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vendredi 2 mai 2014
Les Européennes sonneront-elles le glas du Front de gauche ?
Gaétan Supertino
DIAGNOSTIC - Les bannières du Front de gauche parsèmeront les défilés du 1er mai. Mais la santé de l'alliance est précaire.
Au milieu des divisions syndicales (1), le cortège du Front de gauche paraîtra bien unifié lors des défilés du 1er mai. Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de gauche, et Pierre Laurent, patron du PCF, défileront sous la même bannière, à Paris. Pourtant, l'alliance est chancelante. Si ses composantes ont réussi à s'entendre pour constituer des listes autonomes aux élections européennes du 25 mai, cela ne s'est pas fait sans heurts. Et "l'explosion nucléaire du Front de gauche", pour reprendre l'expression de Clémentine Autain, menace.
Gauche unitaire prend ses distances avec le "bateau ivre"
Dernier signe en date de la fragilité de l'union: l'un de ses fondateurs, Christian Picquet, a annoncé que son mouvement, Gauche unitaire, suspendait sa participation aux instances nationales. "Le Front de gauche apparaît de plus en plus comme un bateau ivre que ne rassemblent ni une stratégie cohérente ni un discours audible de la gauche et du peuple", écrit-il, dans une lettre relayée par Le Monde (2).
Christian Picquet est, certes, fragilisé au sein de l'alliance. La majorité de ses alliés de gauche unitaire l'ont quitté pour former Ensemble, désormais troisième composante du Front de gauche. Et cela explique en partie sa décision de se mettre au ban. Mais il dénonce surtout la répartition des candidats pour les européennes. Son parti n'a hérité d'aucune tête de liste, puisqu'elles sont principalement réparties entre le PCF et le Parti de gauche. "La coupe a débordé", dénonce-t-il dans sa lettre.
Les Européennes, "menace nucléaire" pour le Front
Un message révélateur du malaise au sein du Front de gauche. Clémentine Autain, porte-parole d'Ensemble, qui n'a pas non plus de tête de liste, regrette, dans Le Monde un "accord tardif, fait dans l'urgence avec la menace nucléaire de l'explosion du Front de gauche".
Même limitée au PCF et au Parti de gauche, la répartition des têtes de liste aux européennes ne s'est pas faite sans remous. Le PCF regrette, en effet, le manque d'ouverture du Parti de gauche (PG). En résumé, PCF et PG se sont répartis trois têtes de liste chacun au niveau national. Parmi elles, les communistes ont choisi une "personnalité d'ouverture", non encartée, pour le Sud-Est : Marie-Christine Vergiat. Or, le Parti de gauche a, lui, placé trois candidats encartés. "Nous regrettons que ce que nous réalisons dans le Sud-Est, le PG ne le fasse pas", a alors dénoncé le Porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles à l'AFP. Ambiance.
"L’ouverture est une préoccupation que nous avions dès le début. Nous avions demandé une tête de liste pour Ensemble. Nous avions aussi dit que l’ouverture devait se faire vis-à-vis d’un courant ou d’un parti, il ne s’agit pas de personnalités", rétorque pour sa part Eric Coquerel, secrétaire national du Parti de gauche. Dans l'Humanité (3), Pierre Laurent résume le tout, évoquant des "insuffisances" dans l'accord dont il faudra "tirer des leçons" à l'avenir.
Vers une remise en question des alliances ?
Vers la fin des listes autonomes ? Conséquences de ces difficultés à constituer des listes autonomes, de nombreux cadres du PCF semblent en tout cas nostalgiques des alliances avec le PS. Dans une double page de tribunes sur l'avenir du Front de gauche (4), le 28 avril, de nombreux communistes, dont Eliane Assassi, la présidente du groupe communiste au Sénat, et André Chassaigne, son homologue à l'Assemblée, ont ainsi demandé une "refondation ambitieuse du Front de gauche". "L'autonomie électorale" systématique n'est pas "la condition de l’efficacité et de la lisibilité de notre stratégie", martèlent-il.
Pour les municipales, déjà, les communistes avaient décidé de s'allier, sans leurs alliés, avec le PS dans la moitié des villes de plus de 20.000 habitants. Forçant le Parti de gauche et le reste du Front à se coucher ou à partir seul, comme à Paris et dans une soixantaine d'autres villes.
Un rapprochement PG-EELV ? Au point qu'une nouvelle idée d'alliance commence à germer dans l'esprit de Jean-Luc Mélenchon et ses lieutenants : celle avec les écologistes. Si l'ex-socialiste exclut, pour l'heure, une scission avec le PCF, il veut tout faire pour verdir le Front de gauche. "La troisième gauche est née. Nos 82 listes avec EELV recueillent en moyenne 15,32 % de suffrages", tambourinait-il, après le premier tour des municipales. À Grenoble, Poitiers ou Rennes, l'alliance rouge et vert, sans les communistes, a en effet dépassé les 15%. Avec une victoire à la clé dans la capitale des Alpes.
Pas sûr, toutefois, que les écologistes soient aussi emballés à l'idée d'entretenir durablement la dynamique. "La ligne anti-gouvernement de Mélenchon n’a pas trouvé un fort soutien dans les urnes; à la différence de notre ligne plus mesurée. Mélenchon peut pérorer, mais le 'bruit et la fureur' ne profitent qu’au Front national", taclait ainsi, fin mars, dans Libération, David Cormand, en charge des élections à EELV.
Les résultats des européennes éclairciront probablement les stratégies futures. Pour l'heure, les sondages donnent le Front de gauche et les écologistes loin derrière les autres, avec, en moyenne, 7% d'intentions de votes pour chaque.
Au milieu des divisions syndicales (1), le cortège du Front de gauche paraîtra bien unifié lors des défilés du 1er mai. Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de gauche, et Pierre Laurent, patron du PCF, défileront sous la même bannière, à Paris. Pourtant, l'alliance est chancelante. Si ses composantes ont réussi à s'entendre pour constituer des listes autonomes aux élections européennes du 25 mai, cela ne s'est pas fait sans heurts. Et "l'explosion nucléaire du Front de gauche", pour reprendre l'expression de Clémentine Autain, menace.
Gauche unitaire prend ses distances avec le "bateau ivre"
Dernier signe en date de la fragilité de l'union: l'un de ses fondateurs, Christian Picquet, a annoncé que son mouvement, Gauche unitaire, suspendait sa participation aux instances nationales. "Le Front de gauche apparaît de plus en plus comme un bateau ivre que ne rassemblent ni une stratégie cohérente ni un discours audible de la gauche et du peuple", écrit-il, dans une lettre relayée par Le Monde (2).
Christian Picquet est, certes, fragilisé au sein de l'alliance. La majorité de ses alliés de gauche unitaire l'ont quitté pour former Ensemble, désormais troisième composante du Front de gauche. Et cela explique en partie sa décision de se mettre au ban. Mais il dénonce surtout la répartition des candidats pour les européennes. Son parti n'a hérité d'aucune tête de liste, puisqu'elles sont principalement réparties entre le PCF et le Parti de gauche. "La coupe a débordé", dénonce-t-il dans sa lettre.
Les Européennes, "menace nucléaire" pour le Front
Un message révélateur du malaise au sein du Front de gauche. Clémentine Autain, porte-parole d'Ensemble, qui n'a pas non plus de tête de liste, regrette, dans Le Monde un "accord tardif, fait dans l'urgence avec la menace nucléaire de l'explosion du Front de gauche".
