Macron, au lieu de se contenter de sa piscine de Brégançon, s’est
donc offert un bain de foule au pied du fort. Jupiter tombé de l’Olympe
s’est soumis au plaisir des badauds désireux de montrer à leurs amis,
lors de leur retour de vacances, qu’ils avaient séjourné à proximité de
l’Olympe. De la curiosité saupoudrée de vanité. Rien à voir avec
l’enthousiasme et l’adhésion. Le Président a rencontré récemment Thérésa
May dans l’espace clos du fort de Brégançon. Il aurait du, au
contraire, saisir l’occasion de la visite en France du Premier Ministre
britannique, aux côtés du Prince William, en vue de commémorer la
bataille d’Amiens. Celle-ci a été l’amorce de la victoire définitive de
1918. C’est en lien avec cette commémoration qu’il aurait du organiser
l’entrevue avec le Premier Ministre de sa Majesté. Les deux rivales
historiques devenues alliées victorieuses, et aujourd’hui toujours les
premières puissances militaires européennes dressaient des perspectives
plus vastes que les arcanes du Brexit. Cela n’aurait pas manqué d’allure
! Au lieu de cela, il a préféré la recevoir dans son château méridional
et éviter la cérémonie mémorielle. L’affaire Benalla a rapetissé la
communication présidentielle à la dimension d’un verre d’eau pas très
propre et ramené à sa juste mesure un personnage monté trop vite en
graine, sans avoir fait ses preuves. Ministre sans avoir affronté la
moindre élection, il a été élu Président par défaut. Il prétendait
changer le système alors qu’il en est le parfait produit. Arrivisme
forcené, réseau de connivences de l’énarchie et des affaires, pas le
moindre exercice d’une responsabilité locale, mais le sentiment de la
toute-puissance de ceux qui sévissent dans les cabinets du pouvoir : les
Français ne pouvaient plus mal choisir ! Macron a joué la hauteur, mais
en manquant d’épaisseur. Et son réseau d’amis choisis dans l’énarchie
socialiste laisse apparaître des failles, celles d’une France d’en-Haut
où l’argent a remplacé le devoir de servir. C’est ainsi qu’Alexis
Kohler, le Secrétaire Général de l’Elysée avait oublié de préciser ses
liens familiaux avec les propriétaires de l’armateur italo-suisse MSC
lorsqu’il représentait à partir de 2010 l’Etat au Conseil
d’Administration des Chantiers navals STX France dont ils étaient de
gros clients. De même, par distraction sans doute, il avait également
omis de mentionner cette parenté lorsqu’il était membre du Conseil de
surveillance du Port du Havre, la ville dont le maire était Edouard
Philippe. Cette fois, il représentait l’Agence des Participations de
l’Etat et avait approuvé les contrats entre MSC et le Port en votant,
contre l’avis du Commissaire du Gouvernement, l’accroissement du rôle de
la société dans les travaux d’extension. Le conflit d’intérêt est donc
soupçonné. L’association Anticor a déposé deux plaintes pour « prise
illégale d’intérêts », et « trafic d’influence ». Le Parquet National
Financier, beaucoup moins pressé que pour Fillon, épluche le dossier. Le
fait que MSC a recruté le brillant Kohler comme directeur financier en
2016 après un blocage de 2 ans de la Commission de déontologie est loin
d’éteindre la suspicion.
