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mercredi 26 août 2015

Amiens, 4 septembre : conférence sur la guerre en Ukraine



A l'invitation de Thomas Joly, Secrétaire général du Parti de la France, Guillaume Cuvelier, militant nationaliste français qui est parti se battre au Donbass aux côtés des forces pro-russes, donnera une conférence vendredi 4 septembre à Amiens (19h30) sur le thème Ukraine, les nationalistes face au retour de la guerre en Europe.

Erreur


L'objectif de cette conférence ne sera pas de faire de la propagande pour un camp ou un autre mais de partager l'expérience de quelqu'un qui a vécu sur le terrain une guerre civile européenne moderne et d'en tirer les conséquences pour les nationalistes français qui risquent, eux aussi, d'y être un jour confrontés.

La participation aux frais est de 10 € par personne et comprend un apéritif avec amuse-gueules.

La réservation est obligatoire au 07.83.52.55.83 ou pdfdu80@yahoo.fr
 
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Synthese nationale :: lien

Animalité (une réponse à Nicolas Bonnal)



Animalité (une réponse à Nicolas Bonnal)
 Philippe Delbauvre
 
Nicolas Bonnal fait partie des écrivains – écrivants – dont je suis les publications, notamment par l'intermédiaire de Boulevard Voltaire. Il m'a semblé, mais peut être me trompé-je, qu'il se radicalise ces derniers mois. Pressentiment de la catastrophe à venir dont il perçoit l'imminence, jour après jour ?

Je ne partage pas l'avis qui est le sien, transmis dans son dernier article intitulé «  Comment le système nous a rendus si mous » (1).

Le Système, malgré ce qu'en pensent beaucoup, ne formate pas l'homme. Il ne fait que laisser faire. C'est la bonne éducation qui est culturelle alors même que la vulgarité est naturelle. Le libéralisme n'est autre que l'approbation du retour à la nature. Et nous pouvons le constater au quotidien, les Anciens surtout, parce qu'ils connurent une autre France. Le libéralisme, parce qu'il laisse faire justement, nous permet de nous laisser aller à nos penchants naturels. C'est donc l'animalité, que les catholiques appellent péché originel, qui se voit flatté par la structure en place. Le Système ne crée pas un homme nouveau, mais nous ramène progressivement à la longue période antérieure à la civilisation. Autrement exprimé, alors même que l'homme s'est naguère progressivement élevé grâce à la civilisation, nous faisons machine arrière, entamant un processus de décivilisation.

A noter aussi qu'avoir des valeurs, c'est être capable de se tirer une balle dans le pied, justement en leur nom. Ne pas être voleur, c'est souvent perdre de l'argent. Sauter sur Dien Bien Phu alors même que la bataille était déjà perdue, c'était risquer au mieux l'inconfort, au pire la mort. Il faut donc se faire violence pour être civilisé. Et plus on l'est, plus les contraintes sont lourdes. Dès lors où le Système laisse faire, fatalement, on ne peut que rencontrer, sauf exception notable, le retour en force de l'animalité initiale.

Naguère c'était le passé qui fut célébré, avant que les modernes (18 ème siècle), ne mettent en exergue le futur. Aujourd'hui, nous assistons à la dictature du présent. Rappelons que l'animal n'est justement pas capable de planifier une action sur le long terme ou d'avoir une longue mémoire. C'est bien l'animalité, ou plus exactement son retour chez l'homme, dont il est question. Et il ne manque pas d'exemples pour illustrer le fait. Le fait zapping en constitue un. De même les assassinats gratuits pour une broutille. Le téléphone portable, parce qu'il permet d'être contacté immédiatement, contrairement au téléphone fixe, participe de la même école. L'incontinence sexuelle, aussi. La libéralisation économique idem.

Le penchant naturel de l'homme le pousse à l'égoïsme voire plus généralement au mal. Là où les dirigeants du passé, conjuraient le fait via l'éducation au sens le plus large du terme, ceux d'aujourd'hui laissent faire.

Le Système ne crée donc pas le mal, pas plus qu'il ne formate l'homme : il laisse faire, suscitant ainsi les pires travers inhumains. Rappelons aussi que le Système est, au moins, vanté par l'électorat qui va de l'aile droite de l'Ump à l'aile gauche du Ps. Il a donc très majoritairement l'approbation du peuple, tout ravi de l'aubaine libérale.
 
Notes

(1) http://www.bvoltaire.fr/nicolasbonnal/systeme-a-rendus-mous,201788

Comment le système nous a rendus si mous



Comment le système nous a rendus si mous
 Nicolas Bonnal
 
Il faut subjuguer l’ennemi sans lui livrer bataille.