Même limitée au PCF et au Parti de gauche, la répartition des têtes de liste aux européennes ne s'est pas faite sans remous. Le PCF regrette, en effet, le manque d'ouverture du Parti de gauche (PG). En résumé, PCF et PG se sont répartis trois têtes de liste chacun au niveau national. Parmi elles, les communistes ont choisi une "personnalité d'ouverture", non encartée, pour le Sud-Est : Marie-Christine Vergiat. Or, le Parti de gauche a, lui, placé trois candidats encartés. "Nous regrettons que ce que nous réalisons dans le Sud-Est, le PG ne le fasse pas", a alors dénoncé le Porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles à l'AFP. Ambiance.
"L’ouverture est une préoccupation que nous avions dès le début. Nous avions demandé une tête de liste pour Ensemble. Nous avions aussi dit que l’ouverture devait se faire vis-à-vis d’un courant ou d’un parti, il ne s’agit pas de personnalités", rétorque pour sa part Eric Coquerel, secrétaire national du Parti de gauche. Dans l'Humanité (3), Pierre Laurent résume le tout, évoquant des "insuffisances" dans l'accord dont il faudra "tirer des leçons" à l'avenir.
Vers une remise en question des alliances ?
Vers la fin des listes autonomes ? Conséquences de ces difficultés à constituer des listes autonomes, de nombreux cadres du PCF semblent en tout cas nostalgiques des alliances avec le PS. Dans une double page de tribunes sur l'avenir du Front de gauche (4), le 28 avril, de nombreux communistes, dont Eliane Assassi, la présidente du groupe communiste au Sénat, et André Chassaigne, son homologue à l'Assemblée, ont ainsi demandé une "refondation ambitieuse du Front de gauche". "L'autonomie électorale" systématique n'est pas "la condition de l’efficacité et de la lisibilité de notre stratégie", martèlent-il.
Pour les municipales, déjà, les communistes avaient décidé de s'allier, sans leurs alliés, avec le PS dans la moitié des villes de plus de 20.000 habitants. Forçant le Parti de gauche et le reste du Front à se coucher ou à partir seul, comme à Paris et dans une soixantaine d'autres villes.
Un rapprochement PG-EELV ? Au point qu'une nouvelle idée d'alliance commence à germer dans l'esprit de Jean-Luc Mélenchon et ses lieutenants : celle avec les écologistes. Si l'ex-socialiste exclut, pour l'heure, une scission avec le PCF, il veut tout faire pour verdir le Front de gauche. "La troisième gauche est née. Nos 82 listes avec EELV recueillent en moyenne 15,32 % de suffrages", tambourinait-il, après le premier tour des municipales. À Grenoble, Poitiers ou Rennes, l'alliance rouge et vert, sans les communistes, a en effet dépassé les 15%. Avec une victoire à la clé dans la capitale des Alpes.
Pas sûr, toutefois, que les écologistes soient aussi emballés à l'idée d'entretenir durablement la dynamique. "La ligne anti-gouvernement de Mélenchon n’a pas trouvé un fort soutien dans les urnes; à la différence de notre ligne plus mesurée. Mélenchon peut pérorer, mais le 'bruit et la fureur' ne profitent qu’au Front national", taclait ainsi, fin mars, dans Libération, David Cormand, en charge des élections à EELV.
Les résultats des européennes éclairciront probablement les stratégies futures. Pour l'heure, les sondages donnent le Front de gauche et les écologistes loin derrière les autres, avec, en moyenne, 7% d'intentions de votes pour chaque.
Notes
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Source
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Europe 1 :: lien
Courte réflexion sur "nos" djihadistes ...
Philippe Delbauvre
Curieusement, on s'offusque, aussi bien au sein du
marais, que dans le cadre de la mouvance, de l'existence de djihadistes
« français », partis combattre en Syrie.
Peut être est-il profitable de rappeler une évidence, savoir qu'il n'est en aucun cas surprenant, de constater un comportement ou des choix non essentiellement français, de la part d'individus ne se définissant pas comme Français. (sic).

Fait surprenant – quoique – ils ont été bien peu nombreux sur la toile à mettre en parallèle l'engagement de « nos » djihadistes avec « nos » combattants volontaires au sein de Tsahal (1). Pas bien difficile de comprendre que si le Système met l'accent sur le premiers et nullement sur les seconds, la mouvance, ou plus exactement le petite partie réellement anti-système de celle-ci, se doit de davantage condamner les seconds que les premiers : c'est très exactement le contraire de ce qui fut écrit ça et là sur la toile, d'où l'expression utilisée dans la phrase précédente « petite partie réellement anti-Système »...
La première guerre mondiale qui ne fut très majoritairement qu'européenne, a peut être été, avec les nuances qui s'imposent, la dernière guerre patriotique. Et d'ailleurs, l'immense majorité des pacifistes, aussi bien française qu'allemande, d'intégrer l'union sacrée. En Allemagne comme en France, on ne s'est pas vraiment questionné au sujet du camp qu'il fallait choisir : les Allemands côté allemand, les Français côté français …

Ce n'est pas un hasard si les historiens ont évoqué « le siècle des idéologies » faisant place par la suite à « l'ère du soupçon », tout au moins d'un point de vue philosophiques. C'est surtout après la première guerre mondiale que les Européens commencent réellement à se définir, non plus en fonction de leur appartenance patriotique, mais en fonction de leur Weltanschauung. Le fait communiste, mais pas uniquement lui, est en ce sens emblématique.
C'est ainsi que durant la seconde guerre mondiale, les Français firent des choix idéologiques différents, nonobstant leur essence française. Ainsi le fait, majoritaire, d'attendre que les mauvais jours se passent » mais aussi le choix de Londres (De Gaulle), Alger (Giraud), Vichy (Le Maréchal), Moscou (escadrille Normandie-Niémen) … N'omettons pas non plus que Résistance et Collaboration, ne furent l'une et l'autre, nullement homogènes.

Si on peut regretter le fait, il s'impose de lui même et ce n'est certainement pas la postmodernité avec son cortège de subjectivisme et d'individualisme, qui va modifier la donne. Quoique d'opposition au monde contemporain, je m'inscris dans l'approbation quant à la préférence accordée à l'Idée sur le substrat. C'est ainsi que je comprends, même si je désapprouve ces choix, aussi bien l'engagement au profit de Tsahal, que celui qui mène au djihadisme …
Dans une dictature, bienfaits et méfaits sont à attribuer au dictateur qui, seul, exerce le pouvoir. Dans le cadre d'une démocratie, le seul responsable n'est autre que le corps électoral, c'est à dire le peuple. Il faudra attendre 1984 pour que les Français à l'échelle nationale, bénéficient de la possibilité d'un suffrage alternatif. On cria alors au scandale ou à la grande victoire au motif d'un Front National qui multiplia à l'époque son audience habituelle par vingt. C'est oublier qu'ils ne furent que 10% à voter ainsi : et les autres ? Comme si l'expression à la mode aujourd'hui de « grand remplacement » n'avait déjà pas sa raison d'être à l'époque … Je constate – c'est un scientifique de formation initiale qui s'exprime – que l'immense majorité des Français est indifférente, aussi bien à la défense du fait ethnique que du fait religieux … Vrai à l'époque, vrai encore aujourd'hui.

