La chronique de Philippe Randa
Le
Brexit devait immanquablement précipiter la Grande-Bretagne dans le
chaos ; ne nous l’a-t-on dit et répété, des mois durant, n’est-ce pas ?
Quel média européen d’importance n’a-t-il pas sonné le tocsin pour nous
persuader que si nos voisins d’Outre-manche quittaient l’Union
européenne, on allait voir ce qu’on allait voir…
Si
les Anglais ne sont pas encore physiquement sortis de l’Europe – ça
prend quelque temps, tout de même ! – le sort en est désormais jeté et
je me demandais quelle nation en déshérence j’allais découvrir le
week-end dernier.
Si
péril en la demeure il y a, il est en tout cas bien caché… et les
autochtones n’ont toujours rien perdu de leur flegme légendaire.
Je
m’y rendais pour la première fois – mieux vaut tard que jamais ! – et
ce n’est pas désarroi et misère que j’ai trouvés, mais… propreté !
Ça
fait sourire ? Peut-être… Toutefois, arrivant du Paris d’Anne Hidalgo,
la différence est frappante : non seulement les rues de Londres sont
propres, les façades des bâtiments impeccablement entretenues, mais les
panneaux publicitaires y sont particulièrement… discrets !
Ce
qui m’a aussi surpris ? Les écureuils de Hyde Park, bien sûr… qui
évoluent en toute tranquillité au milieu des promeneurs, tous plus
quémandeurs de friandises les uns que les autres… Pourquoi ai-je pensé
qu’en France, avec une certaine faune pourtant qualifiée d’humaine, la
chose ne serait guère envisageable ?
J’ai
donc cherché les signes avant-coureurs des malheurs post-Brexit… en
vain ! Ce que m’a confirmé le chauffeur Uber qui me reconduisit lundi
matin à la gare St Pancras prendre l’Eurostar… D’après lui, il n’y
aurait que les continentaux pour imaginer cela.
« Pas tous ! », ai-je corrigé.
