La montée de la violence n’est due qu’au laxisme des juges et aux sempiternelles excuses des politiques.
Il a longtemps été reproché à la droite et plus encore au FN de vouloir
surfer sur des faits divers pour grimper dans les sondages. La victoire
de Jacques Chirac en 2002 n’aurait été qu’une vaste et victorieuse
campagne de propagande visant à faire croire que l’insécurité est le
problème numéro un en France. 16 ans plus tard, le problème a largement
empiré et ceux qui ont encore la chance de pouvoir se rendre au travail
le matin, ne savent pas s’il vont tomber sur un énergumène agressif prêt
à planter le premier venu.
Il ne fait pas bon prendre le bus à Paris. En l’espace de deux jours, on
déplore un mort et une oreille arrachée dans une rixe. Mercredi, vers
sept heures du matin, un passager s’émeut de l’arrivée d’une petite
frappe avec son vélo à l’intérieur du bus. Une réflexion qui lui vaudra
une condamnation à mort. Le cycliste qui avait certainement trop mal aux
jambes se saisit d’un couteau et l’enfonce dans la carotide du
passager. Mort sur le coup, le malheureux ne verra même pas son assassin
être arrêté par les forces de l’ordre. L’assassin court toujours et
s’il est finalement appréhendé, combien d’années passera-t-il à l’ombre ?
La justice française a fait la preuve de sa clémence envers les
coupables et de son désintérêt pour les victimes et leurs familles.
Détourner les yeux pour survivre ?
Cette tragédie aurait du rester le point noir de l’été dans les bus de
la RATP, mais il faut croire qu’une fois le maquillage politique en
vacances, seule la terrible réalité reste. Le lendemain, aujourd’hui
donc, c’est une rixe entre deux SDF qui dégénère dans un autre bus de la
RATP. Il est six heures du matin, les esprits s’échauffent et un des
lutteurs se voit administré à l’hôpital pour une oreille arrachée (et
pas retrouvée). Entre les SDF bagarreurs et les petites frappes au coup
de couteau facile et mortel, les Franciliens savent à quoi s’en tenir.
Le règne de la peur est bon pour perdurer. N’ayant pas les moyens de se
payer un Benalla dans chaque bus en circulation, la RATP est prise au
piège d’une montée de la violence qui n’est due qu’au laxisme des juges
et aux sempiternelles excuses des politiques. Pourquoi ne pas faire
régner sa propre loi individuelle puisque celle de l’Etat est si faible ?
La démission des pouvoirs publics est gravissime, et les morts
innocentes n’y changeront rien. On perd la vie dans un bus à Paris comme
on la perd à la sortie d’une boîte de nuit à Grenoble en voulant
protéger un couple d’amis agressé par une autre petite frappe.
La mort d’Adrien, le jeune homme qui a osé s’interposer pour que la
force haineuse et la bêtise ne triomphent pas, ne servira
malheureusement à rien. Les « chances pour la France » continueront de
faire régner la terreur et une ville comme Grenoble s’enfonce
inexorablement dans la violence et la déchéance. Dans la même ville,
hier soir, c’est un individu connu des services de police qui a été la
victime d’un règlement de comptes. Vivant, mais amoché, il est pris en
charge par l’Etat avant qu’il sorte de nouveau écumer les rues
grenobloises.
La violence et l’insécurité sont plus que jamais des fléaux dans une
société française qui se refuse à condamner les coupables et à protéger
les victimes. Il n’est pas étonnant de voir se multiplier les cas de
vols et de viols devant témoins sans que personne ne s’interpose. Cette
descente aux enfers est un autre signe de la dégénérescence de toute une
nation. Le dire n’est pas admis, car avant de se prendre un coup de
couteau, il est bon de vivre dans le déni. C’est tout du moins ce
qu’impose nos élites. Alors vivons dans le déni et prions pour ne pas
être la prochaine cible…
Source: 24heuresactu.com