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dimanche 25 février 2007

J’ai une question à vous poser

Samedi, 24 Février 2007


J’ai une question à vous poser

Philippe Delbauvre

Politique
J’ai une question à vous poser Si l’on porte crédit à un article écrit par Frédérique Pris, les Français éprouvent un intérêt certain pour les émissions politiques qualifiées de new look dont le « J’ai une question à vous poser » serait le symbole.

On peut voir dans ce phénomène une simple mode qui par définition ne serait que passagère tout comme on peut également considérer qu’il s’agit d’un fait marquant qui constitue un signe d’évolution de notre société. Si on opte pour cette dernière perspective, il devient alors essentiel d’étudier ce processus.

Il s’agit donc d’une émission placée sur la grille des programmes de telle sorte qu’elle va disposer d’une grande écoute. Situé face à une centaine de Français, le candidat politique est soumis à une suite de questions de la part de ce public sélectionné auxquelles il doit répondre. Le journaliste dirige l’ensemble avec un effacement relatif et semble se cantonner à un rôle de modérateur soucieux d’éviter d’éventuels débordements.

Une première question s’impose qui concerne la représentativité de ces Français. Représentatif de quoi exactement ? Des Français me répondra t-on. Soit. Il me semble assez surprenant qu’il n’y ait pas eu de violences sur le plateau compte tenu de la faune que l’on peut rencontrer dans les rues une fois que l’on met le nez à l’extérieur de chez soi. On peut également remarquer que chacun est ‘très propre sur lui’ et rasé d’assez près. Voilà qui n’est guère représentatif de la vie de tous les jours où l’on côtoie de tout.

Peut être s’agit-il aussi de représentation politique de la France profonde ? Mais auquel cas, sur les cents retenus, une partie non négligeable n’aurait pas assisté à l’émission puisqu’un segment assez sensible de la population ne prête aucun intérêt au fait politique.

On comprendra qu’un siège vide sur cinq voire sur quatre donnerait de l’assemblée ainsi clairsemée un tout autre sentiment fort préjudiciable à l’émission .

Les deux paragraphes précédents produisent un malaise qui ne sont pas le fruit des élucubrations de l’auteur mais bien de la réalité telle qu’elle est.

On va donc admettre comme hypothèse qu’il s’agit d’un panel représentatif de Français intéressés par la politique. Il se doit donc d’être conforme aux sensibilités présentes dans le corps électoral français, tant dans leurs diversités que dans leurs poids.

Reconnaître la diversité ce serait accepter les extrêmes qui existent dans la société française qui doivent eux aussi être représentés dans une émission dite représentative. Sont présents à la périphérie du corps électoral, d’une part les tenants de l’opposition aux principes de 1789 et d’autre part les révolutionnaires d’obédience anarchiste, léniniste, maoïste ou que sais je. De tels Français ne passeraient pas inaperçus sur un plateau et on les aurait remarqués suite aux comportement que l’on peut imaginer s’ils avaient été invités.

Soit. On va admettre que des Français de ce type n’existent qu’à l’état résiduel pour ne pas trop fissurer le si beau décor qu’on nous a installé. On ne peut pas admettre pour autant que des noms d’oiseaux n’aient pas fusé: ce serait trop consentir à la représentativité des Français.

On l’admet quand même. Cela s’appelle une hypothèse d’école ou pour les scientifiques une expérience de pensée.

Combien vaut en pourcentage le Parti Socialiste dans l’électorat ? 20 ? 25 ? 30 ? 35 ? Si moi je ne sais pas, les organisateurs de l’émission eux doivent savoir puisqu’ils ont trouvé la possibilité d’obtenir un panel REPRESENTATIF.

Admettons 30.

Mais le parti socialiste est polymorphe. Ah ! Soit !

Si Ségolène Royal a été désignée candidate avec 60 % des voix de son parti en précédant les deux autres restés derrière à 20 % cela tombe juste : 18 pour Royal, 6 pour Fabius et autant pour Dsk. Voilà donc la répartition des trente représentants du parti socialiste à l’émission.

Ouf !

Quoique. Un Français représentatif qui vote pour le candidat socialiste n’est pas membre du parti.

Compliqué, n’est ce pas ?

On peut faire malheureusement le même raisonnement pour l’ensemble du corps électoral.

De même, admettons qu’il existe deux français qui ont exactement les mêmes idées politique (j’écris bien ‘exactement’), et bien je suis au regret d’affirmer que selon le caractère, l’un pourra très bien s’exprimer et avec le plus grand calme et sans difficultés alors que l’autre sera excité et ne finira pas ses phrases.

On ne peut pas admettre, malgré toute la bienveillance de l’auteur, que ce panel est représentatif compte tenu de tout ce qui a été écrit.

Cette émission est regardée. A la télévision. Sur l’écran. Grâce aux caméras. Avez vous vu les gros plans sur certaines expressions de visages du panel durant ou suite à la réponse d’un candidat ? Est ce vous qui avez choisi ce gros plan ? Pensez vous sincèrement que l’expression du visage exhibée à tel ou tel moment de l’émission était représentative de l’ensemble ? On aurait pu très bien couper l’écran en deux parties dont l’une montrerait le visage du questionneur et l’autre celui du candidat. Pourquoi ne pas le faire ? Pourquoi sélectionner quelques réactions au sein du parterre afin de les montrer et pourquoi justement celles là ?

Le journaliste en tant que modérateur s’exprime assez peu mais toujours au moment adéquat. Qu’une question soit pertinente et on a droit au ‘Il faut aller vite car tout le monde doit pouvoir s’exprimer’. Je laisse aux naïfs le fait de croire que la raison invoquée - quoique respectable - soit la bonne. On a d’ailleurs vu sur les traits du visage du journaliste en question la tendresse toute particulière qu’il portait au candidat du Front National sans rien en dire d’ailleurs : neutralité oblige !

On admettra que j’ai beaucoup trop admis pour essayer de sauver cette émission.

Emission qui met donc en scène une frange de Français non typiques avec des équipes télévisuelles qui sont, elles, très représentatives du monde médiatique.

dimanche 18 février 2007

Le régime des partis des parrains

Samedi, 17 Février 2007


Le régime des partis des parrains

Philippe Delbauvre

Politique
Le régime des partis des parrains
La cinquième république fut élaborée conformément aux desiderata du général de Gaulle et cela en deux étape: la première en 1958 où fut constituée l’ossature générale de la constitution, suivie de la seconde en 1962 où fut instituée l’élection présidentielle au suffrage universel direct.

Il s’agissait historiquement de rompre globalement avec la stérilité de la quatrième république, incapable de traiter les problèmes essentiels suite à l’omniprésence des partis. Ceux ci étaient aussi bien faiseurs de majorités parlementaires que de présidents. Une majorité qui pouvait d’ailleurs se défaire du jour au lendemain suite à la volonté d’un seul état major en fonction de l’intérêt tactique strictement politicien dudit parti. En ce qui concerne le président, ni Vincent Auriol ni René Coty n’ont laissé un souvenir impérissable. Ce n’était - soulignons le au passage - pas une question de personnalité puisqu’un homme envoyé à la présidence, même doté d’une aura exceptionnelle, parce que muselé suite à une absence de pouvoirs, n’aurait rien pu faire.

