L’Offfice fédéral allemand pour la
protection de la Constitution ( BfV) vient de sortir son rapport annuel.
Il lance un cri d’alarme sur les islamistes-salafistes présents en
Allemagne où il rappelle que la violence, pour les salafistes, est
constitutive de l’islam, violence destinée à imposer à toute la
population l’islam.
-radicalisation des migrants
-hausse de l’antisémitisme
-plus de 25000 salafistes présents dont 2000 présentent un danger immédiat
-tous les djihadistes ont été en contact des salafistes…
Après la présentation du rapport BfV, le
ministre de l’Intérieur Horst Seehofer a exigé que le gouvernement
accélère les expulsions d’islamistes. « NOUS N’AVONS PLUS DE CONTROLE
NULLE PART », a-t-il conclu……
POUR LA FRANCE, IL FAUT MULTIPLIER PAR 10 A MINIMA….
Allemagne: les Salafistes Montent en Puissance
par Soeren Kern
Traduction du texte original: Germany: Rise of the Salafists
« Les salafistes se considèrent comme
les défenseurs d’un islam des origines, inaltéré … Les salafistes
prônent une « théocratie » en accord avec leur interprétation des règles
de la charia, une théocratie ou l’ordre démocratique libéral ne
s’applique plus. » – Rapport annuel de l’Office fédéral allemand pour la
protection de la Constitution (BfV).
« Sous couvert d’aide humanitaire, les islamistes ont réussi à radicaliser les migrants.
Dès le début, les salafistes ont tenté de s’approcher au plus près des
migrants. Ils ont visité les centres d’accueil pour réfugiés et ont
offert leur aide. Ils n’ont pas ciblé seulement les adultes, mais aussi
les adolescents non accompagnés, particulièrement vulnérables aux
activités missionnaires salafistes en raison de leur situation et de
leur âge. » – Rapport annuel de l’Office fédéral allemand pour la
protection de la Constitution (BfV).
Le
rapport BfV établit un lien direct entre la hausse de l’antisémitisme
en Allemagne et la montée en puissance des mouvements islamistes dans le
pays : « L’image du judaïsme ennemi constitue un pilier central
de la propagande de tous les groupes islamistes … Ce qui représente un
défi important pour la coexistence pacifique et la tolérance en
Allemagne. »
Le nombre de salafistes a doublé en
Allemagne au cours des cinq dernières années. Selon l’agence de
renseignement allemande BfV, les salafistes ont passé pour la première
fois la barre des 10 000. BfV estime que l’Allemagne abrite plus de 25 000 islamistes, dont près de 2 000 représentent une menace immédiate.
Les derniers chiffres du rapport annuel de l’Office fédéral pour la protection de la Constitution (Bundesamt für Verfassungsschutz, BfV),
ont été présentés par le ministre de l’Intérieur Horst Seehofer et le
président du BfV Hans-Georg Maaßen, à Berlin, le 24 juillet.
Le rapport, considéré comme l’état des
lieux le plus important de la situation sécuritaire de l’Allemagne
dresse un tableau pour le moins très sombre. Le BfV estime que le nombre
d’islamistes en Allemagne est passé de 24.425 en 2016 à 25.810 à fin
2017.
Curieusement, aucune estimation du nombre de partisans de l’État
islamique ou d’Al-Qaïda vivant en Allemagne n’apparaît dans le rapport.
Il n’est donc pas interdit de penser que le nombre réel d’islamistes en
Allemagne dépasse les 25.810 annoncés.
Selon le rapport, les salafistes constituent le groupe islamiste le
plus important en Allemagne. L’Allemagne comptait 10 800 salafistes en
2017, contre 9 700 en 2016 ; 8 350 en 2015 ; 7 000 en 2014 ; 5 500 en
2013 et 4 500 en 2012.Le rapport BfV indique :
« Les salafistes veulent restaurer un
islam des origines, inaltéré. Leurs pratiques religieuses et leur style
de vie s’appuient sur les principes du Coran, la vie du prophète Mahomet
et les trois premières générations de musulmans, les ancêtres
soi-disant justes (Al-Salaf al- Salih en arabe). Les salafistes
militent pour une « théocratie » qui correspond à leur interprétation
des règles de la charia ; une théocratie qui abolit l’ordre démocratique
libéral.
« Les salafistes politiques et les djihadistes partagent la même
idéologie et poursuivent le même but : l’instauration d’une « théocratie
salafiste ». Seules leurs méthodes diffèrent. Les salafistes politiques
répandent leur idéologie islamiste à travers une intense activité de
propagande – qu’ils décrivent comme « travail missionnaire » (Dawa) -. Leur but est de transformer la société sur le long terme en y imposant progressivement leurs normes salafistes.
« Nombre de salafistes politiques se
positionnent contre le terrorisme, vantent le caractère pacifique de
l’islam et rejettent les appels à la violence. Ce salafisme politique
entretient néanmoins un rapport ambigu à la violence et n’exclut pas un
recours inspiré à la violence.