Sun Tzu, 3


PrisonPlanet montre que quand un flic noir tue une petite fille noire, personne ne réagit là-bas. On ne réagit que contre les flics blancs ; Fdesouche montre qu’un policier blanc s’est laissé désarmer et massacrer par un truand black parce qu’il avait peur de passer pour raciste. Enfin Merkel, sans enfants mais adorée par ses retraités, devenue plus molle que jamais, décide de faire entrer 800.000 colibris chassés de leurs terres par ses maîtres américains et de les imposer aux Européens assoupis.

Le tout comme à la parade.

La nonchalance avec laquelle nous nous laissons effacer par le Nouvel ordre mondial est fascinante. Mais ce n’est pas la première fois qu’une population se laisse anéantir sans réagir.

Dans mon inutile Lettre ouverte à la vieille race blanche (1), j’avais rappelé ce chef-d’œuvre de La Boétie, écrit à seize ans, sur la servitude volontaire : « Une population nourrie sous la tyrannie devient lâche et efféminée », disait sans ciller ce jeune homme épris de république virile.

L’abandon de l’étalon-or (sic), la désindustrialisation aussi nous auront dévirilisés, désoutillés. La société de service est une société de l’esclave cosmopolite, du servus, castrat serviable et gentiment soumis.

Que s’est-il passé d’autre ?
– L’engraissement de notre population, notre vieillissement aussi, redoutés par Rousseau et par Sauvy.
– La montée continue de la consommation via la dette – et du parasitisme collectif.
– La propagande humanitaire et ses idées chrétiennes devenues folles : s’il y a un milliard de pauvres hères sur la Terre, alors ils doivent venir vivre à nos crochets.
– La désinformation absolue reposant sur le pilier télé et sur notre paresse. Bernays disait que la première page du New York Times est en soi un outil de propagande ; car il n’y a pas d’information, il n’y a que de la propagande.
– Les années Internet et smartphone ont accéléré un processus entropique de déshumanisation. La « Jeune Fille » au pif déjà refait et posé sur son téléphone, au short serré sur des fesses bien rembourrées, devient le paradigme globalisé de l’individu isolé et contrôlable, hébété et stérile.
– Enfin, le retournement des élites et la trahison des femmes et hommes politiques vendus pour un plat de lentilles. On ne les a jamais beaucoup estimés depuis notre de Gaulle ou le chancelier Adenauer, mais ils ne nous offrent même plus le minimum syndical pour lequel on les avait payés. C’est qu’ils gagnent mieux ailleurs, avant ou après leur mandat. On ne les nommera pas ; ils sont tous au service de l’OTAN et de ses guerres, de Goldman Sachs et de sa stratégie de liquidation du vieil Occident, des tenanciers de la théorie du chaos qui croient qu’en détruisant tout au passage ils produiront un processus créateur : mais nous les réélisons puisqu’ils passent pour de grands responsables !

Nietzsche s’est trompé : ce qui ne nous tue pas nous rend plus mous.

Notes

(1) http://www.amazon.fr/gp/product/2876232790/ref=as_li_tl?ie=UTF8&camp=1642&creative=19458&creativeASIN=2876232790&linkCode=as2&tag=boulevard-voltaire-21

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Les jeux géopolitiques secrets concernant la Syrie



 Valentin Vasilescu
 
Dans un article précédent nous avons analysé l’information publiée le 16 août 2015 par l’Agence de presse turque BGN selon laquelle la Russie aurait fourni à la Syrie 6 avions MiG-31. Nous avions expliqué le rôle que pourraient avoir ces avions pour contrecarrer le projet d’imposition d’une zone d’exclusion aérienne dans le nord de la Syrie, comme le voulait la Turquie.

Peu de temps après la parution de cet article, les États-Unis et l’Allemagne ont annoncé qu’ils retiraient les batteries AA Patriot de la frontière de la Turquie avec la Syrie. Ces batteries avaient été déployées en 2013 en Turquie suite à une demande adressée à l’OTAN. La Turquie est armée de vieux missiles AA, mais ne dispose d’aucun système AA de longue portée. Sans la protection des systèmes Patriot, les chances de survie d’un avion AWACS impliqué dans une mission d’imposition d’une zone d’exclusion aérienne sont minimes.

Ce n’est qu’après l’annonce de la décision prise par les Etats-Unis et l’Allemagne, que les responsables russes ont démenti l’information au sujet des MiG-31, lancée par l’agence de presse turque BGN une semaine plus tôt.

Au niveau géopolitique, il s’est joué entre la Russie et les Etats-Unis un jeu qui me parait extrêmement intéressant, car c’est la réédition, à une échelle moindre, du troc réalisé entre les États-Unis et l’Union Soviétique en 1962, pour désamorcer la crise des missiles nucléaires à Cuba. Grâce à l’opération Anadyr, les Soviétiques avaient secrètement installé à Cuba trois régiments de missiles balistiques nucléaires R-12 (rayon d’action de 2 000 km) et deux régiments de missiles balistiques R-14 (rayon d’action de 3 700 km), qui pouvaient frapper des cibles situées dans 20 % du territoire des Etats-Unis.