Je constate, et à nouveau je cherche à déniaiser (2), qu'il n'existe aucun moule platonicien, duquel tous les Français seraient sortis : trivialement exprimé, pas plus différent d'un Français qu'un autre Français. En ce sens, sauf raison tactique, il est obsolète de se définir comme Français : comme si les gouvernants aux différents étages, depuis quatre décennies – au moins – n'étaient pas français de souche … Comme si la Légion, par définition étrangère, n'avait pas été plus française que la grande majorité de ces gouvernants.
Quoique Français, Catholique, blanc, je suis infiniment plus proche d'un Mishima Japonais, bouddhiste et jaune, que de la plupart de mes « compatriotes » … J'ai peut être le tort de voir les uns et les autres tels qu'ils sont, et pas tels qu'ils devraient être …

« J'habite mon nom, je suis de ma langue, je n'ai d'autre vraie patrie que celle de mes idées et ne me reconnais véritablement que dans les familles d'esprit que j'ai choisies » Saint John Perse.
Peut être est-il profitable de rappeler une évidence, savoir qu'il n'est en aucun cas surprenant, de constater un comportement ou des choix non essentiellement français, de la part d'individus ne se définissant pas comme Français. (sic).

Fait surprenant – quoique – ils ont été bien peu nombreux sur la toile à mettre en parallèle l'engagement de « nos » djihadistes avec « nos » combattants volontaires au sein de Tsahal (1). Pas bien difficile de comprendre que si le Système met l'accent sur le premiers et nullement sur les seconds, la mouvance, ou plus exactement le petite partie réellement anti-système de celle-ci, se doit de davantage condamner les seconds que les premiers : c'est très exactement le contraire de ce qui fut écrit ça et là sur la toile, d'où l'expression utilisée dans la phrase précédente « petite partie réellement anti-Système »...
La première guerre mondiale qui ne fut très majoritairement qu'européenne, a peut être été, avec les nuances qui s'imposent, la dernière guerre patriotique. Et d'ailleurs, l'immense majorité des pacifistes, aussi bien française qu'allemande, d'intégrer l'union sacrée. En Allemagne comme en France, on ne s'est pas vraiment questionné au sujet du camp qu'il fallait choisir : les Allemands côté allemand, les Français côté français …

Ce n'est pas un hasard si les historiens ont évoqué « le siècle des idéologies » faisant place par la suite à « l'ère du soupçon », tout au moins d'un point de vue philosophiques. C'est surtout après la première guerre mondiale que les Européens commencent réellement à se définir, non plus en fonction de leur appartenance patriotique, mais en fonction de leur Weltanschauung. Le fait communiste, mais pas uniquement lui, est en ce sens emblématique.
C'est ainsi que durant la seconde guerre mondiale, les Français firent des choix idéologiques différents, nonobstant leur essence française. Ainsi le fait, majoritaire, d'attendre que les mauvais jours se passent » mais aussi le choix de Londres (De Gaulle), Alger (Giraud), Vichy (Le Maréchal), Moscou (escadrille Normandie-Niémen) … N'omettons pas non plus que Résistance et Collaboration, ne furent l'une et l'autre, nullement homogènes.

Si on peut regretter le fait, il s'impose de lui même et ce n'est certainement pas la postmodernité avec son cortège de subjectivisme et d'individualisme, qui va modifier la donne. Quoique d'opposition au monde contemporain, je m'inscris dans l'approbation quant à la préférence accordée à l'Idée sur le substrat. C'est ainsi que je comprends, même si je désapprouve ces choix, aussi bien l'engagement au profit de Tsahal, que celui qui mène au djihadisme …
Dans une dictature, bienfaits et méfaits sont à attribuer au dictateur qui, seul, exerce le pouvoir. Dans le cadre d'une démocratie, le seul responsable n'est autre que le corps électoral, c'est à dire le peuple. Il faudra attendre 1984 pour que les Français à l'échelle nationale, bénéficient de la possibilité d'un suffrage alternatif. On cria alors au scandale ou à la grande victoire au motif d'un Front National qui multiplia à l'époque son audience habituelle par vingt. C'est oublier qu'ils ne furent que 10% à voter ainsi : et les autres ? Comme si l'expression à la mode aujourd'hui de « grand remplacement » n'avait déjà pas sa raison d'être à l'époque … Je constate – c'est un scientifique de formation initiale qui s'exprime – que l'immense majorité des Français est indifférente, aussi bien à la défense du fait ethnique que du fait religieux … Vrai à l'époque, vrai encore aujourd'hui.

Je constate, et à nouveau je cherche à déniaiser (2), qu'il n'existe aucun moule platonicien, duquel tous les Français seraient sortis : trivialement exprimé, pas plus différent d'un Français qu'un autre Français. En ce sens, sauf raison tactique, il est obsolète de se définir comme Français : comme si les gouvernants aux différents étages, depuis quatre décennies – au moins – n'étaient pas français de souche … Comme si la Légion, par définition étrangère, n'avait pas été plus française que la grande majorité de ces gouvernants.
Quoique Français, Catholique, blanc, je suis infiniment plus proche d'un Mishima Japonais, bouddhiste et jaune, que de la plupart de mes « compatriotes » … J'ai peut être le tort de voir les uns et les autres tels qu'ils sont, et pas tels qu'ils devraient être …

« J'habite mon nom, je suis de ma langue, je n'ai d'autre vraie patrie que celle de mes idées et ne me reconnais véritablement que dans les familles d'esprit que j'ai choisies » Saint John Perse.
Notes
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La Russie, par-delà l’Europe ?
| Alexandre Latsa |
A la fin de l’année 2010, j’écrivais un
texte intitulé Moscou, capitale de l’Europe dans lequel j’appelais à la
réalisation d’un projet politique reposant sur la création d’une entente
approfondie entre Paris, Berlin et Moscou.
Une entente des nations dominantes du continent afin de permettre la réalisation du projet français d’union continentale, un demi-siècle après qu’il ait été formulé par le Général De Gaulle.
Ce projet aurait eu le double intérêt historique et géopolitique de permettre le rapprochement de l’Europe de l’Ouest et de la Russie mais aussi et surtout de permettre le renforcement d’une forme d’équilibre et de multipolarité au sein de l’hémisphère nord.
Près de quatre ans après la publication de ce texte, il semble que la chance de voir se réaliser ce moment historique, destiné à permettre l’émergence d’un monde multipolaire et donc d’équilibre des puissances, soit totalement passée.
L’occupation croissante des espaces politiques, moraux, culturels et sécuritaires des nations européennes par les réseaux américains et l’Otan, processus entamé en 1945, a entrainé l’Atlantisation (on peut parler d’Otanisation) que vit l’Europe actuellement, processus qui devrait vraisemblablement s’accentuer avec la concrétisation de l’union transatlantique en 2015.
A l’Est du continent, de nouveaux signaux sont également apparus. Le réveil russe s’est accompagné d’une mise en garde à l’Occident, après la guerre en Géorgie, que l’extension de l’Otan ne pouvait pas être infinie mais était clairement ressentie par Moscou comme une pression et une agression. Les propositions russes d’architecture européenne commune de sécurité se sont-elles heurtées au mur étoilé de l’Otan, tandis que l’intégration militaire au sein de l’Eurasie n’a pour l’instant trouvé des oreilles qu’à l’Est et non à l’Ouest du continent.
