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vendredi 8 février 2019

Dionysos Andronys - « Guerriers amoureux » un roman de Jean-Louis Costes (2013) Éditions eretic, pp.285

« Guerriers amoureux » un roman de Jean-Louis Costes (2013) Éditions eretic, pp.285

 

            Ce quatrième roman de notre performer préféré Jean-Louis Costes est le deuxième à être présenté par nous. Son « Un bunker en banlieue » a reçu notre critique positive à son époque (voir notre Kagablog du 21 avril 2008, collaboration terminée définitivement avec ce blog aujourd‘hui ). C’est une histoire pleine d’imprévus de trois amis qui décident de fuir la banlieue pauvre parisienne puisqu’ils se sentent « étranger(s) chez les immigrés » (op.cit. page 6). Pour souligner notre exception qui n’est pas commune avec Costes je vais emprunter les mots de son premier héros : « pédé est le pire tabou dans la cité » (op.cit. page 19). La force d’anticipation du récit s’accentue avec les fautes de frappe intentionnelles et poétiques qui reviennent sans cesse est dont la meilleure serait « la bitte» (avec deux t). Ces fautes de frappe intentionnelles attribuent une dimension authentiquement underground au roman. Nous étions le premier à écrire sur son court métrage « Saul et la magicienne » de 1997, un film qui se déroule également en Guyane comme la première partie du roman.Patou le kabyle et blanc est amoureux de la haïtienne et noire Darlène à Sant Denis et il rêve de lui offrir un meilleur avenir en faisant appel aux dons de la «bombe atomique de la magie» (op.cit. page 41). Il part en Guyane, dans la forêt amazonienne, pour écouter « la chanson favorite de Hitler » (page 65) sifflé par Klaus, le colosse blanc et allemand qui cherche aussi à faire fortune dans les mines d’or clandestines de la région. Ce dernier ferait mieux de diriger «une bande de scouts dont le chef serait Charles Manson» (op.cit page 105),l‘idole de notre ancien Kagablog (qui était en vérité une farce sioniste). «Tant pis s’il était antisémite» (op.cit. Page 93), pour honorer la passé de son pays, puisque le vrai pouvoir ce sont les incas donc impossible pour Klaus de faire fortune dans cet endroit. Mais malheureusement ce dernier sera tué par Pepita, une paysanne de la région qui fait des rêves de partir avec Patou en France. Infecté dans ses périples dans la jungle ce dernier sera accueilli et soigné par une famille de Hmongs. Momo le beur, fraichement sorti de prison, arrive en Afrique dans un pays qui serait le Tchad ou le Sénégal : «l’équipage de l’avion qui le transporte porte des uniformes français » (op.cit. Page 201). Mais un malentendu important sur le nom de l’aérogare de départ « hall £5 » (op.cit. page 205) sera modifié six pages plus loin en « gode SS » (op.cit. Page 211) . Cela nous aide à faire des équations simplistes mais pourtant « l’amour sera changé en haine » (page 204) et la police militaire viendra ramasser Momo. « Un doigt sur la gâchette de Famas » (modifié intentionnellement page 212). C’est en arrivant sur cette page-clé que nous réalisons que « bitte » et toutes les autres fautes de frappe étaient vraiment intentionnelles. Darlène la noire arrive à Brooklyn pour témoigner sur la présence de l’ange de l’Apocalypse Israfil, un ange qui appartient à la religion hébraïque. C’est sur place qu’elle constatera le déclin sioniste de l’empire américain et notera l’arrivée du « Christ avec des zombis noirs » (op.cit. Page 251). Nous laissons les derniers mots de conclusion au Grand Intellectuel Laurent James : «Jean-Louis Costes est un des plus grands écrivains catholiques de France…S'il se couvre le visage de boue et d'excréments sur scène, c'est parce qu'il sait que l'homme a été créé à l'image divine, et qu'il convient de déguiser le visage de Dieu…Pour nous rappeler qu'à l'instar de nos ancêtres paysans, nous pouvons nous aussi redevenir des nègres » dans la revue Cancer n.8, automne 2003.
 

                                      Écrit par Dionysos Andronis