Les historiens voient aujourd’hui dans le parti social français du colonel de la Rocque le prédécesseur mais aussi l’annonciateur du rassemblement du peuple français du général de Gaulle. Dans les deux cas, on constate une critique sévère du parlementarisme infécond mais aussi une valorisation du peuple appelé à choisir son chef. Peuple souverain donc, puisqu’en amont il est celui qui pratique la désignation et en aval dans la mesure où il peut se reconnaître dans toutes les actions de celui qu’il s’est choisi.

Pour ces deux hommes, militaires l’un comme l’autre, il ne devait pas exister de parasites entre la base et le sommet: l’élu local en lui même ne représentait rien de plus que ceux qui l’avaient élu et dans cette perspective la collusion entre représentants par l’intermédiaire de la structure d’un parti ne pouvait être perçue que comme une aberration. Dès lors l’antiparlementarisme ne peut que facilement s’expliquer car l’assemblée n’est vouée qu’à un rôle de consultation et non de pouvoir autonome puisque c’est par elle que peuvent s’exprimer les souhaits des français.

Elle n’a donc aucune raison d’être, en elle même et pour elle même, une puissance politicienne.

L’évolution de la situation en l’espace de cinquante ans a été considérable. Paradoxalement, l’assemblée nationale cumule des faiblesses issues de la quatrième et de la cinquième république réunies. De la quatrième parce l’on sait très bien, avant même le vote à l’assemblée, le résultat du scrutin: ce ne sont pas des représentants qui s’expriment mais des membres d’un parti qui a donné ses consignes. Fatalement donc, les représentés ne peuvent qu’être floués, eux qui croyaient que l’homme qui s’était présenté s’était engagé à … Le parti de l’homme élu est d’un avis contraire ou a changé et c’est tant pis pour l’électeur. Faiblesse aussi consécutive à la cinquième république dans la mesure où l’assemblée dotée de pouvoirs législatifs importants, puisque censée fonctionner de manière représentative et en symbiose avec le chef de l’état, est redevenue un lieu de rencontre partisan.

C’est ainsi que l’on a fait descendre le nombre de députés nécessaires à la constitution d’un groupe parlementaire sous le seul prétexte que les communistes n’avaient pas atteint le seuil imposé et qu’il fallait qu’ils soient représentés. C’est ainsi que l’on a décidé d’instaurer la proportionnelle au moment où, troublante coïncidence, le pouvoir en avait le plus besoin. Fort logiquement, le scrutin majoritaire fut rétabli pour les mêmes raisons. A chaque fois, on est entré dans ce qu’il faut bien appeler des combines afin de favoriser tel ou tel parti. Voilà déjà en quoi la cinquième république dans ses structures comme dans son esprit n’existe plus.

La fameuse histoire des parrainages s’inscrit dans la même logique et peut se développer suivant plusieurs axes.

1 Les partis politiques affirment sans aucune gêne qu’ils sont propriétaires des voix de la partie du corps électoral qui a voté pour ce qu’ils affirment être un de leurs représentants alors qu’il est fréquent que c’est un homme qui a été choisi. François Hollande n’a pas hésité à déclarer que les élus sous étiquette socialiste ne pouvaient pas donner mandat à un candidat non socialiste. Tactiquement, il s’agit évidemment et principalement d’empêcher un candidat de gauche non socialiste de pouvoir se présenter de manière à ce que la dynamique de la candidate socialiste ne soit pas altérée. Si c’est tout à fait logique dans le cadre d’une analyse politicienne, c’est aussi un détournement de l’expression publique. Les élus socialistes sont les représentants des électeurs et non du parti socialiste. Il va de soi que le parti socialiste n’a pas le monopole de ce type de comportement politicien.

2 Ce phénomène politicien est à décrire; selon la situation et son évolution il y aura variation des prises de position. Si tenter d’empêcher un candidat de se présenter est une réussite alors le résultat obtenu sera souvent positif : un de moins qui ne pourra prendre des voix et dont on pourra prendre les siennes. Pourtant, rien n’empêche le candidat éliminé de se venger en appelant à voter contre celui qui aura brisé sa candidature. C’est la raison pour laquelle on doit beaucoup cogiter dans certains partis actuellement et cela explique aussi la fluctuation des prises de position au gré des sondages auxquels nous n’avons pas forcément accès. Jean Marie Le Pen, toujours vif d’esprit, a déjà prévenu qu’en cas d’échec dans sa collecte il sanctionnerait le pouvoir en place: logique, puisque ce sont les élus Ump qui sont les mieux placés pour le parrainer. En ce qui concerne l’attitude très morale du parti socialiste ou présentée ainsi, il ne faut pas se leurrer. Imaginons que des sondages très privés donnent comme pronostics 26 % à Ségolène Royal, 21 % à Nicolas Sarkozy et 20% à Jean Marie Le Pen : qui aurait alors intérêt à parrainer ce dernier ? Je suis désolé de sombrer si bas mais j’avais prévenu que nous rentrions dans le monde des partis.

D’ailleurs François Hollande n’a pas hésité à dire que le troisième homme était le candidat du Front National et certainement pas (puisque c’est l’objet du message) François Bayrou.

3 Le parrainage c’est aussi la publication du nom des parrains. Puisque suffrage il y a, on ne voit pas le pourquoi de la non existence de l’anonymat si ce n’est à nouveau un conditionnement des élus par les partis. Suite au terrorisme intellectuel c’est atteindre directement un seul candidat. C’est aussi pour les partis une facilité leur permettant de ne pas réinvestir un candidat ou de lancer un dissident afin de le sanctionner au cas où un élu se déciderait à agir de manière autonome. Les municipales comme les législatives approchent, ne l’oublions pas.

4 Cinq cents signatures c’est la domination des grands partis parmi lesquels l’Ump, le Ps ou l’Udf puisque ce sont ceux là qui disposent et depuis longtemps de la plupart des élus sur le territoire. Le premier représente les républicains indépendants de Giscard qui nous font remonter au début de la cinquième république, les seconds sont les descendants de la toute fraîche Sfio et quand à l’Udf c’est la fille du Cdp, parti du phare intellectuel qu’était Jean Lecanuet que ceux qui ont maintenant un certain âge aujourd’hui ont découvert en 1965. Partis qui unanimement et évidemment clament leur volonté de renouvellement. On peut se poser la question de savoir comment une nouvelle donne politique est possible si on cadenasse à l’aide des anciens partis le système politique français.

5 Le système des parrainages est un retour au suffrage indirect puisqu’il ne permet la présence de candidats qui ne devraient l’être que suite à leur seule volonté, qu’après un filtrage effectué par les élus aux mains des politiques. C’est à nouveau un retour à la quatrième république avec une confiscation des droits des français au profit des appareils.