Moscou capitale du « monde russe » ?
C’est dans ce contexte global que l’Ukraine, martyrisée par la coalition occidentale, vient de perdre sans doute à jamais une partie de son territoire qui a fait sécession en demandant de rejoindre la fédération de Russie. En se choisissant un destin russe, les habitants de Crimée ont sans aucun doute réveillé une flamme endormie au cœur d’un « Monde russe » en sommeil et qui n’attend de Moscou que la constitution d’un modèle propre à rejoindre, modèle compatible tant avec les aspirations des peuples concernés que les réalités socio-culturelles et particularités locales.
Les images des jeunes femmes de Crimée, en fleurs et en pleurs de bonheur, ne peuvent que rappeler les scènes identiques que l’opinion internationale médusée avait pu contempler en 1999 lorsqu’une colonne de blindés russes avait pénétré le territoire serbe du Kosovo, prenant de court les troupes de la coalition occidentale et de l’Otan. Mais à la différence de 1999, la Russie a cette fois les moyens de sa politique, tandis que la coalition occidentale semble elle de nouveau prise de cours et dépourvue de tous recours.
La Russie : artisan d’un nouvel ordre mondial ?
Assiste-t-on à la fin d’un monde et pourquoi pas du monde unipolaire ?
C’est plausible et les évènements en Crimée ne sont peut être que la première manifestation de ce long processus, entamé il y a plusieurs années, et qui devrait sans aucun doute provoquer de nouvelles secousses géopolitiques dans un avenir proche. Un processus qui pourrait accentuer l’incompréhension et la rupture stratégique profonde entre la Russie et l’UE mais aussi plus largement entre la Russie et l’Occident. Cette rupture devrait s’accompagner dans un futur très proche d’un lourd refroidissement des relations comme le laissent visiblement comprendre les premières réactions outre atlantiques à ce sujet et notamment les regrets publics de John Kerry de la guerre froide, période durant laquelle : « L’Amérique pouvait prendre de très mauvaises décisions et gagner quand même, car elle était quasiment la seule puissance économique et militaire. Ce n'est plus vrai aujourd'hui ».
Ce refroidissement des relations entre l’Amérique et la Russie pourrait de nouveau plonger l’hémisphère nord dans un scénario bipolaire, comme ce fut le cas depuis 1945. Au cours de cet intervalle, historiquement, Moscou était toujours mis devant le fait accompli, contraint de réagir, mais finissait systématiquement par subir les décisions géostratégiques de l’Occident. Des décisions qui mettaient Moscou en permanence dans une position doublement inconfortable : tout faire pour ne pas se couper de l’Occident bien que systématiquement martyrisé par ce dernier, tout en tentant de défendre ses intérêts stratégiques.
Le problème du modèle Occidental
Mais à la différence de cet intervalle historique de moins d’un demi-siècle, si le monde Occidental a accentué son extension territoriale, politique et miliaire à l’Est et vers l’Est, il est désormais considérablement affaibli, ruiné et surtout sans nouveau modèle à proposer autre que celui de l’après-guerre froide, fortement mis à mal par la crise de 2008.
Le bloc de l’Est en constitution est lui concentré autour d’une Russie qui a désormais de nouveau les moyens de ses ambitions mais aussi et surtout dispose d’une élite ayant une stratégie définie et une forte volonté politique. Une élite qui a clairement défini les objectifs stratégiques qu’elle entend affirmer et ambitionne de plus en plus clairement le développement de son propre modèle, un modèle que la Russie entend faire rayonner au cœur du « Monde russe ».
Si les événements en Géorgie en 2008 puis en Crimée en 2014 ont démontré que Moscou ne souhaitait définitivement plus se voir imposer la géostratégie de son étranger proche, un autre grand changement stratégique semble s’être lentement mais sûrement opéré au sein des élites russes au cœur des dernières années et notamment depuis le début du troisième mandat de Vladimir Poutine.
Un changement survenu lors de la dernière réunion du club de Valdaï pour l’analyste Alexandre Rhar, puisque Vladimir Poutine y a utilisé une rhétorique très conservatrice et montré qu’il préparait la Russie à autre chose et notamment au fait qu’elle n’appartient pas à l’Ouest, comme c’était plus ou moins admis jusqu'à récemment.
Le retour de l’idéologie en Russie ?
Ce changement structurel semble se traduire par la certitude que la Russie n’aspire désormais plus à rattraper l’Occident sur le plan moral, sociétal ou culturel, comme ce fut systématiquement le cas depuis 1991. Moscou a visiblement pris l’initiative de clairement accentuer la tendance à la rupture en insistant désormais clairement sur les différences de civilisation entre la Russie et l’Ouest. Les autorités russes viennent à ce sujet de confier au ministère de la Culture (dirigé par Vladimir Medinski) l’élaboration d’une nouvelle politique culturelle qui permet de mieux comprendre le contour civilisationnel que la Russie souhaite s’attribuer et donc la direction que devrait suivre sa géopolitique du futur proche.
Le rapport semble déterminer la fin du processus entamé en 1991 à la chute du mur, concrétisé au sein de la constitution de 1993 qui affirmait qu’aucune idéologie ne pouvait être désormais établie comme idéologie d’Etat.
Axé sur le thème global « La Russie n'est pas l’Occident, l'Europe ni l’Orient », le rapport définit la Russie comme une civilisation distincte, avec ses modes de fonctionnements propres, comme une civilisation complexe et multiforme. Une définition que l’on peut rapprocher du terme utilisé par Vladimir Poutine lors de ce même dernier sommet de Valdaï, lorsqu’il avait qualifié la nature de l’Etat civilisation russe de « complexité florissante » (Цветущая Сложность), une expression créée par l’un des pères de l’Eurasisme politique et philosophique, Constantin Leontiev .
Vers l’apparition d’un modèle russe ?
Le rapport définit cette « culture » comme l’ensemble des valeurs et des normes de conduite contenues dans le patrimoine culturel et historique, matériel et immatériel. La culture y est également définie comme le cadre unificateur de la société russe et la manifestation du code civilisationnel du pays.
Le rapport constate l’échec du système civilisationnel communiste comme du modèle libéral-occidental post-communiste mais affirme qu’au travers de ces différentes périodes, le « noyau civilisationnel » de la Russie est restée inchangé, ce qui témoigne de sa continuité, terme sur lequel le rapport insiste.
Le modèle occidental fondé sur la tolérance et le multiculturalisme y est clairement rejeté, le rapport préconisant lui une immixtion accrue de l’Etat au sein du management de la politique culturelle et surtout au sein des relations interculturelles, interreligieuses et interethniques afin de favoriser l’unité du pays et protéger le pays des vagues d’agression informatives (un rapport avec les récentes accusations russes contre le bureau de l’Otan accusé de zombifier la jeunesse russe ?) qui détruisent son identité, menacent sa souveraineté culturelle, entravent le développement humain, détruisent son héritage, le ridiculisent et le dénaturent.
Signe de la défiance lourd envers le modèle européen le ministre de la Culture, Vladimir Medinski s’est également félicité du fait que la Russie ne « devienne pas une seconde hollande, ce pays où l’on légalise le mariage pour tous et on l’on fume de la marijuana ». Il a également critiqué et lourdement remis en question le modèle d’intégration à la française selon lui en plein échec.