Erreur


Pour assurer le soutien, les Soviétiques avaient positionné à Cuba un régiment d’aviation de chasse doté de MiG-21, deux régiments de missiles AA de moyenne portée, une escadrille de bombardiers Il-28 (à moyen rayon d’action) équipés de bombes nucléaires, et une division mécanisée.

Erreur


Des négociations secrètes entre les Etats-Unis et l’URSS avaient conduit à désamorcer la situation par le retrait des armes nucléaires soviétiques de Cuba. En contrepartie, les Soviétiques avaient obtenu le démantèlement des bases de missiles balistiques nucléaires américains PGM-19 Jupiter (rayon d’action de 2 400 km), de Turquie et d’Italie.
 
Notes

Ex: http://reseauinternational.net

Traduction Avic – Réseau International
 

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Pour François Hollande, la Syrie est l'épicentre des crises



Pour François Hollande, la Syrie est l'épicentre des crises
 Isabelle Lasserre
 
Dans son discours devant les ambassadeurs, le président de la République a évoqué une barbarie terroriste sans précédent.

De toutes les crises qui secouent le monde aujourd'hui, c'est la guerre en Syrie qui suscite le plus d'inquiétudes chez le président français. Si François Hollande lui a consacré une partie importante du traditionnel discours annuel aux ambassadeurs, mardi, c'est parce que «la planète est confrontée à un terrorisme qui n'a jamais atteint ce niveau de barbarie ni cette gravité depuis des semaines» et que le terrorisme «se nourrit du chaos», et donc de la guerre. Et parce que les crises migratoires auxquelles est confrontée l'Europe, et qui n'ont «pas d'équivalent depuis la Seconde Guerre mondiale, sont les tragiques conséquences des conflits qui s'accumulent», notamment celui qui ravage la Syrie depuis plus de quatre ans.

Mais c'est aussi sans doute parce que Paris a toujours été engagé, dès le début de la crise, dans le dossier syrien. La France «avait donné l'alerte dès le départ», en 2012, en déclarant son soutien à l'opposition modérée. «J'avais été le premier à la considérer comme la seule représentante légitime du peuple syrien», rappelle François Hollande. Le président français avait aussi été le premier à se préparer à punir militairement le régime syrien en août 2013, lorsque Bachar el-Assad avait franchi la ligne rouge sur les armes chimiques. Le recul de Barack Obama, qui avait renoncé à frapper au dernier moment, n'a jamais été digéré par les responsables français. «Le monde a mis trop longtemps à réagir», affirme François Hollande. L'inaction de la communauté internationale «a coûté très cher», rappelle le chef de l'État. «Daech, qui n'existait pas sous cette forme, s'est installé. Et Bachar el-Assad a continué à massacrer son peuple…»

Les choses pourraient-elles changer? C'est une source diplomatique qui le dit: «Les perspectives d'une nouvelle conférence de Genève sont plus fortes aujourd'hui qu'elles ne l'ont jamais été.» Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté la semaine dernière une déclaration soutenant la nécessité d'une transition politique en Syrie. Et pour la première fois, la Russie s'y est associée. De Moscou à Téhéran, certaines lignes pourraient bouger dans les mois qui viennent. La signature de l'accord sur le nucléaire iranien, le 14 juillet, laisse entrevoir la possibilité d'une «nouvelle relation» entre Téhéran et les capitales occidentales. «Encore faut-il que l'Iran soit prêt à devenir un acteur constructif» dans la région, précise le chef de l'État.

Quant aux Russes, poursuit la même source diplomatique, «ils ont compris que si Bachar n'avait pas perdu, il ne gagnerait pas… Et tout en restant alliés à l'Iran chiite, ils ont repris une relation avec les sunnites, notamment avec l'Arabie saoudite. Aujourd'hui, l'idée d'une coalition anti-Daech réconcilie tout le monde.»

Le président français met cependant trois conditions à la reprise des négociations. La «neutralisation de Bachar el-Assad», de solides garanties à l'opposition modérée et aux Kurdes, et l'implication des principaux acteurs clés de la région, notamment les pays du Golfe, l'Iran et la Turquie, qui frappe davantage les Kurdes que les djihadistes de l'État islamique. Il considère que «Daech est le plus grand danger», mais que les «emprises terroristes» doivent être réduites «sans préserver Assad». «Le terrorisme, affirme-t-il, menace tous les acteurs de la région et toutes les puissances. Le règlement de la crise syrienne exige la participation de tous.» François Hollande appelle à «une prise de conscience générale».

En attendant, la France continuera à soutenir «l'opposition modérée», même si celle-ci a presque disparu du terrain syrien. À participer à la coalition «en veillant à améliorer son efficacité» mais sans envisager de frapper en Syrie. Et à soutenir le gouvernement irakien. «Bref, à faire ce qui n'a pas été fait il y a quelques années en Libye et que nous payons aujourd'hui très cher», rappelle François Hollande, évoquant le sanctuaire terroriste qu'est devenu ce pays depuis l'intervention militaire franco-britannique et le renversement du colonel Kadhafi.

