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dimanche 16 septembre 2007

Vers le congrès de la reconstruction ?

Vendredi, 14 Septembre 2007


Vers le congrès de la reconstruction ?

Philippe Delbauvre

Politique
Je n’ai pas compris le texte de Jean François Touzé publié sur son blog et intitulé « Vers le congrès de la reconstruction » sans que ce ne soit là ni le fait d’une carence en matière grise, ni d’une démarche qui sera imputable à une éventuelle mauvaise foi. Ce serait plutôt « l’hypertrophie de sens logique » qui m’aurait conduit en direction d’une telle perplexité.

Une chose au moins nous rassemble qui est la nécessité pour le Front National et dans son intérêt propre de voir Jean Marie Le Pen briguer un autre mandat et l’obtenir. Et cela sans concurrents, sous peine de voir se mettre en place des écuries, d’ailleurs déjà prêtes à jaillir et à rompre des lances.

« Bien des points restent cependant à éclaircir sur des sujets aussi fondamentaux que l’Europe, la mondialisation, la Défense, la place de la France dans le monde, les institutions, l’organisation territoriale de la France et la décentralisation, l’écologie, l'identité nationale, bien sûr… Nous ne pouvons pas, sur l’ensemble de ces sujets, faire l’économie d’une réflexion qui elle-même doit déboucher sur des propositions concrètes. »

Voici le type de phrases qui m’inquiète parce qu’elle signifierait au cas où l’affirmation serait fondée que sur les sujets essentiels, rien n’ait été bâti et ce durant tant d’années. Je ne puis croire que depuis une dizaine d’années, personne ne se soit interrogé sur des problématiques que l’auteur qualifie lui même de fondamentales.

Il en est de même au niveau des nouvelles structures censées apparaître dans moins de deux mois : l’inquiétude est de nouveau de rigueur.

Vous avez le tort de ne pas vous comporter en nationaliste, dont on sait que lui fait fi des notions de droite comme de gauche. Jean Pierre Chevènement a incarné l’espace d’une élection présidentielle la gauche nationale. L’alliance des deux termes lui a fait perdre d’une part les voix nationales peu soucieuses de se voir accolées au parti socialiste et d’autre part celles de quelques idéologues qui restaient rue de Solferino et ne voulant pas se compromettre avec la frange nationale.

Parallèlement, faudrait-il selon vous une droite nationale où l’ump jouerait le rôle du Ps dans la configuration précédente ainsi qu’un candidat du Front National, jouant le rôle du chevènementiste de droite et subissant une même défaite pour les mêmes raisons ?

L’électorat de gauche est acquis dites vous. Aucun électorat n’est acquis en politique et à force de proclamer le contraire, vous allez nous le faire perdre. Plus précisément, il ne s’agit pas d’un électorat de gauche mais de celui d’une partie de nos nationaux dont le revenu est inférieur à la moyenne et qui est donc plus sensible aux méfaits de la nouvelle donne libérale.

Vous effectuez la même erreur avec l’électorat que vous qualifiez de droite et qu’il faudrait reconquérir. Il y a là sophisme. En effet, on ne peut dénoncer et à juste titre le système umps comme libéral unitaire et dans le même temps signifier que la différenciation a sa raison d’être au sein dudit système, la droite étant respectable et la gauche ne l’étant pas.

Ainsi, ou l’Ump est de droite et se trouve donc exclue par définition de la mouvance nationale, ses électeurs et le Front National n’ayant pour simple fonction que d’être un pôle bien utile pour le nouveau gouvernement lors des prochaines échéances électorales, mais avec pour désastreuse conséquence de le réduire au rôle de simple faire valoir de l’actuel gouvernement. Ou alors l’Ump n’est pas de droite et il devient inutile de faire valoir une droite nationale en vue d’un ralliement.

Dans le cadre d’un échec, il n’est pas difficile de pronostiquer que, comme à l’américaine, c’est vers la gauche que se tourneraient les déçus et non vers le Front disqualifié par sa posture de droite même nationale.

L’électorat droitiste des années 1980 n’existait pour ainsi dire pas. Il s’agissait d’une partie de la droite modérée qui fut exaspérée par les prises par la gauche alors au pouvoir du temps où elle existait. Cet électorat a trouvé son chef dans la personne de Nicolas Sarkozy qui lui est bien dans le cadre de cette sociologie politique, l’original.

Vous avez donc également négligé le facteur Sarkozy dans ce qu’il a d’humain tout comme il y eut historiquement des précédents à l’image de Bernard Tapie. Les 15 % du méridional n’étaient pas radicaux de gauche que je sache. Le ralliement au charisme d’un homme, à tort ou à raison, n’est pas à négliger dans les analyses politiques.

Vous avez également mécompris le fameux vote de Marx en faveur de Le Pen. Il ne s’agissait pas de bolchéviser le mouvement mais de postuler qu’en ces temps de détresse sociale imputable à l’Europe et au monde libéral, le penseur allemand dans ce qu’il avait de social dans sa démarche se serait tourné vers le Front National pour défendre nos acquis qui constituent une spécificité française.

La solution qui s’impose donc naturellement aux nationalistes Français au même titre que pour leurs homologues européens confrontés d’ailleurs aux mêmes problèmes passe donc par le refus de toute forme d’alliance avec la droite ou ce que l’on appelle ainsi, sachant de plus qu’elle est condamnée à plus ou moins long terme.

C’est en étant nous mêmes que nous séduirons les déçus de la droite comme de la gauche et ce pour le plus grand bien de la Nation.

mardi 11 septembre 2007

Avez vous détecté le maillon faible ?

Lundi, 10 Septembre 2007
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Philippe Delbauvre


Avez vous détecté le maillon faible ? Et bien alors c'est trop tard et vous vous êtes trompés. On vient de nous apprendre que ce n'était pas le collège qui était à mettre en cause mais l'enseignement primaire. Les esprits pertinents savaient pourtant. En effet, quoi de plus logique que d'échouer en secondaire lorsque l'on ne sait ni lire, ni écrire, ni compter. Le plus étrange dans cette histoire est le temps qu'il a fallu afin que la vérité se fasse jour. Il est vrai aussi que c'est en section primaire que les parents suivent au plus près la scolarité de leurs enfants, la démarche allant decrescendo tout au long de la scolarité. Alors dire la vérité à tous ces parents, c'est l'assurance du scandale, des manifestations dans la rue et des protestations en tout genre. Un procédé similaire est d'ailleurs utilisé avec le bac pour tous. Chacun se voit ravi et les ennuis commencent après dans les labyrinthes du supérieur.

En fait, les enseignants en collège savaient très bien de quoi il en retournait : lorsqu'en début d'année une classe de sixième est créée, il n'est pas besoin d'être extra-lucide pour diagnostiquer qui sera en difficulté ou pas mais aussi et ce qui est beaucoup plus grave qui réussira sur le long terme et qui échouera. Comment espérer que quelqu'un - et c'est avéré dans tous les domaines - puisse réussir en étant démuni de bases ? En fait, et dès les premières semaines de sixième, on sait le devenir d'un élève jusqu'en classe terminale. Mais là encore, silence !