Les parrains politiques du Président, Jouyet et Attali, ont beaucoup
fait pour celui qu’ils avaient choisi pour l’imposer aux Français afin
de contrer le réveil populaire, populiste, comme ils disent… La ligne
était claire. Elle consistait à réduire la politique à l’économie et à
évacuer les questions sécuritaires et identitaires qui retardent la
dissolution de la France dans la cuve européenne et la piscine
mondialiste. L’échec est patent sur les deux fronts. Les résultats
économiques se font attendre. Le léger frémissement ressenti dans la
vague de l’embellie mondiale s’atténue déjà. Il aura permis de passer
sous la barre des 3% du déficit budgétaire. Il n’aura ni diminué le
chômage de masse, ni la dette, ni la pression fiscale, sauf pour les
très riches. La relance tardive de la consommation à l’automne grâce
notamment au transfert de cotisations salariales sur la CSG et de la
suppression progressive de la taxe d’habitation aura lieu dans un
contexte moins porteur qu’en 2017. Elle ne pourra qu’accentuer le
déficit du commerce extérieur. Au premier semestre, il atteignait 33,4
milliards d’Euros, contre 29,6 au semestre précédent. La France n’a pas
amélioré sa compétitivité. En choisissant la CSG et non la TVA comme le
préconisait Fillon, Macron a engagé une politique économique
contradictoire qui accumule les expédients présentés comme des réformes
structurelles.
En même temps, la première mission de l’Etat n’est pas remplie. La sécurité des Français n’est pas assurée. Derrière le voile du terrorisme, et de manière plus grave, peut-être, c’est la violence quotidienne qui monte dans une société qui perd ses repères parce qu’elle perd son identité. Adrien, Diego, Grégory, Marin… on ne compte plus les jeunes victimes de petites frappes qui n’ont pas supporté un regard, le refus d’une cigarette, ou simplement la volonté de s’interposer lors d’une altercation ou d’une agression… Les meurtriers présumés d’Adrien s’appellent Younes et Yanis. Celui qui a fait de Marin, ce garçon courageux qui voulait que l’on ait le droit de s’embrasser dans la rue, un handicapé, c’est Y. Yohan pour le Parisien, Lilian pour le Figaro, parce qu’il faut masquer le vrai prénom des mineurs, même lorsqu’ils ont été condamnés 18 fois et sont toujours en liberté. L’excuse de minorité a quand même été retenue pour ce mineur de 18 ans moins quelques mois. Il n’a donc écopé que de sept ans de prison qu’il ne fera pas entièrement, bien sûr. Le laxisme judiciaire, l’insuffisance criante des moyens donnés à la Justice et notamment à l’administration pénitentiaire sont aussi des signes du contre-sens de la politique actuelle.
La marche blanche pour Adrien est, elle aussi, un signe. On s’était
habitué aux marches pour réclamer la « justice » pour les voyous des
quartiers. Il faut espérer que celle de Meylan soit le début d’une
révolte, celle des Français qui exigent que la Justice soit avant tout «
la loi et l’ordre » pour assurer la sécurité des bons citoyens !
https://www.ndf.fr/politique/10-08-2018/macron-ou-le-choix-du-contre-sens/
En même temps, la première mission de l’Etat n’est pas remplie. La sécurité des Français n’est pas assurée. Derrière le voile du terrorisme, et de manière plus grave, peut-être, c’est la violence quotidienne qui monte dans une société qui perd ses repères parce qu’elle perd son identité. Adrien, Diego, Grégory, Marin… on ne compte plus les jeunes victimes de petites frappes qui n’ont pas supporté un regard, le refus d’une cigarette, ou simplement la volonté de s’interposer lors d’une altercation ou d’une agression… Les meurtriers présumés d’Adrien s’appellent Younes et Yanis. Celui qui a fait de Marin, ce garçon courageux qui voulait que l’on ait le droit de s’embrasser dans la rue, un handicapé, c’est Y. Yohan pour le Parisien, Lilian pour le Figaro, parce qu’il faut masquer le vrai prénom des mineurs, même lorsqu’ils ont été condamnés 18 fois et sont toujours en liberté. L’excuse de minorité a quand même été retenue pour ce mineur de 18 ans moins quelques mois. Il n’a donc écopé que de sept ans de prison qu’il ne fera pas entièrement, bien sûr. Le laxisme judiciaire, l’insuffisance criante des moyens donnés à la Justice et notamment à l’administration pénitentiaire sont aussi des signes du contre-sens de la politique actuelle.
https://www.ndf.fr/politique/10-08-2018/macron-ou-le-choix-du-contre-sens/