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mercredi 22 mars 2006

CPE les nervis du système reprennent du service

Mercredi, 22 Mars 2006
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CPE les nervis du système reprennent du service

Philippe Delbauvre

Politique
CPE les nervis du système reprennent du service
Les lecteurs qui ont pris l'habitude de consulter le site voxnr.com, tant la première page que le forum ont pu constater que je n'ai pas varié dans mes prises de position politique. Anti-système j'étais, anti-système je reste. Ils ont pu également noter l'attention toute particulière que je porte à Nicolas Sarkozy en raison de son américanophilie non dissimulée ainsi qu'à la gauche suite à la rupture avec un projet d'essence sociale qui fut abandonné voilà presque un quart de siècle. Ni le petit homme de droite, ni la gauche, ne sont des alternatives aux maux dont souffre notre pays et plus généralement l'occident.

Le projet du CPE n'est en rien définitif. Il instaure une précarisation qui dans le cadre de l'économie libérale est certes un plus, mais qui va vite s'avérer insuffisante. Il faudra donc que les gouvernants aillent bien au delà s'ils souhaitent réellement participer à la course de longue haleine que nous impose la concurrence économique. Il leur faudra donc se délester des fardeaux qui pèse sur l'activité libérale. Ces surcharges pondérales sont bien connues des français et pour cause: ils y tiennent. Ils ont pour nom "retraite", "conditions de travail", "smic", "temps de travail", "sécurité sociale", etc... C'est tout cela que l'on est en train de jeter à la mer progressivement (ce qui est habile politiquement) de manière à ce que la pilule puisse passer. En conséquence, le CPE n'est pas une catastrophe en lui même, mais simplement le prolongement d'une politique qui se propose d'aller bien plus loin. Il en va de même pour le déremboursement des médicaments qui petit à petit s'accélère de façon à ce qu'un jour nous finirons tous par nous rendre compte que, la privatisation étant effectuée, il ne nous reste plus qu'à recourir à l'assurance.

Certaines classes d'âge ont connu leurs manifestations bien avant celles qui font l'actualité aujourd'hui. La gauche en a fait les frais suite à la défense de l'école privée en 1984 mais aussi suite à l'opposition des jeunes et enseignants à l'ami de Lionel Jospin qui n'était autre que Claude allègre ministre de l'éducation nationale de son état. La droite a du elle aussi passer sous les fourches caudines des vagues étudiantes. On peut songer à 1986 qui se clôtura par le retrait du projet Devaquet ou à l'ambition balladurienne du CIP qui ne connut pas de meilleur sort. En cela, le renvoi dos à dos de ce qui alternativement se nomme majorité ou opposition et que l'on persiste bien à tort à appeler gauche ou droite s'impose. Systématiquement, c'est un zéro pointé qui sanctionne de détestables copies gouvernementales.

La gauche et la droite rivalisent d'incompétence lorsqu'il s'agit de répondre aux légitimes aspirations des jeunes. Je crains que la motivation de ceux ci ne soit pas aussi importante que ce que l'on a coutume d'affirmer. En effet, un projet dit de gauche sera brocardé par les étudiants dits de droite et réciproquement. Or les jeunes, dans leur majorité ne croient plus à la politique. Cela explique que les grèves et blocages ne sont que le fait de minorités qu'elles soient de droite ou de gauche suivant l'époque. On pourrait se réjouir de l'attitude de l'étudiant représentatif qui attend que les événements se passent en considérant que cette inaction est la conséquence délibérée d'un choix, les politiques n'étant plus pris au sérieux. Malheureusement il n'en est rien. Il s'agit simplement d'une soumission à un système qui, parce que hédoniste, n'est pas sans avantages. Quitte, et trop tard, une fois arrivé sur le marché du travail à crier au scandale en découvrant les affres du chômage ou des conditions de travail. Ceux qui en revanche sont politisés sont ravis de l'aubaine. Ainsi, les manifestant de droite sont systématiquement qualifiés de fascistes. Au même titre que les manifestants de gauche sont affublés du qualificatif de stalinien ou autre nom d'oiseau. Je ne conteste pas le droit à la lutte contre le bolchevisme international ou la peste brune, chacun à l'évidence ayant droit à son dada. Je m'interroge sur l'existence et la survie de l'un comme de l'autre.

Pour ma part, je suis intimement convaincu que ces deux idéologies politiques ont disparu de l'espace politique français ou ne subsistent qu'à l'état résiduel. L'instrumentalisation de ces deux phénomènes politiques fait justement la joie d'un système bien satisfait que l'on ne pratique pas son analyse. C'est donc au monde libéral que rendent service les étudiants de gauche en soutenant leur joujou politique, tout comme c'est au même monde libéral que rendent service les étudiants de droite pour les mêmes raisons. Bien peu en ont conscience. Quand bien même le projet du CPE serait abandonné, une gauche victorieuse en 2007 le réhabilitera sous un nom et une forme différente. Aider l'opposition si ce n'est pas pour affaiblir le pouvoir est dans ce cas ridicule.

Peut être aussi faudrait t-il se pencher sur les réactions de la galaxie nationaliste que l'on inféode à tort ou à raison à l'extrême droite. Beaucoup ont suivi de très loin les émeutes de novembre, attitude qui nous a bien fait sourire si l'on tient compte de leurs propos bellicistes. Le conflit inter-ethnique ou la guerre civile n'ont pas eu lieu. Nous l'avions dit, écrit et nous avions raison. De la même façon, les émeutes étudiantes ne déboucheront pas sur le grand soir. Quand bien même, si tel était le cas, compte tenu du fait que les différentes orientations des membres du réseau radical convergent néanmoins vers une attitude résolument anti-système, nécessité pour nous serait de prendre le train en marche pour le diriger sur une voie conforme à nos idées. En cela, les manifestants en dépit de leur naïveté politique, s'ils ne sont pas nos amis ne sont pas non plus nos ennemis. On m'objectera peut être qu'ils nous considèrent eux comme la "frange la plus réactionnaire de la bourgeoisie". Peu nous importe, ce sont les mêmes qui, fustigeant le capital ou le mondialisme, ont voté Rocard puis Jospin et se préparent séduits à voter Ségolène. La cohérence n'est donc pas leur fort. Ils affaiblissent le gouvernement et c'est l'essentiel. Déplacé donc, d'être terrorisés ou de de s'attendre à l'établissement de kolkhozes.