C'est donc dans ce contexte que l'on a trouvé très intelligent alors que le bateau prend l'eau de partout et à tous étages, de diminuer, fièrement, le nombre de fonctionnaires au sein de l'éducation nationale. Ce n'était certainement pas là qu'il fallait pratiquer des coupes sombres (sic) alors que les évaluations nous montrent un échec flagrant.

Il est vrai aussi que la finance a ses raisons que la morale ignore.



mercredi 29 août 2007

En souvenir de Raymond Barre.

Mardi, 28 Août 2007




Ainsi donc, celui que l’on appelait le Professeur, vient de décéder.

Malgré son âge, la carrière politique de Raymond Barre fut relativement courte – une trentaine d’années – puisque l’homme était issu de la société civile que l’on vante tant chez les politiciens mais que l’on se garde de favoriser puisque ce serait à autant de places renoncer. Ce professeur d’économie avait quelquefois une fâcheuse réputation auprès de ses étudiants comme peu l’indiquer « barbiturique », sobriquet qui lui fut naguère dans les amphis, attribué. On peut assez bien l’imaginer insistant tout au long de l’année universitaire sur les dogmes intangibles qu’une économie libérale (sic) se doit de respecter.

Pluie d’hommages comme on pouvait s’y attendre de la part du personnel politique pour saluer la grandeur de l’ancien premier ministre. En se gardant bien de se remémorer qu’il n’y a pas si longtemps c’était une rafale de grêles qui s’était abattu sur le même homme qui avait osé parler de l’indicible sans aucune gêne et sans rien vouloir renier après. C’est ainsi que Anne-Marie Comparini était, ayant appris et commentant la nouvelle, « émue aux larmes » en omettant de rappeler qu’au moment où « son ami » avait besoin d’aide, c’est contre lui que sans retenue elle appela aux armes tout ce qu’il peut y avoir comme chacal en France. Ces gens là, n’ont décidément aucune pudeur.

En ce qui me concerne je place le personnage dans la même catégorie que celle où se situent Jacques Delors ou Michel Rocard c’est à dire comme un homme du système mais l’assumant et en ne promettant pas monts et merveilles comme le changement de la vie ou la réduction de la fracture sociale.

Il est vrai aussi que l’homme qui fut candidat en 1988 défendait à l’époque en politique étrangère une position néo-gaulliste que l’on peut pratiquement qualifier de tercériste. Cela au point que certains éditorialistes, inquiets du relatif dédain concernant la puissance soviétique, s’étaient demandé si le Professeur d’économie connaissait l’existence du mur … qui allait d’ailleurs s‘écrouler l’année suivante justifiant à posteriori l’analyse du candidat.

S’il n’y avait en France que des hommes comme lui, la situation n’irait guère mieux, mais les Français seraient entre des mains propres.

mercredi 15 août 2007

Socialos salauds

Mardi, 14 Août 2007



Politique

Où qui sont les fils de … Jaurès ? Attends, je cherche. « Parti socialiste » sur le moteur de recherche. Ça tombe mal je suis dirigé vers des pays africains qui eux, visiblement, se bougent. On essaie encore : France « Parti socialiste » :

je trouve un texte d’Attac :

« Concernant ce référendum, il reste une possibilité pour l’opposition parlementaire de l’exiger : selon le texte final adopté pour le traité modificatif et le jugement du Conseil constitutionnel, une révision de la Constitution pourra être nécessaire, à laquelle les députés pourront s’opposer si un référendum n’est pas prévu. Mais pour le moment, les réactions du Parti socialiste sont inquiétantes. A aucun moment il n’a réaffirmé la nécessité de tenir un référendum, alors que c’était une promesse de la campagne présidentielle. Pour le PS il est urgent d’attendre le projet final pour décider ou non de cette exigence. Mais ce référendum ne devrait-il pas être une question de principe pour tout nouveau traité européen ? »

Un autre (sur le site du Wsws) au sujet de la loi sur le droit de grève :

« Alors que les députés du Parti socialiste votaient au parlement contre la loi, de nombreux présidents de région socialistes disaient qu’ils appliqueraient la loi si elle était votée et qu’ils mettraient en place un service minimum des transports dans leur région. Cela s’explique par le fait que, fondamentalement, ils sont d’accord avec la campagne de Sarkozy visant à limiter la capacité de la classe ouvrière à se défendre contre ces mesures, notamment contre la privatisation des transports en commun. Leur but est d’augmenter la profitabilité des grandes entreprises françaises et l’attractivité de la France pour les investisseurs. »

Tiens, Michel Sapin tient compte du non cumul du mandat.

Tiens, Manuel Valls serait l’homme qui monte.

Pierre Moscovici déclare sans rire qu’avec les Usa c’est le juste milieu qui doit prévaloir. Il a oublié que l’Urss n’était plus. Ce qu’il reproche à Bush ? D’être fini ; pas les prisons de la Cia en Europe, les munitions toxiques, les tortures à répétitions : non. La fréquentation de Bush n’est pas immorale selon le socialiste mais compromet nos chances avec les démocrates.

Le tout sur une semaine. Une semaine de travail de la part du fer de lance de l’opposition.

Plutôt coco/trotzko/anarcho que socialo !



lundi 13 août 2007

Lettre ouverte à un ami (II)

Dimanche, 12 Août 2007
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La question de savoir pourquoi on continue à s’intéresser à la politique après la post-adolescence relève de l’analyse personnelle que je n’ai guère envie de pratiquer sauf à creuser afin d’atteindre la psychologie des profondeurs. Comme à l’accoutumé je reprendrais le point de vue de mon philosophe de prédilection qu’est Schopenhauer qui énoncerait que bonne ou mauvaise chose pour moi, cet engagement m’apparaît comme un plus. Si d’aventure, la balance venait à pencher de l’autre côté, comme c’est le cas pour tant d’hommes dans leur couple, je divorcerais de cette éthique politique que j’ai fait mienne.

J’aurais bien sur pu invoquer le soucis du bien commun, la lutte contre un adversaire passablement agressif, l’intégrité, le respect de la parole donnée, la continuation d’une attitude déjà mienne voilà un quart de siècle, la fraternité des combattants de l’esprit qui est d’autant plus forte que nous sommes peu, etc…

Il y aurait eu là du vrai mais aussi une façon de se présenter sous un jour favorable ce qui n’est pas un procédé des plus heureux.

Va donc pour mon bien être ou supposé tel.

Evidemment, dans nos milieux, nos choix de politique étrangère laisse froid ou plus exactement glacent. Me voici donc derrière l’Iran islamiste et le Vénézuela chavezien ; sans compter l’une des Corée – celle que l’on qualifie de non fréquentable – qu’à plusieurs reprises j’ai pourtant défendue.

Bigre !

L’islamisme, le nationalisme de gauche et le communisme constituent trois idéologies différentes. C’est là bien la justification - puisque l’on ne peut se réclamer des trois simultanément – qu’il ne s’agit pas de choix d’approbation (ce qui ne veut pas signifier que tout ce qui est fait dans ces pays est à priori contestable) mais de répulsion face à un mal que j’ai considéré être d’une plus grande importance.

