Des images de vidéosurveillance montrant Alexandre Benalla le 1er mai
et censées être exclusivement détenues par les autorités se sont
retrouvées publiées par des comptes Twitter anonymes de soutiens du
président Emmanuel Macron.
Comme chacun sait, l'équipe d'Emmanuel Macron a déployé une véritable
«armée numérique» de militants macronistes durant la campagne
présidentielle. Mais ce dont on se doute moins, c'est que cette équipe
est toujours aussi virulente et se déploie sur les réseaux sociaux sur
les instructions directes de personnes proches de l'exécutif.
Ces petites mains très utiles se sont notamment illustrées dans l'affaire Benalla. L’hebdomadaire Marianne a mené l'enquête sur ces liens entre le pouvoir et ces mystérieux internautes.
Le 19 juillet dernier, le profil Twitter de @TedLunique et
quelques uns de ses comparses, comme lui fans d'Emmanuel Macron, ont
diffusé sur Twitter des images de la vidéosurveillance de la place de la
Contrescarpe du 1er mai, théâtre de l'interpellation musclée opérée par
Alexandre Benalla.
Pour TedLunique, ces images permettaient de mettre en cause la probité
de l'homme vivement empoigné par Alexandre Benalla : «Donc voilà notre
pov victime "agressée" par Benalla, venu spécialement de Grèce (à la
demande de LFI ?) pour casser du flic et du passant, qui ravage une
terrasse de restaurant et qui a disparu depuis deux mois.»
Seul hic, selon Marianne,
les clichés diffusés par TedLunique appartiennent à la Préfecture de
police et ils auraient dû être détruits à la fin du mois de mai. De
plus, l'Elysée était en possession de cette vidéo depuis le soir du 18
juillet, par le biais d'Ismaël Emelien, le conseiller en communication
d'Emmanuel Macron. Le parquet de Paris a d'ailleurs élargi l'enquête sur
l'affaire Benalla aux faits de «recel de détournement d'images issues
d'un système de vidéoprotection». TedLunique a depuis restreint
drastiquement l'accès à son compte Twitter, désormais ouvert à ses seuls
«amis» alors qu'auparavant, il passait de nombreuses heures à débattre
avec des adversaires politiques sur les réseaux sociaux. Une gêne
peut-être?
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