6 Le système des parrainages favorise des hommes inexistants (Corinne Lepage, Philippe de Villiers, etc…) et en exclut peut être d’autres (José Bové, Jean Marie Le Pen) qui disposent eux d’un réel soutien de la part du corps électoral. Il est vrai que les deux premiers souscrivent au système et que les deux seconds le perturbent. C’est une autre explication plausible du phénomène.

Pour fermer la boucle on peut maintenant revenir au point de départ historique et constater que malgré la volonté d’établir un pouvoir représentatif populaire mettant entre parenthèses les machins que constituent les partis, ceux ci sont revenus en force. Il est vrai qu’à l’époque la constitution de la cinquième république avait déclenché un tollé quasi général, certains y voyant un pouvoir personnel, d’autres avec moins de nuance l’éternel retour du fascisme.

Enoncer que la politique ne sert à rien dans le système actuel n’est donc pas dénué de fondements puisque les dés sont pipés par les représentants qui en dépit de leurs différences d’étiquettes suivent invariablement des politiques similaires.

En conséquence, voter pour l’un des grands partis ou pour un de leurs satellites ne sert strictement à rien si on souhaite un réel changement. Si on considère le problème européen, le référendum s’est traduit par un refus de la part du corps électoral et ce à l’encontre des partis. Pourtant, et à l’aide de moyens différents, ce suffrage sera annihilé aussi bien par le candidat de l’Ump que de celui du Ps en cas de victoire.

Les votes Villiers ou Besancenot, parce qu’ils sont trop proches des partis du système, quand bien même ils entonnent un refrain différent, ne changeront fondamentalement rien. Avec son concept de droite de gouvernement, Philippe de Villiers, même à la tête d’un ministère, ne pourrait faire fléchir Nicolas Sarkozy une fois président sur la question européenne qui est essentielle tant à la droite qu’à la gauche: il serait obligé de se soumettre ou de se démettre. En ce qui concerne le responsable de la lcr, le schème est le même: au même titre que les écologistes, il devrait avaler en cas de participation gouvernementale, couleuvre sur couleuvre.

La fin du régime des partis des parrains ne peut passer que par le soutien aux mouvements décriés par ces partis.



dimanche 11 février 2007

Le peuple sent la puanteur du mensonge

Samedi, 10 Février 2007


Le peuple sent la puanteur du mensonge

Philippe Delbauvre

Politique
Le peuple sent la puanteur du mensonge
Il existe un décalage flagrant entre les idées que les français finissent par avoir dans la tête à force de matraquages médiatiques répétés malgré un point de vue initial objectif, et la réalité telle qu’elle est.

Le fléau qui est présent dans tous les esprits est celui du chômage qui reste un des problèmes majeurs de notre époque. Le français ne va pour autant pas consulter les sites officiels où l’on publie des statistiques comme l’insee, l’ofce, l’ocde ou le bit. Intuitivement pour lui les choses ne s’arrangent pas avec le temps. A l’inverse le gouvernement, chiffres à l’appui, ne cesse de se réjouir du succès de sa politique dont la conséquence serait le retour à l’emploi. Contradiction donc entre l’intuition populaire et la cérébralisation des élites. Las, on ne va pas s’en réjouir, l’étude détaillée des chiffres vient de montrer que la situation ne s’arrange pas du tout et qu’aux chiffres les spécialistes faisaient dire n’importe quoi. Le jeu, consistant à déplacer de réels chômeurs d’une catégorie à une autre, d’alimenter artificiellement l’offre de travail par des stages pour la forme en période électorale, ou à radier pour des motifs douteux, s’il influe sur les statistiques ne modifie pas la donne.

Le peuple sent la puanteur du mensonge.

Nicolas Sarkozy est un ministre de l’intérieur exceptionnel aimant ses subordonnés et aimés d’eux. Il a fait sa politique pour eux, grâce à eux et avec eux et c’est pourquoi règne l’entente cordiale entre tous les fonctionnaires de ce ministère, en tenue ou pas. Cela explique les exceptionnels résultats obtenus dans le domaine de la lutte contre la délinquance. Pourtant, malgré les chiffres auquels le français ne semble pas accorder crédit, la criminalité est perçue à la base au mieux comme non enrayée au pis comme ascendante. Ici encore et premier point de surprise les dernières élections syndicales ont permis de constater que la police n’était pas derrière son ministre et qu’elle avait plutôt énoncer un désaveu à son encontre : ce n’est absolument pas ce que l’on nous avait fait entendre mais son contraire. De même, d’autres analyses statistiques mais cette fois ci non officielles, traduisent une poussée de la délinquance que l’on a nous avait dits éradiquée. Il n’y a rien de surprenant au phénomène puisque, si les plaintes déposées dans les commissariats constituent une indication, en aucune façon elles ne sont décisives quant au jugement final à porter sachant que cela fait belle lurette que nombre de français ont renoncé à aller se plaindre pour des délits qu’ils jugent désormais mineurs parce que devenus courants : à quoi bon porter plainte pour un portefeuille volé s’il n’y a pas de carte bancaire à l’intérieur ?

Le peuple sent la puanteur du mensonge.

L’affaire d’Outreau comme à une autre époque l’affaire Gregory a mobilisé les attentions journalistiques, politiques et populaires. Journaux papiers ou télévisés, presse sérieuse ou à scandale, commentateurs d’un jour ou experts de toujours, tout et tous furent mobilisés pour la grande cause. Et au final que d’erreurs de la justice, quelle incapacité dans les enquêtes policières avaient été commises. En conséquence, la justice allait être profondément remaniée, réformée voire révolutionnée. Visiblement dans le plus grand silence puisque cette affaire d’état dans l’état ne fait pas l’ombre d’un commentaire dans la campagne électorale. Le français sait très bien que davantage de répressions il doit y avoir tout comme il sait que les conditions de vie dans les prisons relèvent de la plus grande barbarie. Il dit depuis longtemps qu’il existe une justice à deux vitesses et il sait l’absence de débat sur cette réforme alors que l’échéance approche.

Le peuple sent la puanteur du mensonge.

« De mon temps, quand j’étais jeune, on allait à certains endroits de la rivière où on y pêchait des écrevisses. On y voyait beaucoup de poissons parce que l’eau était claire sans que l’on ait besoin ni d’en rajouter ni de construire des stations d’épuration. »

En ce qui me concerne, les écrevisses n’existaient déjà plus le poisson assez rare ne pouvait plus se voir et il nous fallait faire de longues ballades pour s’en aller quérir dans certains petits étangs salamandres et tritons que nous élevions, une fois capturés, chez nous.

