Marc Rousset
Le
résultat des votes allemand et italien montre que la victoire, en
Europe, des droites nationales patriotes et populistes est en vue ! Pas
bon du tout pour les profits et les cours de Bourse.
Madame
Merkel estime, à tort, que les États-Unis font fausse route avec le
protectionnisme, des taxes douanières américaines de 25 % sur l’acier,
de 10 % sur l’aluminium, des représailles chinoises sur le sorgho et le
soja américain, des représailles européennes sur les Harley-Davidson, le
bourbon et les Levi’s. La nécessaire fin du libre-échange mondialiste,
excellente nouvelle pour les peuples et les emplois des pays
occidentaux, n’en est pas une pour les Bourses.
Quant
au fonds américain Bridgewater, il a détrôné George Soros. Il vient de
miser 22 milliards de dollars sur un krach dans les douze à dix-huit
prochains mois. Il estime qu’on est proche de la fin d’un cycle, que le
niveau des dettes publiques et privées, des crédits aux ménages aux
États-Unis est démentiel, que les entreprises européennes sont très
menacées suite à leur exposition aux marchés américains et
internationaux. Il spécule donc à la baisse pour la moitié du DAX
allemand (7,3 milliards de dollars), 4,5 milliards de dollars pour les
entreprises françaises, 3 milliards pour les entreprises italiennes.
Enfin, ce fonds a tout particulièrement dans son viseur la Deutsche Bank
et les banques italiennes gangrenées par les créances douteuses telles
que Intesa Sanpaolo.
En
Italie, nombre de petites banques pléthoriques sont en difficulté.
Elles croulent sous des montagnes de créances douteuses, des prêts
bancaires souscrits par des entreprises et des particuliers qui ne
parviennent pas à les rembourser en raison de la crise économique.
Les
prêts pourris avoisinent les 1.000 milliards d’euros dans les bilans
des banques de la zone euro, soit 6,2 % du montant total des prêts,
contre 1,3 % aux États-Unis et 0,9 % au Royaume-Uni. Si les banques
européennes comptabilisaient les prêts pourris dans leurs comptes à leur
juste valeur, le levier d’endettement serait de 23,3 pour le Crédit
agricole, 29,0 pour BPCE-Natixis, 38,3 pour BNP Paribas et 38,9 pour la
Société générale (autrement dit, 1 euro de capitaux propres pour 38,9
euros d’engagements). La Banque Lehman Brothers avait un effet de levier
de 32 lorsqu’elle a fait faillite en septembre 2008.
De
2000 à 2017, le PIB américain est passé de 10.600 milliards de dollars à
19.300 milliards de dollars, soit une augmentation de 8.700 milliards
de dollars, tandis que la dette publique du gouvernement américain
augmentait plus vite, pendant la même période, de 15.000 milliards de
dollars.
Le
déficit du gouvernement américain, en 2017, est de 1.200 milliards de
dollars, soit plus que le PIB australien. La valeur de l’actif net du
gouvernement américain (ses actifs moins les dettes) est de -20,4
milliards de dollars – la faillite totale, donc, pour une société
privée. Mais, plus effrayant encore, si l’on tient compte des dépenses
futures et des revenus futurs des caisses de retraite et d’assurance
publiques américaines, l’actif net du gouvernement américain est dans le
rouge pour 50.000 milliards de dollars de plus, soit -70 000 milliards
de dollars !
S’il
a fallu des décennies, à la Banque du Japon, pour faire gonfler son
bilan jusqu’à 5.000 milliards de dollars, il aura fallu seulement huit
ans à la Federal Reserve américaine pour faire bondir le sien à 4.500
milliards de dollars. Les marchés ne sont pas prêts pour le
franchissement, par les obligations américaines sur dix ans, du seuil
des 3 % et un dollar qui plonge, a déclaré Thomas Buberl, directeur
général d’Axa.
Draghi
nous annonce que la BCE ne peut pas stopper ses achats obligataires car
les taux du Bund allemand sur dix ans pourraient doubler à 0,79 %,
avant de doubler à nouveau et de s’envoler ! Or, à l’automne, les achats
devraient normalement cesser et les taux directeurs augmenter.
De
2007 à 2018, les taux d’emprunts d’État ont dégringolé, en moyenne, de
4,2 % à 0,9 %. Une hausse des taux de 1 % alourdirait la note, pour
l’État français, de deux milliards par an, tandis que le cours des
obligations baisserait de 10 %. Powell et Draghi font face à la
quadrature du cercle pour augmenter les taux. Krach en vue !
