Pierre Bonnevey ♦
Journaliste.
Mais ces deux partis, l’un de la droite identitaire et l’autre du dégagisme antisystème ont réussi quelque chose d’unique. Une coalition arc en ciel des populistes anti européens dans la diversité de leur positionnement politique. C’est autre chose que l’union droite forte et droite identitaire comme en Autriche. C’est l’Italie.
Les Italiens d’abord veulent « fara da se », se faire d’eux même et ce langage national sera très bien perçu par Washington. Mais pour la ligue il s’agit bien évidement d’un pari risqué. Car 5 étoiles est fondamentalement peu fiable. Un choix d’alliance lourd de conséquences qui lui interdit désormais tout retour en arrière et préfigure, dans les semaines à venir, une profonde recomposition du paysage politique italien. Ses anciens alliés de Forza Italia (partisans de Silvio Berlusconi) et Fratelli d’Italia (postfascistes) ont annoncé qu’ils ne voteraient pas la confiance au nouveau gouvernement. En décidant de lier son destin à celui des 5 étoiles, Salvini a tourné le dos à l’alliance qui a assuré à la Ligue tous ses succès du quart de siècle écoulé.
Ils auront comme ennemi la puissante franc maçonnerie. Alors que les partenaires européens de l’Italie s’inquiètent en premier lieu de la tenue de la zone euro en cas de mise en œuvre des mesures économiques proposées par l’alliance populiste, un peu partout dans monde, les membres de la franc-maçonnerie font part de leur stupeur et de leurs craintes auprès de leurs frères italiens.
Le grand maître du Grand Orient d’Italie, Stefano Bisi, ne cache pas sa vive préoccupation à la suite de l’insertion dans le «contrat pour le gouvernement du changement» passé la semaine dernière entre la Ligue d’extrême droite et le Mouvement Cinq Etoiles d’un «code éthique» qui prévoit d’interdire l’accès à l’exécutif «des personnes condamnées au pénal, qui sont sous procès pour de graves crimes» mais aussi «qui appartiennent à la franc-maçonnerie».
Le Mouvement Cinq Etoiles justifie la décision en estimant que si «les principes originels de la franc-maçonnerie de progrès social et de liberté sont justes, les loges italiennes sont toutefois encore trop opaques». Le M5S s’appuie notamment sur les travaux de la dernière commission parlementaire antimafia qui a souligné que la franc-maçonnerie «est très souvent une couverture pour les clans».
Ce gouvernement d’un autre monde devra cependant en réalité se méfier surtout de lui-même et des possibles dissonances entre deux lignes politiques anti européenne et mondialistes, pour l’Italie d’abord mais pas vraiment sur la même ligne.
Ils sont d’accord pour une autre Italie, mais pas forcément pour la même.
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Journaliste.
Ils l’ont fait. Ils ont pu constituer un gouvernement. Ce gouvernement enrage l’idéologie dominante et la technocratie mondialiste de Bruxelles. On ne peut donc que s’en réjouir. Tout sera fait pour le diaboliser ou le discréditer. Cela a déjà largement commencé.
Nos médias ont longtemps espéré que le président italien refuse le premier ministre choisi et donc le vote populaire. Raté. Ils se sont ensuite lancés sans attendre dans une campagne de presse pour présenter Giuseppe Conte comme un usurpateur de titres universitaires, devenant sans compétences politiques, l’homme de paille de la ligue et de 5 étoiles. L’arrivée au premier plan d’un parfait inconnu, sans aucune expérience politique, est tout sauf une première en Italie, où les gouvernements techniques, ces vingt dernières années, de Lamberto Dini (1995-1996) à Mario Monti (2011-2013), ont très souvent été la solution à l’incapacité des forces politiques à s’entendre.Mais ces deux partis, l’un de la droite identitaire et l’autre du dégagisme antisystème ont réussi quelque chose d’unique. Une coalition arc en ciel des populistes anti européens dans la diversité de leur positionnement politique. C’est autre chose que l’union droite forte et droite identitaire comme en Autriche. C’est l’Italie.
Les Italiens d’abord veulent « fara da se », se faire d’eux même et ce langage national sera très bien perçu par Washington. Mais pour la ligue il s’agit bien évidement d’un pari risqué. Car 5 étoiles est fondamentalement peu fiable. Un choix d’alliance lourd de conséquences qui lui interdit désormais tout retour en arrière et préfigure, dans les semaines à venir, une profonde recomposition du paysage politique italien. Ses anciens alliés de Forza Italia (partisans de Silvio Berlusconi) et Fratelli d’Italia (postfascistes) ont annoncé qu’ils ne voteraient pas la confiance au nouveau gouvernement. En décidant de lier son destin à celui des 5 étoiles, Salvini a tourné le dos à l’alliance qui a assuré à la Ligue tous ses succès du quart de siècle écoulé.
Rien ne sera épargné au nouveau gouvernement italien
Il peut cependant devenir un modèle pour les partisans de l’Europe des nations.Ils auront comme ennemi la puissante franc maçonnerie. Alors que les partenaires européens de l’Italie s’inquiètent en premier lieu de la tenue de la zone euro en cas de mise en œuvre des mesures économiques proposées par l’alliance populiste, un peu partout dans monde, les membres de la franc-maçonnerie font part de leur stupeur et de leurs craintes auprès de leurs frères italiens.
Le grand maître du Grand Orient d’Italie, Stefano Bisi, ne cache pas sa vive préoccupation à la suite de l’insertion dans le «contrat pour le gouvernement du changement» passé la semaine dernière entre la Ligue d’extrême droite et le Mouvement Cinq Etoiles d’un «code éthique» qui prévoit d’interdire l’accès à l’exécutif «des personnes condamnées au pénal, qui sont sous procès pour de graves crimes» mais aussi «qui appartiennent à la franc-maçonnerie».
Le Mouvement Cinq Etoiles justifie la décision en estimant que si «les principes originels de la franc-maçonnerie de progrès social et de liberté sont justes, les loges italiennes sont toutefois encore trop opaques». Le M5S s’appuie notamment sur les travaux de la dernière commission parlementaire antimafia qui a souligné que la franc-maçonnerie «est très souvent une couverture pour les clans».
Ce gouvernement d’un autre monde devra cependant en réalité se méfier surtout de lui-même et des possibles dissonances entre deux lignes politiques anti européenne et mondialistes, pour l’Italie d’abord mais pas vraiment sur la même ligne.
Ils sont d’accord pour une autre Italie, mais pas forcément pour la même.
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