Je ne souhaite donc pas d’un régime communiste en France – je me suis suffisamment battu (fait battre) contre – pour changer d’avis aujourd’hui.

Je n’ignore pas que la France est terre d’Europe et donc non musulmane et qu’en conséquence, si les déclarations en politique étrangère du président iranien me sont souvent sympathiques, j’aime les entendre de chez moi et venant de chez lui.

En ce qui concerne Hugo Chavez, la sociologie de son pays n’est absolument pas la nôtre, et si son modèle sous certaines conditions est exportable, la France n’est pas le territoire le mieux approprié pour servir de terrain d’expérimentation.

Tu me dis que j’aime les arabes. Mais non. Que je ne les aime pas. Non plus. Je dis oui à la Syrie, à la Palestine, à l’Irak, mais … non à la Jordanie, au Koweit, à l’Arabie. Non aussi à la Libye depuis que son chef d’Etat a de mauvaises fréquentations.

Tu me dis que j’aime l’Islam. Celui des études universitaires sérieuses assurément. Mais j’aime aussi toutes les religions. Que je serais plutôt shîite si je venais à me convertir. Suite à la lecture d’Henry Corbin c’est possible. Mais sunnite ou shîite je juge sur le terrain. Plutôt shîisme iranien qu’irakien par exemple.

En fait ma grille de lecture en politique étrangère passe toujours par le choix de ceux qui se trouvent de l’autre côté des barbelés. Ceux là mêmes qui nous enserrent ici même dans une Europe dont nous ne voulons pas. Je ne vais pas utiliser des grands mots dont je sais – à juste titre – que tu ne les aimes pas et c’est pourquoi je vais m’exprimer très simplement.

Partout où nos ennemis se trouvent, je défends leurs adversaires. Est-ce intelligent pour nous d’aller critiquer Chavez ou qui sais je d’autre ? Doit-on attendre que tout le monde soit tombé sous la même domination pour espérer faire valoir nos droits ? Il serait alors trop tard et c’est justement maintenant qu’il faut agir. Dans le cas où la balance revenait à l’équilibre, il serait toujours tant d’être plus sélectif. C’est justement ce que pratiquement personne ne veut comprendre.

D’où notre soutien également à la Russie et à la Chine que nous sommes pourtant loin de considérer comme des modèles. La Chine, et tout le monde aura compris, mais pas le Japon.

De gauche l’Iran ou la Russie ? Certainement pas. Pour nous, cela n’a d’ailleurs pas d’importance.

Et puis pour finir et à l’usage de tous un petit cours de logique.

Les amis de mes amis sont mes amis : pas forcément !
Les ennemis de mes amis sont mes ennemis : pas forcément !
Les amis de mes ennemis sont mes ennemis : pas forcément !
Les ennemis de mes ennemis sont mes amis : pas forcément !

L’axe américano-sioniste dans sa politique étrangère comme dans sa politique intérieure est notre ennemi : sûrement !



dimanche 12 août 2007

Lettre ouverte à un ami

Samedi, 11 Août 2007
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Politique
Je suis bien conscient qu'il vaut mieux vivre à titre individuel dans une société capitaliste à moins d'en être exclu, ce qui est d'ailleurs de plus en plus fréquent, plutôt que dans une société communiste. Inutile donc de prétendre le contraire et de défendre l'indéfendable.

Les libertés d'opinion et d'expression dont on dispose ici passent d'ailleurs pour une preuve de la supériorité de ce Système par rapport à l'autre. C'est oublier que ce qui est pensé ou verbalisé n'a malheureusement aucun contenu politique dans la majorité des cas et n'est pas plus dommageable pour le pouvoir que les commentaires au sujet des performances du Spartak de Moscou ancienne mouture. Dans le cas contraire où certaines assertions bien politiques quoique d'essence historique se font jour, le knout libéral s'abat dans des procès de type stalinien que n'aurait pas reniés Kafka. En ce qui concerne des remarques plus générales ayant trait à la chose politique, si chacun peut s'exprimer, cela entraîne une cacophonie doublée d'une indifférence. Les libertés d'opinion et d'expression n'ont eu de la valeur que parce que durant des siècles on en fut privé.Si maintenant il s'agit de montrer sa prédilection pour la gauche où la droite, là encore, la liberté n'est qu'apparence puisqu'il s'agit de choisir entre un des deux pôles du Système qui compte tenu du verdict se réjouira dans un cas comme dans l'autre. Les dernières présidentielles furent à ce titre révélatrices et le fait que François Bayrou ait pu passer pour une divine surprise parce que soi disant alternatif en dit long.On n'oubliera pas non plus que les résultats des consultations électorales lorsqu'ils ne sont pas conformes à l'attente du Système en place finissent par ne pas être pris en compte comme en témoigne le dernier référendum européen.

En fait, la différence majeure entre les systèmes communistes et libéraux est que l'un y met les formes et l'autre pas. C'est justement la raison pour laquelle le libéralisme passe pour l'angelot face au démon communiste. Mais il ne s'agit là que d'apparences. Dès que le système libéral sort de ses frontières, c'est Abou Ghraib qui apparaît. Chacun connaît les abus pratiqués dans nombre de commissariats de police qui sont eux aussi, et plus souvent que l'on peut le penser, des zones de non droit, tout comme chacun sait le nombre de personnes emprisonnées à tort. Les interdits en matière d'expression sont d'ailleurs bien plus prégnantes aujourd'hui qu'il y a un demi siècle.

Les Nr ne sont pas communistes : Alain Escoffier n'est pas mort pour rien et sa cible était choisie. Descendants des tercéristes, ils dénoncent à la fois le libéralisme et le communisme qui sont perçus comme deux extrêmes particulièrement éloignés des réalités humaines. Le fait est qu'aujourd'hui, le communisme a disparu. Il nous semble donc que nous n'avons pas vocation à aller combattre des moulins à vent.

Tu reconnais que le libéralisme économique présente des excès qu'il faudrait corriger. C'est oublier qu'on ne l'on ne le peut pas et qu'on ne le peut plus.

On ne le peut plus parce que la France est directement dépendante de l'Europe au point que ses produits doivent être normalisés afin de rentrer dans les critères imposés.On ne le peut plus, parce que des mesures sociales hardies visant à contrecarrer les effets néfastes du libéralisme ne sont pas admissibles par Bruxelles.

C'est toujours le plus libéral qui imposera sa supériorité à l'autre tout simplement parce que le marché le veut ainsi. Nécessité en terre libérale de s'aligner sur le plus avancé sous peine d'être dépassé et de disparaître.Les consommateurs achètent à valeur égale le moins cher ce qui suppose la réduction des coûts, celle ci se traduisant par la recherche des salaires les plus bas.

Les entreprises dites Françaises ont des comptes à rendre à leurs actionnaires : en quête de plus value, ils exigent toujours davantage et cela aux dépens des salariés.Comme de plus, elles sont bien souvent liés en terme de capital à d'autres entreprises étrangères y compris en apparence concurrentes, les dés sont pipés.