Jugée courageuse et morale par les uns, irréaliste et inefficace par les autres, la politique française en Syrie - ni Bachar el-Assad ni Daech - «ne pouvait pas réussir sans le soutien des États-Unis», estime une source diplomatique. Elle pourrait néanmoins, surtout depuis qu'elle a été assouplie et déclarée compatible avec «des éléments du régime syrien», trouver une place d'honneur dans un futur règlement de paix. La question, formulée par l'ambassadeur français à Washington, Gérard Araud, lors d'une table ronde pendant la conférence des ambassadeurs, dépasse largement la France et la Syrie. «Il s'agit de savoir comment rétablir un équilibre géopolitique dans la région.»
 

Le Front national à la conquête de la droite



Le Front national à la conquête de la droite
 Georges Michel
 
Ce matin, L’Express titrait sur Internet : « L’exclusion de Jean-Marie Le Pen n’incite pas les Français à voter FN. » À la suite de ce titre racoleur et tellement rassurant pour ceux qui craignent tant pour les « valeurs de la République », les non-abonnés peuvent lire en ligne : « Selon un sondage publié dans Le Figaro ce lundi, 85 % des Français n’ayant pas voté FN en 2012 ne comptent pas le faire davantage aux prochaines élections. » Une lecture hâtive conduirait à la conclusion tout aussi expéditive que 85 % des Français ne veulent pas du FN et que le sacrifice du vieux leader n’aurait pas été d’une agréable odeur, propice à satisfaire l’opinion. D’abord, 85 % des Français qui n’ont pas voté FN en 2012, ce n’est pas 85 % des Français ! Et les 15 % de ces 85 % – excusez du peu – qui n’ont pas voté FN en 2012 et qui seraient disposés à voter, on ne les oublie pas un peu rapidement ?

En effet, faisons un peu de mathématiques, la rentrée approchant, cela ne fera pas de mal. Marine Le Pen a obtenu 18,3 % des suffrages en 2012. Donc, 81,7 % des Français n’ont pas voté pour le FN. 85 % de ces 81,7 % ne seraient toujours pas disposés à voter FN : cela fait 69,44 % des Français. Allez, faisons bon poids : 70 %. Quel est le complément de 70 % ? La réalité est bien là : le FN capitalise bien, grosso modo, le tiers des intentions de vote. La péripétie estivale, quant à elle, n’affecte pas le capital acquis mais le consoliderait plutôt.

Du reste, Le Figaro précise qu’entre 14 et 19 % des électeurs qui ont voté Nicolas Sarkozy en 2012 seraient prêts, désormais, à voter pour le FN. 14 à 19 % de 30 %, c’est entre 4 et 6 % de « grattés » à la droite républicaine, ce qui est énorme lorsque l’on se tient à peu de choses. Journée noire, écrivais-je il y a deux jours dans ces colonnes pour cette droite. Certains ont pu me trouver excessif. En tout cas, ce sondage conforte mon opinion. Il va donc falloir beaucoup d’énergie et d’imagination à Nicolas Sarkozy pour arrêter ce siphonnage et en inverser le flux. Une exclusion de NKM, peut-être…

Mais avant 2017, il y a 2015 avec les régionales, notamment dans les régions gagnables par le Front national, comme PACA. Si ces chiffres sont transposables à l’échelon régional, les choses peuvent devenir très inquiétantes pour M. Estrosi, qui n’obtenait au dernier sondage en juin dernier que 29 % d’intentions de vote au premier tour, contre 32 % pour Marion Maréchal-Le Pen. Là aussi, il faudra bien plus que des tweets et des têtes de gondole pour conforter sa stature de « presidentiabile ».

D’autant que Marion Maréchal-Le Pen montre que la sagesse politique n’est peut-être pas le monopole exclusif des âges mûr et canonique. En effet, dans le conflit qui oppose le père et la fille, la petite-fille a su tout à la fois condamner les excès de son aïeul et lui conserver le respect qui lui est naturellement dû.

Sagesse, respect filial, intelligence politique – et sans doute aussi du cœur – sont des vertus auxquelles un électorat traditionnel de droite peut ne pas être insensible, d’autant que l’opportunisme et l’« agitatisme estrosien » finiront peut-être par lasser sous le soleil azuréen.

Le Front national peut se lancer à la conquête de la droite.

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Économiste "anti-euro" à gauche de la gauche, Jacques Sapir parle à l'oreille du FN




Economiste
 Publié par Olivier Biffaud
 
Une partie de la gauche et l'extrême droite s'uniront-elles politiquement, un jour, dans leur bataille contre l'euro ? La question n'est plus vraiment iconoclaste depuis que Jacques Sapir y a apporté une réponse positive sur son blog RussEurope. Il y met les formes, en utilisant un futur et un conditionnel légèrement hypocrites qui n'ont pas abusé ses propres amis. Qui est Sapir ?

