
«
Liberté, égalité, solidarité », telle pourrait être la nouvelle devise
d’une France dans laquelle seraient appliqués les principes exposés ici,
permettant « l’équilibre entre le capital et le travail, condition sine qua non d’une démocratie sociale véritable ». Mais malgré sa ressemblance avec l’actuelle devise française, ses termes sont loin de recouvrer la même signification.
La
fin des corporations ayant débouché sur la soumission du travailleur au
capital, le taylorisme et le fordisme sur la course à la productivité
et au salariat généralisé, le travailleur s’est trouvé privé de toute
véritable liberté. L’égalitarisme promu par les communautarismes
victimaires n’est en rien l’égalité ; il est au contraire, « l’appareil idéologique qui abolit la hiérarchie pour mieux instaurer un surcroît de domination
». Car l’égalité n’est pas l’absence de hiérarchie ; cette dernière,
justifiée par le mérite et non l’argent, devient non seulement juste
mais profitable à tous. Quant à la solidarité, elle n’est pas
l’expression d’un État-providence, mais celui d’un État-social mettant
en place les conditions d’une « coresponsabilité citoyenne ».
Partant du constat que l’injustice sociale est arrivée à une forme
d’oppression, et après avoir décortiqué les mécanismes économiques mais
aussi idéologiques de cette injustice, l’auteur analyse les forces en
présence.
Tout
en haut de la hiérarchie sociale se trouvent les oppresseurs, dont on
peut suivre la montée en puissance depuis la Renaissance, formant une
hyper-classe qui milite pour la mondialisation afin d’échapper à ce
qu’il reste des puissances étatiques. Tout en bas, leurs complices
inconscients, sous-prolétariat aujourd’hui majoritairement constitué par
l’immigration. Entre les deux, les travailleurs, qu’ils soient ouvriers
ou petits patrons, pris en étau. Dès lors, que faire ? Retrouver la
notion de bien commun, de res-publica, au sein de la nation,
repenser la fonction publique et le rôle de l’État, dépasser le
salariat, réformer les syndicats, créer des coopératives, une banque
solidaire d’investissement : telles sont quelques-unes des solutions
proposées ici pour un nouveau contrat social entre l’État et les
citoyens.
Serge
Ayoub, fondateur en 2010 de Troisième Voie, mouvement pour une
avant-garde solidariste, et titulaire d’une maîtrise d’histoire, est
l’auteur d’un roman, “Conte barbare”, de plusieurs essais comme la
“Doctrine du solidarisme” et, coécrit avec Michel Drac, de “G5G,
déclaration de guerre”, d’un recueil intitulé “1ère inter-nationale
solidariste” et d’un livre sur l’affaire Méric : “L’affaire Clément
Méric, du fait divers au scandale politique”.