N’importe quel homme du terroir, enraciné dans son milieu naturel, a vu l’évolution et depuis fort longtemps. La disparition ou la prolifération de certaines espèces se constatent sans chiffres. Pourtant et très longtemps le silence fut de rigueur. Evidemment, tremblante de la vache ou du mouton, épidémie aviaire montraient que les choses n’allaient plus. On énonce alors que c’est factuel, conjoncturel, ponctuel. Pourtant, devant l’urgence on se décide à alarmer au niveau mondial ceux qui justement savaient et qui pour tout remerciement se voient désormais gratifiés d’une taxe écologique. On reconnaît chez les élites qu’il n’est pas normal que la banquise fonde, que les animaux n’hibernent plus, que certaines plantes fleurissent en janvier, que la pollution urbaine cause plus de cancers que le tabac (pas encore avoué), que certains animaux marins sont désormais présents sur notre littoral alors qu’on ne les avait jamais vuS. Comme si ils ne le savaient pas !

Le peuple sent la puanteur du mensonge.

L’abbé Pierre est mort sans pouvoir résoudre le problème dont il avait fait la clef de voûte de sa vie. Parce que chrétien catholique cohérent, il s’était abstenu de toute forme de violences, raison probable de son échec. Sa mort fut l’occasion d’un hommage des mêmes élites. Quelques semaines auparavant le gouvernement s’était décidé à intervenir et à agir efficacement sans doute parce que cette fois ci la situation était gravissime pour les sdf. Je ne connais que mal la terminologie des élites mais à l’évidence, c’était ‘grave de grave de chez grave’ ce qui explique le déclenchement du plan grand froid par exemple. Le français n’a pas compris parce qu’il sait que cela fait longtemps qu’il y a des sdf, que l’hiver est cette année assez doux et que deux degrés en dessous de zéro n’est pas pour lui susceptible d’être qualifié de grand froid. Il sait surtout que nous sommes en campagne électorale et que cela explique bien des choses.

Le peuple sent la puanteur du mensonge.

Les experts ont unanimement reconnu que le président de la république avait fait une effroyable bourde - elles semblent naître en hiver – en indiquant que si l’Iran disposait de la bombe nucléaire ce ne serait pas une catastrophe puisque si les perses souhaitaient l’utiliser à l’encontre d’Israel, le missile à peine parti, un contre tir israélien serait immédiatement déclenché rasant Téhéran. Le français à l’origine assez décontenancé par l’advenue de cette nouvelle arme a très vite compris que les pays qui en disposaient n’étaient jamais attaqués et n’attaquaient jamais ceux qui la possédaient. Il a très bien compris que l’arme nucléaire a été un gage de paix. En revanche, il n’a pas du tout compris pourquoi cette déclaration dont il partage le fond a été rectifiée ni pourquoi elle a été autant condamnée.

Le peuple sent la puanteur du mensonge.

J’écris après avoir lu l’article de Philippe Randa situé ci dessous consacré à Bhl. Voici un penseur qui a choisi, comme beaucoup d’experts, Sartre contre Aron alors que le français préférait le second au premier. Evidemment le français a choisi celui qui écrivait lisiblement et qui avait raison à celui qui utilisait un langage alambiqué et qui avait tort, Billancourt ou pas. Bhl c’est aussi la gauche marxisante dont le français n’a jamais voulu. C’est également aujourd’hui un reconverti au libéralisme, idéologie dont le français ne veut pas davantage. Peut être parce que le français rejette les théories fumeuses, élaboration des élites, toujours conçues aux dépends du peuple mais en se réclamant de lui tout en étant présentées comme propices à satisfaire ses intérêts.



jeudi 1 février 2007

Il fût un temps où l’on scandait : « Votez pavé »

Mercredi, 31 Janvier 2007


Il fût un temps où l’on scandait : « Votez pavé »

Philippe Delbauvre

Politique
Il fût un temps où l’on scandait : «  Votez pavé »
Je ne suis pas satisfait de la tournure que prend l’actuelle élection présidentielle et je pense être malheureusement un des rares dans ce cas et pour certaines raisons, ce qui nécessite une explication.

Les renseignements généraux constituent une police politique que bien évidemment personne n’appelle ainsi. Dans un autre domaine et pour effectuer un parallèle on appelle dommage collatéral ce qu’est une bombe égarée tombant sur une maternité. L’important, on l’aura compris, est de sauvegarder la forme. En ce qui me concerne j’appelle un chat, un chat, et je me réjouis que des spécialistes, quand bien même un jour sans bienséance ils viendraient à ma porte (ce qui pourrait arriver un jour ou l’autre), se préoccupent de la nécessaire surveillance du monde politique mais aussi des hommes disposant de responsabilités à l’échelle locale ou nationale. Ainsi, quand bien même je n’aime pas le ministre de l’intérieur, je trouve tout à fait normal que les fréquentations des différents candidats soient cosignées dans des rapports. Normal, parce que cela a toujours été le cas et le sera très probablement toujours. C’est particulièrement stupide de le nier et si le Français savait à quel point il peut être fiché ou filmé, ne serait ce que par sa banque ou d’autres organismes, il en serait sidéré.

Il est cependant tout aussi pertinent de souligner à quel point la détention d’un poste ministériel durant une campagne peut nuire à l’intérêt national. Que des députés udf rejoignent Nicolas Sarkozy voilà qui justifie le pessimisme quant à la nature humaine mais que dans le même temps des ministres, dont on est en droit d’exiger qu’ils le soient et qui ne soient que cela, préparent leur avenir en supputant telle ou telle victoire c’est de l’abus de pouvoir dont sont victimes et l’Etat et les Français. Voir par exemple le comportement du centriste Robien, ministre de l’éducation nationale, chargé de marquer le candidat Bayrou à la culotte, alors qu’il a mieux à faire puisque à l’évidence le feu couve sur lequel la gauche actuellement mal en point à tout intérêt à souffler.

Il faut également tordre le cou à cette idée que le président de la république sait tout. C’est une opinion certes fort répandue mais totalement fausse. Le président préside, ce qui signifie qu’il se trouve à la tête du conseil des ministres lui même dirigé par le premier d’entre eux. Les ministres ne sont en aucun cas des spécialistes de leur ministère avec pour simple justification le fait qu’ils changent de ministère à chaque remaniement. A l’image des chefs d’entreprise d’importance ce ne sont que des managers. Ils s’entourent, tout comme le fait le président de la république, de spécialistes, d’experts qui prodiguent les conseils sur une question donnée. Au final, après écoute des points de vue, le président comme le ministre tranche. Vous aurez bien évidemment compris que je fais référence aux fameux sous marins dont Ségolène Royal avait minoré le nombre. On fait tout un battage de cette histoire qui n’aurait pas même du être relevée. Plus grave, j’ai l’intime conviction que c’est une fois élu, lorsque la passation des pouvoirs est effectuée, c’est à dire lorsque les accords secrets et les compromissions internationales sont dévoilés que le nouveau président connaît le dessous des cartes que nous ne faisons vous et moi que subodorer.

