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vendredi 10 août 2018

Bernard Plouvier - Le Sphinx du IIIe Reich : Martin Bormann


« Si notre destin est de périr…
nous irons à la mort, fiers et indomptés » 

in ultime lettre de Martin Bormann à son épouse Gerda, fin avril 1945

Martin Bormann est né le 17 juin 1900 d’un père postier et dévot de Luther, d’où son prénom. Le père, remarié après son veuvage, est âgé ; il meurt en 1903, un an après la naissance d’Albert, le frère cadet, qui jouera également un rôle dans l’entourage d’Adolf Hitler.
Durant la Grande Guerre, Martin est élève d’un lycée agricole, puis instituteur suppléant. Il est mobilisé dans l’artillerie en juin 1918, mais ne prend part à aucun combat. À compter de 1919, il est le régisseur fort apprécié d’un grand domaine agricole du Mecklembourg, et adhère à un mouvement völkisch (national-raciste) agrarien.
Membre du Corps Franc Rossbach, il assiste le 31 mai 1923, sans y participer, à l’exécution du traître Walter Kadow, l’instituteur qui avait dénoncé à l’occupant français le héros de guerre et du Corps Franc de Silésie Leo Schlageter, saboteur d’une voie ferrée utilisée par les troupes françaises en Ruhr. Bien que le sabotage n’ait occasionné que des dégâts matériels, Schlageter a été fusillé le 26 mai 1923. Jugé en mars 1924 par un tribunal allemand, Martin est condamné à un an de prison pour complicité de meurtre.
Martin adhère au NSDAP en 1927. Il est titulaire de la carte N° 60 508, ce qui en fait un Vieux Combattant du parti nazi. C’est un médiocre orateur : précis, mais trop peu exalté. En revanche, c’est un organisateur de premier ordre et un bourreau de travail.
En octobre 1928, il est affecté à la direction munichoise du NSDAP, pour y diriger une coopérative fournissant aux membres de la SA (Sturmabteilung : section d’assaut) les uniformes à prix coûtant. Il gère également la SA-Versicherung Gesellschaft (la caisse d’assurance de la SA), créée le 1er janvier 1929, doublée ensuite d’une caisse de secours pour les membres du parti blessés en service et les veuves et orphelins des « martyrs de la cause »,
Dès 1928, Martin Bormann gère les biens personnels du Führer : ses droits d’auteurs et les dons provenant de personnes privées et d’entreprises ; il est bon de noter, qu’à la différence de très nombreux politiciens, Adolf Hitler refuse pour lui-même tout legs.
Bormann est un administrateur intègre et très efficace. Il est en outre remarqué pour ses rapports concis autant que précis, chose fort rare dans le Reich où l’on adore être prolixe, ce qui agace souverainement Adolf Hitler. Martin est tellement discret et peu causant que le Führer le surnomme « mein Sphinx », ce qui se passe de traduction.
Bormann a la morphologie d’un lutteur de petite taille. Il est doté d’un robuste appétit, mais c’est la légende noire qui en a fait un ivrogne : il est au contraire réputé pour sa sobriété. Il épouse, en septembre 1929, Gerda Buch, la fille très discrète du grand juge du parti, Walter Buch, suicidé en 1949. Le Führer est le témoin du marié.
Père de famille nombreuse - Gerda et lui ont dix enfants, dont le dernier, âgé de 3 ans, mourra en 1946, l’année où Gerda meurt d’un cancer -, Martin se fait, en 1943, le propagandiste de la bigamie avec l’approbation de son épouse légitime, leur correspondance en fait foi.
À partir d’octobre 1943, il se partage entre deux foyers celui de son épouse, à Berchtesgaden, et celui de l’actrice Manja Behrens, née en 1914 et qui mourra en 2003. De venue assistante-dentaire juste après la guerre, Manja reprend, à la fin des années 1950, sa carrière d’actrice, davantage à la télévision allemande qu’au cinéma où une certaine haine l’écarte des studios.
