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lundi 28 mai 2018

Pie V : pourquoi une amitié avec ceux qui haïssent le Christ ? Que Bergoglio en prenne de la graine

Pie V : pourquoi une amitié avec ceux qui haïssent le Christ ? Que Bergoglio en prenne de la graine
Le Pape Pie V et la bataille navale de Lépante

Lorsque Chypre fut attaquée et conquise par les Ottomans (20 000 morts),  personne en Europe ne semblait décidé à relever le gant et chacun excipait d’excellents arguments pour ne rien faire …
Pourtant,  les chrétiens de l’ile  s’étaient défendus,  avec, à leur tête, l’évêque de Nicosie qui « durant le siège n’avait cessé d’assister les combattants » et «  fut tué dans la mêlée ». Un exemple à suivre.  A coté de cet évêque qui défendait sa patrie et sa religion, les femmes aussi entendaient rester maîtresses de  leur sexe : « Déjà les vaisseaux s’éloignaient du port quand la plus belle et la plus courageuse de cette misérable troupe, considérant derrière soi sa liberté, son honneur et sa patrie captive et à demi brulée, et devant soi la servitude, l’infamie et la prison déshonnête où elle était portée par le vent,  résolut de mourir plutôt que servir  dans un sérail. Comme elle était pleine de cette pensée,  elle aperçut un soldat qui entrait dans le magasin de poudre. Elle y entra adroitement derrière lui et ayant trouvé du feu à propos, assistée de son bon ange et inspirée du dieu jaloux de l’honneur des vierges, elle se saisit de ce feu et le jeta dans un tonneau de poudre. Au même moment l’embrasement se produit sur ce vaisseau et les autres ».
Maître de Nicosie,  Mustapha se dirigea vers  Famagouste. « Il se fit précéder par un esclave chargé de présenter devant la place la tête de Dandolo ».  A la suite de quoi après une querelle de préséance très classique,  les forces coalisées levèrent l’ancre, sans avoir seulement combattu.
Seul le pape Pie V semblait contrarié par ces événements, seul, il accepta de voir la misère et le drame des chrétiens soumis à la barbarie des Turcs, seul, il considéra que cela était inacceptable, mais, seul, il ne pouvait vaincre le Turc.
Formation de la ligue
Le pape  se tourna alors vers Charles IX, roi de France,  qui venait de signer un  traité avec la porte ottomane et répondit donc que, non, ce n’était pas le moment. Ce à quoi  Pie V répliqua : «  Quant à cette amitié formée par les rois vos ancêtres d’illustre mémoire et que votre Majesté nous écrit vouloir conserver,  dans l’intérêt même des chrétiens, en général, nous pensons qu’elle se trompe grandement ».  « Pourquoi en effet une amitié avec ceux haïssent le Seigneur ? »
Le pape se tourna ensuite vers Vienne et Sa Majesté Impériale (SMI) Maximilien, devant qui le  cardinal Commendon fit valoir que « SMI profiterait beaucoup plus qu’aucun autre de la destruction des Ottomans ; aucun état n’est aussi intéressé que le sien à conjurer le fléau »et  insista  sur le fait que « jamais, enfin, l’occasion fut elle plus opportune pour prévenir le retour de semblable invasions,  et pour effacer tant d’insultes dont je m’abstiens d’éveiller le souvenir devant SMI ». SMI décide de demander d’abord son avis au roi de Pologne… Ce à quoi le légat pontifical répliqua « que l’empereur devait donner l’exemple et non le prendre sur la démarche des princes au dessus desquels la couronne impériale était placée ». Maximilien hésita pendant trois jours puis souscrivit à tout ce que Sa Sainteté demandait de lui. Il ne fallait rien attendre de la Pologne en plein interrègne entre le roi Sigismond et l’élection du duc d’Anjou, Henri III. La nonciature auprès de Moscou ne fut pas plus heureuse.  Philippe II d’Espagne était lui aussi dans l’expectative. Mais devant  la perspective de voir la République de Venise être assez forte pour s’engager dans le combat sans  l’Espagne,  Philippe II finit donc par écrire à sa sainteté que, malgré les innombrables difficultés qu’il rencontrait, il « préférait la cause de la chrétienté à la sienne  propre ». Le grand Maître de l’ordre  de Malte qui excipait de son grand âge pour organiser l’élection de son successeur fut vivement  tancé par le pape et finit par se rallier : « vous devez vous sentir d’autant plus vivement animé que ce qui vous reste de ce pèlerinage sera de courte durée ».
Apres cet assaut de fourberies politiques qui ne nous sont pas si étrangères,  le pape finit par rallier l’Espagne, Venise, Vienne, et les cours italiennes à sa cause. Restait à désigner le commandant en chef de terre et de mer,   qui échut à Don Juan d’Autriche, non sans peine…
Le traité finit par être signé, le 25 mai 1571. Il stipulait art 1 : « Que le pape Pie V, Philippe II roi d’Espagne et la république de Venise déclareraient la guerre offensive et défensive aux Trucs pour recouvrer toutes les places qu’ils ont usurpées sur les chrétiens même celles de Tunis  d’Alger et de Tripoli ».  On notera qu’il s’agit de reconquérir les territoires perdus de la chrétienté et non pas d’une volonté de conquête de type colonial.