Le monde russe : nouvelle Eurasie ?
Longtemps, le critère de référence d’opposition à l’Occident était l’Eurasisme.
Un concept à multiples facettes servant à démontrer la particularité civilisationnelle russe. Ce concept qui est réapparu au sein des élites russes depuis le début des années 2000 semble s’imbriquer au sein du monde russe que l’on peut assimiler au monde de l’Est dans ses dimensions majoritairement slaves et orthodoxes.
Le statut de Russien (Rossianin) créé par les autorités russes au cours des années 90 semble sur le point de disparaître, remplacé en quelque sorte par la réaffirmation de la « Russité » au sens large. Cette Russité semble basée sur le « Monde russe », concept qui semble visiblement définir la sphère d’influence que la Russie souhaite vraisemblablement développer et travailler.
Peut-on parler d’Eurasie restreinte (des Balkans orthodoxes à l’extrême Orient russe en passant par le Caucase et la Sibérie, soit l’Eurasie intérieure) pour définir en gros le contour de ce monde russe et les plausibles sphères d’influence en son sein de la Russie et de l’Union Douanière ?
Le christianisme orthodoxe comme ciment du « monde russe » ?
Enfin, mais peut-être surtout, Vladimir Medinski a rappelé un point cardinal de la rupture civilisationnelle totale avec l’Occident qu’est le retour au christianisme. Comme il l’a affirmé : « La Russie sera peut-être l'un des derniers gardiens de la culture européenne, des valeurs chrétiennes et de la véritable civilisation européenne ».
Une imbrication des valeurs chrétiennes au sein d’un monde russe en parfaite adéquation avec la définition donnée par Vladimir Poutine quant à la substance religieuse du citoyen de ce monde russe. D’après le président russe, dont le rapport emprunte nombre de concepts, « Un Russe, ou plutôt une personne appartenant au monde russe, pense d'abord et avant tout qu'un homme a une haute destinée morale. Les valeurs occidentales sont (à l'inverse) que la réussite se mesure à la réussite personnelle ».
Une entente des nations dominantes du continent afin de permettre la réalisation du projet français d’union continentale, un demi-siècle après qu’il ait été formulé par le Général De Gaulle.
Ce projet aurait eu le double intérêt historique et géopolitique de permettre le rapprochement de l’Europe de l’Ouest et de la Russie mais aussi et surtout de permettre le renforcement d’une forme d’équilibre et de multipolarité au sein de l’hémisphère nord.
Près de quatre ans après la publication de ce texte, il semble que la chance de voir se réaliser ce moment historique, destiné à permettre l’émergence d’un monde multipolaire et donc d’équilibre des puissances, soit totalement passée.
L’occupation croissante des espaces politiques, moraux, culturels et sécuritaires des nations européennes par les réseaux américains et l’Otan, processus entamé en 1945, a entrainé l’Atlantisation (on peut parler d’Otanisation) que vit l’Europe actuellement, processus qui devrait vraisemblablement s’accentuer avec la concrétisation de l’union transatlantique en 2015.
A l’Est du continent, de nouveaux signaux sont également apparus. Le réveil russe s’est accompagné d’une mise en garde à l’Occident, après la guerre en Géorgie, que l’extension de l’Otan ne pouvait pas être infinie mais était clairement ressentie par Moscou comme une pression et une agression. Les propositions russes d’architecture européenne commune de sécurité se sont-elles heurtées au mur étoilé de l’Otan, tandis que l’intégration militaire au sein de l’Eurasie n’a pour l’instant trouvé des oreilles qu’à l’Est et non à l’Ouest du continent.
Moscou capitale du « monde russe » ?
C’est dans ce contexte global que l’Ukraine, martyrisée par la coalition occidentale, vient de perdre sans doute à jamais une partie de son territoire qui a fait sécession en demandant de rejoindre la fédération de Russie. En se choisissant un destin russe, les habitants de Crimée ont sans aucun doute réveillé une flamme endormie au cœur d’un « Monde russe » en sommeil et qui n’attend de Moscou que la constitution d’un modèle propre à rejoindre, modèle compatible tant avec les aspirations des peuples concernés que les réalités socio-culturelles et particularités locales.
Les images des jeunes femmes de Crimée, en fleurs et en pleurs de bonheur, ne peuvent que rappeler les scènes identiques que l’opinion internationale médusée avait pu contempler en 1999 lorsqu’une colonne de blindés russes avait pénétré le territoire serbe du Kosovo, prenant de court les troupes de la coalition occidentale et de l’Otan. Mais à la différence de 1999, la Russie a cette fois les moyens de sa politique, tandis que la coalition occidentale semble elle de nouveau prise de cours et dépourvue de tous recours.
La Russie : artisan d’un nouvel ordre mondial ?
Assiste-t-on à la fin d’un monde et pourquoi pas du monde unipolaire ?
C’est plausible et les évènements en Crimée ne sont peut être que la première manifestation de ce long processus, entamé il y a plusieurs années, et qui devrait sans aucun doute provoquer de nouvelles secousses géopolitiques dans un avenir proche. Un processus qui pourrait accentuer l’incompréhension et la rupture stratégique profonde entre la Russie et l’UE mais aussi plus largement entre la Russie et l’Occident. Cette rupture devrait s’accompagner dans un futur très proche d’un lourd refroidissement des relations comme le laissent visiblement comprendre les premières réactions outre atlantiques à ce sujet et notamment les regrets publics de John Kerry de la guerre froide, période durant laquelle : « L’Amérique pouvait prendre de très mauvaises décisions et gagner quand même, car elle était quasiment la seule puissance économique et militaire. Ce n'est plus vrai aujourd'hui ».
Ce refroidissement des relations entre l’Amérique et la Russie pourrait de nouveau plonger l’hémisphère nord dans un scénario bipolaire, comme ce fut le cas depuis 1945. Au cours de cet intervalle, historiquement, Moscou était toujours mis devant le fait accompli, contraint de réagir, mais finissait systématiquement par subir les décisions géostratégiques de l’Occident. Des décisions qui mettaient Moscou en permanence dans une position doublement inconfortable : tout faire pour ne pas se couper de l’Occident bien que systématiquement martyrisé par ce dernier, tout en tentant de défendre ses intérêts stratégiques.
Le problème du modèle Occidental
Mais à la différence de cet intervalle historique de moins d’un demi-siècle, si le monde Occidental a accentué son extension territoriale, politique et miliaire à l’Est et vers l’Est, il est désormais considérablement affaibli, ruiné et surtout sans nouveau modèle à proposer autre que celui de l’après-guerre froide, fortement mis à mal par la crise de 2008.
Le bloc de l’Est en constitution est lui concentré autour d’une Russie qui a désormais de nouveau les moyens de ses ambitions mais aussi et surtout dispose d’une élite ayant une stratégie définie et une forte volonté politique. Une élite qui a clairement défini les objectifs stratégiques qu’elle entend affirmer et ambitionne de plus en plus clairement le développement de son propre modèle, un modèle que la Russie entend faire rayonner au cœur du « Monde russe ».
Si les événements en Géorgie en 2008 puis en Crimée en 2014 ont démontré que Moscou ne souhaitait définitivement plus se voir imposer la géostratégie de son étranger proche, un autre grand changement stratégique semble s’être lentement mais sûrement opéré au sein des élites russes au cœur des dernières années et notamment depuis le début du troisième mandat de Vladimir Poutine.