Ce que l'on appelle des patrons produisent ou vendent. Ils n'ont pas l'image de Saint Vincent de Paul sur leurs bureaux. Ils n'ont d'ailleurs pas la possibilité d'être humanistes comme quelquefois ce fut le cas de par le passé où un certaine forme de catholicisme d'inspiration corporatiste pouvait encore les mener à la compréhension. Tout chef d'entreprise est aujourd'hui dans la situation d'une vente aux enchères inversée où c'est celui qui énonce le prix de revient le plus bas qui remporte la mise.

C'est ainsi qu'un chef d'entreprise humaniste verrait donc perdre tous ses marchés.

Un entreprise doit diminuer ses coûts et augmenter ses recettes.

La diminution des coûts passe par la stagnation des salaires, l'emploi à durée déterminée, la facilité à licencier et bien sur les délocalisations. Nous sommes ici en pleine actualité et nous en souffrons.

Si d'aventure, un chef d'entreprise ne consent pas à suivre cette ligne, il disparaît, victime de la concurrence. Voilà pourquoi il n'y a rien à espérer d'un quelconque aménagement ou d'une réforme d'un système qui se sent très bien ainsi et dont la vocation - rappelons le - n'est pas de faire dans le bien être.

Ainsi, il n'y a rien à espérer d'une évolution interne vers une forme sociale du libéralisme. De toute façon, les actionnaires sont en attente de perception de leurs dividendes sur lesquels ils font pression.

La seule solution passe par l'établissement d'une confédération sur un mode où les droits sociaux seraient partout les mêmes. Exit au passage les délocalisation qui n'auraient plus aucun intérêt. Elle passe aussi par l'acceptation d'un manque de matière première que seule la Russie, isolée politiquement et qui n'aspire qu'à, ça peut nous fournir.

Faute de quoi, la spirale continuera de se dérouler. Encore une fois, ce processus ne peut qu'aller crescendo si rien n'est fait.

Au fait, j'ai abordé l'humanisme des patrons: est t-on bien certain qu'ils'agisse là de leur motivation première ? Humain, trop humain...

Voilà le pourquoi de notre désaccord. Il me semble très difficile de contester les faits que j'ai pu énoncer. Point de théories fumeuses mais simplement une analyse rationnelle de la situation présente.

Peut être le Système est-il biodégradable, mais il n'est ni recyclable, ni réformable.

Les erreurs d'appréciation en politique peuvent quelquefois se payer très cher en entrainant par exemple un parti vers des contrées pour lesquelles il n'est pas fait. Il se trouve dès lors confronté à un choix exclusif entre d'une part le reniement de son histoire passée ainsi quelquefois aussi de ses aspirations présentes, au point des risquer sa propres disparition en raison de son aspiration- annexion effectuée par un concurrent oeuvrant lui sur ses terres, et d'autre part la possible marginalisation le laissant stagner à l'ombre de son rival pour ne pas avoir perçu l'amplitude de sa force.

S'il y a eu un vote authentiquement lié à la personne de Nicolas Sarkozy en raison de la personnalité de l'homme, de son dynamisme, de sa pétulance, et de sa facilité à manier les médias, on ne peut en déduire qu'il s'agisse là d'un phénomène d'adhésion à son programme que pratiquement personne n'a jamais lu.

On s'est simplement dit dans les chaumières après moultes essais infructueux: "pourquoi pas lui ?".

Nouveau Tapie, mais cette fois ci estampillé à droite, le leader de l'Ump a récolté d'importants suffrages dès le premier tour, en bénéficiant d'une candidature particulièrement médiatisée qui le rendit incontournable tout comme ce fut aussi le cas pour sa concurrente directe, mais récolta aussi les fruits de déclarations fracassantes qui n'appartiennent qu'à lui. C'est ainsi que l'opinion générale fut frappée par l'utilisation de certains mots comme "racaille" ou "karsher" qui dénote avec le politiquement correct habituellement utilisé dans ce domaine, ainsi qu'à son action inactive mais perçue comme efficace à la tête d'un ministère clé qui n'est autre que celui du ministère de l'intérieur.

Phénomène curieux mais qui confirme notre analyse, les résultats obtenus à cette fonction furent bien maigres pour ne pas dire inexistants. Autrement exprimé, les Français qui ont voté pour ce candidat se sont davantage référés à l'image qu'ils se faisaient de l'homme qu'à la réalité. A l'image de Bernard Tapie qui naguère semblait être en matière d'emploi la solution miracle pour les Français, Nicolas Sarkozy a bénéficié du même effet de sympathie, c'est à dire d'une confiance doublée de naiveté. Il eut été intéressant de comparer les deux électorats pour très certainement s'apercevoir de leur identité ou à tout le moins de leur proximité. Que le nouveau président viennent à être déconsidéré tout comme cela fut le cas pour le manager, acheteur et bradeur, et c'est, une minorité d'inconditionnels mise à part, l'impopularité assurée.

Dans de telles conditions, il apparaît évident que vouloir jouer la partition du sarkozysme sur un mode hard afin d'en tirer les bénéfices est d'une effarante stupidité. D'abord parce qu'en cas de succès, le président en tirera seul tous les mérites et que l'électorat n'aura que faire des "enragés" d'une droite extrême dite nationale. Ensuite parce qu'en cas d'échec de l'actuel gouvernement, tous ceux qui se seront positionnés au voisinage de lui en jouant une même partition sur le mode "hard" ou "soft" auront à payer cette proximité. On voit bien dès lors que la solution stratégique se trouve ailleurs.

En ce qui nous concerne, nous savons pertinnemment que la trajectoire Française s'aligne sur celles des autres pays occidentaux libéraux. Point besoin d'être génial pour en faire le simple constat puisque chaque pays fonctionne au diapason américain et ce à tel point que les différentes mesures prises sont prévisibles. Avec une nuance: l'entreprise de libéralisation se fait ici dans un pays qui a ses habitudes et son histoire, doté d'un particularisme qui est l'importance accordée à la puissance de l'Etat. Les différentes mesures préconisées par l'Ump dont le but est d'occidentaliser la France ne pourront dont que faire plus de mal qu'ailleurs. En conséquence, l'accent doit être mis et au plus vite sur une analyse de type économique de la situation actuelle et de celle à venir. Peu importe d'ailleurs aux Français de ce début du troisième millénaire de connaître leur part de germinité ou de celticité. Les conflits à venir seront bien économiques et sociaux et c'est cette contrée que nous devons labourer. Il n'est au passage pas difficile de faire remarquer que tous les troubles dont nous souffrons existaient auparavant outre Atlantique. Point besoin de chercher à le démontrer puisque les faits parlent d'eux mêmes. Il suffit juste de pointer là où se trouve le mal.

Nous obtenons dès lors une cohérence totale puisque tous les sujets ne sont que des déclinaisons à différents degrés de l'aspect libéral.

C'est ainsi que:

L'immigration n'est majoritairement qu'une main d'oeuvre peu chère au service du monde libéral. Elle n'est aux yeux des migrants qu'un moyen de s'enrichir aux dépens de la communauté nationale et ce, sans la moindre idée de conquête ou de déstabilisation.

