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jeudi 2 août 2018

Crise de l’homme contemporain – Caractères de cette crise


Aussi profonds que soient les facteurs qui différencient actuellement cette crise selon les pays, elle garde, toujours, cinq caractères capitaux:
  1. Elle est universelle 
  Cette crise est universelle. Il n’y a pas aujourd’hui de peuple qui n’en ait été atteint, à un degré plus ou moins grand.
  1. Elle est une
  Cette crise est une: il ne s’agit pas d’un ensemble de crises qui se développeraient de façon parallèle et indépendante dans chaque pays et seraient reliées entre elles par quelques analogies plus ou moins affirmées.
  Quand un incendie dévore une forêt, il n’est pas possible de le considérer comme mille incendies, autonomes et parallèles, de mille arbres voisins les uns des autres. 

 L’unité du phénomène « combustion » s’exerçant sur l’unité vivante qu’est la forêt; la puissance de propagation des flammes résultant d’une seule chaleur où se fondent et se multiplient les innombrables flammes des différents arbres: tout, enfin, contribue à ce que l’incendie de la forêt soit une réalité unique englobant les mille incendies partiels, quelque différent, d’ailleurs, que soit chacun dans ses accidents.
  La chrétienté occidentale formait un tout qui transcendait les divers pays chrétiens sans les absorber. Dans cette unité vivante une crise s’étendit comme un incendie et finit par la gagner tout entière, sous l’effet de la chaleur nourrie des crises locales de plus en plus nombreuses qui s’entremêlaient et se confortaient les unes les autres.
   En tant que famille d’Etats officiellement catholiques, la chrétienté a, par conséquent, cessé d’exister depuis longtemps. En subsistent quelques vestiges, les peuples occidentaux et chrétiens. Tous sont maintenant à l’agonie sous l’action de ce même mal. 
  1. Elle est totale
 Cette crise se développe, pour chaque pays, dans une zone si profonde de problèmes qu’elle se prolonge ou se déploie, en raison de l’ordre même des choses, dans toutes les puissances de l’âme, tous les domaines de la culture, en fin de compte sur tous les terrains de l’activité humaine.