Tonique,
un vrai cordial !, le manifeste que publie l’Institut Iliade sous la
houlette de l’historien Philippe Conrad, ancien directeur de séminaire
au Collège interarmées de défense et patron de la défunte Nouvelle Revue d’Histoire.
Son exaltation de la Chrétienté médiévale, un tantinet indulgente sur
le mode de conversion de notre continent, touche d’autant plus que la
France vient de perdre un officier qui incarna la figure du chevalier –
je veux parler du lieutenant-colonel Beltrame. L’ombre du regretté
Dominique Venner plane aussi, et nul ne s’en étonnera, sur tout le
recueil, tant les douze auteurs communient dans cet esprit de rébellion
aristocratique auquel s’identifia si bien l’auteur du Cœur rebelle
L’objectif, atteint, était de synthétiser en une langue aussi claire
qu’accessible les fondements d’une manière d’être, celle des Bons
Européens : leur mémoire ancestrale, le regard qu’ils portent depuis les
origines sur le monde et, last but not least (car il ne s’agit
nullement d’un chant funèbre, encore moins d’un exercice d’antiquaire),
les combats à mener, aujourd’hui et demain, contre les utopies
niveleuses et les discours dissolvants, contre cette fatigue entretenue
par les forces du néant. De la préhistoire indo-européenne à la musique
contemporaine, des Kourganes à Arvo Pärt, de la Grèce d’Ulysse à la Rome
d’Auguste (mais, curieusement, la Matière de Bretagne semble avoir été
omise), les contributeurs mettent en évidence ce sens de l’excellence,
ce goût de la mesure et ce refus de l’hubris, ce souci de la communauté civique (la polis,
encore un mot grec), cette préférence pour les continuités créatrices
(et non pour les ruptures stérilisantes) qui caractérisent le Finistère
de l’Asie – Europa nostra.
Dans une lumineuse formule, le musicologue Jean-François Gautier évoque la vérité, fondement de notre vision cosmique : « non un contenu doctrinal descendu de cieux inconnaissables, mais l’expression d’une subtilité d’observation dont le sage sait tirer les bonnes conclusions ». Plus loin, Lionel Rondouin, ancien officier et normalien, définit à la perfection le type gibelin par opposition au guelfe, le tenant, souvent puritain, de dogmes universels (et du droit d’ingérence quand il s’agit de les imposer).
Les Douze (dont un Belge qui se pique d’hellénisme) tentent chacun d’illustrer la quintessence de la dissidence antimoderne. Lire et faire lire ce bréviaire, s’en inspirer dans notre résistance quotidienne à l’ahurissement, l’utiliser comme source (pérenne) de purification mentale, voilà quelques pistes offertes aux amazones et aux hoplites de notre bel aujourd’hui.
Source : archaion.hautetfort.com
Philippe Conrad dir., Ce que nous sommes. Aux Sources de l’identité européenne, Editions Pierre-Guillaume de Roux, 198 pages, 16 €.
Source
Dans une lumineuse formule, le musicologue Jean-François Gautier évoque la vérité, fondement de notre vision cosmique : « non un contenu doctrinal descendu de cieux inconnaissables, mais l’expression d’une subtilité d’observation dont le sage sait tirer les bonnes conclusions ». Plus loin, Lionel Rondouin, ancien officier et normalien, définit à la perfection le type gibelin par opposition au guelfe, le tenant, souvent puritain, de dogmes universels (et du droit d’ingérence quand il s’agit de les imposer).
Les Douze (dont un Belge qui se pique d’hellénisme) tentent chacun d’illustrer la quintessence de la dissidence antimoderne. Lire et faire lire ce bréviaire, s’en inspirer dans notre résistance quotidienne à l’ahurissement, l’utiliser comme source (pérenne) de purification mentale, voilà quelques pistes offertes aux amazones et aux hoplites de notre bel aujourd’hui.
Christopher Gérard
Source : archaion.hautetfort.com
Philippe Conrad dir., Ce que nous sommes. Aux Sources de l’identité européenne, Editions Pierre-Guillaume de Roux, 198 pages, 16 €.
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