L'antiracisme n'a pour seul objet que de préparer un monde monochrome où tous seront interchangeables: moins de différence, c'est plus de facilité à manier l'ensemble, tant dans les entreprises que dans le quotidien.

La délinquance est la double conséquence de l'immigration et du chômage qui ne sévit d'ailleurs en majorité que dans les quartiers pauvres que l'on a coutume d'appeler cités ou banlieux.

Le chômage s'explique par le déficit de la balance commerciale qui montre l'importante part des importations dont évidemment les produits manufacturés sont construits par des étrangers et ailleurs. Il constitue également ce que l'on appelle dans les milieux économiques non sans cynisme une variable d'ajustement ainsi qu'une précieuse réserve permettant de tirer les salaires vers le bas.

La dispersion des familles, c'est la conséquence de la nécessité pour chacun de s'en aller chercher du travail loin des siens et ce, selon les désidérata des entreprises.

La méconnaissance croissante de la langue Française, c'est la réduction d'un mode d'expression à quelques centaines de mots qui sont utiles à une fonction strictement utilitaire telle qu'elle est pratiquée dans les entreprises.

L'apparente neutralité dans le cadre du conflit israelo-palestinien ainsi que dans celui des conflits consécutifs à l'expansionnisme américain masque mal une approbation certaine. La raison n'est pas explicable par le bellicisme du peuple Français mais bien par la participation des élites gouvernementales au tout économique.

L'Europe, malgré toutes les décennies écoulées, n'a pas su se donner une tête politique; rien de surprenant puique son objet est simplement la constitution d'un vaste marché commercial.

La Turquie, au même titre que l'Afrique du nord a vocation à rentrer dans l'Europe, non suite à un intérêt pour la culture arabo-musulmane mais en raison des intérêts énergétiques ainsi qu'à l'existence d'une main d'oeuvre peu revendicative constituant aussi un facteur de baisse des salaires à des fins d'augmentation du profit dont les Français seront les premiers à souffrir.

La liste n'est pas exhaustive.

En conséquence, les nationaux-révolutionnaires et solidaristes postulent:

1/ Qu'il est indécent voire ridicule de devenir l'aile marchante de l'actuel gouvernement.

2/ Que l'opposition frontale contre le Système s'impose.

3/ Que la distinction gauche/droite ne peut être effectuée que de manière ponctuelle.

4/ Que la clé de voute de l'explication du mal vivre passe par la critique de l'Economisme.

5/ Que les maux si souvent dénoncés ne sont que des conséquences et non des causes.

6/ Que la dénomination que l'on nous prête (extrême droite, droite extrême, droite nationale, gauche nationale, fascisme, nationalisme) ne présente aucun intérêt dans la configuration actuelle.

7/ Que nous n'avons pas d'ennemi dès lors où ce dernier est un opposant sincère au Système.

SNR

vendredi 3 août 2007

Les méfaits ont la même origine

Jeudi, 2 Août 2007
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Adolescent, mon père m'expliqua comment conduire une voiture de manière intelligente. Au plus grand effroi de ma mère, il tentait de se garer entre deux véhicules, chose impossible selon elle compte tenu du peu d'espace disponible, et y parvenait après quelquefois quelques dizaines de braquages. Il m'indiquait aussi que l'on pouvait juger de l'intelligence du chauffeur sachant qu'elle est inversement proportionnelle à l'utilisation faite du klaxon et des pédales de frein. Je constatais que mon père ne se faisait entendre que très rarement sur la route et qu'il minimisait l'usage du frein. La vue de la route, la négociation d'un virage se traduit pour un bon conducteur par une bonne gestion de l'accélérateur qui à lui seul permet d'éviter le recours au frein.Durant les années soixante dix et le début des années quatre vingt, nous fûmes des habitués des séjours dans l'Embrunais, ce qui nous obligeait à emprunter la route Napoléon. Ce fut l'occasion de nouvelles remarques ayant trait à la conduite en montagne ; on est censé descendre à la même vitesse que l'on monte et surtout en ce qui concerne le premier cas, on doit utiliser ses freins moteur. Il m'expliqua qu'à force de s'en servir tout au long de la descente, la probabilité pour que les friens classiques finissent par lâcher augmentait d'autant plus que la descente était longue. L'épisode récent de Laffray m'a remis en mémoire ces souvenirs qui commencent à dater mais dont les enseignements devraient être connus de tous.

Le problème est ailleurs. Comment expliquer qu'autant de camions empruntent cette route alors qu'ils n'en ont pas le droit ? Comment se fait- il que la police ou la gendarmerie locales qui voient les faits n'interviennent pas ou, à tout le moins, ne transmettent pas un rapport auprès de la hiérarchie ? Ils sont suffisamment nombreux les Français à se plaindre d'une omni-surveillance sur les routes par les forces de contrôle, y compris à des endroits où l'on sait que l'on va prendre du poisson bien inoffensif, alors que dans d'autres secteurs et pour des raisons bien plus graves on constate un vide de présence. Pourquoi mobilise t-on des forces de police pour verbaliser ailleurs et non à cet endroit pourtant bien dangereux ? La raison est d'ordre économique. On verbalise pour faire rentrer de l'argent dans les caisses de l'Etat et on ignore de surveiller Laffray pour favoriser l'économie. Dans les deux cas, c'est une question d'argent. Les victimes polonaises au même titre que celles qui les ont précédées sont des victimes du libéralisme. S'il est utile parce que démagogique de déclarer que l'on va dresser la carte de France des endroits périlleux, on peut déjà s'attendre lorsqu'il y aura un choix entre la facilitation du trafic c'est à dire la réduction des coûts, et la sécurité publique, à ce que la première soit privilégiée aux dépens de la seconde. Les véhicules vont au plus court, ou plus exactement au plus rapide. Les routiers sont d'ailleurs les premiers à se plaindre du manque de déontologie dans la profession parce que tout est histoire de rendement chez leurs employeurs. Ils mettent donc non seulement en jeu leur propre vie - 'c'est ça ou la porte' - mais aussi celles des autres.

Il y a peut être moins de substances toxiques dans le corps d'un vieux junkie que dans celui d'un jeune coureur. Fatalement, tous les ans, la même rengaine nous promettant un tour propre et fatalement, tous les ans, le même phénomène ressurgit. Une première mise au point s'impose : un coureur déclaré négatif au contrôle n'est pas forcément sain ; cela signifie simplement que les tests réalisés n'ont rien détecté et c'est une nuance qu'il ne faut pas perdre de vue. On sait très bien que le tour est sale. Et pas que le tour. Ainsi, lors de la dernière coupe du monde de football, le président de la fédération internationale a trouvé le moyen d'exprimer sans rire que le football étant un sport technique, le dopage n'avait pas de raison d'être. D'une part le football, tout comme le cyclisme est à la base un sport physique, d'autre part le geste technique ne peut être réalisé qu'avec un minimum de fraîcheur physique. Pour considérer un sport que j'ai bien connu à savoir le tennis, plus on arrive vite sur la balle et mieux on parviendra à réaliser son geste. Réciproquement, on sait très bien ce que donne généralement, un coup réalisé en catastrophe. C'est ainsi que dans presque tous les sports - je conviens que l'on en arrive à des évidences mais à qui la faute ? - l'aspect physique est essentiel.

