L’ancien
Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, le cardinal
allemand Müller, dans un entretien accordé au journal australien The Australian et publié dans son édition de fin de semaine, The Week-end Australian des 28 et 29 juillet derniers, attaque le pontificat du pape argentin en termes critiques.
Notamment, il s’insurge contre le courant « écolo » qu’impose François : « Nous ne sommes pas un parti écolo » a-t-il déclaré à la journaliste australienne Tess Livingstone qui l’interroge et résume les propos du cardinal en cette phrase :
« Les chrétiens n’ont pas l’obligation de suivre l’agenda ecolo-gauchiste du pape ».
«
La politique environnementale n’a rien à faire ni avec la foi ni avec
la morale. Les évêques ne sont pas des scientifiques, des experts
environnementaux ou des politiciens » précise
en effet Gerhard Müller qui par ailleurs dénonce ces même politiciens
écologiques comme ceux qui imposent l’avortement. Il conteste en outre
la proposition récente du cardinal Francesco Coccopalmerio qui a
réclamé, lors d’une réunion sur la « transition énergétique », organisée
à Rome par un mouvement catholique écologiste, que la sauvegarde de
l’environnement soit intégrée dans le code de droit canonique. Pour le
cardinal allemand, ce n’est pas le rôle de l’Église de s’ingérer dans
les affaires politiques : elle doit se concentrer sur la religion et
l’évangélisation.
Gerhard Müller ose également, au cours de cet entretien,
évoquer « un schisme » existant de facto entre une aile « progressiste
» et une aile « conservatrice » au sein de l’Église officielle : « le
Saint-Père et les évêques », explique-t-il, doivent « dispenser la
clarté, basée sur la Parole de Dieu donnée par Jésus-Christ » afin
d’éviter « le schisme » entre ceux qui sont souvent décrits comme les
partis « conservateur » et « progressiste ». La confusion doctrinale
souligne-t-il est favorisée, spécialement en Allemagne, par des fausses
interprétations sur la possibilité, par les divorcés remariés civilement
et les époux protestants de catholiques, de recevoir l’Eucharistie. Il
déplore que pour le pape actuel malheureusement les priorités soient la
justice sociale et l’allègement de la pauvreté.
Le cardinal allemand aborde pareillement avec franchise le problème de la renonciation de Benoît
XVI : « Je continue à avoir un problème avec la renonciation d’un pape
au même titre que l’obligation faite aux évêques de présenter leur
démission à l’âge de 75 ans. Ce sont des pères, et les pères ne démissionnent pas », déclare le cardinal. Il
conclut en lançant une autre critique envers le pape
argentin concernant les nominations cardinalices. Le quotidien
australien écrit :
« Le cardinal Müller explique que beaucoup des cardinaux qui devront élire le successeur du pape François ne se connaissent pas. Le problème c’est que le pape François a organisé cinq consistoires pour créer des cardinaux ; mais, depuis quatre ans, il n’a convoqué aucune assemblée plénière du collège cardinalice. Une telle déficience contredit tout de même la profession de « style moderne », collégial et « synodal » que François disait vouloir promouvoir. »
Le
dernier Concile a ouvert la voie à une nouvelle Église humanitariste
qui « a perdu tout sens des réalités surnaturelles », a réduit « la
religion à l’on ne sait quelle entreprise d’entraide sociale et de
propagande » (Daniel-Rops). Face à la révolution bergoglienne qui pousse
cette « hérésie majeure du monde moderne »
vers sa conclusion ultime, la perte de tout reste de spiritualité,
doctrine et morale catholiques au sein du monde catholique, le cardinal
allemand Müller, qui a pourtant allègrement contribué à cette
destruction par des positions doctrinales hétérodoxes
fruits de la nouvelle théologie mise en avant à Vatican II, semble
prendre peur. Il vaut mieux tard que jamais. Malheureusement tant qu’il
restera attaché à la pensée conciliaire, ses mises-en-garde seront comme
autant de coups d’épée dans l’eau saumâtre du Tibre romain.
La clarté à laquelle il aspire ne reviendra que par un retour intégral à la Tradition millénaire de l’Église catholique !
Francesca de Villasmundo
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