Un changement survenu lors de la dernière réunion du club de Valdaï pour l’analyste Alexandre Rhar, puisque Vladimir Poutine y a utilisé une rhétorique très conservatrice et montré qu’il préparait la Russie à autre chose et notamment au fait qu’elle n’appartient pas à l’Ouest, comme c’était plus ou moins admis jusqu'à récemment.
Le retour de l’idéologie en Russie ?
Ce changement structurel semble se traduire par la certitude que la Russie n’aspire désormais plus à rattraper l’Occident sur le plan moral, sociétal ou culturel, comme ce fut systématiquement le cas depuis 1991. Moscou a visiblement pris l’initiative de clairement accentuer la tendance à la rupture en insistant désormais clairement sur les différences de civilisation entre la Russie et l’Ouest. Les autorités russes viennent à ce sujet de confier au ministère de la Culture (dirigé par Vladimir Medinski) l’élaboration d’une nouvelle politique culturelle qui permet de mieux comprendre le contour civilisationnel que la Russie souhaite s’attribuer et donc la direction que devrait suivre sa géopolitique du futur proche.
Le rapport semble déterminer la fin du processus entamé en 1991 à la chute du mur, concrétisé au sein de la constitution de 1993 qui affirmait qu’aucune idéologie ne pouvait être désormais établie comme idéologie d’Etat.
Axé sur le thème global « La Russie n'est pas l’Occident, l'Europe ni l’Orient », le rapport définit la Russie comme une civilisation distincte, avec ses modes de fonctionnements propres, comme une civilisation complexe et multiforme. Une définition que l’on peut rapprocher du terme utilisé par Vladimir Poutine lors de ce même dernier sommet de Valdaï, lorsqu’il avait qualifié la nature de l’Etat civilisation russe de « complexité florissante » (Цветущая Сложность), une expression créée par l’un des pères de l’Eurasisme politique et philosophique, Constantin Leontiev .
Vers l’apparition d’un modèle russe ?
Le rapport définit cette « culture » comme l’ensemble des valeurs et des normes de conduite contenues dans le patrimoine culturel et historique, matériel et immatériel. La culture y est également définie comme le cadre unificateur de la société russe et la manifestation du code civilisationnel du pays.
Le rapport constate l’échec du système civilisationnel communiste comme du modèle libéral-occidental post-communiste mais affirme qu’au travers de ces différentes périodes, le « noyau civilisationnel » de la Russie est restée inchangé, ce qui témoigne de sa continuité, terme sur lequel le rapport insiste.
Le modèle occidental fondé sur la tolérance et le multiculturalisme y est clairement rejeté, le rapport préconisant lui une immixtion accrue de l’Etat au sein du management de la politique culturelle et surtout au sein des relations interculturelles, interreligieuses et interethniques afin de favoriser l’unité du pays et protéger le pays des vagues d’agression informatives (un rapport avec les récentes accusations russes contre le bureau de l’Otan accusé de zombifier la jeunesse russe ?) qui détruisent son identité, menacent sa souveraineté culturelle, entravent le développement humain, détruisent son héritage, le ridiculisent et le dénaturent.
Signe de la défiance lourd envers le modèle européen le ministre de la Culture, Vladimir Medinski s’est également félicité du fait que la Russie ne « devienne pas une seconde hollande, ce pays où l’on légalise le mariage pour tous et on l’on fume de la marijuana ». Il a également critiqué et lourdement remis en question le modèle d’intégration à la française selon lui en plein échec.
Le monde russe : nouvelle Eurasie ?
Longtemps, le critère de référence d’opposition à l’Occident était l’Eurasisme.
Un concept à multiples facettes servant à démontrer la particularité civilisationnelle russe. Ce concept qui est réapparu au sein des élites russes depuis le début des années 2000 semble s’imbriquer au sein du monde russe que l’on peut assimiler au monde de l’Est dans ses dimensions majoritairement slaves et orthodoxes.
Le statut de Russien (Rossianin) créé par les autorités russes au cours des années 90 semble sur le point de disparaître, remplacé en quelque sorte par la réaffirmation de la « Russité » au sens large. Cette Russité semble basée sur le « Monde russe », concept qui semble visiblement définir la sphère d’influence que la Russie souhaite vraisemblablement développer et travailler.
Peut-on parler d’Eurasie restreinte (des Balkans orthodoxes à l’extrême Orient russe en passant par le Caucase et la Sibérie, soit l’Eurasie intérieure) pour définir en gros le contour de ce monde russe et les plausibles sphères d’influence en son sein de la Russie et de l’Union Douanière ?
Le christianisme orthodoxe comme ciment du « monde russe » ?
Enfin, mais peut-être surtout, Vladimir Medinski a rappelé un point cardinal de la rupture civilisationnelle totale avec l’Occident qu’est le retour au christianisme. Comme il l’a affirmé : « La Russie sera peut-être l'un des derniers gardiens de la culture européenne, des valeurs chrétiennes et de la véritable civilisation européenne ».
Une imbrication des valeurs chrétiennes au sein d’un monde russe en parfaite adéquation avec la définition donnée par Vladimir Poutine quant à la substance religieuse du citoyen de ce monde russe. D’après le président russe, dont le rapport emprunte nombre de concepts, « Un Russe, ou plutôt une personne appartenant au monde russe, pense d'abord et avant tout qu'un homme a une haute destinée morale. Les valeurs occidentales sont (à l'inverse) que la réussite se mesure à la réussite personnelle ».
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Source
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La Voix de la Russie :: lien
Quelles sont les mesures prises par les maires Front national ?
Le Monde.fr répertorie les mesures qu'ont
prises les onze maires soutenus par le Front national, depuis leur
élection en avril. Si certaines d'entre elles nous ont échappé,
n’hésitez pas à remplir le formulaire proposé (1) pour nous les
signaler.
Béziers, Fréjus, Hénin-Beaumont : un mois après le second tour des élections, les maires frontistes ont commencé à prendre des mesures, souvent très inspirées par le guide de l'élu municipal FN, édité par le parti au niveau national (2).
Réduire les dépenses, augmenter les indemnités
La grande ligne directrice du Front national en matière de fiscalité est de « baisser la pression fiscale ». Steeve Briois, élu à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), a immédiatement appliqué la consigne. Une réduction de 10 % de la taxe locale d’habitation est sa grande priorité (3), même si le manque à gagner pour cette ville très endettée représente 517 000 euros. Et Robert Ménard, lors de son premier conseil municipal, a décidé de baisser les taux (4) à Béziers (Hérault) pour la taxe d’habitation et la taxe foncière sur les propriétés bâties et non bâties. Les baisses toucheront aussi Villers-Cotterêts (Aisne) et Beaucaire (Gard).
Pour boucler leurs budgets et compenser ces baisses, ils comptent donc sur la réduction des dépenses de fonctionnement, dont celles des services communaux. A Béziers, le parc automobile réservé aux élus est réduit de moitié (5), et les indemnités de fonction du maire et des adjoints sont baissées.
A Cogolin (Var) et au Luc (Var), c'est l'inverse : les nouveaux maires ont augmenté leur traitement (6). Le maire de Cogolin se justifie sur Facebook (7), en assurant qu’il a en revanche renoncé à sa voiture de fonction.