Les enjeux des compétitions valent autrement plus que les jeux.

Les sportifs quoique l'on puisse en penser ne sont pas trop payés. En effet l'entreprise qui les emploie sait très bien ce que tel sportif peut leur apporter. Il ne lui viendra pas à l'idée d'offrir davantage que ce qu'il rapporte. C'est justement en quoi ces salaires mirobolants peuvent donner une indication de ce qui peut être rapporté. Comme de plus, le joueur ou l'équipe sont liés à la marque, nécessité est faite de gagner et ce par tous les moyens. En ce qui concerne le cyclisme les équipes portent le nom de la marque. Il existe d'autres exemples de sport fonctionnant de la même façon. Sincèrement, votre serviteur s'imagine mal suer pour Mac Donald, Subutex et autres.

Voilà, si j'ose écrire les choses ainsi, de l'actualité brûlante. Dans les deux cas, les méfaits ont la même origine, à savoir la subordination de l'humain au règne, non de la technique, mais de la finance qu'à tort certains qualifient de cosmopolite. Comme s'il pouvait aujourd'hui en être autrement !



vendredi 20 juillet 2007

Welcome to the village

Welcome to the village

Alain Rebours

Éditorial
Welcome to the village
L'on savait le ventre encore fécond. Et depuis si longtemps. D'où l'impérieuse nécessité de se mobiliser. Chacun savait et agissait en conséquence via des associations, groupements, ou comités de vigilance censés bien porter leur nom.La leçon était connue de tous. Prêter attention aux grands rassemblements en uniformes, aux grands drapeaux arborés, aux brassards accusateurs et révélateurs.

Pourtant, des hommes non dénués de sagesse, avaient prévenu que si « ça » revenait, ce serait sous une forme totalement différente puisque la première était par trop reconnaissable.

Les hommes sages ne sont que rarement écoutés et presque jamais entendus.Il faut aussi admettre qu'il est plus confortable de combattre le « ça » lorsqu'il n'est plus que lorsqu'il fut.

Nietzsche, qui a sa manière était un sage, nous avait prévenus que les hommes après s'être donnés des maîtres, finiraient dans un second temps par plébisciter eux mêmes le renoncement à toute forme de pensée en y participant de manière volontaire. Nous y sommes arrivés.

Point de rassemblements où chacun est habillé comme l'autre, point d'hymne que tous doivent réciter en chour, point de police politique à brassard visible de tous.

Mieux, point de conscience populaire de la répression mais au contraire quasi approbation généralisée. Chacun s'achète le fil d'antenne avec lequel il pend sa conscience et dès lors sa dignité.L'avantage des totalitarismes antérieurs fut d'être considérés comme tels par l'immense majorité de la population. On savait et quand bien même on restait muet, le regard que l'on croisait en disait long.

« Welcome to the village ».

" La foule n'est plus formée que de zombies aux yeux morts. ". Et heureux. C'est probablement pourquoi chacun trouve légitime d'apporter sa contribution au système présent au nom des bons sentiments. C'est ainsi que l'on trouve naturel de s'investir au profit de ceux qui n'ont pas de toit ou qui souffrent de maladie. Il ne s'agit pas de contester la valeur de ces engagements, même s'il existe un plaisir à faire plaisir et davantage à le dire, mais de s'interroger sur la carence d'un questionnement sur l'existence de tant d'âmes en peine au début du troisième millénaire.

Si l'enfer est pavé de bonnes intentions, on peut se demander si le nom de liberté n'est pas celui que l'on trouve sur les panneaux indicateurs qui y mènent.

Les progrès scientifiques permettent bien des choses aux politiques, dont rappelons le, nous n'avons rien à craindre puisqu'ils sont estampillés libéraux. Nous avons donc de la chance et l'on n'a de cesse de nous le répéter. C'est ainsi que les caméras de surveillance, qui se généralisent sur l'ensemble du territoire, n'ont pour seul objet que de nous protéger. Des délinquants. Qui, si on en croit les statistiques officielles se portent pourtant bien. Les statistiques sont justes parce que nous avons la chance de vivre dans un régime de liberté. Si d'ailleurs elles n'étaient pas justes - simple hypothèse d'école - nous ne vivrions pas dans un régime de liberté. Mais comme c'est dans ce régime là que nous vivons, elles sont par définition justes. C'est ainsi que j'ai été ravi de voir publiées les dernières statistiques du chômage, très ancien fléau dont nous sommes presque débarrassés. Chacun a d'ailleurs pu constater dans son entourage immédiat que les chiffres correspondaient bien aux faits. La biométrie est une excellente disposition puisqu'elle nous permet d'être particulièrement protégés . des biométrés. La carte d'identité est devenue quasi infalsifiable, ce qui est une autre avancée que l'on peut qualifier de grandiose. Chacun sait que ne peuvent être contre cette procédure que seuls ceux qui songent à falsifier. Cqfd. Ils doivent d'ailleurs être très nombreux sinon on ne s'expliquerait pas l'intérêt de la mesure.

Le concept de totalitarisme est né après la seconde guerre mondiale. Nous l'avons inventé pour désigner les deux abominations que furent le national-socialisme et le communisme afin de bien faire comprendre que nous, les libéraux, c'est à dire l'empire du bien, étions la seule voie véritablement humaine. Bien sur on pratique nous aussi la torture - mais pas chez nous, enfin pas officiellement - mais c'est dans l'intérêt du genre humain. Logique, puisque nous sommes du côté de la liberté. Cqfd. Ceux qui ne sont pas d'accord sont donc forcément des liberticides. Bien sur, certains d'entre nous ne respectent pas davantage l'Onu que d'autres la Sdn auparavant. Logique. Même raisonnement.

Une des copine de Paris Hilton a un bracelet au poignet dont le contact avec la peau détecte immédiatement la présence d'alcool, substance qu'elle n'a plus le droit de consommer. C'est pour son bien. Logique. On va pouvoir faire énormément de bien avec les évolutions technologiques ces prochaines années. De tant de défauts on va pouvoir nous délester. En fait si le gouvernement fait convenablement son travail, et le président nouvellement élu semble infatigable, on aura la chance d'avoir chacun notre propre bracelet qui sera adapté à notre pathologie. Il n'est pas certain que les bracelets les plus importants ne se trouvent pas dans la tête. Mais c'est là une problématique qui dépasse le simple cadre de l'évolution technologique.

Dans notre « village » nous avons les élections auxquelles notre participation réjouit les premiers numéros. Rien de plus logique dans un régime de liberté où chacun peut s'exprimer comme il le veut. C'est tellement bien fait que l'on a conçu une organisation indépendante - sinon cela n'aurait pas de sens - appelée Csa qui garantit encore davantage nos libertés au cas où. Et c'est vrai qu'il y eut des dizaines de candidats placés à même échelle et bénéficiant du même traitement médiatique. Chacun a pu le constater. C'est pourquoi dans notre village celui qui est élu est un parmi tant d'autres qui n'a pas bénéficié d'un traitement de faveur. C'est là un des grands avantages de la démocratie libérale, c'est à dire non populaire.