Mai 68 et les parallèles douteux. La situation serait la même aux yeux de certains alors que le phénomène est tout à fait différent. Mai 68 n'est que l'événement marquant la rupture entre deux modèles sociétaux. Il ne fut pas la cause, mais la conséquence d'un état d'esprit. La grève était généralisée et cela dans des usines où le nombre d'ouvriers étaient importants. Qui imagine aujourd'hui Jacques Chirac obligé d'aller solliciter la fidélité de l'armée dans les circonstances actuelles ? Qu'une partie de ce que l'on appelle "extrême droite" se soit portée au secours du général De Gaulle est exact mais les enjeux étaient différents. Nous étions en pleine guerre froide (où sont les chars soviétiques ?), les communistes avaient le vent en poupe (combien aujourd'hui ?) et suite au choix de l'OAS certains avaient tout intérêt au ralliement. Ils en furent d'ailleurs récompensés.

Que nous donnerait l'actuel gouvernement si nous venions à le soutenir ? Absolument rien. Tout simplement parce qu'il n'a pas besoin de soutien. Et puis avouons le, parce qu'il sait très bien, que quoiqu'il advienne, nous ne le soutiendrons pas.



dimanche 12 mars 2006

Droite et gauche, des typologies obsolètes érigées en dogme

Dimanche, 12 Mars 2006
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Droite et gauche, des typologies obsolètes érigées en dogme

Philippe Delbauvre

Politique
Droite et gauche, des typologies obsolètes érigées en dogme
Il est une mode, que l’on rencontre de plus en plus fréquemment dans les milieux que les spécialistes traditionnellement classent à droite, qui consiste à se définir comme étant de gauche. Encore faudrait t-il définir la notion, ce qui n’est jamais effectué, enfin à tout le moins jamais de façon consensuelle. Bizarre, dans ces conditions que de vouloir impérativement appartenir à ce que qu’à l’ évidence personne ne connaît.

Peut être faudrait t-il effectuer un grand bon dans le temps : nous voici ainsi revenu aux années 1960 et 1970 où l’appartenance à la gauche – avec ses goulags – était le grand sésame qui permettait d’entrer dans les milieux très selects où l’on était d’office gratifié des qualités d’intelligence, d’ouverture d’esprit … et de visionnaire (sic).

Tout le monde a évidemment le droit de se tromper (même si à l’origine, l’homme de gauche avait par définition raison). « Ah l’autogestion ! » s’exclame encore aujourd’hui Cohn Bendit, « Ah les contradictions du capitalisme qui allaient le mener à l’échec », peut t-il dire lui aussi ou l’un de ses pairs.

Amusante toute cette rhétorique aujourd’hui, maintenant que nous bénéficions du recul.

Je ne leur en veux pas. Ils étaient jeunes, croyaient penser de façon autonome, alors qu’ils n’étaient que le fruit d’un déterminisme générationnel. Comme pour chaque classe d’âge, cela va de soi.

Ce qui m’embarrasse davantage, c’est qu’au moment où les sociologues reconnaissent que la France, mais aussi l’Europe ont davantage changé en vingt ans qu’en un siècle, beaucoup sont restés sur le quai de la gare, et à l’image de la vache dans son près, semblent soucieux d’attendre un train qui est déjà passé et ne passera plus. Un tel comportement pour les plus anciens peut se comprendre. En effet, il est d’autant plus difficile de renoncer à ce à quoi on a longtemps espéré que l’on y a cru longtemps. S’expliquent peut être là, l’âge moyen du militant du parti socialiste (52 ans) ou du parti communiste (?).

Là où cela devient inquiétant, c’est lorsque des jeunes, qui par définition, n’ont pu connaître sérieusement l’atmosphère des années 60 où à tout le moins des années 70 s’en viennent ressortir du réfrigérateur, que l’on avait éteint durant quelques semaines au retour de je ne sais quelles vacances intellectuelles, une assiette de viande crue devenue forestière, que la décence interdirait de donner à n’importe quel animal de compagnie.

A l’évidence, le désintérêt pour la gauche qui frappe le pays n’a pas été compris. Que l’on ait pu y croire en 1981 (« les 23 ans d’opposition »), c’est tout à fait logique, mais qu’aujourd’hui et ce après un quart de siècle de gestion du pouvoir partagée par alternance avec la droite, on ait pu conserver le même point de vue, cela montre que l’on est passé de la croyance à la foi.

Cela fait bien longtemps que j’ai laissé à ceux qui le souhaitaient le qualificatif de gauche. Pas mécontent de l’opération, et pour cause.

Il n’a plus de droite ou de gauche : leurs adeptes sont devenus des libéraux.

Voilà très exactement le nouveau clivage : les libéraux ou les autres.

Bien peu l’ont compris.

samedi 18 février 2006

Le système politique français est en panne

Samedi, 18 Février 2006
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Le système politique français est en panne

Philippe Delbauvre

Politique
Le système politique français est en panne
On glose.

Une VI ème république.

Il y a après chaque élection législative un politique promu au perchoir dont la principale mission, nous explique t-il invariablement, est de rendre à l’assemblée sa liberté d’expression, de la favoriser et de la chérir. Et rien ne change.

Le chef de l’exécutif a vu sa fonction établie juridiquement en 1958 avant d’être confirmée en 1962. Le président de la république se situe au dessus des partis suite à une tradition solidement établie. Enfin, il est sensé l’être. Voici donc le premier problème constitutionnel et politique qui vient d’être posé. Il est malheureusement d’ampleur car il concerne directement le sommet de l’état et influe donc sur toutes les strates de la pyramide. Comment un homme politique, dont l’ascension a nécessité le passage par un ou plusieurs partis, pourrait t-il une fois élu à la magistrature suprême, oublier toutes les décennies de combats engagés au profit d’un camp ? Comment un tel homme, se choisissant un premier ministre politisé et appuyé par une assemblée qui ne l’est pas moins, pourrait t-il se placer dans la position du spectateur non engagé ? C’est déjà là pari impossible à tenir et aucun président n’a su se débarrasser de ses engagements politiques passés.

L’homme est homme. Ce qui est vrai pour le commun des mortels l’est aussi pour le président de la république. De Gaulle s’est représenté, Giscard aussi, et Mitterand, et Chirac. Pompidou est l’exception mais c’est la maladie qui en a voulu ainsi. Une élection se prépare, et à fortiori une réélection. Le président dès lors, tout en bénéficiant de sa majesté présidentielle, s’en retourne alors à ses premières amours politiciennes. Est ce conforme à ce que l’on attend de lui ? A cette position d’arbitre soucieux d’incarner la totalité du corps électoral. Dans la pratique, il faut éliminer les rivaux de son propre camp et choisir son adversaire du second tour, qui évidemment sera celui le plus facile à abattre. Qu’en pense t-on dans les chaumières ?

