’intégrer des idées pour dégager le thème.

Voici ce que je retiens particulièrement de cette étude :
  • le temps consacré à l’apprentissage de la lecture est bien inférieur à la moyenne en France.
  • D’autre part, les maîtres français adaptent moins les matériels aux profils des élèves, que nos voisins européens.
  • Les autres disciplines que le français sont très peu l’occasion d’exercer la lecture (5 % en France alors qu’on grimpe à 21 % à l’international).
  • Les maîtres interrogent à l’oral, mais peu à l’écrit.
  • Dès qu’il s’agit de sortir d’un cadre scolaire connu, d’exercices déjà réalisés, les petits Français sont perdus. Ils n’ont pas souvent l’occasion d’écrire une suite de texte par exemple (18 % en France, 68 % à l’international) ou encore de dessiner ce qu’ils ont lu.
  • Les élèves français ont très peu accès à des oeuvres intégrales (contes, fables...) mais lisent des chapitres.

Tous ces points présentent en creux ce qu’il faut faire pour l’enseignement de la lecture dans les cours élémentaires pour favoriser l’appropriation des textes et la prise de recul, la réflexion des élèves.
Et vous pouvez compter sur SOS Éducation pour les porter auprès de tous les décideurs.

Mais cette étude ne doit pas occulter une donnée primordiale : elle omet de dire qu’une énergie immense est perdue dans tout ce qui précède la compréhension : le décodage des mots.

Selon les témoignages de nombreux professeurs des écoles et de collège, aujourd’hui, en CM1, une grande majorité des élèves ne savent toujours pas décoder, c’est-à-dire reconnaître les syllabes et les mots.

Résultat ?
  • Soit ils arrivent à ânonner avec grande difficulté et n’ont pas les capacités de comprendre le texte.
  • Soit, et c’est encore pire, ils devinent.

Voilà pourquoi il faut aussi à tout prix que le décodage soit acquis très tôt, dès le CP, pour permettre à l’élève de l’automatiser, pour qu’il puisse ensuite se concentrer sur le sens.

Et la meilleure méthode pour mettre en place cet automatisme ?
La méthode syllabique, le B.A.-ba.

Là aussi, vous pouvez compter sur la ténacité de SOS Éducation pour la mettre au goût du jour.
Mais la route est longue !

Claire Polin
Claire Polin
Présidente de SOS Éducation

P.S. : Si vous voulez nous aider à faire progresser l’apprentissage de la lecture et à faire remonter la France dans les études internationales, participez au financement des actions de notre association.

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