C'est un économiste dit "hétérodoxe", spécialiste de la Russie et russophile, situé à gauche de la gauche, pour qui le Front national à les yeux de Chimène. Le parti de Marine Le Pen aime à citer cet "anti-euro" qui fut un soutien du Front de gauche (2008), puis de Mélenchon, avant de prendre ses distances (2013) avec l'ancien candidat à l'élection présidentielle pour se rapprocher du souverainiste Dupont-Aignan. En 2014, Moscovici, qui occupait alors Bercy, l'avait qualifié d'"économiste d'extrême droite". Cela avait soulevé un tollé à gauche.

Dans un long texte publié sur son blog, le 23 août, Sapir préconise de s'attaquer à l'euro "directement" - il s'agit d'un de ses chevaux de bataille favori -, pour ouvrir "une brèche dans le système institutionnel". Pour y parvenir, il milite pour des "alliances" dans chaque pays européen permettant de créer des "fronts de libération nationale". Il n'hésite pas à faire une analogie avec le CNR (Conseil national de la Résistance, lors de la Seconde Guerre mondiale, en France). Cette comparaison suggère implicitement que le pays est occupé.

"Marcher séparément et frapper ensemble"

Reprenant à son compte la terminologie communiste révolutionnaire - "marcher séparément et frapper ensemble" - il indique que les composantes, de droite et de gauche, de ces "fronts" n'ont pas besoin d'être d'accord sur tous les sujets ou d'avoir un accord programmatique complet. En sus, Sapir défend une tactique chère à l'extrême gauche trotskiste : "détacher du Parti «socialiste» certains de ses morceaux". Son front "anti-euro", et c'est la nouveauté cette fois, va jusqu'à l'extrême droite.

"Mais on voit bien, écrit-il en effet, qu’à terme sera posée la question de la présence, ou non, dans ce «front» du Front National ou du parti qui en sera issu et il ne sert à rien de se le cacher. Cette question ne peut être tranchée aujourd’hui. Mais il faut savoir qu’elle sera posée et que les adversaires de l’euro ne pourront pas l’esquiver éternellement. Elle impliquera donc de suivre avec attention les évolutions futures que pourrait connaître ce parti et de les aborder sans concessions mais aussi sans sectarisme."

Sans doute conscient du trouble que peut causer dans sa sphère d'influence intellectuelle une telle idée de rapprochement, "l'économiste atterré" qu'est Sapir fait mine de nuancer son propos dans un entretien publié sur le site du magazine Causeur. Il insiste sur l'expression "à terme" et sur le verbe être conjugué au futur - "sera" - pour bien marteler que "tout dépendra de l’évolution à venir du Front national". Malheureusement, dans un autre entretien, avec Libération cette fois, il déclare : "on ne peut plus nier que le FN ait changé ces dernières années". Cette forme d'aveu, alors même que rien n'a été modifié dans le programme de ce parti, anéantit l'habillage sur "les évolutions futures".

"Un sentiment de décomposition, de brouillage idéologique"

Etonnante sur le plan intérieur de la part d'un homme qui se dit "de gauche", la propostion des "fronts" de Sapir l'est aussi dans le domaine de la politique économique européenne. Comme le souligne l'historien Nicolas Lebourg dans un article du site Slate, ce "rassemblement de lutte contre l’euro-libéralisme est, sur le plan concret des forces politiques, aussi anachronique qu'irrationnel". En effet, il suffit de consulter la liste des alliés du FN au Parlement européen pour se rendre compte qu'ils sont tous, peu ou prou, des tenants du libéralisme... comme le Front national lui-même.

Dès lors, il n'est pas surprenant que l'affirmation de cette dérive - Sapir, depuis plusieurs années, entretient une ambiguité, en ne prennant aucune distance par rapport aux éloges dont il est l'objet de la part de l'extrême droite - déconcerte, voire désarçonne, ses amis politiques de la gauche radicale. Beaucoup restent sans voix. Interrogé par "Le Monde", Eric Coquerel, coordinateur national du Parti de gauche de Mélenchon, considère qu' il s’agit d’une "aberration". Porte-parole d'une autre composante du Front de gauche, Clémentine Autain y éprouve, pour sa part, "un sentiment de décomposition et de brouillage idéologique".

Ce brouillage n'est pas sans rappeler un précédent vieux d'une quinzaine d'années. Il concernait une figure de l'anarcho-syndicalisme en Loire-Atlantique, Alexandre Hébert. Ancien dirigeant du syndicat Force ouvrière (FO), adepte du lambertisme (une des tendances du trotskisme français) et europhobe patenté, Hébert faisait vivre une connivence à peine cachée avec l'extrême droite. Au point de s'exprimer dans les colonnes de l'hebdomadaire du Front, "Français d'abord", comme le racontait Libération, en 1999. Mais comparaison n'est sans doute pas raison !