Baisse des subventions aux associations
Autre mesure d'économie, plus idéologique, cette fois : réduire le financement aux associations défendant les droits de l'homme, luttant contre le racisme ou jugées proches de la gauche. Le guide de l'élu frontiste les décrit comme des « associations étrangères », « communautaristes », et « politisées (Licra, MRAP, Ligue des droits de l’homme, SOS Racisme…) ». Steeve Briois a ainsi décidé de fermer le local que la ville prêtait à la Ligue des droits de l’homme (LDH) (8) et de couper leurs subventions ; Cyril Nauth a demandé à baisser les subventions aux associations (9), dont la LDH, de Mantes-la-Ville. A Villers-Cotterêts (10), ce sont la CGT et la fédération de parents d’élèves FCPE dont le maire a réclamé la suppression.
Des décisions symboliques sur la sécurité
A Béziers, le premier conseil municipal a prévu d’augmenter le nombre de policiers et de les armer (11). Le maire a également instauré un couvre-feu pour les mineurs de moins de 13 ans (12). « Par arrêté municipal du 25 avril 2014, j'ai décidé, comme je l'avais annoncé, de prendre des mesures afin de prévenir les risques que les mineurs de moins de 13 ans peuvent encourir en circulant seuls la nuit », a déclaré Robert Ménard dans un communiqué.
Une mise en cause des lieux de culte musulman
Les projets de mosquée ou de salles de prière dans certaines villes frontistes sont également l’occasion de faire des déclarations dans le cadre de leur combat « contre le communautarisme ».
A Fréjus, M. Rachline dit attendre la décision sur un recours visant à annuler le permis de construire d'une mosquée pour se prononcer sur celle-ci.
A Mantes-la-Ville, le maire souhaite bloquer la création prévue d’une salle de prière (13): « Nous allons étudier toutes les possibilités juridiques et légales pour que le projet n'aille pas à son terme. » L’ancienne salle de prière, qui n’est « pas aux normes », doit être démolie, et pourrait priver les musulmans de la commune de lieu de culte.
Un accent mis sur les symboles nationalistes
D’autres mesures sont plus symboliques. A Fréjus, le drapeau européen n’a pas flotté longtemps au fronton de la mairie (14). David Rachline ne le jugeant pas « essentiel ». Pas essentielle non plus, la commémoration de l’abolition de l’esclavage le 10 mai (15), selon M. Briffaut à Villers-Cotterêts, pourtant ville de naissance d’Alexandre Dumas, fils d’une esclave dominicaine.
Béziers, Fréjus, Hénin-Beaumont : un mois après le second tour des élections, les maires frontistes ont commencé à prendre des mesures, souvent très inspirées par le guide de l'élu municipal FN, édité par le parti au niveau national (2).
Réduire les dépenses, augmenter les indemnités
La grande ligne directrice du Front national en matière de fiscalité est de « baisser la pression fiscale ». Steeve Briois, élu à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), a immédiatement appliqué la consigne. Une réduction de 10 % de la taxe locale d’habitation est sa grande priorité (3), même si le manque à gagner pour cette ville très endettée représente 517 000 euros. Et Robert Ménard, lors de son premier conseil municipal, a décidé de baisser les taux (4) à Béziers (Hérault) pour la taxe d’habitation et la taxe foncière sur les propriétés bâties et non bâties. Les baisses toucheront aussi Villers-Cotterêts (Aisne) et Beaucaire (Gard).
Pour boucler leurs budgets et compenser ces baisses, ils comptent donc sur la réduction des dépenses de fonctionnement, dont celles des services communaux. A Béziers, le parc automobile réservé aux élus est réduit de moitié (5), et les indemnités de fonction du maire et des adjoints sont baissées.
A Cogolin (Var) et au Luc (Var), c'est l'inverse : les nouveaux maires ont augmenté leur traitement (6). Le maire de Cogolin se justifie sur Facebook (7), en assurant qu’il a en revanche renoncé à sa voiture de fonction.
Baisse des subventions aux associations
Autre mesure d'économie, plus idéologique, cette fois : réduire le financement aux associations défendant les droits de l'homme, luttant contre le racisme ou jugées proches de la gauche. Le guide de l'élu frontiste les décrit comme des « associations étrangères », « communautaristes », et « politisées (Licra, MRAP, Ligue des droits de l’homme, SOS Racisme…) ». Steeve Briois a ainsi décidé de fermer le local que la ville prêtait à la Ligue des droits de l’homme (LDH) (8) et de couper leurs subventions ; Cyril Nauth a demandé à baisser les subventions aux associations (9), dont la LDH, de Mantes-la-Ville. A Villers-Cotterêts (10), ce sont la CGT et la fédération de parents d’élèves FCPE dont le maire a réclamé la suppression.
Des décisions symboliques sur la sécurité
A Béziers, le premier conseil municipal a prévu d’augmenter le nombre de policiers et de les armer (11). Le maire a également instauré un couvre-feu pour les mineurs de moins de 13 ans (12). « Par arrêté municipal du 25 avril 2014, j'ai décidé, comme je l'avais annoncé, de prendre des mesures afin de prévenir les risques que les mineurs de moins de 13 ans peuvent encourir en circulant seuls la nuit », a déclaré Robert Ménard dans un communiqué.
Une mise en cause des lieux de culte musulman
Les projets de mosquée ou de salles de prière dans certaines villes frontistes sont également l’occasion de faire des déclarations dans le cadre de leur combat « contre le communautarisme ».
A Fréjus, M. Rachline dit attendre la décision sur un recours visant à annuler le permis de construire d'une mosquée pour se prononcer sur celle-ci.
A Mantes-la-Ville, le maire souhaite bloquer la création prévue d’une salle de prière (13): « Nous allons étudier toutes les possibilités juridiques et légales pour que le projet n'aille pas à son terme. » L’ancienne salle de prière, qui n’est « pas aux normes », doit être démolie, et pourrait priver les musulmans de la commune de lieu de culte.
Un accent mis sur les symboles nationalistes
D’autres mesures sont plus symboliques. A Fréjus, le drapeau européen n’a pas flotté longtemps au fronton de la mairie (14). David Rachline ne le jugeant pas « essentiel ». Pas essentielle non plus, la commémoration de l’abolition de l’esclavage le 10 mai (15), selon M. Briffaut à Villers-Cotterêts, pourtant ville de naissance d’Alexandre Dumas, fils d’une esclave dominicaine.
Notes
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Ukraine: les Etats-Unis ont orchestré la crise (Poutine)
La position adoptée par Washington dans le règlement
en Ukraine indique que les Etats-Unis ont été à l'origine de la crise
qui affecte actuellement le pays, a déclaré mardi soir à Moscou le
président russe Vladimir Poutine.
"Le fait que les Etats-Unis soient aujourd'hui au premier plan dans le règlement de cette crise indique que c'est bien eux qui ont initié ce processus", a indiqué le chef du Kremlin.
"Dans un premier temps, les Etats-Unis préféraient se tenir dans l'ombre, car dans une certaine mesure leurs intérêts coïncidaient avec ceux des partenaires européens, l'UE souhaitant conclure des accords avec l'Ukraine à des conditions qui étaient, je suppose, défavorables pour Kiev. L'ancien gouvernement ukrainien tentait de s'y opposer, mais, comme vous le savez, la communauté occidentale a réalisé un autre scénario, qui prévoyait un coup d'Etat anticonstitutionnel et l'usurpation du pouvoir par la force, sans se soucier des conséquences éventuelles", a déclaré le dirigeant russe.