L’assemblée nationale prête elle aussi à sourire. A quoi bon réunir des députés issus de régions différentes sachant que leurs votes ne sera que celui de leur parti ? D’ailleurs, comme c’est le cas aujourd’hui, lorsqu’il existe une majorité absolue à l’assemblée, on peut tout à fait légitimement se demander à quoi sert le vote puisque avant même le dépouillement les résultats sont connus.

Je ne souhaite pas embarrasser les plus jeunes avec des exemples lointains, cela d’autant plus que la situation actuelle se prête à une analyse. La critique est facile, les propositions sont ardues tant à définir qu’à trouver.

Alors je vais me mouiller, quitte à finir trempé.

Un seul mandat pour le président de la république me semble chose nécessaire. Cela évitera l’amorce de campagne de réélection trois avant. Cela permettra aussi de prendre des mesures impopulaires qui sont quelquefois nécessaires.

Le scrutin proportionnel est une nécessité : on ne peut laisser sans représentants FN, LCR et LO qui ont totalisé 30 % des voix en 2002.

Mieux, l’assemblée élue en 2002 l’a été dans un cadre très particulier. Elle continue de fonctionner comme si l’électorat n’avait pas changé. C’est politiquement inadmissible. Si aujourd’hui, l’UDF, compte tenu du positionnement qu’elle s’est choisi, était nécessaire à la droite pour obtenir une majorité absolue, la situation serait toute différente. On peut songer au CPE par exemple.

En conséquence, une élection au suffrage universel direct, prenant en compte la proportionnelle et renouvelant l’effectif de l’assemblée par cinquième à raison d’une fois par an, rendrait aux députés des pouvoirs qu’ils n’ont pas.

Il ne s’agit là que de pistes qu’il faudrait approfondir. Je ne pense pas bénéficier de l’assentiment de ceux qui pourtant clament haut et fort leur volonté de changement.



mardi 14 février 2006

OPA et patriotisme économique

Mardi, 14 Février 2006
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OPA et patriotisme économique

Philippe Delbauvre

Politique
OPA et patriotisme économique
L’Opa lancé Par Mittal contre Arcelor a remis au goût du jour une vieille notion qui a la faveur des français, ce que je comprends, et que l’on nomme aujourd’hui « patriotisme économique ». Exprimé clairement, ce concept est facile à comprendre. Dans le grand marché mondial, soumis au principe de la libre concurrence, seules les entreprises françaises bénéficiant de l’aide de l’état se verrait aidée financièrement en vue de pouvoir rivaliser avec des groupes concurrents.

Une première remarque s’impose : c’est illicite commercialement parlant et l’OMC interviendrait bien vite en cas d’intervention de l’état français, comme elle l’a déjà fait de par le passé. A juste titre : dans le monde capitaliste, seul le « laissez faire, laissez passer » a force de loi.

Plus grave, si la France ou les Européens venaient à remettre en cause les principes tabous de la non intervention, des mesures de rétorsion seraient immédiatement prises par d’autres états. En effet, ou la concurrence est l’affaire de tous et c’est auquel cas la règle, ou un des membres déroge plaçant ainsi les autres dans un état d’infériorité qui les contraindra eux aussi à adopter un comportement similaire. Autant prévoir que le mauvais joueur qu’est l’européen risque de perdre nombre de parts de marché sur l’ensemble des continents.

Nos chères entreprises sont à qualifier comme l’on voudra, mais elle ne sont certes pas nationales. Elles disposent d’une association appelée MEDEF dont l’un des objectifs est la libéralisation totale. L’abolition du smic serait ainsi une bonne chose tout comme des contrats à très courtes durées pour les salariés. En pleine période de chômage Nicolas Sarkozy vante les mérites d’une immigration choisie. Des infirmières seraient les bienvenues nous explique t-on. Je ne pense pourtant pas qu’il s’agisse là d’un métier inabordable intellectuellement pour des françaises ou des français motivés. On aurait pu comprendre la recherche de spécialistes scientifiques à très haut niveau, mais ce n’est pas le cas ici. En revanche, cette nouvelle arrivée d’infirmières que pourtant nous savons former et qui donnent toute satisfaction au français, va tirer les salaires vers le bas. Vous avez dit « patriotisme économique » ? Nous entendons depuis nombre d’années parler de délocalisation. Phénomène qui consiste à fermer des entreprises françaises fonctionnant avec des travailleurs français, pour les rouvrir à l’étranger avec des travailleurs autochtones. Le patriotisme économique je suppose là encore ?

L’imbrication des économies, leur interdépendance, rendent caduques l’analyse léniniste voyant dans l’impérialisme le stade suprême du capitalisme. Ce stade suprême c’est la négation même de toute appartenance nationale. Marx lui, l’avait pressenti dès ses manuscrits de 1844. Il n’est qu’à considérer le fonctionnement interne de chaque entreprise d’importance pour constater qu’elle développe son propre patriotisme, sa propre culture, son état d’esprit dont le but n’est que la cohésion interne de sa masse salariale. Qui n’a pas entendu parlé des stages de motivations, du port du badge, voire de l’uniforme. L’objet même de toute entreprise économique est de faire du profit et d’étendre son influence, en remportant d’autres marchés qui ne bénéficieront pas au français.

En revanche, il est une autre alternative. Un bloc puissant, disposant socialement d’une législation harmonieuse, suffisamment étendu afin de pouvoir être autonome dans le domaine des ressources essentielles et ainsi nous rendant autonomes par rapport à l’hydre économique. Ce bloc existe déjà virtuellement : c’est L’Eurasie.



lundi 6 février 2006

Caricature et perte du sacré

Lundi, 6 Février 2006
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Caricature et perte du sacré

Philippe Delbauvre

Politique
Caricature et perte du sacré
Je souhaiterais aborder l’épineux problème des caricatures par l’intermédiaire d’un autre angle afin de sortir des redites qui finissent à long terme par devenir lassantes. Ces images, on le sait, arrivent en pleine période de tension entre la Perse et l’occident, de sorte qu’il ne peut s’agir là du fruit du hasard. En effet, l’on n’a pas attendu les derniers événements pour caricaturer et Ben Laden et Arafat. On eût pu s’en prendre au Prophète bien plus tôt si on l’avait souhaité.

Ces caricatures sont aussi une assimilation entre Islam et guerre comme si les deux ne faisaient qu’un. Propagande, donc et par définition puisque cette première peut aisément se définir comme une caricature de l’information.