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mardi 25 août 2015

Thalys : comment Schengen fragilise les États face à l'«euroterrorisme»



Thalys : comment Schengen fragilise les États face à l'«euroterrorisme»
 Alexis Théas
 
Selon Alexis Théas, l'émergence d'un nouveau terrorisme est facilitée par l'échec de la libre circulation européenne admise par les traités européens dont l'accord de Schengen.

Ayoub El Khazzani est l'archétype d'un terroriste d'un genre nouveau, l'euroterroriste. En effet, l'enquête policière a montré le caractère transfrontière et européen du parcours de ce Marocain d'origine. Ayant vécu en Espagne, à Madrid et Algésiras, il a circulé et séjourné, au cours des derniers mois en France, en Allemagne, en Belgique, en Autriche. La cible qu'il a choisie, le Thalys, est hautement emblématique. C'est dans le TGV reliant Paris à Bruxelles, Amsterdam et Francfort, qu'empruntent chaque jours des centaines de fonctionnaires nationaux ou européens pour converger à Bruxelles que le tueur a tenté d'accomplir son massacre. Il est donc le produit non seulement du fanatisme islamiste qui triomphe au Moyen-Orient, mais aussi de l'échec patent de la libre circulation européenne telle qu'elle a été appliquée .
Ayoub el-Khazzani est le produit non seulement du fanatisme islamiste qui triomphe au Moyen-Orient, mais aussi de l'échec patent de la libre circulation européenne telle qu'elle a été appliquée.

Au départ, l'accord de Schengen du 25 mars 1985 et sa convention d'application du 20 juin 1990 étaient des solutions pragmatiques, réalistes et intelligentes pour faciliter les mouvements des personnes sur le territoire des Etats volontaires, au nombre de six dont ceux du Bénélux, la France, l'Allemagne, puis l'Italie. Il prévoyaient la possibilité de franchir les frontières sans contrôles entre ces pays, sous réserve de mesures compensatoires pour éviter de mettre en cause la sécurité: le droit de poursuite des polices et le fichier policier commun dit SIS. Ils laissaient surtout la possibilité aux Etats de procéder en toute souveraineté à des contrôles mobiles à l'intérieur des frontières et même, en cas de nécessité, à l'appréciation souveraine des gouvernements, de rétablir les contrôles aux frontières dans les trains ou au passage des frontières terrestres, dans le cadre d'une clause de sauvegarde dite «article 2§2». Ainsi, la France avait décidé à partir de l'été 1995, de rétablir ses contrôles aux frontières avec la Belgique et le Luxembourg, pour lutter contre le trafic de drogue en provenance des Pays-Bas ainsi que contre le risque terroriste à la suite d'une vague d'attentats. Ce dispositif, fondé sur la confiance entre les Etats et le respect de leur souveraineté, fonctionnait correctement.

Sans être bien évidemment une garantie absolue contre le terrorisme, il aurait pu permettre, dans des circonstances de haute tension comme celles que connaît la France depuis sept mois après les attentats de janvier 2015, de rétablir les contrôles aux frontières, de détecter ainsi les allées et venues d'Ayoub El Khazzani entre les pays européens, et de s'interroger sur son parcours étrange, y compris un passage en Syrie. L'usage, en toute souveraineté de la clause de sauvegarde Schengen, telle qu'elle existait autrefois, n'aurait pas forcément empêché le passage à l'acte du présumé terroriste. Mais il aurait fourni au gouvernement un outil essentiel pour l'éviter et quand des dizaines ou centaines de vies sont en jeu, rien ne doit être négligé.

Avec le traité d'Amsterdam du 1er mai 1997, tout a progressivement changé. Les questions d'immigration, d'asile, de frontières, ont échappé pour l'essentiel aux Etats pour devenir des compétences communautaires, européennes, dévolues à la Commission, au Conseil des ministres et au Parlement européen, sous le contrôle de la Cour de justice.

Car, avec le traité d'Amsterdam du 1er mai 1997, tout a progressivement changé. Les questions d'immigration, d'asile, de frontières, ont échappé pour l'essentiel aux Etats pour devenir des compétences communautaires, européennes, dévolues à la Commission, au Conseil des ministres et au Parlement européen, sous le contrôle de la Cour de justice. La logique initiale de Schengen, fondé sur le respect de la souveraineté des Etats a disparu. Un réglement communautaire du 15 mars 2006 «établissant un code communautaire relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes», applicable à l'ensemble de l'Union (sauf le Royaume-Uni et l'Irlande) a chamboulé le système. Son article 23 n'autorise le rétablissement des contrôles aux frontières que pour une période de 30 jours renouvelables jusqu'à six mois, sous le contrôle de la Commission et de la Cour de justice qui s'assurent que le motif «d'ordre public» est respecté et peuvent sanctionner les Etats en cas d'infraction.

