La christianophobie va bon train. Au rythme où les statues sont
presque autant décapitées que les hommes, où les croix sont sciées, où
les églises sont démolies comme ce mois-ci à Aslan, ou incendiées,
l’Europe sera déchristianisée.
Enfin, pas avant quelques années quand même, en tout cas, tant que nous
veillerons au grain et si les journalistes sont un peu plus dynamiques
pour dénoncer cette vague antichrétienne.
Car, effectivement, si le couteau semble avoir, dans nos rues, un bel
avenir, les scies ou les allumettes sont devenues les accessoires
préférés de ceux qui ont décidé que le Christ et sa mère Marie ne
méritaient qu’une bonne raclée.
Pour tout savoir sur ces actes, ne comptez pas sur un ministère
quelconque, sur vos députés, ni sur les médias parlés, télévisés ou
imprimés. Mais sur les réseaux qui sont, bien sûr, des réseaux de
désinformation selon nos gouvernants, dont le premier d’entre eux.
Pourtant, sans ces réseaux, sans un certain nombre de sites et de blogs,
vous apprendriez peu puisque, quelle que soit la chaîne que vous
regardez, les informations sont réduites au minimum et toujours
présentées via les dépêches de l’AFP, dont plus personne n’ignore la
tendance politique et la soumission à ceux qui ont le pouvoir.
Lire aussi: France : au 1er semestre 2018 augmentation de 12,5% des actes anti-chrétiens. Tout le monde s’en fout
Le mois d’août a été particulièrement chargé, en France. Mais pas
seulement, puisqu’il y a quelques jours, en Allemagne, des « jeunes »
ont scié une croix et détaché le Christ pour lui briser les membres, lui
écraser la tête et réduire ainsi la religion catholique à un tas de
débris. Et à Mayence, c’est un très beau calvaire qui a vu son Christ
coupé en deux. Sur notre sol, ce furent deux croix qui ont été abattues
et précipitées dans le vide d’une vallée des Pyrénées. À Noirmoutier,
sans doute un déséquilibré, enfin, plusieurs, vu la hauteur de 3,50 m de
la statue, ont décapité la Vierge Marie et son fils, dont les têtes
n’ont pas été retrouvées.
L’Observatoire de la christianophobie, dont je recommande à tous la
lecture, nous apprend que la basilique du Bois-Chenu de
Domrémy-la-Pucelle a été vandalisée en début d’année. Quatre départs de
feu ont été signalés dans l’église Saint-Pierre de Neuilly. Oui, à
Neuilly, dans cette église où se marie le gotha, aux portes de la
capitale. C’était le 5 août, dans un silence assourdissant.
Daniel Hamiche nous rappelle aussi que des églises ont été incendiées en
partie ou entièrement détruites, à Béthune, à Plapeville (en Moselle), à
Revel (en Haute-Garonne), à Lyon, à Saint-Étienne. À
Villeneuve-sur-Lot, à Naintré. Bref, la liste s’allonge aussi vite que
le temps qui passe. Il y a aussi les vols, mais rien d’exceptionnel à
cela : les cambrioleurs ont toujours ciblé les églises comme des lieux
cachant des trésors.
Non, il semblerait que tous ces actes, dont d’ailleurs très peu voient
leurs auteurs arrêtés, aient une cause religieuse. Personne n’est visé,
bien entendu, mais comprenne qui voudra. C’est comme notre Président qui
accuse sans accuser tout en accusant une religion, en particulier, qui
ne sait pas toujours s’adapter aux lois de la République.
Imaginez une seule seconde que des mosquées ou des synagogues soient la
cible d’actes de malveillance. Vous auriez à la même première minute du
20 heures, sur toutes les chaînes, des réactions outragées (et avec
raison) du gouvernement, des journalistes, des communautés visées.
Ici, rien… Jeanne d’Arc attaquée dans son fief : enfin, quand même, c’était une info, non ?
Eh bien, non. Le Christ n’a pas achevé son chemin de croix.
Floris de Bonneville, journaliste, pour bvoltaire.fr