En cette rentrée 2018, Emmanuel Macron a perdu tous ses masques
flatteurs – et menteurs – pour redevenir ce qu’il était : un énarque
socialiste recruté par … François Hollande.
Qui l’eût cru ? Ces deux noms – Macron, Hollande – associés, non pas
dans une opposition, une succession, une dialectique de l’ancien et du
nouveau, du mou et du ferme, de la bonhomie bête et de l’élégance
conquérante, mais dans une identité, une correspondance, une même
trajectoire…
C’est pourtant ce qui ressort du dernier sondage
mensuel BVA-Orange pour RTL et La Tribune effectué les 29 et 30 août
derniers: Emmanuel Macron est tombé à 34 % de bonnes opinions. Une chute
de cinq points en un mois. Désormais, 66 % des Français ne font pas
confiance au chef de l’Etat, élu, rappelons-le, il y a un an, avec 66 %
des suffrages exprimés. Sacré renversement.
Cette chute n’étonnera personne, tant l’été fut mauvais pour le
Président, les affaires s’ajoutant aux mauvais résultats économiques, le
tout sur fond de communication présidentielle au mieux maladroite et
décalée, au pire arrogante. Et le sondage ayant été réalisé après la
démission-choc de Nicolas Hulot, il n’est pas surprenant que ce soit
parmi les électeurs EELV que la chute soit la plus spectaculaire : -17 %
en un mois ! Ce qui est inquiétant pour le président, à la base
électorale fragile et composite, c’est que cet électorat constituait son
socle sociologique : une gauche moderne, verte, urbaine, bobo. On
comprend aussi qu’il essaie de la rattraper par la manche en tentant de
remplacer Nicolas Hulot par Daniel Cohn-Bendit. Recruter cette icône lui
permettrait aussi de satisfaire ceux de ses partisans qui considéraient
que la barque du macronisme, avec Edouard Philippe, certaines mesures
libérales et une certaine fermeté régalienne penchaient trop à droite.
Cinquante ans après Mai 68, la nomination de Dany serait un symbole même
si le bénéfice de l’opération n’est guère assuré.
Par ailleurs, Emmanuel Macron recule dans toutes les autres catégories :
– 6 chez les électeurs LR et même – 11 chez ceux du RN ! C’est dire
qu’il ne reste plus grand monde dans cet électorat (9 % !) pour soutenir
Emmanuel Macron. Et là, ce n’est plus Benalla ou Hulot qui expliquent
cette clarification, c’est la saga de l’Aquarius, qui a montré que la
fermeté migratoire du président n’était que du vent.
Mais ce qui a donc retenu l’attention de tous, avec ce nouveau record
d’impopularité d’Emmanuel Macron, c’est qu’il s’approche du niveau de
François Hollande (32 %) au même moment de son quinquennat. Certes,
jusqu’à maintenant, les « retours » de François Hollande fonctionnaient
opportunément comme des faire-valoir pour Emmanuel Macron : « D’accord,
ça ne va pas, mais à côté de l’autre, y a pas photo ! » Tel était le
raisonnement, plus ou moins conscient, de l’opinion. François Hollande
agissait comme un vaccin stimulant un anti-corps nommé Macron. Mais le
vaccin n’agit plus. Les critiques de Hollande, au lieu de rehausser la
popularité du président, contribuent même à l’enfoncer. Et cette
rentrée, par bien des aspects, nous montre un Macron hollandisé : retour
d’Agnès Saal nommée par une Françoise Nyssen elle-même controversée,
nouveaux cafouillages sur l’impôt à la source, une réforme héritée de
Hollande, impression d’amateurisme généralisé autant dans le choix des
ministres que dans les mesures économiques décidées pour boucler le
budget. Une impression de déjà vu. Sous Hollande.
Lire aussi: Popularité: Macron et Philippe s'écroulent
En cette rentrée 2018, Emmanuel Macron a perdu tous ses masques
flatteurs – et menteurs – pour redevenir ce qu’il était : un énarque
socialiste recruté par … François Hollande.
Frédéric Sirgant pour bvoltaire.fr