On nous aide beaucoup et on fait preuve de sollicitude chez nous. Certains considèrent que ce qui est stocké dans un ordinateur peut y rester. D'autres vont même jusqu'à prétendre que lorsqu'on est connecté à internet, autrui peut rentrer dans notre ordinateur et voir ce qui s'y trouve. Les médisants n'ont pas de limite puisqu'ils prétendent que les moteurs de recherche ne sont pas neutres. Alors nos dirigeants sont intervenus et ont créé la Cnil, organisation à laquelle on peut faire appel si on croit que. On peut avoir toute confiance puisque les cadres directeurs de l'association sont nommés par ceux qui sont convenablement élus et sans favoritisme. Logique. On ne badine pas avec la liberté.

Notre régime à nous se doit d'être protégé parce que c'est notre intérêt sachant que nous sommes heureux puisque en liberté. Par exemple il y a les terroristes qui sont des fous, aliénés par leur manque de liberté. Il faut là utiliser des mesures radicales. En effet ces terroristes frappent à l'aveugle des objectifs très ciblés. Ils sont intelligents et minutieux. Par exemple après avoir lancé un avion contre le pentagone, ils ont - ceux qui ont survécu - ramassé tous les boulons et toutes les pièces de l'appareil pour qu'il n'y ait pas de preuves. On n'a donc rien retrouvé. Certains d'entre eux sont parmi nous et l'attention vigilante s'impose. Il y a cependant pour nous un avantage : on est encore plus protégé qu'avant.

Il existe des peuples - on devrait écrire peuplades - qui ne connaissent pas notre bonheur. C'est un devoir pour nous de leur apporter. Chacun a le droit de vivre notre bonheur. En Russie et en Chine, ils ont un retard fou en caméras et en bracelets. Je n'aimerais pas vivre là bas car je ne m'y sentirais pas en sécurité. En plus, ils n'augmentent pas les plus démunis comme on le fait ici si souvent. Sans compter que les chinois sont asiatiques. On commence à s'en occuper dans notre presse indépendante et démocratique. Le péril jaune doit être dénoncé. Mais fraternellement - c'est pour leur bien - et sans racisme.

On avance d'ailleurs assez bien au niveau mondial. Même pour les entreprises qui ne constituent pas, bien sur, notre objectif premier. Nous, c'est l'humanisme. On est en Irak, en Afghanistan, on aide les japonais, le tout pour eux. Et certains nous font des reproches.

Au rythme actuel dans une trentaine d'années la planète entière connaîtra notre bonheur.

Mais que deviendront les bracelets ?



mercredi 18 juillet 2007

Le ciel est noir sur nous

Mardi, 17 Juillet 2007


Le ciel est noir sur nous

Philippe Delbauvre

Source: voxnr.com

Politique
Le ciel est noir sur nous
Sous les dénominations diverses de « Nationalistes », « d’extrême droite » ou autres opposants au Système et non estampillés à gauche existe une mouvance politique qui se trouve aujourd’hui dans une situation bien peu enviable dans laquelle ils sont contraints de subir un dynamisme gouvernemental face auquel ils sont démunis.

Ce n’est pas faute pour nous d’avoir prévenu ce qu’aurait tactiquement pour conséquences une victoire du candidat de l’Ump lors des dernières présidentielles. Signe des temps, alors qu’Arlette Laguiller était une habituée de l’abstention lors du second tour, elle s’était cette fois ci décidée à prendre parti pour une gauche qui n’est pourtant pas la sienne.

Nous n’avons d’ailleurs pas ici pour coutume d’affirmer être les seuls à avoir raison : dans un cas comme dans l’autre, constat fut fait par elle comme par nous, que cette nouvelle élection différait des autres et que les repères usuels étaient balayés.

L’erreur a été de croire qu’un nouvel homme de droite venait d’être élu, similaire à ses prédécesseurs, et qui en conséquence pouvait être dépassé sur sa droite au bout de quelques mois suite à sa volonté d’ouverture aux idées de gauche.

La seule ouverture fut effectuée pour le plus grand bénéfice de l’exécutif aux hommes de gauche mais non aux pensées. Comme ils ont l’air ridicule ceux qui encore récemment fustigèrent le socialo-communisme en encensant le rassemblement des forces vives en vue de sauver la nation du péril rouge :

L’un des rouges est aujourd’hui bien placé pour diriger le Fmi et l’autre de préparer une réforme constitutionnelle qui ne se traduira probablement pas par l’instauration d’un soviet suprême.

Le parti socialiste est en train d’effectuer sa dernière mue qui n’en fera pas un parti social-démocrate – il l’est depuis longtemps – mais un parti authentiquement libéral saupoudré d’esprit social.

Il se met en conséquence en place une procédure que nous n’avions ici cessé de craindre et de dénoncer, le plus souvent en solitaire, qui consiste à ne plus connaître d’alternance des idées mais simplement d’équipes aux programmes interchangeables. Les imbéciles de droite ne voyant que la gauche et réciproquement.

Il n’est pas certain que Nicolas Sarkozy s’effondre dans les cœurs comme ce fut le cas pour ses prédécesseurs. Déjà parce qu’il a complètement modifié la fonction présidentielle en donnant l’impression de plonger les mains dans le cambouis. Voilà une attitude qui ne peut que ravir mes contemporains peu soucieux de voir à l’Elysée un homme au dessus du lot. Voilà que se trouve confirmé ce que nous n’avions cessé d’affirmer à savoir une américanisation de la vie politique Française.

Plutôt que de s’intéresser aux travaux du GRECE qui dès les années soixante dix montraient que les états d’esprit évoluaient beaucoup plus grâce aux série télévisées que par l’intermédiaire de l’information ou des discours politiques, beaucoup ont préféré en rester à des croisades aujourd’hui désuètes.

Qu’ils se rassurent, le Système a aujourd’hui besoin d’eux de manière à asseoir sa crédibilité dans le domaine du droit à la différence d’opinions. Qu’aurait-il à craindre de groupuscules insignifiants tels qu’il en existe tant aux Etats Unis ? Faire de la politique est autre chose que d’avoir une marotte que l’on partage entre initiés.

Si les syndicats sont déjà rentrés dans la collaboration, si certains hommes issus du terroir de gauche ont fait de même, c’est entre autre parce qu’ils ont déjà prévu une réélection pour 2012 qui bloque de facto les postes pour une dizaine d’années.

Le Français quant à lui est ravi de l’aubaine puisque la politique est devenue un spectacle et que les ennuis personnels et non politiques des dirigeants font des hauts lieus du pouvoir une sit-com dans laquelle chacun peut se reconnaître. Ravi également d’être consulté par des sites d’informations sur les sujets les plus divers et les plus pointus ce qui lui donne de l’importance. Sans que pour autant il ne maîtrise le dossier, ni que l’on tienne compte de ses points de vue.

