
Un extraordinaire tumulus livre leurs secrets
Jean Pierinot
Ex: http://metamag.fr
Jean Pierinot
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Un
tumulus Sarmate fouillé cet été dans les steppes de l'Oural, au sud de
la Russie, a révélé un magnifique et rarissime trésor. Les objets
trouvés dans le monticule devraient apporter de nombreuses informations
sur une période peu connue de cette culture nomade qui a prospéré sur la
steppe eurasienne au cours du 1er millénaire avant JC. L'étude
archéologique de ce remarquable tombeau antique, appelé aussi kurgan, a
été réalisée par l'expédition de l'Institut d'Archéologie (Académie
Russe des Sciences), dirigé par le professeur Leonid T. Yablonsky.
Peuple établi du IVème s. avant J.-C. au IIIème s. après J.-C. dans la plaine qui borde au Nord la mer Noire, de part et d'autre du Don, nomades guerriers, excellents cavaliers, les Sarmates ont harcelé l'Empire romain en Dacie et tout au long du Danube. Ils ont été ensuite submergés à leur tour par les Goths, puis, au IVème s., par les Huns. Proches des Scythes, ils ont laissé des sépultures princières, les kourganes, qui ont livré de remarquables objets d'orfèvrerie, rehaussés de pierres de couleurs, témoignant d'un puissant style animalier.
L'absence de langue écrite.

Les
peuples nomades n'avaient pas de langage écrite, aussi les
scientifiques n'ont pu apprendre à connaitre leur culture et leurs
traditions qu'à travers les données archéologiques. Les kurgans qui sont
dispersés à travers les steppes contiennent beaucoup de reliques
Scythes et Sarmates. Alors que les nomades avaient des échanges avec la
perse achéménide et les civilisations grecques, ils ont su préserver
leur propre culture. Cette année, les archéologues ont fouillé la partie
orientale du monticule 1 du Kurgan à Filippovka dans la région
d'Orenbourg. Cette partie faisait environ 5 m de haut et 50 m de long;
elle avait été laissée inexplorée par l'expédition précédente, il y a
plus de 20 ans.
L'objectif était de terminer l'étude de ce monument extraordinaire, entré dans les annales de la culture mondiale avec la découverte de 26 statuettes de cerfs "en or". Un autre défi majeur pour les archéologues était d'assurer la préservation de ce patrimoine culturel unique qui fait face à un grand nombre de menaces imminentes, avec le vol comme problème majeur. Un passage souterrain près de l'entrée a été la première zone explorée cette saison. Un énorme chaudron de bronze d'un diamètre de 102 cm y a été découvert. Ses poignées ont été façonnées dans les traditions du style animalier scythe-Siberien avec une image de deux griffons, bec à bec.

Dans
la zone du monticule Est, une chambre funéraire intacte a été
découverte mesurant environ 4x5m et 4m de profondeur. Au fond de la
chambre, plusieurs couches stratifiées de débris ont été fouillées pour
révéler du mobilier funéraire exceptionnellement riche et varié,
accompagnant un squelette humain. Le matériel associé à l'enterrement
semblait appartenir à une femme, étant donné que la tombe contenait ce
qui est considéré comme des objets typiquement féminins et des bijoux.
Cependant, l'examen ostéologique initial de la morphologie du squelette
a révélé que l'occupant serait un homme, bien que l'analyse ADN doit
encore être effectuée.
Le mobilier funéraire.
Un petit coffre en osier qui pourrait être une trousse de toilette a été trouvé près du crâne. Il était rempli à ras bord avec des objets tels qu'un récipient en argent coulé avec un couvercle, un pectoral en or, une boîte en bois, des cages, des verres, des flacons de toilette en faïence et argent, des pochettes en cuir, et des dents de chevaux qui contenaient des pigments rouges.
Non loin de là, reposait un grand miroir d'argent avec des animaux stylisés dorés sur la poignée, une décoration en relief sur le dos et l'image d'un aigle au centre, entouré d'un cortège de six taureaux ailés. Les vêtements étaient décorés de plusieurs plaques, représentant des fleurs, des rosaces et une panthère bondissant sur le dos d'un saïga (antilope).
Il y avait également 395 pièces recouvertes de feuilles d'or et cousues sur la culotte, la chemise et le foulard. Il portait un châle avec une frange et une chaîne d'or; et les manches de la chemise étaient agrémentées de perles multicolores, formant un motif géométrique complexe. Deux boucles d'or décorées à certaines endroits d'émail cloisonné ont été trouvées dans la zone de l'os temporal.
Du matériel de tatouage .
Les archéologues ont également découvert des équipements utilisés dans l'art du tatouage, dont deux palettes de pierre à mélange et des aiguilles en fer recouvertes d'or, ainsi que des cuillères en os utilisées pour mélanger les peintures et des stylos décorés avec des animaux.
Cette fouille constitue une percée majeure dans l'étude de la mystérieuse culture Sarmate du début de l'âge du fer.