Tout à fait logiquement et avec une certaine naïveté les musulmans dans leur majorité ont protesté. Si les catholiques français l’ont fait à leur époque (la dernière tentation du Christ), c’est en revanche minoritairement. Cette différence n’est pas la conséquence d’une plus grande tolérance en milieu catholique mais d’une perte de la foi : si Dieu s’est fait homme, qu’il est mort sur la croix et s’est trouvé ressuscité, si en conséquence ce phénomène unique dans l’histoire est avéré, alors tout homme croyant ne peut accepter une caricature de l’idéal qui le fait vivre.

Un heureux hasard m’a fait relire un livre de Mircea Eliade dont le titre est « Le sacré et le profane ». Alors que je songeais aux caricatures, l’ouvrage m’est revenu l’espace d’un instant en tête, ce qui a modifié le cours de mes réflexions.

Au delà, de l’habituelle polémique entre la liberté d’expression et le respect du à chacun se trouve tout autre chose, enfoui, auquel personne ne me semble avoir songé. La liberté de la presse étant elle aussi cadenassée depuis bien longtemps. Inutile d’aborder également la liberté d’opinion, pensée unique oblige.

Ce qui se trouve enfoui, pour ne pas dire enterré n’est autre que le Sacré.

Les occidentaux ont perdu ce concept depuis nombre de décennies ce qui explique leur incompréhension lorsqu’il sont confrontés à d’authentiques croyants, ou plus simplement à certains élèves des grandes écoles militaires dont les traditions sont sacrées justement. Les profanes, même s’ils exportent très facilement leur modèle sociétal ont très probablement perdu ce qui les mettait en contact avec le supramonde : le Sacré grandit l’homme et le place au dessus des contingences simplement matérielles. Mais aussi, il impose aussi à l’homme une humilité dont l’occidental est aujourd’hui dénué. L’individualisme en est la cause majeure. Le Sacré est inclus dans le religieux tout en le débordant. Ainsi, la fidélité au drapeau est bien davantage une fidélité à une représentation par l’étoffe qu’au drapeau lui même. Ce que l’on appelle la garde au drapeau et qui est constituée des six hommes en protection situés autour de lui, bénéficie d’une législation particulière : tout soldat membre de la garde se doit y compris par l’usage de son arme d’empêcher quiconque de venir toucher l’étendard.

Je peux comprendre la surprise du lecteur suite à la lecture de ces informations. Il peut apparaître surprenant qu’effleurer un drapeau puisse coûter un coup de baïonnette. Voilà pourtant là une des conséquences du Sacré. Il est des objets auxquels on ne touche pas, des rites que l’on ne modifie pas, des valeurs qui, parce qu’elles sont au delà du temps, ne peuvent être atteintes. La relative liberté d’expression n’est que la conséquence de plusieurs lois, plusieurs fois modifiées. Donc, par définition, non sacrées.

Je n’ai imagé qu’à l’aide d’un exemple : il en est d’autres.

On peut certes accepter l’avortement, mais on se doit de comprendre que pour certains, la vie même avant la vie est sacrée.

On peut aller visiter athée une église en vue de contempler ses splendeurs, mais c’est déjà là une atteinte au Sacré.

L’indissolubilité du mariage est aussi sacrée. L’était.

Je ne souhaite pas par là montrer que l’Islam est homogène : on peut être musulman d’autant de manières que l’on est chrétien. Une chose est aujourd’hui certaine : c’est probablement cette perte du Sacré chez les occidentaux qui engendrent l’incompréhension de nos contemporain



dimanche 5 février 2006

Un conflit qui prêterait à rire...

Dimanche, 5 Février 2006
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Un conflit qui prêterait à rire...

Philippe Delbauvre

Étranger
Un conflit qui prêterait à rire...
Si les enjeux n’étaient pas si importants, le conflit larvé qui oppose l’Iran à l’Occident au sens où l’entend Alain De Benoist prêterait à rire. En effet, après avoir fait la guerre en Irak (sans l’avoir déclaré) en raison d’un arsenal puissant dont on sait aujourd’hui qu’il n’existait pas (cf le suicide de l’un des experts), voici que les Etats Unis et leurs complices se préparent à attaquer l’Iran pour une éventuelle possession d’armes qu’il pourrait le cas échéant avoir, mais qu’il n’a pas.

Sourire de l’homme lucide.

Il y a bien sur le fameux choc des civilisations nous expliquant un panarabisme envahisseur dont il serait préférable de nous prémunir en l’attaquant de manière préventive. A leur époque, le soviétiques utilisaient la même rhétorique : nous sommes pacifiques parce que communistes alors que le capitalisme a pour stade suprême l’impérialisme. Donc nous déclenchons la guerre pour nous protéger.

Cela ne peut se traduire à long terme si l’on souhaite la tranquillité communiste que par une domination planétaire. Le shèma américain est exactement le même.

Jamais les Etats Unis n’ont été aussi puissants, jamais leur modèle sociétal n’a été autant exporté.

Le problème est qu’ici il ne s’agit pas d’un pays arabe, la Perse n’étant pas de souche sémitique. Il me semble même qu’une longue guerre a opposé Irak et Iran dans un passé proche. Pour un européen qui raille l’américain ne sachant pas placer la France sur une carte, arabe et perse c’est la même chose. Qu’il aille donc demander leurs avis aux principaux intéressés. Il risque d’être mal reçu par les uns comme par les autres. Idem pour les turcs assaisonnés à la même sauce, à tort encore une fois, bien entendu. En conséquence le président iranien ne sera jamais un chef de file comme Nasser ou Khadafi qui ne purent jamais d’ailleurs concrétiser leurs rêves.

Penser d’ailleurs que nombre de pays arabes, sous prétexte qu’ils sont peuplés d’arabes, ont maintenu leur propre culture est un leurre : on ne compte plus les musulmans alcoolisés et si le porc est prohibé, il a ravi là bas bien des palais.

On trouve au sud de la Méditerranée des jeunes gothiques, des rockers, portable à la main qui se réjouissent à regarder des séries américaines. Ainsi dans l’Afrique du nord, on peut déjà considérer que l’implantation américaine est faite et qu’en conséquence un soulèvement arabe généralisé est impensable.

En conséquence, suite à la normalisation libanaise, la progression vers l’est se poursuit. Restent donc la Syrie, l’Irak et l’Iran. Voilà qui explique, et la guerre dans le pays de Saddam Hussein, et les pressions sur la Syrie qui vont crescendo, et enfin maintenant les menaces concernant l’Iran.