La bataille de Lépante, le 7 octobre 1571

L’étendard de la ligue représentait d’un côté le Christ en croix et de l’autre les armes de l’Eglise, entre les armes du roi d’Espagne et celles de Venise. Après avoir beaucoup jeûné et prié du côté chrétien,  les flottes se présentèrent l’une en face de l’autre le 7 octobre.  A cinq heures de l’après-midi,  Pie  V quitta précipitamment une réunion à Rome, ouvrit la fenêtre contempla l’horizon et affirma  « Courez rendre grâce à Dieu dans son église, notre armée remporte la victoire ». Cette révélation s’avéra être vraie.
Il faut reconnaître que les meilleurs amiraux et généraux turcs s’étaient absentés et qu’un retournement de vent fut favorable aux chrétiens.  Il n’empêche, la motivation était forte du côté chrétien.
« L’usage existait encore à cette époque de n’employer que des forçats à tenir la rame des galères  et don Juan leur avait promis la liberté s’il remportait la victoire. Il fit rompre leur chaine dès que les vaisseaux furent assez rapprochés pour rendre inutile toute autre manœuvre que l’abordage ; et ceux-ci dans la première ivresse de l’affranchissement sautèrent sans rien redouter dans les galères ennemies. Ils y portèrent un tel ravage que don Juan à l’accomplissement de sa parole, joignit ensuite de généreuses récompenses. Les Ottomans recourent  au même expédient mais leurs esclaves étaient entremêlés de chrétiens qui regardant les auteurs de leur servitude comme leurs seuls ennemis, ne se saisissent des armes qu’on leur présentait que pour les décharger contre leurs maitres ». « La guerre intestine mêlait encore sa fureur au carnage universel ».
« La perte des Infidèles ne s’éleva pas à moins de trente mille hommes parmi lesquels on comptait à peine mille prisonniers. Cent trente galères tombèrent au pouvoir des confédérés quatre vingt dix se brisèrent sur terre ou furent coulées à fond ou consumées par le feu ».
A Saint-Raphaël la basilique « Notre Dame de la victoire » est dédiée  à cette bataille dont le succès  fut attribué  à la récitation du rosaire.   Le pouvoir politique des papes n’a pas toujours été très heureux pour la paix en Europe. Mais, ce jour là,  la détermination d’un vieux pape a donné un solide répit  à la civilisation face à la barbarie,  malgré la pusillanimité des chefs politiques,  déjà….
 Référence : « Saint Pie V » du vicomte de Falloux.


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