Le roi Arthur était-il un cavalier sarmate et les mythes arthuriens ont-ils une origine dans le Caucase ?
(source : agencebretagnepresse)
L’actualité
récente en Géorgie a mis les projecteurs sur la République indépendante
d’Ossétie (Indépendance proclamée en 1991). Les Ossètes comme les
Bretons d’ailleurs, ont des origines ancrées dans la fin de l’Empire
romain. Les Ossètes descendent des fameux Alains, ou plutôt de ceux qui
sont restés et ne sont pas partis piller l’Empire au Ve siècle.
Les Sarmates en Bretagne insulaire
Ces
peuplades qui parlent une langue iranienne apparaissent dans le
bas-Empire romain sous le nom de Sarmates quand ils sont alliés ou
federati et de Scythes quand ils sont ennemis. Envahisseurs, ils sont
connus sous le nom d’Alains alliés des Vandales.
La cavalerie sarmate-alain très appréciée des Romains était quasiment invincible. Elle était appelée cavalerie [1], du nom de leur cuirasse d’écailles, la cataphracte.
Depuis
175, les Sarmates devaient fournir à Rome 5000 cavaliers, pour la
plupart envoyés en Bretagne (insulaire) à la frontière nord. Les
Sarmates de Bretagne auraient été commandés à la fin du IIe siècle par
Lucius Artorius Castus qui serait le roi Arthur historique (1), du moins
le premier, car il semblerait que le roi Arthur soit un personnage
composé de plusieurs figures historiques. Lucius Artorius ayant vécu 200
ans plus tôt que le roi breton qui rallia les Brito-Romains contre les
envahisseurs saxons.
D’après
Léon Fleuriot, c’est Artorius Castus, préfet de la VIe légion, qui
aurait aussi maté la révolte armoricaine de 184. Une intervention en
Gaule que rapporte bien la légende dans la première version écrite,
celle de Geoffroy de Monmouth.
C’est
cette cavalerie sarmate-alain qui aurait apporté d’Asie le symbole du
dragon en Grande-Bretagne. Rien de plus normal pour des cavaliers aux
cuirasses écaillées de se battre derrière des enseignes d’un monstre
écaillé. Le dragon rouge du roi Arthur, dit justement « Pendragon »
comme le roi Uther. Le dragon rouge apparaît aussi dans les prophéties
de Merlin. Un dragon que l’on retrouve aujourd’hui jusque sur le drapeau
du Pays de Galles.
Les Alains en Armorique
Les
Sarmates-Alains, révoltés contre Rome, ont pillé le nord de la Gaule de
407 à 409. Après avoir traversé la Loire en 408, le consul Aetius leur
donnera l’Armorique pour qu’ils les laissent tranquilles. Un peu comme
le roi de France cinq siècles plus tard donnera la Normandie aux Vikings
de Rollon.
Avec
à leur tête un chef du nom de Goar, les Alains se divisent en plusieurs
bandent et pillent l’Armorique. C’est encore eux, redevenus des
mercenaires au service de l’empire qui vont réprimer la dernière révolte
armoricaine dite des Bagaudes (bagad = bande en gaulois et en breton
moderne) en 445-448 à une époque où justement les Bretons commencent à
arriver de Grande-Bretagne puisque les dernières légions la quittent en
441.
Certaines
s’établiront juste de l’autre côté de la Manche puisque le mot Léon
dérive justement de « légion » et Trégor de tri-cohortes. Voir à ce
sujet le Guide des drapeaux bretons et celtes de Divi Kervella et Mikaël
Bodloré-Penlaez, qui vient de sortir en librairie. Les symboles
héraldiques du Haut-Léon et du Trégor semblent avoir justement hérité du
dragon.
Certains
linguistes pensaient que les patronymes Alain ou Alan seraient tout
simplement des gens descendant d’Alains établis en Gaule mais le vieux
breton a un terme alan pour le cerf et cette origine semble plus
vraisemblable. Des Alains se sont surtout installes en Île-de-France, en
Aquitaine, en Lusitanie (Portugal) autour de Carthagène en Vandalousie
qui deviendra Andalousie. Le nom de Tiffauge, célèbre pour son Barbe
Bleu viendrait du nom d’une des bandes de barbares alliés aux Alains,
les Taïfales, établis dans cette région au Ve siècle. Le nom de l’Aunis
viendrait aussi d’Alains.
Les mythes arthuriens d’origine alanique ?
Dans
leur livre De la Scythie à Camelot, Covington Scott Littleton,
professeur d’anthropologie à Los Angeles et Linda Ann Malcor, docteur en
folklore et mythologie, ont remis en cause l’origine celtique du cycle
arthurien.
Pour eux, le cour de cet ensemble fut apporté entre le IIe et le Ve siècle par des cavaliers alains-sarmates.
La
culture des Ossètes, les cousins contemporains des Alains, possède des
récits qui ressembleraient aux aventures d’Arthur et des chevaliers de
la Table ronde. On y raconte notamment la saga du héros Batraz et de sa
bande, les Narts. Dans cette histoire il est, entre autres, question
d’épée magique qui serait l’équivalent d’Excalibur et de coupe sacrée,
le Graal donc, la coupe du Wasamonga que l’on retrouve sur l’emblème
moderne de l’État d’Ossétie du Sud avec un triskell qui est par contre
universel et pré-cetique puisque sur des monuments mégalithiques comme à
Newgrange en Irlande. Il semblerait que les échanges de mythes aient eu
lieu dans les deux sens.
(1) rapprochement fait pour la première fois par Zimmer, Heinrichen 1890, repris par Kemp Malone en 1925.
Sources : – C. Scott Littleton, Linda A. Malcor, From Scythia to Camelot, New-York ; Oxon, 1994 (rééd. 2000).
-
X. Loriot, Un mythe historiographique : l’expédition d’Artorius Castus
contre les Armoricains, Bulletin de la Société Nationale des Antiquaires
de France, 1997.
- Guide des drapeaux bretons et celtes, D. Kervella et M. Bodloré-Penlaez. Éd. Yoran Embanner, 2008.
- Les Origines de la Bretagne, Léon Fleuriot. Payot, 1980 (nombr. rééd.).
Notes
[1] cataphractaire