On a du mal à comprendre comment des puissances nucléaires s’arrogent moralement le droit d’interdire à un pays de bénéficier du même avantage. C’est un premier point qu’il fallait souligner. On imagine mal par ailleurs l’Iran frapper Israel nucléairement : d’une part parce que les palestiniens seraient eux aussi touchés, ceux là même qui viennent de porter le Hamas au pouvoir, d’autre part parce qu’une telle action engendrerait une riposte immédiate. On constate comme ce fut le cas pour l’Irak, l’absurdité de l’argumentation.

Dès lors il faut s’interroger sur la volonté perse de s’armer : on ne s’arme que si l’on se sent menacé, l’hypothèse d’une attaque iranienne étant écartée.

L’Iran c’est 10 % des réserves pétrolières, ce qui n’est pas peu. C’est également un pays frontalier de l’Afghanistan situé à l’est où les américains sont déjà présents. En prenant le contrôle du pays comme c’est le cas en Irak, l’isolement de l’Afghanistan et de la Syrie serait assuré. Ainsi, du Liban jusqu’au Pakistan toute l’étendue passerait sous contrôle américain. Mais l’Iran, c’est aussi la mer Caspienne et tous ses débouchés. Le Kazakhstan, le Turkménistan, la Georgie et la Russie via la Tchétchénie. On comprend mieux désormais l’acharnement de La Russie à Grozny où ailleurs afin de conserver cet accès qui est essentiel pour eux. Un heureux hasard fait que ces pays sont justement des zones pétrolifères. On comprend également que Moscou prête attention aux plaintes iraniennes. Le dirigeant du Kremlin n’a aucune envie de voir arriver les américains à leurs frontières, pas plus d’ailleurs de voir monter une éventuelle poussée de l’Islam dans son voisinage. D’où la valse hésitation moscovite.

Tout cela, les dirigeants perses en ont bien conscience. Je ne suis pas loin de penser que la déclaration du dirigeant souhaitant la destruction de l’entité sioniste ne soit qu’une mise en condition de son peuple afin de mieux le préparer à la guerre. Celle ci est désormais probable en raison des explications données ci dessus. Les déclarations fracassantes, l’Islam, le terrorisme ne sont que des prétextes brandis par les Etas Unis pour parvenir à leurs fins : Contrôler tout le flanc sud de la Russie, s’emparer de tous les gisements, mais aussi s’approcher de la Chine.

On en est là.



samedi 28 janvier 2006

Et qui va garder les enfants ?

Samedi, 28 Janvier 2006
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Et qui va garder les enfants ?

Philippe Delbauvre

Politique
Et qui va garder les enfants ?
Ségolène Royal est issue d’une portée de huit enfants. Les familles nombreuses, on le sait bien, sont dans leur majorité, membres du prolétariat ou alors de de la bourgeoisie catholique et pratiquante. Il va de soi aussi qu’à l’image de la plupart des représentants élus, elle n’est pas représentative de son électorat. Fille d’un colonel d’artillerie dont certaines accointances étaient pétainistes, elle est donc issue d’un milieu favorisé comme le sont la plupart des socialistes. Je ne prétends pas qu’elle eut un père comme Jacques Delors comme ce fut le cas pour Martine Aubry, mais nous sommes donc bien dans les mêmes eaux en ce qui concerne l’appartenance à la hiérarchie sociale. Jacques Delors dont elle devait se sentir proche puisqu’elle signa plusieurs appels émanant de ses clubs.

Milieu gaullo pétainiste catholique et provincial qui nous rappelle immédiatement François Mitterand dont la famille avait les mêmes caractéristiques. Les deux se cartent au parti socialiste lorsqu’il n’ont plus guère le choix, (l’ancien président n’était pas membre lors de la prise de contrôle du parti à la fin du congrès d’Epinay). Elle le fit vers la trentaine ce qui montre un engagement tardif. Les ressemblances en terme de parcours semblent s’arrêter là. Lui, quoique juriste de formation est avant tout un lettré dont les connaissances étaient encyclopédiques et la culture reconnue. En ce qui la concerne, c’est tout à fait différent : licence d’économie, sciences po et ena : savoir sur tout mais très superficiellement. Parcours stéréotypé et devenu presque obligatoire pour celui qui souhaite exercer des responsabilités importantes sachant que l’école formate ses produits en fonction des besoins du moment.

Le parcours politique est assez classique lui aussi : adjointe au maire, puis député et enfin conseillère régionale avant de prendre la présidence en battant Jean Pierre Raffarin au moment où celui ci était en pleine déconfiture politique, ce qui ne fut donc pas une pas une prouesse. Elle a donc, au même titre que les autres bénéficié de la vague rose, conséquence du mécontentement généralisé.

Des présences dans plusieurs ministères mais comme adjointe (on utilise aussi le terme délégué), dans le cadre de l’enseignement ou de la famille. En revanche son seul poste de ministre fut à … l’environnement. C’est aussi le plus ancien : 1992/1993 durant un an environ. Parcours qui la aussi diverge avec celui de François Mitterand qui avait un palmarès autrement plus fourni et qui ne fut pas le seul à être dans le même cas depuis.

On ne peut donc que s’interroger sur l’engouement qu’elle suscite qui contraste avec un parcours des plus moyens qui ne peut expliquer un tel phénomène. J’ai pris acte du sondage la créditant de 57 % de français susceptibles de voter pour elle. Auraient t-ils été 80 % à se dire susceptibles de voter pour Jacques Chirac avant les élections présidentielles de 2002 ? A l’évidence non et c’est pourtant ce qui est arrivé. D’autre part, lorsqu’on est dans la mouvance socialiste on peut recueillir facilement toute la sympathie de la gauche et une partie du centre droit. Retirez donc à la gauche lutte ouvrière et d’autres ultras et ajoutez une partie de l’électorat centriste et vous constaterez que le chiffre de 57 n’a rien de surprenant.

Autre explication, Ségolène Royal ne clame rien. Quel souvenir peut t-on avoir d’elle, y compris au sein de son propre parti ? En cela elle n’est ni Martine Aubry, ni Elisabeth Guigou. Membre du parti socialiste certes mais ne participant pas aux joutes et débats d’idées internes. Il en va de même à l’extérieur : aucune déclaration fracassante aucun conflit à l’assemblée. Elle est pacsée et soutient la cause homosexuelle mais attention, interdit le port du string à l’école. Elle a compris humainement les émeutiers de novembre mais a envisagé dans le même temps le rétablissement du service militaire alors qu’elle sait pertinemment qu’il a été supprimé parce qu’il ne pouvait plus être maintenu.