Dans ces conditions de bureaucratisation et judiciarisation extrêmes, les gouvernements répugnent à prendre leurs responsabilités face à la menace terroriste. En tout cas, en janvier dernier, la France n'a pas utilisé cette possibilité contrairement à 1995. En outre, une jurisprudence rigoureuse de la Cour de justice a sanctionné les Etats comme la France qui procédaient à des contrôles à l'intérieur des frontières (arrêts du 22 juin 2010 Aziz Melki et Sélim Abdeli ) en limitant fortement cette pratique. Quant aux mesures de coopération policière européennes (notamment le SIS), elles viennent de montrer leur inefficacité et leur caractère inadapté à la menace.

Cette évolution n'est pas la cause de la menace terroriste, mais elle a sans aucun doute fragilisé les Etats face à cette menace. Elle a des raisons profondes idéologiques: sans frontiérisme, rejet de l'autorité et des Nations. Certes, elle émane avant tout de l'eurocratie bruxelloise dans une logique de pouvoir, mais par aveuglement et par lâcheté, tout au long des années 2000, elle a été acceptée, sinon encouragée par l'ensemble des classes dirigeantes européennes. Face au défi mortel du terrorisme, cet abandon généralisé des milieux politiques européens a ouvert un boulevard aux extrêmes droites qui s'en sont emparé. Les dirigeants européens auront-ils la lucidité de reconnaître leurs erreurs, leurs démissions successives face à la bureaucratie bruxelloise et d'en tirer les conséquences en remettant en cause cette construction mortifère, avant qu'une catastrophe de grande ampleur ne se produise? Il est permis hélas, d'en douter... Or, il ne se trouvera pas toujours trois Américains dans le Thalys pour sauver des dizaines ou des centaines d'Européens.
 
Notes

Alexis Théas est juriste et universitaire.

 Source

Vidalies et les «heures les plus sombres» : halte à la mauvaise foi



Vidalies et les «heures les plus sombres» : halte à la mauvaise foi
 André Bercoff
 
Le ministre Alain Vidalies a suscité une polémique lundi après avoir déclaré préférer «qu'on discrimine pour être efficace plutôt que de rester spectateur». Pour André Bercoff, l'hypocrisie a assez duré.

Alain Vidalies, Secrétaire d'Etat chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche, aurait, si l'on en croit les réactions indignées d'un certain nombre de ses pairs, levé un gros poisson. L'un de ceux qui pourrissent par la tête. Il a, en effet, osé parler de contrôles discriminatoires, et partant, aux yeux des chevaliers blancs du camp du Bien, rappelant «les heures les plus sombres de notre Histoire». Qu'un représentant officiel de la gauche gouvernante prononce un mot qui relève du vocabulaire néo-fasciste, suffit à répandre l'indignation.

Qu'un représentant officiel de la gauche gouvernante prononce un mot qui relève du vocabulaire néo-fasciste, suffit à répandre l'indignation.


Il appert qu'en France, ces temps-ci, un certain nombre d'individus ont tendance à vouloir, pour des raisons diverses et variées, massacrer sans discrimination leurs contemporains dans un train, un supermarché, un hebdomadaire, un musée, une église, et que certains citoyens s'en sont émus, considérant que leur sécurité n'était plus assurée. Comme on ne peut mettre un policier ou un gendarme derrière chaque homme ou chaque femme habitant notre cher et doux pays, il conviendrait donc de multiplier la pose de filets de surveillance afin d'essayer d'attraper les tueurs présumés avant qu'ils ne passent à l'action. L'Europe étant ce qu'elle est et Schengen une passoire, et personne n'ayant les moyens d'étendre les mêmes règles de sécurité existant dans l'aviation, au domaine des transports ferroviaires et métropolitains, on va à la pêche en espérant qu'elle sera miraculeuse.

C'en est déjà trop pour nos traditionnels Bisounours du pacifisme intégral. Qu'un Valls ose employer des expressions comme «islamo-fascisme» et «guerre de civilisations» est déjà insupportable ; qu'un Hollande ose évoquer les forces du Bien et du Mal en fait évidemment un néo-conservateur déchaîné. Quant à la mise en place d'un numéro vert, dont l'efficacité paraît évidente, elle encourage tout de même la dénonciation anonyme qui rappelle, une fois encore, les années, etc… Remarquons que ceux qui tonnent le plus fort contre ces timides mesures sont les mêmes qui font leurs choux gras de toute lettre anonyme dénonçant tel fraudeur fiscal ou tel conflit d'intérêt. La paille et la poutre, encore et toujours.