Voilà qui me rappelle la campagne électorale de celui que Maître Verges appelle ‘le plus grand criminel de la planète’ à savoir George W Bush qui ne savait pas le nom de tel ou tel chef d’état. Cela n’était certes pas sans créer un effet comique mais depuis le clown est devenu un spécialiste de la tuerie de masse et docteur ès torture. Si le projet était d’étendre l’influence américaine dans le monde alors on peut considérer que malgré sa crasse ignorance il y est parvenu mieux que personne. Une campagne électorale n’est pas ‘Questions pour un champion’ qui n’est qu’une émission de savoir et non de culture où n’importe quel ordinateur remporterait la palme. Un président a le droit aux documents et est autre chose qu’un récitateur.

Pourtant, entre la taille du gnome et les seins très Poitou Charente (la vache !), entre l’imitateur faussement naïf vraiment engagé et les relevés d’adn sur le scooter, force est de constater qu’une fois de plus on s’américanise et jusque dans la campagne. Que nous importent les rapports du CSA puisqu’il ne dispose d’aucun pouvoir et que les media n’ont, une fois de plus, ouvert leurs portes qu’à deux candidats pré-sélectionnés. La vocation des autres n’est que de donner une crédibilité démocratique à un modèle qui au vu des chiffres ne respecte pas l’équité. Dans les régimes communistes aussi il y avait plusieurs candidats parmi lesquels on pouvait choisir : tous communistes évidemment. Où se trouve la différence ? Le droit de s’exprimer ne constitue pas une référence puisqu’on en tient guère compte comme va le montrer le retour au traité constitutionnel via le parlement.

Alors tous ces cancans de campagne sont devenus nécessaires parce que plus rien d’essentiel ne sépare les deux candidats élus par les media. On ne peut parler ni de politique, ni d’économie parce que l’accord est tacite. Etant donné qu’il est impossible de se démarquer sur les sujets essentiels, preuve qu’il n’y aura pas de rupture et que les malheurs perdureront, on recourt à la petite phrase qui n’est plus un simple artifice comme alors mais qui fait désormais office de programme à part entière.

Il fût un temps où l’on scandait : « votez pavé »



jeudi 18 janvier 2007

Classe moyenne ?

Mercredi, 17 Janvier 2007


Classe moyenne ?

Phillipe Delbauvre

Politique
Classe moyenne ?
Qu’il nous facilitait la vie le modèle d’interprétation communiste en sociologie ! Comme tout était simple alors : un prolétariat uni et généreux partant à la conquête du pouvoir détenu par la bourgeoisie capitaliste. Simple et bien évidemment faux. Faux parce qu’il n’a pas manqué d’ouvriers anticommunistes ni de bourgeois férus de marxisme durant l’ensemble du vingtième siècle.

D’où l’intérêt d’introduire la notion de classe moyenne (Dupond) qui séparerait le tout en bas (les feignants) du tout en haut (les bourges).

Les problèmes adviennent de suite ; en effet si Dupond est le Français type, c’est à dire celui dont le salaire que l’on qualifie de médian est tel que une moitié des français gagne davantage que lui et l’autre partie moins, son revenu mensuel est de l’ordre de 1350 euros.

Où situer alors les bornes supérieures et inférieures de ces classes moyennes dont Dupond est le représentant mais aussi le centre ? Si on considère une oscillation de 50 % de chaque côté (700 euros environ) on obtient alors que la classe moyenne s’étend de 650 à 2050 euros.

Pour rappel le Smic est à 1000 euros et Pierre le Vigan se découvre du même coup riche.

Si on vient à considérer que le Smic est la borne inférieure alors la limite supérieure de la classe moyenne marquant l’entrée chez les riches devient 1700 euros ce qui est franchement absurde.

Pour parler avec des chiffres, on peut considérer qu’un membre d’une profession libérale touche environ 6000, qu’un cadre est à 4000 et qu’un ouvrier se trouve à 2000. Attention, il s’agit de revenus du ménage après impôt et avec prestations sociales. Cela donne une idée de ce que sont les différences mais ne résout pas la problématique de départ à savoir la définition de ce que l’on appelle classe moyenne.

On ne pourra d’ailleurs pas y parvenir suite à l’éclatement des anciennes classes sociales. Suite aussi à la nécessaire distinction à établir (les sociologues en sont bien conscients) entre rémunération et niveau socio-culturel.

Où placer par exemple quelqu’un qui exerce une fonction d’exécution tout en étant féru de littérature et titulaire d’un mastère ? Le temps où la connaissance de la profession et de la rémunération permettait de savoir qui était la personne dans sa totalité est révolu.

En terme de salaires, l’extrapolation des évolutions des dernières années permet de penser que les revenus des professions libérales vont s’envoler, que les salaires ou aides en dessous du Smic baisseront progressivement et que pour la majeure partie de la population il y aura stagnation.

Alors, est-on riche avec 4000 euros par mois pour répondre à la pseudo question de François Hollande ? Admettons plutôt qu’avec un tel revenu on n’a pas de problème d’argent pour bien vivre dans notre société contemporaine. Il est bon aussi de remarquer que deux cadres mariés atteignent d’ailleurs très vite ce montant.

Ce n’est d’ailleurs pas un problème essentiel et on sait ce que valent les propositions durant les périodes de campagne. Les politiques du système se sont abstenus de se pencher sur le problème de la paupérisation ou sur les difficultés de ce que l’on continuera encore d’appeler les classes moyennes.



dimanche 7 janvier 2007

Meilleurs vœux économiques

Samedi, 6 Janvier 2007


Meilleurs vœux économiques

Philippe Delbauvre

Politique
Meilleurs vœux économiques
L’année 2006 s’est terminée comme elle avait commencé en poursuivant sereinement son rythme de ce que l’on appelle, pudiquement et non sans démagogie, modernisation.

En date du 4 janvier (de l’année 2007) l’OCDE publie un rapport faisant l’apologie de la mobilité des populations, de la flexibilité des salaires, et à l’aide d’une litote pudique de la fin de la rigidité du marché du travail.

La nécessaire mobilité des populations dans le système économique qui est le notre va se traduire par un déracinement croissant des français les conduisant à oublier une identité déjà mal en point. Elle s’inscrit aussi dans une perspective internationale qui va engendrer des flux migratoires massifs issus aussi bien de l’Europe que du reste du monde.

La flexibilité des salaires induira comme son nom ne l’indique pas l’explosion de certains verrous permettant de ne pas descendre au dessous d’un certain seuil avec pour conséquence une paupérisation croissante. Elle facilitera la baisse des rémunérations au nom de la compétitivité des entreprises.

La fin des rigidités ne signifie pas autre chose que la généralisation des statuts précaires. Ainsi, les emplois à temps partiel ou de courte durée vont poursuivre leur développement. Il va de soi que les facilités de licenciement seront favorisées.

Il est impossible de restreindre ces évolutions à la seule sphère économique. Si évidemment les identités locales ou nationales sont mises à mal, la vie des français ne sera pas épargnée : il n’est pas possible de créer dans de bonnes conditions une famille ou d’obtenir un crédit auprès d’une banque afin d’acheter une maison pour y loger les siens si on ne dispose que d’un travail à temps partiel ou à durée déterminée ou d’un salaire à tout moment révisable à la baisse : chacun comprendra.

