- Par Jean-Marc Party

© AFP/ Philippe Hugen / Alain Jocard
Emmanuel Macron et Marine Le Pen
Un constat s’impose : les vannes sont désormais ouvertes, depuis le premier tour, pour les sympathisants du Front national (FN). Avec 7 700 000 voix, soit 21%, le FN atteint un record historique en pourcentage et en suffrages. Danger mortifère pour les uns. Espoir de libération pour les autres.
Considérant ces chiffres, le deuxième tour s’annonce sous les meilleurs auspices pour le parti d'extrême droite. Ce qui n’était pas le cas en 2002, quand son président-fondateur, à la surprise générale et de lui-même y compris, se qualifiait. Quinze ans plus tard, le discours tenu par cette formation est largement toléré. Rappeler, comme le font certains, que l’extrême droite prend sa source dans le fascisme de l’entre-deux-guerres ne sert à rien. Ses idées sont volontiers partagées par un bon cinquième des électeurs.
Des électeurs qui ne sont pas forcément tous racistes, xénophobes, favorables à la prééminence d’un État fort sur les citoyens, ou partisans d’une liberté d’expression et d’opinion limitée et contrôlée. Des électeurs qui expriment pour beaucoup d’entre eux une sourde colère et une frustration, nées du déclassement social, du chômage massif, de la misère économique qui ne recule pas. Et contrairement à ce que certains bien-pensants prétendent, cette fraction de l’électorat peut faire basculer l’élection. Comme quoi, rien n’est joué !
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