Georges Feltin-Tracol
Plus
fort que les inspecteurs Barnaby et Morse, Simon Templar, John Steed,
Emma Peel, Tara King, Sherlock Holmes et James Bond réunis, Scotland
Yard a résolu en moins d’une semaine l’empoisonnement de Sergueï Skripal
et de sa fille Youlia dans une rue de Salisbury. Cet officier du GRU,
les services de renseignement militaire russe, avait livré de nombreuses
informations aux Britanniques avant de s’installer en Occident.
Theresa
May, la rombière du 10, Downing Street, cheftaine inaudible d’un
ramassis de ministricules incompétents, a finalement accusé Moscou
d’être à l’origine de cette action clandestine dont le mode opératoire
rappellerait l’empoisonnement au polonium 210, une substance
radio-active, d’Alexandre Litvinenko en 2006. Londres riposte par le gel
de toutes relations bilatérales avec les autorités russes, l’expulsion
de 23 de leurs diplomates et l’absence de représentant officiel à la
Coupe du Monde de balle au pied de juin prochain. Nul doute que ces
sanctions terrifient Vladimir Poutine…
Berlin,
Washington et Paris ont bien sûr apporté un soutien inconditionnel au
régime britanniquetandis que le laquais norvégien qui s’occupe de l’OTAN
a exigé de la Fédération russe une coopération pleine et entière. Ces
gens-là sont d’une impudence incroyable ! En effet, comment en une
dizaine de jours, les enquêteurs britanniques peuvent-ils accuser les
services secrets moscovites sans même suivre d’autres pistes (mafias
d’Europe de l’Est, officines pro-Wall Street bellicistes anti-russes qui
souhaitent une nouvelle guerre froide, etc.) ? Pourquoi un tel
empressement si soudain et fort suspect ? Seul le chef de l’opposition
travailliste, Jeremy Corbyn, a exprimé un scepticisme de bon aloi mal
compris par quelques-uns de ses propres députés inféodés aux agences
occidentales.
Si
prompts à dénoncer la main de Moscou dans tous les désordres mondiaux, y
compris en météo avec la fameuse masse d’air froid « Moscou – Paris »,
les flics britanniques ignorent toujours l’identité de Jack l’Éventreur
et ont mis plus d’une décennie – une décennie ! – pour démanteler des
réseaux de traite de jeunes Européennes violées et frappées par des
trafiquants d’origine pakistanaise etafricaine. Si ces réseaux criminels
avaient été contrôlés par des Russes, gageons que la répressionaurait
été foudroyante, impitoyable et largement médiatisée.
Le ministre des Affaires étrangères, le pantin ébouriffé Boris Johnson, Brexiter
fanfaron, libéral mondialiste acharné et atlantiste patenté, se
complaît dans ses diatribes débiles envers Moscou. Sa russophobie
psychopathique s’explique par des origines cosmopolites, new-yorkaises
et ottomanes.
Le
Royaume-Uni devrait cesser de s’occuper des affaires de la planète et
accepter son sort post-historique d’État en voie de disparition avancée.
Bonjour chez vous !
• « Chronique hebdomadaire du Village planétaire », n°71, diffusée sur Radio-Libertés, le 23 mars 2018.