Les exemples sont multipliables à souhait. Après la pensée unique c’est l’arrivée de la pensée molle et floue.

Elle bénéficie aussi de la féminisation du pouvoir dans les sociétés occidentales. Comme Hillary Clinton aux Etats Unis ainsi qu’Angela Merkel en Allemagne. A la différence près que Ségolène Royal joue de sa féminité, présente son enfant le lendemain de l’accouchement aux photographes et caméras, et bien sur bénéficie d’un physique et d’un sourire qui lui permet d’attirer les sympathies. Ne s’étant pas compromise (il y a bien l’histoire des collaboratrices non rémunérés entrainant condamnation en 1999 avec rejet de l’appel en 2005 mais enfin), on ne retient d’elle rien de rédhibitoire de sorte qu’il ne subsiste que le présent. On écoute alors un femme agréable qui possède d’office la sympathie de la gauche ne serait ce que par opposition à la droite, mais aussi de celle d’une partie de l’autre hémisphère politique, sensible d’une part à certains propos non conformistes que l’on peut trouver à droite ainsi que d’autre part et encore une fois par la féminité.

2007 ? C’est loin. Seuls les trois derniers mois comptent. Il faut savoir ce que jugera bon de choisir le parti socialiste le moment venu. Là concernant, elle a tout intérêt à faire durer le phénomène, tout en prenant de la distance, ce qu’elle a réalisé en se déplaçant au Chili et snobant de facto le dixième anniversaire de François Mitterand dont la mort à l’époque l’avait fait pleurer. Les larmes sèchent. Ainsi sont les hommes, ainsi sont les femmes. En revanche, il lui faut absolument cesser cet engouement médiatique qui va l’user prématurément.

Une chose me semble certaine : rien n’explique politiquement cet engouement. On peut déjà dire que Ségolène Royal incarne parfaitement ce qu’est devenue la politique dans le système actuel : primat du contenant sur le contenu, influence prépondérante des média sur le corps électoral, flou quant aux orientations économiques, politiques aux orientations économiques, politiques et gépolitiques. C’est la « star politic » où l’affectif primaire prime sur le cérébral.



mardi 10 janvier 2006

Mitterrand, dix ans après

Mardi, 10 Janvier 2006
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Mitterrand, dix ans après

Philippe Delbauvre

Politique
Mitterrand, dix ans après
On a été rassemblé en fin de semaine dernière à Jarnac. On pouvait craindre le pis et il est arrivé.

Je n’ai jamais aimé les mariages tout comme les enterrements : on y rencontre souvent un unanimisme qui me donne la nausée. Dans le premier cas, la bonne humeur est une nécessité et dans le second il faut y adopter la mine du même nom. On peut résumer l’ensemble assez facilement : il faut adopter le comportement stéréotypé que l’on attend de vous, même si cela ne vous enchante guère. Et il faut en rajouter. La mariée était épanouie, le marié attendait très délicatement son heure et tous les invités s’amusaient bien.

Je ne sais si à Jarnac il s’agissait d’un mariage ou d’un enterrement. Peut être faut t-il envisager une troisième solution qui serait celle d’un baptême : Il y avait ce dimanche en effet comme un avant goût de célébration, d’intronisation d’un nouveau venu portant les espoirs de demain de la grande vieille qu’est la Sfio. Bien entendu, les ténors du parti socialiste étaient présents, il eût d’ailleurs été offensant et risqué de ne pas y être : les absents ont toujours tort.

En effet, je doute que le dixième anniversaire de la mort du personnage historique que fût François Mitterrand, cause de ce rassemblement, avait pour objet central une simple commémoration. Les têtes étaient ailleurs et je n’apprends rien au lecteur si ce n’est au naïf que ce n’est certainement pas le cœur qui est frappé d’hypertrophie dans ces milieux. A Jarnac les forces maléfiques ont permis ce que l’on ne pensait pas croyable pour un être sain d’esprit : toucher une deuxième fois l’héritage. En cela la coterie assemblée était indécente. Cela n’explique pas le pourquoi du possible.

Un sondage effectué récemment plaçait François Mitterand en tête des présidents de la V ème république. Réjouissances à gauche donc. Pourtant l’analyse donne de tout autres résultats. Il fut lourdement sanctionné et aux législatives de 1986 et à celles de 1993. Dans les deux cas, il y eût déferlante de la droite, atténuée dans le premier par une proportionnelle tardivement et peu honnêtement votée. C’est dès le début de 1982 que les premières élections locales marquent le premières défaites de la gauche. Des faits qu’il fallait rappeler, surtout aux plus jeunes. François Mitterand a été apprécié seulement après sa mort et cela représente donc un échec personnel pour ses deux mandats. Où se trouve donc cette justification de la gloire posthume qui est aujourd’hui la sienne ? Il faut analyser et l’amont et l’aval. Après lui, accède au pouvoir Jacques Chirac qui n’a jamais atteint 20 % des voix à un premier tour d’élection présidentielle, et qui mène une politique économique rejetée par les français sans disposer, à l’évidence du charisme de son prédécesseur. De plus, avec le temps, on a tendance à enjoliver, à oublier les mauvais côtés alors que le chiraquisme est lui, vécu au quotidien. L’échec patent aujourd’hui de l’un renforce la mémoire positive de l’autre même si au vu des résultats, le constat est le même.

Si maintenant on se place avant 1981, on retrouve Valery Giscard D’Estaing qui n’a jamais été apprécié des français : trop technocrate, trop coincé : qui plus est, ses conceptions politico-économiques à la tête de l’Europe en font un Chirac plus libéral. Pour le général de Gaulle, le problème est différent : démographie oblige, toute une partie de l’électorat qui l’a connu est décédée et toute une partie vivante aujourd’hui ne l’a pas connu au pouvoir. Le décès du général remonte à trente cinq ans et en des temps de zapping, cela fait long.

Un autre phénomène entre en ligne de compte : le général de Gaulle n’est plus revendiqué par la droite alors que François Mitterand l’est par la gauche.

Et l’électorat de gauche ne peut se référer qu’à lui et pas un autre. Quand l’on sait enfin que le président socialiste a particulièrement soigné son dernier départ pour mieux préparer son entrée dans l’histoire, on comprend mieux.

Détail amusant, les bonnes années pour les français comme le reconnaissent les spécialistes furent les années Pompidou. Donc, encore une fois les sondages ….