On a beaucoup glosé sur le « paganisme » de Martin Bormann. Encore faut-il s’entendre sur les termes. Opposé à ce qu’il considère comme une niaiserie : le christianisme, Martin est un panthéiste, comme son Führer vénéré. Il a publié, le 30 novembre 1944, sa déclaration de principes : « La doctrine nationale-socialiste est intégralement antijuive, c’est-à-dire anticommuniste et antichrétienne ».
Il a donné une excellente définition du panthéisme, par sa circulaire du 7 juin 1941 adressée aux Gauleiter et Kreisleiter : « Nous n’imaginons pas Dieu, comme le font les naïfs et les exploiteurs de la spiritualité, sous la forme d’un être fait à l’image de l’homme, qui se tient quelque part dans le Cosmos et se préoccupe du destin de chaque être et du moindre bacille… Nous appelons Dieu ou Toute-Puissance la force qui règle, dans les espaces cosmiques, les mouvements stellaires et planétaires… Il faut une forte dose de naïveté ou une impudence d’homme d’affaires pour croire que des prières ou tout autre chose humaine puisse influencer cette Toute-Puissance » (texte complet in Buchheim, 1962).
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Le 3 juillet 1933, Martin Bormann devient Reichsleiter (soit le chef d’une organisation du NSDAP) et chef d’état-major de Rudolf Hess, lui-même devenu le 21 avril Stellvertreter (délégué) du Führer pour le NSDAP (puis ministre d’État le 1er décembre). Martin Bormann a pour adjoint et remplaçant éventuel Alfred Leitgen, habituellement présenté par les historiens comme un simple aide-de-camp (Adjutant en allemand) de Rudolf Hess. Bormann emploie deux secrétaires : Frau Wahlmann et Frau Fugger.
L’une de ses missions les moins connues concerne la protection des fils des ex-soldats supplétifs noirs de l’armée coloniale allemande. Certains politiciens du système de Weimar avaient réclamé, dès 1927, la stérilisation du fruit des relations volontaires et forcées entre Allemandes et soldats noirs et maghrébins des troupes françaises d’occupation en Rhénanie-Palatinat et en Ruhr. Soit ce que les nationalistes résumaient d’une expression : la Honte noire.
Cette année 1927, une campagne de la presse nationaliste du Palatinat (un Land où le NSDAP ne remporte alors que des scores électoraux misérables) a pour objectif la stérilisation des Rheinlandbastarde avant qu’ils ne soient en âge de procréer. On estime alors leur nombre entre 700 et 800, mais la mortalité infantile a frappé durement lors des années de misère, 1923-25 et 1930-32. De 1933 à 1936, une enquête très précise est menée par le service des statistiques du ministère de l’Intérieur du Reich : elle permet de dénombrer 385 métis d’Allemandes et d’Africains, noirs ou maghrébins. La stérilisation à motivation raciste portera sur ces adolescents, en 1937-38.
C’est un Führerbefehl du 18 avril 1937, se référant aux Lois raciales de Nuremberg, qui les mène à la stérilisation obligatoire, alors que divers hauts-fonctionnaires du ministère des Affaires Étrangères proposaient de les envoyer, intacts, dans les colonies italiennes d’Afrique (Ben Elissar, 1969).
Aucun des enfants de la cinquantaine d’Askaris - les soldats supplétifs indigènes qui s’étaient battus pour le IIe Reich, dans les rangs de l’armée d’Afrique, de 1914 à 1918 - hôtes du Reich ne l’a été. Ceux-ci sont protégés, depuis le 30 mars 1936, par une directive très précise de Martin Bormann, adressée à tous les « détenteurs de souveraineté » du Parti. Un Führerbefehl du 7 mai 1937 précise que ces enfants n’ont pas à être stérilisés. Adolf Hitler avait été alerté, sur ce point, par le Generalmajor aD. (brigadier-général en retraite) Paul v. Lettow-Vorbeck, le héros de la campagne du Tanganyika de 1914 à 1918, dont les deux fils mourront au combat, en 1940-41, dans les rangs de la Wehrmacht.