Au sujet du secteur bancaire, ceux qui ont eu le temps pour voir l’évolution ont pu constater la diminution progressive des guichets mais aussi la facturation des services autrefois gratuits. Donc, le temps passé dans la file d’attente qui est le votre est le prix que vous payez sur le terrain pour entendre que la banque se porte financièrement bien. Voilà des petits détails du quotidien auxquels malheureusement on ne prête pas suffisamment attention. Il y en a beaucoup d’autres depuis la généralisation des parcmètres jusqu’au tri sélectif. L’ensemble le plus souvent créé ‘pour mieux servir’ ou ‘dans votre intérêt’.

Ce n’est pourtant pas assez et il va falloir encore et toujours davantage ponctionner. Si Patrick Devedjan a trouvé intelligent de dire que le temps du tout gratuit était révolu, il s’est gardé de dire la vérité à savoir que l’on était entré dans l’ère du tout payant. Ainsi, l’Allemagne montre l’exemple qui sera probablement suivi ici : une hausse de trois points de la Tva qui passe de 16 à 19 % soit à peu près 20 % d’augmentation. L’objectif est de diminuer les impôts auxquels sont assujetties les entreprises et de transférer la ponction en direction de chaque citoyen allemand. En clair, via la Tva c’est le particulier qui finance sa propre entreprise ce qui signifie que cette augmentation peut être assimilée en pratique à une baisse indirecte des salaires.

Tout n’est pas encore une fois une simple question d’argent. Le nouveau statut d’Edf risque fort de nous rappeler les fréquentes coupures d’électricité que l’on connaissait durant les années soixante dix ce qui est paradoxalement compatible avec une envolée de la facture. Nul besoin de préciser qui va payer en plus des désagréments vécus. L’électricité cela touche tout le monde et beaucoup : imaginez tout ce qui se branche sur une prise.

A part ça la bourse a établi un nouveau record en date du 2 janvier et on s’attend pour 2007 à une hausse de 10% sur les valeurs du Cac 40.

Valeurs que vous aurez volontairement ou non financées si je me suis bien fait comprendre.

Question : allez vous être augmenté cette année et si oui de combien ?



mercredi 3 janvier 2007

Sur l'assassinat de Saddam Hussein

Mardi, 2 Janvier 2007


Sur l'assassinat de Saddam Hussein

Philippe Delbauvre

Étranger
Sur l'assassinat de Saddam Hussein
Ainsi donc l’objectif majeur du procès a été atteint.

Saddam Hussein après avoir été condamné à mort a été exécuté.

Le procès effectué en bonne et due forme par un tribunal composé d’autochtones avait pour raison d’être de sauvegarder une éthique toute juridique montrant par là même que la déontologie était sauve.

Composé d’autochtones choisis et collaborant dans un pays soumis à l’occupation.

Ceux qui habitent dans un pays ayant connu cette situation savent très bien ce que peut signifier ce type de justice dans de telles conditions.

A l’évidence, il était plus que temps que le verdict tombe puisque les occupants avaient de plus en plus de mal à occuper. On espère sans doute que la mort de celui qu’en d’autres temps nous avons tant aidé permettra une occupation moins désastreuse.

Voire.

Ils verront. Nous aussi. Pas avec le même angle.

Parallèles :

Pour Pinochet cela s’est bien terminé, merci bien.

Pour Botha un peu moins, mais les dernières années furent douces : dans le monde où monsieur tout le monde se croit obligé de crier son antiracisme, cela ne manque pas de surprendre.

Pour Franco encore moins bien évidemment. Peu importe, lui ne fut jamais embarrassé.

Règle essentielle : chacun se doit de respecter les règles dites démocratiques d’importation américaine à l’exception de ceux qui roucoulent avec les américains.

Milosevic aussi a eu un procès. Ecourté. Beaucoup trop long. D’ailleurs le coupable connaissait trop de personnalités avec qui il s’était entretenu dans le cadre de l’exercice de ses fonctions et qui auraient pu être d’éventuels témoins susceptibles de témoigner comme Bill Clinton par exemple. Enfin, le coupable est mort parce que le destin l’a voulu ainsi. Destin : ensemble des facteurs ayant conditionné une situation. Chacun interprétera le terme comme il le souhaitera.

Milosevic est assez populaire aujourd’hui dans son pays qui pourtant connaît la paix. Voilà qui permet de justifier le ‘’voire’’ signifiant que la mort de Saddam Hussein ne va pas forcément améliorer la vie des envahisseurs.

On peut également voir en Saddam Hussein l’agneau sacrificiel : celui dont le sang répandu lavera la conscience occidentale de tous les souvenirs, d’ailleurs plutôt heureux, d’entente mutuelle avec lui.

Si penser qu’il a été aidé simplement et uniquement parce qu’il a été considéré comme un rempart contre l’Islam n’est pas dénué de fondements, il est peut être bon aussi de rappeler que l’entente a été bien antérieure aux années quatre vingt.

En conséquence, si le présumé coupable était aussi terrible que l’on veut bien le dire dans certains milieux, on ne peut que s’étonner que cela soit justement dans ces mêmes milieux que l’on ait alliance contractée. Auquel cas évidemment sur la serpillière qui fait office de tunique des démocraties occidentales, voilà une sacrée tâche.

Indélébile. A moins de recourir au sacrifice.

Ou alors le personnage n’est peut être pas ce que l’on dit qu’il est. Après tout puisqu’il disposait d’armes de destruction massive qui n’existaient pas, on peut légitimement se poser la question sur ce qu’il a exactement fait ou dit.

Il est certain que s’il avait fait une alliance intelligente, de raison avec quelques pays soucieux de lui apporter de manière bien sur désintéressée une étroite collaboration ne serait-ce que dans l’exploitation des gisements pétroliers, on aurait pu dès lors reconsidérer le problème.

Il n’y aurait d’ailleurs pas eu de problèmes. Et donc pas de procès.

A condition que Saddam Hussein ait accepté que les étoiles irakiennes brillent sur la bannière américaine ce qu’il s’est toujours refusé à faire.

samedi 23 décembre 2006

L’influence des media dans les démocraties occidentales

Vendredi, 22 Décembre 2006


L’influence des media dans les démocraties occidentales

Philippe Delbauvre

Politique
L’influence des media dans les démocraties occidentales
Nos amis belges viennent de nous montrer ce qu’était l’influence des media dans les démocraties occidentales.

Ainsi, il a suffit d’une émission présentant en direct la sécession de la partie flamande pour que les téléspectateurs concernés soient pris de panique. Si l’on peut sourire de la réaction en invoquant une éventuelle histoire belge, je ne suis pas convaincu qu’une intoxication télévisuelle similaire n’aurait pas eu les mêmes effets en France.

