
Les chrétiens d’Orient persécutés –
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Le 29 janvier 2017,
une fusillade se produisit dans une mosquée à Québec. Elle a déclenché
une véritable tempête politique et médiatique. Des attentats similaires
sont malheureusement le quotidien des chrétiens d’Orient. Dans un
article du Devoir du 31 décembre 2015, les chrétiens « subissent
aujourd’hui 75 % de toutes les persécutions religieuses dans le monde.
»(1)
Ceux-ci sont
particulièrement persécutés en Orient et cela fait rarement les
manchettes. Un philosophe cité dans ce même journal se demande si ce
n’est pas parce qu’ils sont « trop chrétiens pour intéresser la gauche, trop étrangers pour intéresser la droite. » (2)
Dans un article de La Porte Latine du 19 janvier 2017, intitulé Sauvée de la persécution antichrétienne, une famille irakienne témoigne,
nous pouvons lire son témoignage. Cette persécution n’est pas récente,
puisqu’elle dure depuis 2008. « En fait, de septembre 2008 à 2014,
Mossoul était le théâtre de la guerre; tous les jours il y avait des
bombes djihadistes détruisant les maisons, les églises et faisant
beaucoup de morts. » (3) Depuis 2014 la situation, bien loin de
s’améliorer, a plutôt dégénéré. En effet, la ville de Mossoul a été
victime des djihadistes, combattants extrémistes de Daech. Ceux-ci ont
pris le contrôle de la ville en juin. Et à partir de ce moment, les
violences se sont accentuées : vol, torture, terreur, violence, tout y
passait.
Une femme de cette famille
chrétienne, qui était enceinte, raconte comment des djihadistes ont
menacé de la violer si elle ne se convertissait pas à l’islam. Quand
elle leur a dit qu’elle attendait un bébé, plutôt que de l’épargner, ils
l’ont frappée de violents coups de pied dans le ventre. Résultat : des
saignements et la mort du bébé ! Et avant de disparaître, ils ont donné
le choix à cette famille chrétienne soit de se convertir à l’islam, soit
de payer une lourde djizya (4) mensuelle, soit encore de mourir par le
glaive. Ils ont ensuite bloqué la porte de la maison sur laquelle ils
écrivirent « chrétiens » (5), marque infamante
et dernier avertissement avant l’expropriation des propriétaires de la
demeure ou leur assassinat éventuel en cas de désobéissance.
Quelle décision prit alors
cette famille ? Elle fuit, par des chaleurs atteignant parfois 55
degrés Celsius. Imaginez un instant s’en aller ainsi sans aucun bien,
avec de surcroît une femme gravement malade, qui vient de perdre son
enfant. Finalement, elle trouva refuge avec trois autres familles
catholiques dans un appartement vide de 125 m2. Et pas moyen en outre de
travailler pour gagner sa vie, vu les menaces de mort proférées à
l’encontre des chrétiens. Bref, cette famille a tout perdu, sauf Jésus,
en choisissant de subir la persécution plutôt que d’apostasier sa foi.
Ce n’est cependant pas la fin de l’histoire, car de bons samaritains
occidentaux l’ont entièrement prise en charge en créant un collectif
paroissial destiné à la soutenir. Qui étaient ces catholiques qui lui
ont prêté main-forte ? Les membres d’un prieuré de la Fraternité
Sacerdotale Saint-Pie X.
On décrit parfois les
traditionalistes comme des pharisiens bourgeois égocentriques. La
réalité est tout autre, comme l’a démontré l’exemple précédent. En voici
deux nouvelles preuves présentées par La Porte Latine.
À deux reprises, les jeunes de Saint-Nicolas-du- Chardonnet (Paris) ont décidé de quitter leur confort pour voler au secours des chrétiens d’Orient. Ainsi, en 2015, ils font participer de jeunes Irakiens persécutés à leur camp d’été.
L’urgence pour ces adolescents n’était ni alimentaire, ni
vestimentaire, mais essentiellement spirituelle. Quand la souffrance
s’installe et que tout semble perdu, il est facile de tout abandonner et
de perdre la foi, en se disant qu’elle ne sert à rien. Or, pourtant,
c’est elle qui apporte la paix. La mission de l’association SOS Chrétiens d’Orient
(6) a été concluante à cet égard : « Séjour inoubliable pour eux comme
pour nous, qui avons vu leur visage s’éclairer progressivement. Ils
renouaient avec une joie vraie. Mais surtout leurs visages exprimaient
le tréfonds de leur âme qui redécouvrait la prière, qui goûtait pour la
première fois la paix si profonde apportée par la confession, qui en
tout cas vivait à plein cette charité que nous essayions de leur
témoigner. »
Avant les biens matériels,
c’est vraiment le Christ dont ces jeunes avaient besoin! Cette aide a
eu encore cours à la Noël 2015, où les jeunes de Saint-Nicolas-du-Chardonnet sont retournés en Irak afin d’y structurer une communauté catholique.
À cette occasion, ils ont pu constater que ce pays est une terre
chrétienne : en effet, on y retrouve la grotte de l’apôtre saint Thomas à
Mangesh, lieu de départ de l’évangélisation de la Mésopotamie, et
également le tombeau du prophète Nahum.
Que pouvons-nous retenir
de ces témoignages sur les chrétiens d’Orient ? Que les souffrances
endurées ici au Québec ne se comparent en rien à celles que nos
coreligionnaires subissent là-bas. Nous pouvons bien sûr essuyer des
moqueries, mais nous sommes encore loin d’une vraie persécution ! Mais
cela pourrait se produire ici en ex-terre de chrétienté puisque le Canada nage présentement en pleine apostasie, en ayant renié sa mission providentielle.