À partir de la mi-mai 1941, soit après la folle équipée de Rudolf Hess, qui tentait d’apporter à son Führer la paix à l’Ouest avant le déclenchement de Barbarossa, Martin Bormann dirige le NSDAP, plus tard avec le titre de secrétaire du Führer pour le parti, ce qui a désorienté nombre d’auteurs car le chef du secrétariat d’Adolf Hitler est son frère, Albert. Les deux frères Bormann, brouillés à l’initiative de leurs épouses respectives, sont obligés de se rencontrer quotidiennement au Quartier Général (QG) du Führer.
D’une manière générale, durant les années de guerre, fonctionnent auprès du QG de campagne les deux QG civils : celui de l’administration gouvernementale, dirigé par Hans-Heinrich Lammers, et celui du NSDAP, dirigé par Martin Bormann.
Le 9 octobre 1942, Martin Bormann a envoyé une circulaire confidentielle aux principaux détenteurs de souveraineté du NSDAP (les Gauleiter et Kreisleiter) à propos de la « solution finale de la question juive ». Il y écrit : « Des bruits se sont répandus, dans la population de divers Gaue, à propos de mesures « très sévères » appliquées aux Juifs. Des enquêtes ont montré que ces bruits – exagérés et déformés – ont été rapportés par des permissionnaires d’unités militaires affectées à l’Est, qui ont été les témoins oculaires de l’application de ces mesures » (Document PS-3244, du TMI de Nuremberg). La seconde partie de la phrase, extraite de la circulaire, confirme qu’il y a bien eu quelque chose, que le reste de la circulaire ordonne de minimiser : les exécutions de Juifs, mais aussi de chefs communistes pas tous juifs, par les Einsatzgruppen. 
Le 16 novembre 1942, sur proposition de Goebbels, les Gauleiter deviennent également des Reichskommisäre pour la Défense passive et l’application des directives sur l’Économie de guerre. Le 28 décembre 1942, au manoir de Lanke, alors que le groupe d’armées A reflue du Caucase, abandonnant tout espoir de prendre le contrôle des gisements de pétrole, et que la 6e armée est encerclée dans la partie occidentale de Stalingrad et ses environs par 13 armées soviétiques, Joseph Goebbels et Martin Bormann se concertent en vue d’accroître les ressources de l’économie de guerre.
En 1944-45 (selon le Document PS-2903 présenté au Tribunal Militaire International de Nuremberg), Martin Bormann (officiellement secrétaire du Führer pour le Parti et l’État depuis le 12 avril 1943) dirige : les Reichsleiter (qui n’ont plus guère d’importance), les Gauleiter, devenus Commissaires du Reich à la Défense passive et le Volkssturm… on a complété le document des accusateurs nord-américains qui n’ont manifestement rien compris à l’organisation pyramidale du Reich, pourtant très rationnelle.
En septembre 1944, alors que l’Armée Rouge et les armées alliées occidentales menacent les frontières du Reich, le Gauleiter de Prusse-Orientale Erich Koch et le Generaloberst Heinz Guderian, chef d’état-major de la Heer (l’Armée de Terre), proposent une levée en masse, analogue à celle de la Révolution française en 1793-94, ou celle de la guerre de libération de la Prusse en 1813. Martin Bormann en fait accepter le principe par le Führer.
On crée donc le Volkssturm, enrôlant tous les hommes de 16 à 60 ans non encore sous les armes, encadrés par le NSDAP, le NSKK (le service motorisé du NSDAP) et la SA. Le 25 septembre, Adolf Hitler signe un Führerbefehl confiant l’organisation de cette troupe au Reichsleiter Bormann, l’OKH (l’état-major général de la Heer) devant fournir les cadres militaires et la Waffen-SS le matériel. Le 18 octobre, soit l’anniversaire du soir de la victoire de Leipzig en 1813, le Reichsführer-SS, chef de l’armée de réserve (Ersatzarmee), Heinrich Himmler annonce officiellement, sur les ondes de Radio-Berlin, la création des unités du Volkssturm.