Le constat est donc là, François Mitterand serait aujourd’hui le numéro un. Acceptons la sentence. L’intelligentsia de gauche était présente et chacun y est allé de sa petite phrase. Lionel Jospin a salué le grand homme. C’est ce même personnage qui disait que sur les années Mitterand, il y avait droit d’inventaire. Vous aviez oublié ? J’ai bien fait de le rappeler. Mazarine semble avoir une prédilection pour Laurent Fabius : un soutien ? François Hollande a fait remarquer que premier secrétaire, François Mitterand avait eu du mal à s’imposer. Est ce une façon de justifier ses déboires ou de défendre son épouse attaquée par Michel Rocard, adversaire de toujours de l’ancien président, qui a émis des doutes la concernant et fait clairement l’apologie de Dominique Strauss Kahn ?

Alors bien évidemment ils étaient tous venus pour lui. Vous vous souvenez de ce que je pense de ce type de cérémonie ?



samedi 24 décembre 2005

Sur l'enquête du Figaro

Samedi, 24 Décembre 2005
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Sur l'enquête du Figaro

Philippe Delbauvre

Politique
Sur l'enquête du Figaro
L'enquête publiée par le figaro en date du 7 décembre 2005 prête à sourire, comme je me dois le montrer déontologie oblige. Il s'agit donc d'un « enquête », oeuvre du Cevipof qui n'est autre que le centre de recheche de sciences po, de Paris ou peut être de province tant ces établissements ont fleuri en des délais très brefs. Le résumé de « l'étude » nous permet de comprendre de façon très nuancée quel est l'enjeu:

"les Français issus de l'immigration qui observent l'islam sont plus sexistes et plus antisémites que les autres."

Il s'agit évidemment du titre introductif ou de la conclusion mise avant l'introduction comme l'on voudra. On sait aussi que d'un texte c'est la première phrase que le grand public retient.

On y apprend que pour la première fois (!!!), on s'est intéressé à l'influence de l'Islam sur le populations immigrées, et cela très sérieusement puiqu'il furent ... deux chercheurs à s'y consacrer. Sachant que c'était une première et qu'un climat d'un calme des plus propices en France ces derniers temps poussait à une étude toute sérieuse et toute objective, c'était le moment ou jamais.

La déception vient de l'étude ou de l'enquête: on a interrogé 1003 personnes, ce qui constitue un sondage et rien de plus. Nous sommes dès lors confrontés à des analyses portant sur un simple sondage avec toute la validité que cela peut signifier.

Ces 1003 qui sont majoritairement issus de milieux populaires et qui votent à 63 % à gauche: J'eusse aimé un encadrement par exemple financier de « milieu populaire », du pourcentage de population aux élections et savoir si Arlette Laguillier est comptabilisée à gauche. Cela ne me donnera pas pour autant ce qu'ont pu représenter les différents courants de gauche ni la pratique de la pêche durant les élections.

« Alors que ces nouveaux Français sont plus jeunes, en moyenne plus diplômés et plus à gauche que le reste de la population, ils se montrent plus conservateurs en matière de moeurs. «

Je pense que la phrase est mal structurée.

Dans l'échantillon de faible ampleur, les jeunes sont plus conservateurs là où les autres ne disent plus l'être (phénomène non nouveau).

Diplomés de quoi ? Peut on comparer bep et doctorat dans lles modifications des choix de morale ?

Pour le choix de gauche, on peut attendre un clarification comme exprimé ci dessus.

S'ils condamnent l'homosexualité (pratiquement le double), on peut se poser la question si ce n'est pas la marque de leur jeunesse, comme spécifié plus haut, où l'homosexualité est encore injurieuse. On ne sait d'ailleurs pas ce qu'ils contestent dans l'homosexualité. « Ils sont 43% à approuver des horaires séparés pour les femmes dans les piscines et encore un tiers à exiger la virginité avant le mariage. » Est ce un progrès: ils furent 100 % des paroissiens franco-français à séparer les hommes des femmes dans les églises et la virginité féminine est un phantasme qui résiste bien au temps, toutes origines confondues.

« Le décalage est d'autant plus frappant qu'il s'accroît parmi les jeunes générations. Alors que seulement 3% des Français de 18 à 35 ans donnent des réponses qui les classent comme «conservateurs», ils sont 40% parmi ceux issus de cette immigration. Ce rigorisme, essentiellement porté par les jeunes hommes musulmans, se heurte au désir d'émancipation des femmes de leur âge, beaucoup plus permissives. Ce qui explique les tensions observées ces dernières années. D'autant que les familles musulmanes refusent clairement les mariages exogames pour leurs filles (contrairement aux garçons). «Qu'ils soient immigrés naturalisés, de première génération ou de deuxième génération, l'effet de l'islam sur la tolérance sexuelle ne s'atténue pas», souligne le rapport. «

Là encore se pose un problème de terminologie: qu'est ce qu'un conservateur ? Ne fais t-on pas d'assimilation entre Tradtion (ce qui toujours fut) et conservatisme (je freine tant qu'il m'est possible de le faire). Quid du regard du père sur le beau fils, endogamie ou exogamie ?

La pratique religieuse évolue pourtant au fil du temps. Aujourd'hui, près de 59% des descendants de Turcs, Africains ou Maghrébins se disent musulmans, 13% catholiques, et 20% athées. Seuls 22% des musulmans pratiquent régulièrement – comme dans les autres religions. Mais ce processus de sécularisation cache deux tendances opposées. «D'un côté, certains s'éloignent de la religion de leurs parents, notamment les enfants de couples mixtes, qui adoptent massivement les comportements de l'ensemble des Français, précise Sylvain Brouard, l'un des auteurs. »

Et oui.

« De l'autre, on observe une réislamisation des jeunes qui se montrent les plus pratiquants.» Ainsi 90% des jeunes maghrébins issus de mariage non mixte se déclarent musulmans. La pratique décroît ensuite avec l'âge et le niveau de revenu. En revanche, les études n'influencent pas l'engagement religieux. «

J'avais un jour demander un sociologue des religions ce qu'était un catholique: il m'a répondu que c'était quelqu'un qui se disait catholique.... C'est tout.

Il se déclarent musumans: soit et je suis tout le prêt à le croire malgré le « sondage », mais la pratique .... on attend davantage de renseignements.