La révolution de 1789 n’a fait que concrétiser une évolution qui s’était déroulée sur plus d’un siècle. Elle fut donc davantage conséquence que cause. La dernière élection présidentielle procède du même principe. Elle réhabilite Giscard que la parenthèse mittérandienne avait pu occulter.

Il ne faut pas être génial pour y constater la volonté de mettre fin aux classes sociales ainsi qu’à la nation afin de célébrer l’atomisme consommateur.



mercredi 11 juillet 2007

Dénonçons le parti unique aux deux facettes !

Mardi, 10 Juillet 2007


Dénonçons le parti unique aux deux facettes !

Philippe Delbauvre

Politique
Dénonçons le parti unique aux deux facettes !
Il est devenu habituel d'assister après chaque élection présidentielle à des ralliements, au profit du vainqueur du moment, de femmes ou d'hommes engagés auparavant dans un parti ou un syndicat alors qu'ils étaient à l'origine issus des rangs du camp adverse. Tout en sachant que les raisons permettant d'expliquer ce phénomène ne manquent guère, force est de constater, dès lors où l'on ne souhaite énoncer que les deux principales, que doivent être alors mentionnés d'une part l'intérêt personnel fréquemment imagé par la formule « aller à la soupe » et d'autre part le sentiment de se croire indispensable au bien public : dans les deux cas, et chacun en conviendra, c'est d'égocentrisme dont il s'agit.

Ce qui choque dans le cas présent, c'est à dire suite à la dernière consultation électorale, ce n'est pas tant le ralliement à ce que l'on appelle couramment la droite de nombre de personnalités dites de gauche mais plutôt son ampleur. Cette dernière présente d'ailleurs deux facettes : si elle est le fait d'un nombre anormalement élevé de figures politiques, elle l'est aussi en raison de la valeur emblématique de certains des recrutés.

L'exemple le plus révélateur est celui de Bernard Kouchner, fondateur de l'association « médecins sans frontières », qui fut déjà ministre dans le passé et bien sur sous la gauche, et qui, ne l'oublions pas, avait fait montre de ses ambitions pour la magistrature suprême lors des toutes dernières présidentielles. Voilà qui n'est pas rien.Hubert védrine, qui vient d'être chargé de mission, dispose lui aussi d'un curriculum vitae assez élogieux. Et lui aussi est un homme estampillé à gauche de longue date.Jean Marie Bockel, quant à lui, vient de la gauche profonde (Ceres) et fut secrétaire d'état et ministre voici plus de vingt ans. Quelqu'un qui, même s'il n'est pas par trop connu du grand public, fut donc aussi un homme d'importance au sein du parti socialiste.En ce qui concerne Jack Lang, il apparaît déplacé de présenter l'homme tant il est connu de la France entière. Là encore, il s'agit d'un mandarin, issu de la partie gauche du terroir de gauche au sein du parti socialiste. S'il n'a pas encore été nommé, il semblerait toutefois qu'il est actuellement « approché » en vue d'une mission quelconque. C'est lui aussi un ancien candidat à la candidature lors des dernières présidentielles.Voilà qui clôt la partie consacrée aux recrues de choix en terme de symbole.

Le constat n'est pas anodin.

Il existe également une autre catégorie de ralliés dont les éléments, s'ils ne bénéficient pas de la même expérience politique ni de la même notoriété que ceux que nous venons de passer en revue, suscitent suite à leur choix de cheminer avec la droite, l'étonnement en raison de leurs engagements passés.

C'est le cas de Martin Hirsch qui est avant tout lié aux yeux du grand public à l'association Emmaüs symbolisant l'engagement chrétien de gauche. Que le président d'une telle structure aille travailler avec l'actuel gouvernement ne peut que laisser songeur ; l'homme n'est d'ailleurs pas qu'un boutiquier pour pauvres puisque disposant d'expériences dans les allées du pouvoir comme directeur de cabinet ou comme conseiller.Fadela Amara a gravité dans l'orbite d'associations comme « ni putes ni soumises », la « fédération nationale des maisons des potes » et« sos racisme » qui sont toutes les trois solidement et dès l'origine, enracinées à gauche.Malek Boutih est lui aussi issu du même terroir mais n'aurait été pour l'instant qu'approché.

Ces deux dernières personnalités, anciens opposants résolus à la politique du karcher, peuvent être considérées comme la caution des néo Français à l'actuel pouvoir et sont d'autant plus utiles qu'ils viennent de la dite gauche qui, comme chacun se doit de le savoir puisqu'on ne cesse de nous le faire entendre, est une bénédiction pour les populations issues de l'immigration. Une gauche qui malgré ses multiples majorités à l'assemblée n'a pas trouver le moyen de diversifier les composantes ethniques ou confessionnelles de l'enceinte. Les principaux concernés devraient en prendre acte.

Jean-Pierre Jouyet est lui un haut fonctionnaire, spécialiste de l'économie, connu pour sa science du capitalisme, ce qui l'a peut être poussé à prôner un rapprochement avec François Bayrou suite à l'appel des Gracques.Éric Besson , pour clore l'énumération, dispose d'un profil similaire mais se trouve en plus élu doublement et avec le label socialiste comme maire et comme député.

Il ne s'agit plus de quelques fantassins isolés, passés à l'ennemi pour bénéficier des avantages de la victoire, mais d'une véritable hémorragie que la simple ambition personnelle ne peut plus à elle seule expliquer. Alors ?

Cela fait bien longtemps qu'ici nous affirmons, quitte à ne pas être compris ou entendu, que la bipartition gauche/droite n'existe plus. Ce que l'on avait appelé en 1982 la pause, n'a pas cessé d'être prolongée depuis. Ce que l'on appelle aujourd'hui au parti socialiste la refondation qui serait selon ses cadres nécessaire, n'est pas l'acceptation du système libéral - c'est fait depuis longtemps - mais l'aveu de celle ci. Il s'agit donc pour la gauche de reconnaître qu'elle n'est pas une alternative mais une équipe de remplacement qui alternera au gré des suffrages. Si nombre de Français pensent encore que le clivage traditionnel reste pertinent, les politiques quant à eux savent très bien que la donne a changé. Ces ralliés ne sont donc pas des traîtres à la Cause mais vont agir au sein de ce gouvernement comme ils l'auraient fait si la gauche avait été élue. Ce que Nicolas Sarkozy appelle l'ouverture, ce n'est pas l'advenue d'un courant de gauche au sein de sa majorité, mais l'arrivée de personnalités issues de la gauche partageant ses convictions qui sont libérales : ce n'est pas la même chose. Détail révélateur, la position à l'égard d'Israel a fait choisir Bernard Kouchner plutôt qu'Hubert Védrine pour le Quai d'Orsay, pourtant l'un comme l'autre issus de la gauche, justement parce qu'il y avait là une différence essentielle quant à la conception de la politique étrangère.

On est donc en train de s'acheminer vers un système non politique où pour exercer le pouvoir, deux formations vont s'affronter de manière non idéologique puisque les programmes seront approximativement les mêmes, quoique que l'on fera d'un côté comme de l'autre absolument tout pour les différencier afin de rester crédible aux yeux de l'électeur.

Dénonçons le parti unique aux deux facettes !