Fidèle jusqu’au suicide de son Führer hautement vénéré, Martin Bormann trouve la mort dans la nuit du 1er au 2 mai. Au sortir de la bouche de métro de la Friedrichstrasse, Martin Bormann et le Dr Ludwig Stumpfegger, dernier chirurgien d’escorte du Führer, sont touchés par le même obus. Tous deux sont enterrés à Berlin, Invalidenstrasse, au nord de la Sprée, dans la nuit du 2 au 3 mai 1945, par des terrassiers municipaux, dirigés par le fonctionnaire Alexander Krumnow exactement à l’endroit où l’on retrouva ses restes le 7 décembre 1972, authentifiés par tests génétiques en 1998 (Coll. 2004).
Devant le TMI de Nuremberg, le conducteur du Führer Erich Kempka en avait témoigné le 3 juillet 1946, mais les conteurs d’histoire ont préféré le bobard lancé par « Staline » du 20 au 26 mai 1945, à Moscou, devant Harry Hopkins, pour que celui-ci convainque le Président Truman de reprendre les livraisons US dans le cadre du prêt-bail, logiquement interrompues le 9 mai : Hitler et Bormann se seraient envolés de Berlin pour l’Espagne, via le Danemark, et la guerre ne reprendrait sous peu, du fait de la survie des deux « démons nazis » ! Lorsque le bobard espagnol aura fait long feu, on lui trouvera une alternative de longue durée : le séjour en Amérique du Sud (Argentine, Bolivie, Paraguay).
Jusqu’à l’effondrement de l’URSS, pour maintenir intacte la haine antiallemande, on parlera régulièrement d’un IVe Reich de haute fantaisie, généralement situé en Amérique latine, avec l’inusable Martin Bormann à sa tête (« rencontré au Paraguay, vers 1960 », par Erich Erdstein). L’on a, de fait, arrêté un nombre ahurissant de pseudo-Bormann en Amérique latine, débusqués par des « vengeurs juifs » : pour la seule année 1967, on en a comptés 7 !
L’Agence centrale d’enquêtes sur les crimes nazis, dirigée à Ludwigsburg par le procureur Erwin Schüle, a longtemps agi en étroite relation avec le procureur de Francfort/Main, acharné à venger ses congénères : Fritz Bauer, ex-membre du SPD, émigré en 1935. Bauer, très avide de publicité personnelle, ne traquera jamais que des personnages mineurs, lui qui rêvait de célébrité. En 1962, il avait poussé le gouvernement à offrir une prime de 25 000 $ à qui permettrait de capturer Martin Bormann. Lorsque Bauer, obèse et grand fumeur, mourut à 64 ans d’un accident cardio-vasculaire, la rumeur issue d’un certain public en fit la victime d’un agent de « Gestapo-Müller » (Walters, 2010)… encore un homme suicidé à Berlin fin avril 45.
En septembre 1971, peut-être pour prouver l’inefficacité si fréquente des services de renseignements (SR), l’ex-Generalmajor de la Heer et réputé grand homme du contre-espionnage, Reinhard Gehlen, estimait que Bormann était mort à Moscou l’année 1969. Effectivement, Gehlen avait lancé une accusation fantaisiste, qui traîne dans de multiples narrations mondaines et même dans certains écrits d’universitaires.
Durant la guerre, Gehlen a très efficacement dirigé, à partir de novembre 1940, la Section Est du Bureau des opérations de l’OKH, puis, du printemps de 1942 à la débâcle, le Bureau des armées étrangères de l’Est (le FHO : Fremde Heere Ost), soit la section de l’OKW (l’état-major général interarmes et le haut-commandement de la Wehrmacht) étudiant l’Armée Rouge ainsi que les forces finnoises, roumaines, bulgares, croates, slovaques et hongroises.
Dès 1946 et jusqu’à sa mort, l’ex-Generalmajor - qui a dirigé de 1946 à 1955 un service privé d’espionnage financé par les USA, puis est devenu le chef du SR de RFA, jusqu’à sa retraite en 1968 - a soutenu que le « grand patron de rote Kapelle » (les réseaux d’espionnage au service du GRU, soit le SR de l’Armée Rouge), en Allemagne et en Europe occidentale, était… Martin Bormann !