« Les salafistes politiques se livrent à
un travail d’interprétation de l’islam. Leur usage sélectif des
classiques de la littérature juridique islamique les amène à ne
considérer que les passages ou la violence est jugée nécessaire dans le
rapport aux non-musulmans. Les
salafistes croient que l’islam est une revendication universelle qui
peut et doit être imposée si nécessaire, compte tenu de la supériorité
du salut divin islamique pour toute l’humanité. Cette affirmation
fondamentale de la violence est intrinsèque à l’idéologie salafiste.
« Les deux courants salafistes ont des
points de vue différents, mais qui se concilient facilement, sur les
conditions d’usage de la violence. Ce qui explique pourquoi le passage
du salafisme politique au salafisme djihadiste demeure fluide »
Le rapport BfV indique
que les salafistes ont concentré leurs efforts de propagande et de
recrutement sur les migrants qui ont cherché refuge en Allemagne :
« Sous couvert d’aide humanitaire, les
islamistes ont réussi à radicaliser les migrants. Très tôt, les
salafistes sont entrés en contact direct avec les migrants. Ils ont
visité les centres d’accueil pour réfugiés et ont offert leur aide. Ils
n’ont pas seulement ciblé les adultes, mais aussi les adolescents non
accompagnés, qui, en raison de leur situation et de leur âge, étaient
particulièrement vulnérables aux activités missionnaires salafistes. »
« Les salafistes qui minorent leurs
activités de propagande sous les termes de « prosélytisme » ou d ‘«
invitation à l’islam »- en vérité, il s’agit d’un endoctrinement
systématique qui peut mener à la radicalisation – rencontrent un vif
succès : le salafisme est la tendance islamiste qui croit le plus
rapidement en Allemagne.
« Le salafisme est le principal agent
recruteur du djihad. Presque sans exception, toutes les personnes en
lien avec l’Allemagne qui ont rejoint le djihad ont été en contact avec
le courant salafiste. »
« Au sein du courant salafiste allemand,
les recrues d’origine nord-caucasienne – originaires de la République
de Tchétchénie – ont pris de l’importance, notamment dans les Etats
fédéraux d’Allemagne de l’Est et du Nord ainsi qu’en Rhénanie du
Nord-Westphalie.
« Le courant islamiste du Caucase du
Nord se caractérise par des réseaux tentaculaires à l’échelle européenne
et très cloisonnés vis-à-vis de l’extérieur. Le lien personnel qui
permet la jonction entre la religion et la structure clanique
traditionnelle est un facteur essentiel de radicalisation. L’islamiste
du Caucase du Nord a rejoint les groupes djihadistes du Moyen-Orient en
raison des « succès » des combattants du Caucase du Nord en Syrie ou en
Irak.
Le rapport BfV établit un lien direct entre l’augmentation de l’antisémitisme en Allemagne et la montée des mouvements islamistes en Allemagne :
« La propagande islamiste combine
souvent des motivations religieuses, territoriales et/ou
politico-nationales avec une vision du monde antisémite. Le « judaïsme
ennemi » est au cœur de la propagande de tous les groupes islamistes ….
« Le BfV a fait état d’un grand nombre
d’incidents antisémites en 2017. Le spectre de ces incidents va des
banderoles anti-israéliennes dans des manifestations publiques aux
attaques physiques contre des juifs en passant par des sermons
antisémites, des posts antisémites sur les réseaux sociaux et diverses
attaques verbales contre les Juifs.
« Selon le BfV, tous les groupes
islamistes actifs en Allemagne diffusent et nourrissent des idées
antisémites. Ce qui représente un défi important pour la coexistence
pacifique et la tolérance en Allemagne ».
Selon le BfV, le deuxième plus grand
mouvement islamiste d’Allemagne est le Millî Görüş turc («Vision
nationale»), qui compte environ 10 000 membres dans le pays. Le
mouvement s’oppose vivement à l’intégration des musulmans dans la société européenne:
« Le mouvement ne conçoit un ordre
politique « juste » que s’il est fondé sur la « révélation divine » ; et
cette révélation rend « vains » les systèmes politiques conçus par les
humains. A l’heure actuelle, une civilisation occidentale « vaine »
fonderait sa domination par la violence, l’injustice et l’exploitation
des plus faibles. Cette « vanité » politique de « règles humaines
arbitraires » doit être remplacée par un « ordre juste » basé
exclusivement sur les principes islamiques. Tous les musulmans doivent
contribuer à la réalisation d’un « ordre juste ». Par conséquent, les
musulmans doivent revenir à une vision (Görüş) du monde tout à la fois
nationale/religieuse (« Milli »), un « Milli Görüş ». »
Outre les salafistes et Millî Görüş, le BfV estime que l’Allemagne compte aujourd’hui 1 040 Frères musulmans, 950 membres du Hezbollah et 320 membres du Hamas.
Après la présentation du rapport BfV, le ministre de l’Intérieur Horst Seehofer a exigé que le gouvernement accélère les expulsions d’islamistes. « Nous n’avons plus rien sous contrôle nulle part », a-t-il conclu .
Soeren Kern est Senior Fellow de l’Institut Gatestone de New York.