Mais la palme de la lucidité désintéressée appartient comme de juste aux Jeunes Socialistes qui écrivent: «Le terrorisme n'est pas lié à une origine réelle ou supposée». Ils ont bien raison: Mohamed Merah n'était-il point d'origine suédoise? Mehdi Nemmouche Cambodgien? Les frères Kouachi d'origine brésilienne? Amédy Coulibaly natif de l'Ontario? Sid Ahmed Glam Islandais de souche? Ayoub El Khazzani de Vladivostok? Prétendre le contraire, serait tomber dans le délit de faciès qui rappelle les heures les plus sombres, etc…

Donc, que faire pour empêcher de futurs massacres, tout en gardant les mains propres? Rien. Attendre. S'en remettre au facteur chance, aux militaires américains ou à une intervention divine qui transformerait les loups en agneaux. Un certain Albert Camus affirmait que dans des circonstances dramatiques, il préférait sa mère à la Justice. Mais chacun sait que Camus n'était qu'un fieffé réac.


Le Figaro

Jacques Sapir : «On ne peut plus nier que le FN ait changé»



Jacques Sapir : «On ne peut plus nier que le FN ait changé»
 Dominique Albertini
 
L'économiste hétérodoxe réaffirme son souhait d'une alliance de tous les partis anti-euro, jusqu'au Front national. Et revendique de parler en homme de gauche, «sans ambiguïté».

Figure bien connue parmi les économistes «hétérodoxes», Jacques Sapir a jeté un pavé dans la mare en appelant vendredi à la constitution d’un «front de libération nationale» anti-euro. Pour cet ancien soutien du Front de gauche devenu une référence des milieux souverainistes, cette alliance devra dépasser le clivage gauche droite et ne pourra se dispenser d’un rapprochement avec le Front national.

Comprenez-vous les réactions troublées à votre proposition d’un «front de libération nationale» comprenant notamment le FN ?


Je trouve qu’il y a beaucoup de mauvaise foi dans les cris d’orfraie qui sont poussés. D’abord, je ne dis pas qu’il faut faire une alliance maintenant avec le Front national : j’évoque même un possible parti «issu du FN». Le Front national peut continuer à évoluer ou pas, c’est cela qui déterminera une éventuelle alliance. Quand bien même celle-ci existerait, chaque membre conserverait évidemment son autonomie et sa personnalité.
En quoi le FN vous semble-t-il désormais un partenaire acceptable, ou proche de l’être ?

Il faut distinguer le comportement des militants et le discours officiel du FN. Dans ce dernier, voilà plusieurs années que l’on ne relève aucun caractère raciste ou xénophobe. Ce parti juge, certes, qu’il faut faire une distinction entre les Français et les autres. Aux Etats-Unis, une personne naturalisée ne peut être élue présidente, et personne ne s’en offusque. C’est une question d’appréciation. Au-delà, on ne peut plus nier que le FN ait changé ces dernières années. Cela ne veut pas dire que cette mutation soit achevée. Aujourd’hui, l’alliance que je préconise n’est d’ailleurs pas possible, il y aurait trop de divergences. Cela ne veut pas dire qu’elle ne le sera jamais. S’il y a une chose j’ai apprise, c’est à ne pas insulter l’avenir.

Quoi qu’il en soit, il n’est plus possible aujourd’hui d’ignorer un phénomène politique qui représente 25% des suffrages. Et je préfère que les militants du FN lisent Frédéric Lordon, Emmanuel Todd et Jacques Sapir plutôt que les vieux auteurs antisémites du XIXe siècle.

Quelles évolutions la rendraient possible selon vous ?

Il y a dans le discours frontiste un grand flou sur la question des Français musulmans. Manque une déclaration ferme pour dire que les Français peuvent avoir la religion qu’ils souhaitent, dans le cadre de la loi. Autre point : sur l’économie et le social, il est facile de relever des incohérences dans le programme du FN. Je pense par exemple à la baisse du coût du travail, qui provoquerait un phénomène dépressionnaire et ne permettrait pas de lutter contre le chômage. De manière générale, on sent qu’un débat entre deux lignes existe au Front national. Il pourrait être keynésien ou libéral, cela se comprendrait, mais on ressent plutôt une certaine indétermination dans leurs choix, qui ne doit rien au hasard et beaucoup à ces divergences. Reste que la question se pose tout autant pour le Parti socialiste.

Vous revendiquez-vous toujours de gauche ?

Bien sûr, sans ambiguïté. Que des gens ne comprennent pas, c’est leur problème. Mais la situation politique a pivoté en raison de ce qui s’est passé en Grèce. La question de l’euro va imposer des alliances qui vont transcender la distinction entre gauche et droite. Je discute donc aussi avec des gens de l’UMP. Sur certains sujets, la position du Front de gauche me semble la plus intéressante. Sur la souveraineté, je suis en accord avec Debout la France [parti de Nicolas Dupont-Aignan, ndlr].

Avez-vous rencontré Marine Le Pen ?

Je n’ai jamais rencontré Marine Le Pen ou tout autre dirigeant du FN. Les ragots qui font état d’un dîner entre nous sont absolument faux. Je ne les rencontrerai qu’en cas de demande précise de leur part sur des questions économiques. En revanche, il m’est arrivé de rencontrer des économistes du FN dans des colloques, voilà tout.