Si les pouvoirs politiques ont dénoncé cette mascarade c’est uniquement parce que celle ci ne correspondait pas à leurs attentes. En effet, annoncer une séparation entre Flandre et Wallonie c’est tuer la Belgique comme état souverain. C’est aussi rentrer dans le jeu du Vlaams qui au passage doit être ravi de l’aubaine.

Mise en cause, la chaine de télévision s’est évidemment retranchée derrière l’intérêt général : il fallait absolument poser le problème tel qu’il était aux belges. La justification est toujours la même. C’est au nom de notre intérêt que l’on installe des caméras de surveillance un peu partout, que l’on nous oblige à porter un casque en moto, que l’on délocalise pour favoriser l’emploi, pour ne prendre quelques exemples.

C’est surtout pour la télévision un gros coup de publicité qui vaut son pesant d’or. J’ai encore le souvenir d’un entretien exclusif de Yasser Arafat effectué par Patrick Poivre d’Arvor qui était factice. Le phénomène, s’il monte en puissance avec le phénomène belge, reste le même. La duperie se poursuit puisque les téléspectateurs ne sanctionnent pas. Plus grave, certains d’entre eux soucieux de sensationnalisme approuvent.

Il est deux conclusions à retenir.

La première est l’extrême crédulité des occidentaux : parce qu’ils pensent que dans une démocratie tout est dit et que ce qui est dit est vrai, ils n’ont aucun sens critique. L’information lorsqu’elle fausse n’est démentie que quelques années plus tard lorsque plus personne ne s’intéresse au sujet. Au motif que l’on peut librement s’exprimer (je souris) et que l’on est interrogé d’ailleurs très souvent on se croit obligé d’en déduire que l’on se trouve en pleine clarté. Rien n’est plus faux puisque ce qui devrait importer c’est de tenir compte de ce qui a été exprimé et non de l’expression en elle même. Que François Mitterand soit passé par l’extrême droite, ait maintenu quoique président des contacts avec Pierre Bousquet, ait fleuri la tombe du Maréchal Pétain, ait eu une maîtresse avec qui il a eu une fille adultérine, le français n’en a rien su. Que l’on ne me parle pas de vie privée puisque d’autres ne sont pas passés au travers. Il a fallu peu avant sa mort que le président non sans arrières pensées dise les choses telles qu’elle furent pour que les français sachent. Les bals socialo communistes et fiers de l’être du dix mai 1981 célébrant la victoire de la gauche me faisaient déjà à l’époque sourire : je disposais d’autres sources d’informations que celles qui gavaient le français.

La seconde conclusion est une conséquence de la première. Si crédulité il y a, elle est exploitable et elle est d’ailleurs exploitée. La collusion entre journalistes et politiques est assez fréquente pour ne pas dire obligatoire. Le facteur essentiel que constitue le pouvoir de l’image pousse le politique vers le journaliste. Ce dernier, s’il veut pénétrer le monde politique, ne serait-ce que pour le comprendre, doit disposer d’un carnet d’adresses. Anne Sinclair avec Dominique Strauss Kahn, Béatrice Schonberg avec Jean Louis Borloo, Christine Ockrent avec Bernard Kouchner et plus récemment Marie Drucker avec François Baroin montrent bien l’interaction entre les deux pôles.

François Baroin, tout comme Noel Mamère d’ailleurs, qui fut un ancien journaliste.

Si on peut évoquer une déontologie journalistique tout comme on peut le faire pour tous les corps de métiers afin de prétendre, oh grands dieux, qu’il n’en est rien, il est préférable d’éviter la tentation. Par ailleurs, une lecture ou une audition attentive de l’information montre que la manipulation n’est pas contestable. En utilisant certains mots plutôt que d’autres, en pointant la caméra vers telle partie d’un rassemblement plutôt que telle autre on peut vider de son contenu objectif une information.

L’idée du terrorisme international est aussi une absurdité. Combien y a t-il eu d’attentats en Europe ces dix dernières années ?

La première phrase laisse perplexe, la seconde met dans l’embarras.

Il faudrait pourtant d’abord s’interroger sur la seconde afin d’examiner la première.

Comment se fait-il alors que la première ait tant choqué ?



L’influence des media dans les démocraties occidentales

Vendredi, 22 Décembre 2006


L’influence des media dans les démocraties occidentales

Philippe Delbauvre
Politique

Nos amis belges viennent de nous montrer ce qu’était l’influence des media dans les démocraties occidentales.

Ainsi, il a suffit d’une émission présentant en direct la sécession de la partie flamande pour que les téléspectateurs concernés soient pris de panique. Si l’on peut sourire de la réaction en invoquant une éventuelle histoire belge, je ne suis pas convaincu qu’une intoxication télévisuelle similaire n’aurait pas eu les mêmes effets en France.

Si les pouvoirs politiques ont dénoncé cette mascarade c’est uniquement parce que celle ci ne correspondait pas à leurs attentes. En effet, annoncer une séparation entre Flandre et Wallonie c’est tuer la Belgique comme état souverain. C’est aussi rentrer dans le jeu du Vlaams qui au passage doit être ravi de l’aubaine.

Mise en cause, la chaine de télévision s’est évidemment retranchée derrière l’intérêt général : il fallait absolument poser le problème tel qu’il était aux belges. La justification est toujours la même. C’est au nom de notre intérêt que l’on installe des caméras de surveillance un peu partout, que l’on nous oblige à porter un casque en moto, que l’on délocalise pour favoriser l’emploi, pour ne prendre quelques exemples.

C’est surtout pour la télévision un gros coup de publicité qui vaut son pesant d’or. J’ai encore le souvenir d’un entretien exclusif de Yasser Arafat effectué par Patrick Poivre d’Arvor qui était factice. Le phénomène, s’il monte en puissance avec le phénomène belge, reste le même. La duperie se poursuit puisque les téléspectateurs ne sanctionnent pas. Plus grave, certains d’entre eux soucieux de sensationnalisme approuvent.

Il est deux conclusions à retenir.

La première est l’extrême crédulité des occidentaux : parce qu’ils pensent que dans une démocratie tout est dit et que ce qui est dit est vrai, ils n’ont aucun sens critique. L’information lorsqu’elle fausse n’est démentie que quelques années plus tard lorsque plus personne ne s’intéresse au sujet. Au motif que l’on peut librement s’exprimer (je souris) et que l’on est interrogé d’ailleurs très souvent on se croit obligé d’en déduire que l’on se trouve en pleine clarté. Rien n’est plus faux puisque ce qui devrait importer c’est de tenir compte de ce qui a été exprimé et non de l’expression en elle même. Que François Mitterand soit passé par l’extrême droite, ait maintenu quoique président des contacts avec Pierre Bousquet, ait fleuri la tombe du Maréchal Pétain, ait eu une maîtresse avec qui il a eu une fille adultérine, le français n’en a rien su. Que l’on ne me parle pas de vie privée puisque d’autres ne sont pas passés au travers. Il a fallu peu avant sa mort que le président non sans arrières pensées dise les choses telles qu’elle furent pour que les français sachent. Les bals socialo communistes et fiers de l’être du dix mai 1981 célébrant la victoire de la gauche me faisaient déjà à l’époque sourire : je disposais d’autres sources d’informations que celles qui gavaient le français.