Gehlen, en fait, ne reprenait qu’un bobard lancé par le Generalmajor Hans Oster (traître au service des Alliés occidentaux) et diffusé par le patron de ce dernier, l’amiral Wilhelm Canaris (l’inefficace et très corrompu chef de l’Abwehr, le SR de la Heer et de la Kriegsmarine). C’est un bobard d’autant plus ridicule que Bormann n’a jamais insisté pour être présent aux réunions militaires biquotidiennes du Führer, de 1941 à la première moitié de 1943. Par la suite, c’est à la demande d’Adolf Hitler qu’il y assistait, car le Führer y réglait aussi divers problèmes intérieurs, comme l’organisation des secours lors des bombardements de terreur ou la lutte contre le marché noir et contre le sabotage de l’effort de guerre.
Walter Schellenberg a repris cette ridicule accusation devant le TMI de Nuremberg, puis dans ses Mémoires arrangés, après sa mort prématurée d’un cancer bronchique, par deux journalistes à scandale, qui ont inspiré un nombre ahurissant d’auteurs de romans d’espionnage et de thrillers.
C’est au personnage véridique et non à sa caricature romanesque qu’on laissera le dernier mot : « Dans la vie réelle, ce n’est pas l’honnêteté qui triomphe de la malhonnêteté. Dans le combat impitoyable pour l’existence, la victoire appartient à celui qui est animé par la volonté de triompher. Il est amer de constater que la victoire repose souvent sur l’intrigue et l’ambition démesurée » (lettre de 1945, adressée par Martin Bormann à son épouse Gerda).
« Chaque œuvre réalisée, chaque devoir accompli
laissent une trace de la vie d’un homme »
Martin Bormann

Bibliographie sommaire

P. Aziz (et D. Fretard) : Les criminels de guerre, Denoël, 1974
E. Ben Elissar : La diplomatie du IIIe Reich et les Juifs (1933-1939), Julliard, 1969
M. Bormann : The Bormann letters. The private correspondence of Hitler’s ’’missing’’
deputy, from the time of Stalingrad to the fall of Berlin (january 1943 – april 1945),
Weidenfeld & Nicolson, Londres, 1954
H. Buchheim : Totalitäre Herrschaft. Wesen und Merkmale, Kösel-Verlag, Munich, 1962
Coll. : Adolph Hitler, éditions Chronique-Dargaud, Trélissac, 2004
E. Erdstein : Les criminels de glace, Solar éditeur, 1970 (à classer dans la rubrique fiction)
R. Gehlen : L’Organisation Gehlen, Mémoires, F. Beauval éditeur, 1978 (première édition allemande de 1971)
J. Hugli : Hitler mal connu, Pierre Waleffe éditeur, 1968
J. « von Lang » (né Piechock) : Martin Bormann, l’éminence grise de Hitler, France-Empire, 1980 (biographie tendancieuse : erronée sur de nombreux détails, haineuse de ton)
J. Y. Le Naour : La honte noire. L’Allemagne et les troupes coloniales françaises, 1914-1945, Hachette, 2003
W. Schellenberg : Le chef du contre-espionnage nazi parle. 1933-1945, Julliard, 1957 (texte très remanié après la mort de l’auteur, en 1952, par deux journalistes à l’indéniable talent de romancier, Klaus Harpprecht et Gita Petersen)
T. M. I. : Procès des grands criminels de guerre devant le Tribunal Militaire International de Nuremberg, 14 novembre 1945 – 1er octobre 1946, 41 volumes, 1947 (le 42e volume, qui devait être un Index général, n’est jamais paru en français – la version anglo-US Trial of the major war criminals a, en revanche, été éditée en 42 volumes. Cette édition des actes du procès a été caviardée : elle est amputée de nombreuses remarques des accusés et des témoins de la défense, comme on le sait grâce aux travaux de Gerhard Gründler, Werner Maser, David Irving et aux notes très tardivement publiées du psychiatre Leon Goldensohn)
G. Walters : La traque du mal, Flammarion, 2010 (contient, entre autres choses, une démolition en règle de l’affabulateur mythomane Simon Wiesenthal)