« Depuis le regain d'actes antisémites au tournant des années 2000, (Carpentras ??? ) les sociologues expliquaient la forte implication de jeunes issus de l'immigration par leur antisionisme, l'identification aux Palestiniens, ou encore la jalousie sociale. «Nous avons été étonnés de constater que c'est avant tout la pratique religieuse musulmane qui conditionne les préjugés antisémites», explique Vincent Tiberj, auteur du rapport. Ainsi, 46% des musulmans pratiquants de l'échantillon manifestent des sentiments antisémites, tandis 28% s'en montrent exempts (voir infographie). «

Sue les 1003 sélectionnés, combien de pratiquants ? Messés ou Messialisants si j'ose écrire ainsi ? Les jeunes sont compris ou non dans les pratiquants et à quelle hauteur ?

« Un antijudaïsme religieux »

On peut emetttre le fait que c'est un facteur, de la à énoncer « antijudaisme religieux »

Chez les musulmans non pratiquants, ils ne sont plus que 30% à exprimer des préjugés antijuifs. Ce sentiment diffère des autres racismes, insiste le chercheur. Il n'est pas la simple expression d'un ethnocentrisme, puisque 80% des pratiquants expriment une opinion positive sur la religion chrétienne. De plus, cet antisémitisme persiste en partie chez les plus éduqués et chez les jeunes.

Cela fait 20 % des pratiquants dont l'attitude à l'égard du christiannisme n'est pas « positive »

Il eût été intéressant de savoir ce qu'est un prèjugé anti juif: cela peut prendre de nombreuses formes.

« Encore 37% des bac+ 2 et 20% des universitaires manifestent de l'hostilité aux juifs. «Les préjugés antijuifs ne sont pas un épiphénomène parmi ces Français issus de l'immigration», observe Vincent Tiberj. Cependant, l'antisémitisme est loin d'être l'apanage des banlieues. Parmi les Français, encore 18% pensent que les juifs ont trop de pouvoir. En mettant en lumière les points d'achoppement entre une certaine pratique de l'islam et la République, l'étude balise le chemin de l'intégration. »

Puisque l'on en est à comparer les dipolomes, on constate un décrue d'antisémitisme ave l'augmentation du nouveau intellectuel. N'eut til pas été judicieux de faire une comparaison avec les français d'origine à niveau comparable. Quel est le niveau des 18 % ?

notes

* Français comme les autres ? Enquête réalisée sur les citoyens d'origine maghrébine, africaine et turque. Presses de Sciences-po. Echantillon de 1 003 personnes qui ont au moins un parent ou grand-parent de nationalité turque, algérienne, marocaine, et autres pays d'Afrique.

lefigaro.fr

dimanche 18 décembre 2005

Les multinationales polluent et les peuples trinquent !

Dimanche, 18 Décembre 2005
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Les multinationales polluent et les peuples trinquent !

Philippe Delbauvre
Étranger
Les multinationales polluent et les peuples trinquent !
Deux scientifiques canadiens ont jugé utile de lancer un cri d'alarme au sujet du réchauffement climatique qui nous touche tous et qui pourrait à long terme nous être fatal. L'appartenance nationale d'Hubert Reeves et de David Suzuki explique cette prise de position courageuse à l'encontre de leur propre gouvernement qui ne respecterait l'engagement pris lors du sommet de Rio en 1992 et confirmé en 1997 en conclusion de celui de Kyoto. C'est la une démarche sympathique qui devrait être imité par les scientifiques du monde entier. Pour autant et par extrapollation, ce sont tous les pays qui ont signé qui sont parjures et le plus pollueur de la planète, à savoir les états unis, qui n' a pas signé. Le gaz à effet de serre ici visé s'il n'est pas la moindre des calamités ne doit pas faire oublier tout ce qui nuit au juste équilibre naturel et à la préservation de la planète. Il est peut être temps d'effectuer un état des lieux pour comprendre l'ampleur de la catastrophe.

- L'air que nous respirons comme en témoigne une étude américaine sérieuse puisque s'étalant sur 16 ans et portant sur 500 000 personnes montrent qu'il est porteur de particules fines issues des centrales thermiques des usines et des moteurs diesel.

Elles ont pour conséquence une augmentation du risque du cancer du poumon.

A titre d'exemple ces particules occasionneraient 30 000 morts par an aux états unis.

Il faut savoir que la mer « accueille » chaque année 6 000 000 tonnes d'hydrocarbures soit 300 naufrages similaires à celui d'Erika, c'est à dire pratiquement un par jour.

Les multinationales des pays riches peuvent polluer en toute impunité, ainsi:

Aux Etats Unis on peut pointer du doigt DOW Chemicals. On peut rappeler la catastrophe de Bhopal en Inde en décembre 1984. Le bilan est de 25 000 morts et de 150 000 handicapés, le tout suite à l'échappement de pesticides. L'eau des puits étant contaminée, on continue encore aujourd'hui d'en souffrir et d'en mourir. Les habitants n'ont jamais été indemnisés.

Au Japon la palme revient à EBARA : rejet dans les rivières de substances nocives. Cette fabrique d'incinérateurs est aussi fabriquant de dioxynes dont on connait les conséquences cancérigènes. Les incinérateurs augmentent également la mortalité infantile. Aucune sanction.

Au Canada justement, qui ne connait pas MONSANTO responsable d'une pollution génétique irréversible en développant le Colza génétiquement modifié qui se répercuta sur les cultures saines. L'opération simplement effectuée afin que ces ogm puissent résister à l'herbicide Monsanto. Aucune sanction.

Au Royaume Uni c'est ICI qui est un géant de la chimie qui se caractérise par l'enfouissement de pesticide à l'étranger comme ce fut le cas pour l'Argentine. Dépollution obligatoire mais non effectuée.

En Italie c'est le complexe pétrochimique Montedison / EniChem qui pollue la lagune de Venise et dont 116 travailleurs sont morts et 257 malades. Indemnisation des victimes mais poursuite de la polution.

En Allemagne c'est BAYER que tout le monde connait et qui fait des désastres dans l'écosystème.

En France, TOTAL qui fait des campagnes publicitaires bien sympathiques est associé à des noms lugubre comme La Mède, l'Erika, AZF...c'est la première entreprise française et le quatrième pétrolier mondial.

En Russie, c'est MINATOM : spécialiste du nucléaire.Tchernobyl fut administrée par Minatom. Bilan : plusieurs dizaines de milliers de morts. La plus grande catastrophe industrielle de tous les temps...

Bien sur, cette liste n'est pas exaustive mais elle a le mérite de montrer l'ampleur des dégâts. De la puissance des entreprises capables de faire plier les états. La libéralisation est le fait de leur donner davantage de pouvoir encore. Evitons ça !