Toujours selon lui, un nombre important d'Ukrainiens n'approuvent pas cette politique de l'Occident, et leur opinion doit être prise en compte.
Les grandes villes de l'Est et du Sud de l'Ukraine 51°, dont Donetsk, Kharkov et Lougansk, connaissent depuis mars une mobilisation sans précédent des partisans de la fédéralisation du pays qui contestent les nouvelles autorités pro-européennes de Kiev et réclament des référendums sur le statut politique de leurs régions.
Le 15 avril, le président ukrainien par intérim Alexandre Tourtchinov a lancé une opération dite antiterroriste contre les manifestants impliquant des unités de l'armée régulière.
"Le fait que les Etats-Unis soient aujourd'hui au premier plan dans le règlement de cette crise indique que c'est bien eux qui ont initié ce processus", a indiqué le chef du Kremlin.
"Dans un premier temps, les Etats-Unis préféraient se tenir dans l'ombre, car dans une certaine mesure leurs intérêts coïncidaient avec ceux des partenaires européens, l'UE souhaitant conclure des accords avec l'Ukraine à des conditions qui étaient, je suppose, défavorables pour Kiev. L'ancien gouvernement ukrainien tentait de s'y opposer, mais, comme vous le savez, la communauté occidentale a réalisé un autre scénario, qui prévoyait un coup d'Etat anticonstitutionnel et l'usurpation du pouvoir par la force, sans se soucier des conséquences éventuelles", a déclaré le dirigeant russe.
Toujours selon lui, un nombre important d'Ukrainiens n'approuvent pas cette politique de l'Occident, et leur opinion doit être prise en compte.
Les grandes villes de l'Est et du Sud de l'Ukraine 51°, dont Donetsk, Kharkov et Lougansk, connaissent depuis mars une mobilisation sans précédent des partisans de la fédéralisation du pays qui contestent les nouvelles autorités pro-européennes de Kiev et réclament des référendums sur le statut politique de leurs régions.
Le 15 avril, le président ukrainien par intérim Alexandre Tourtchinov a lancé une opération dite antiterroriste contre les manifestants impliquant des unités de l'armée régulière.
Notes
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| (1) fr.ria.ru |
Source:
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fr.ria.ru :: lien
Marine Le Pen fait du 1er mai un tremplin vers les européennes
La présidente du Front national a profité du
traditionnel défilé frontiste pour exhorter ses militants à se rendre
aux urnes le 25 mai prochain. "Ne me décevez pas, allez voter", a-t-elle
lancé.
Derrière Marine Le Pen, un immense panneau sur lequel s'étale le visage de profil de Jeanne d'Arc et ce slogan: "Non à Bruxelles, oui à la France." La façade de l'opéra Garnier est à peine visible, seuls pointent deux drapeaux, l'un français, l'autre européen.
Voilà toute l'ambiguïté du Front national, violemment opposé à l'UE mais attaché aux futures élections européennes du 22 au 25 mai prochain (1). Car, Marine Le Pen est bien décidée à envoyer le plus d'élus possibles au parlement européen pour justement freiner au maximum les travaux de cette même assemblée.
Ce 1er mai, comme depuis 1988, le Front national a profité du défilé de Jeann d'Arc pour adresser son message politique. Cette année, il s'agissait de galvaniser ses militants pour qu'ils se déplacent en masse le 25 mai prochain. "Ne me décevez pas et allez voter. (2) Faites votre devoir de patriote. C'est un rendez-vous crucial, beaucoup plus qu'il n'y paraît. C'est le moment de s'interroger sur l'Union européenne" et "de dire stop !", a lancé la présidente du FN, dans un discours de trois quarts d'heure prononcé sous une pluie battante.
Alors que traditionnellement, les européennes sont un scrutin peu favorable à l'extrême droite, cette année Marine Le Pen sent qu'il y a un coup à jouer. La semaine dernière, un sondage CSA pour Nice-Matin et BFMTV (3) plaçait son parti en tête des intentions de vote (24%) devant l'UMP (22%) et le PS (20%).
Une mobilisation comparable aux années 2013 et 2011
D'où l'intérêt de marteler ce message de mobilisation: "S'abstenir, c'est tourner le dos à la France (...) Chacun d'entre nous doit convaincre ses amis et sa famille de voter." D'autant que la campagne pour ce scrutin est très courte et que les partis de droite comme de gauche mèneront une campagne minimale. Dans ce contexte, le Front national avait ce jeudi une occasion d'or de faire passer son message.
Combien étaient-ils à l'entendre? Sur la place de l'Opéra, la police a compté 5300 participants, 20 000 affirme le FN. C'est sensiblement la même mobilisation qu'en 2013 (4), où ils étaient entre 3000 et 15 000, selon les sources. En 2011, pour son premier défilé en tant que présidente du FN (5), Marine Le Pen s'était exprimée devant 3200 sympathisants.
Derrière Marine Le Pen, un immense panneau sur lequel s'étale le visage de profil de Jeanne d'Arc et ce slogan: "Non à Bruxelles, oui à la France." La façade de l'opéra Garnier est à peine visible, seuls pointent deux drapeaux, l'un français, l'autre européen.
Voilà toute l'ambiguïté du Front national, violemment opposé à l'UE mais attaché aux futures élections européennes du 22 au 25 mai prochain (1). Car, Marine Le Pen est bien décidée à envoyer le plus d'élus possibles au parlement européen pour justement freiner au maximum les travaux de cette même assemblée.
Ce 1er mai, comme depuis 1988, le Front national a profité du défilé de Jeann d'Arc pour adresser son message politique. Cette année, il s'agissait de galvaniser ses militants pour qu'ils se déplacent en masse le 25 mai prochain. "Ne me décevez pas et allez voter. (2) Faites votre devoir de patriote. C'est un rendez-vous crucial, beaucoup plus qu'il n'y paraît. C'est le moment de s'interroger sur l'Union européenne" et "de dire stop !", a lancé la présidente du FN, dans un discours de trois quarts d'heure prononcé sous une pluie battante.
Alors que traditionnellement, les européennes sont un scrutin peu favorable à l'extrême droite, cette année Marine Le Pen sent qu'il y a un coup à jouer. La semaine dernière, un sondage CSA pour Nice-Matin et BFMTV (3) plaçait son parti en tête des intentions de vote (24%) devant l'UMP (22%) et le PS (20%).
Une mobilisation comparable aux années 2013 et 2011
D'où l'intérêt de marteler ce message de mobilisation: "S'abstenir, c'est tourner le dos à la France (...) Chacun d'entre nous doit convaincre ses amis et sa famille de voter." D'autant que la campagne pour ce scrutin est très courte et que les partis de droite comme de gauche mèneront une campagne minimale. Dans ce contexte, le Front national avait ce jeudi une occasion d'or de faire passer son message.
Combien étaient-ils à l'entendre? Sur la place de l'Opéra, la police a compté 5300 participants, 20 000 affirme le FN. C'est sensiblement la même mobilisation qu'en 2013 (4), où ils étaient entre 3000 et 15 000, selon les sources. En 2011, pour son premier défilé en tant que présidente du FN (5), Marine Le Pen s'était exprimée devant 3200 sympathisants.
Notes
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Source
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L'express via Reuters (Charles Platiau) :: lien
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