Alors
que l’opposition pro-européenne occupe toujours le centre de Kiev,
Viktor Ianoukovitch s’est rendu ce mardi à Moscou pour signer des
accords de coopération économique avec la Russie.
Si Viktor Ianoukovitch voulait signifier aux manifestants qui s’opposent à sa politique de rapprochement avec la Russie qu’il n’entend rien céder, il ne s’y prendrait pas autrement.
Deux jours après un nouveau rassemblement monstre de
l’opposition pro-européenne dans les rues de Kiev -plus de 200.000
personnes-, le président ukrainien s’est en effet rendu ce mardi à
Moscou pour rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine.
Le but de cette visite était de signer des accords de coopération
économique avec la Russie, préférée finalement au dernier moment
à l’Union européenne le mois dernier.
Prêt de 15 milliards ?
Vladimir Poutine a notamment accepté de reprendre la
livraison de pétrole russe à la raffinerie ukrainienne d’Odessa,
rouverte en octobre après trois ans d’arrêt. Il a aussi accordé un
rabais de 33% sur les tarifs de ses livraisons de gaz naturel,
aujourd’hui facturé 400 dollars les 1.000 m3.
Sur le plan strictement financier, la Russie prêtera aussi jusqu’à 15 milliards de dollars à l’Ukraine,
qui fait face à une profonde crise économique et financière, sous la
forme d’investissement dans des titres du gouvernement ukrainien.
Récompense
Pour les observateurs, ces faveurs de Vladimir
Poutine à son homologue ukrainien constituent une « récompense » pour
son refus de signer l’accord d’association avec l’Union européenne.
Au-delà cette coopération économique, Viktor Ianoukovitch parle de son
côté d’un rapprochement encore plus poussé avec la Russie, qui
irait jusqu’à un « partenariat stratégique ».
Ulcérée par cette politique, l’opposition, qui craint
aussi l’intégration du pays, sur l’insistance de Vladimir Poutine, à
l’Union douanière entre Russie, Bélarus et Kazakhstan -pour l’instant
pas officiellement à l’ordre du jour-, appelle à de nouveaux
rassemblements.