De Marc Baudriller sur Challenges :
"Les réseaux sociaux résonnent d'une nouvelle expression "la haine des médias".
"La haine des médias est juste et
saine", c'est ce qu'explique Jean-Luc Mélenchon sur son blog,
l'expression fait florès. Avec ce mot "haine", on est monté d'un barreau
à l'échelle de Richter de la critique des médias. On parlait jusqu'ici
de leur crédibilité en berne ou de la mauvaise image des journalistes
mais pas de haine. Or on n'est plus sur un simple coup de colère de
Mélenchon puisqu'il est rejoint par Marine Le Pen et Laurent Wauquiez
dans cette croisade anti-média inédite parmi nos politiques. A l'origine
de cette fronde, la décision prise par un journaliste, Yann Barthès, de
diffuser dans son émission Quotidien des propos privés de Laurent
Wauquiez, brisant ainsi la règle du "off" installée de longue date entre
médias et politiques.
A-t-on déjà vu une telle fronde des politiques contre les médias?
Non, c'est un retournement historique. Les journalistes ont haché menu le personnel politique pendant des années.
Les politiques avaient besoin des médias, ils l'acceptaient, contraints
et forcés. Jusqu'à ce que les réseaux sociaux retirent aux médias
classiques le monopole de la diffusion de l'information. Désormais, nos
élus contre-attaquent sur Internet et s'en privent d'autant moins que
tous ont noté ce phénomène nouveau : attaquer les médias est devenu rentable politiquement.
L'élection de Donald Trump aux Etats-Unis contre la quasi-totalité de
la presse, de la radio et de la TV en est sans doute l'exemple le plus
emblématique. Les médias n'échapperont pas à un examen de conscience,
entamé par Franz-Olivier Giesbert dans son éditorial du Point cette
semaine : " Ce qu'on a appelé l'affaire Wauquiez aura été, à bien des
égards, une bérézina journalistique ", écrit-il."
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