La seconde conclusion est une conséquence de la première. Si crédulité il y a, elle est exploitable et elle est d’ailleurs exploitée. La collusion entre journalistes et politiques est assez fréquente pour ne pas dire obligatoire. Le facteur essentiel que constitue le pouvoir de l’image pousse le politique vers le journaliste. Ce dernier, s’il veut pénétrer le monde politique, ne serait-ce que pour le comprendre, doit disposer d’un carnet d’adresses. Anne Sinclair avec Dominique Strauss Kahn, Béatrice Schonberg avec Jean Louis Borloo, Christine Ockrent avec Bernard Kouchner et plus récemment Marie Drucker avec François Baroin montrent bien l’interaction entre les deux pôles.

François Baroin, tout comme Noel Mamère d’ailleurs, qui fut un ancien journaliste.

Si on peut évoquer une déontologie journalistique tout comme on peut le faire pour tous les corps de métiers afin de prétendre, oh grands dieux, qu’il n’en est rien, il est préférable d’éviter la tentation. Par ailleurs, une lecture ou une audition attentive de l’information montre que la manipulation n’est pas contestable. En utilisant certains mots plutôt que d’autres, en pointant la caméra vers telle partie d’un rassemblement plutôt que telle autre on peut vider de son contenu objectif une information.

L’idée du terrorisme international est aussi une absurdité. Combien y a t-il eu d’attentats en Europe ces dix dernières années ?

La première phrase laisse perplexe, la seconde met dans l’embarras.

Il faudrait pourtant d’abord s’interroger sur la seconde afin d’examiner la première.

Comment se fait-il alors que la première ait tant choqué ?



mardi 12 décembre 2006

Toute voix discordante semble désormais prohibée

Lundi, 11 Décembre 2006


Toute voix discordante semble désormais prohibée

Philippe Delbauvre

Politique
Toute voix discordante semble désormais prohibée
Toute voix discordante même discrète, tout bémol émis au sein du concerto du prêt à penser contemporain semblent désormais prohibés.

Dans la société de l’individualisme, chaque entité est une proie facile dont profitent des manipulateurs qui prétendent toujours agir en vertu d’une cause proclamée à priori grande.

Les mobilisations qui s’ensuivent sont ainsi organisées au nom du bien public et n’ont en réalité pour objectif principal que l’argent. C’est aussi, l’espace d’une ou de quelques soirées, l’occasion donnée aux dirigeants de ressusciter un peuple qu’ils anesthésient à longueur d’années.

On peut songer par exemple à la dernière coupe du monde de football qui fut assez représentative du phénomène. Pas de peuple avant, beaucoup pendant et plus du tout après et cela du jour au lendemain. Derrière l’idéal de Pierre de Coubertin qui sert de drapeau mais aussi de paravent se cachaient le refus du contrôle anti-dopage, l’arrivée des prostituées de l’Est et à nouveau l’argent. On n’a pas entendu cette fois ci les opposants à cette grande cérémonie. Peut être parce ce que c’était devenu un devoir de s’y intéresser ou de se taire.

Nous voici revenus comme chaque année à la période du Téléthon. Avec tout ce que cela peut signifier comme caricatures. Sincèrement, on ne voit guère la nécessité, si ce n’est offusquer la pudeur, d’exhiber aux yeux de ceux qui n’en ont pas, les muscles des sportifs. Cela s’appelle de l’indécence. En revanche, l’intérêt est, pour ceux qui ont la chance, d’être valides de se faire plaisir et aussi de récolter au final le veau d’or. Il ne vient pratiquement à personne l’idée pourtant évidente que si la recherche médicale sollicite l’argent des simples particuliers c’est qu’elle n’en est pas assez dotée. Il est vrai que regarder la télévision ou faire fonctionner ses muscles ne sont pas les meilleures façons de stimuler le cerveau.

L’archevêque de Paris que j’avais égratigné au profit de Monseigneur Lustiger dans un précédent article est, qu’on se le dise, un archevêque de confession catholique. Me voilà maintenant certain que tout le monde aura compris.

Rappel des faits : l’Eglise est partie prenante dans cette collecte d’argent destinée aux chercheurs travaillant sur la myopathie. Tout à fait logiquement, elle s’intéresse au devenir de cet argent et par voie de conséquence à la nature des travaux scientifiques. C’est là une démarche que de nombreux français ont suivie un jour ou l’autre en effectuant un don : sollicités dans la rue, nous prenons connaissance de la cause pour laquelle de l’argent nous est demandé.

Si nous nous trouvons en accord alors nous donnons et si en revanche nous y sommes opposés, nous passons notre chemin.

Las, l’archevêque de Paris émet le bémol discordant, réaction pourtant compréhensible, compte tenu de l’éthique qu’il représente: il souhaiterait que l’argent versé par l’Eglise n’aille pas à l’encontre de pratiques situées en opposition avec les valeurs de cette même église. Comportement surprenant voire détestable aux yeux de beaucoup. L’Eglise devrait donc financer ce qui va à l’encontre de ses valeurs et se taire. Mieux, applaudir à l’enterrement de ses propres valeurs grâce à son propre argent et cela pour ne pas troubler le bonheur consensuel d’une journée. Or, chacun sait que l’institution catholique est particulièrement sensible à tous les aspects touchant à la conception de la vie. Qu’importe aux donneurs de leçons, voilà maintenant l’Eglise accusée de se servir de l’événement afin d’en faire une tribune, manière comme une autre de la soumettre au chantage.

‘ Participez comme les autres et taisez vous ! ‘ pourraient-ils ordonner.

« Entre la plage d’Edwige ou la musique rock, d’une part, et la ronde communiste, d’autre part, l’opposition n’est qu’apparente. Tereza, un jour, après avoir regardé des photos représentant un camp de nudistes et l’entrée des chars russes en Tchécoslovaquie, ne peut s’empêcher de dire : ‘ C’est exactement la même chose’. Ces deux figures de l’idylle dite de l’innocence présentent en effet les mêmes caractéristiques fondamentales. Retenons-en deux, qui sont d’ailleurs étroitement liées : l’abolition de l’individu, le rejet des limites.

La plage d’Edwige, ou l’orgie, ou la fête rock ont d’abord ceci en commun avec le paradis communiste que la solitude y est non seulement impossible, mais interdite. C’est l’univers de la fusion, de la dissolution de l’individu dans le tout rassemblé ; et ‘ celui qui ne veut pas en être […] reste un point noir inutile et privé de sens ‘. Cette idylle, en un mot, est ‘ par essence, un monde pour tous ‘. »

François Ricard,Milan Kundera, ‘ L’insoutenable légèreté de l’être ‘ , p 464.