En quelques années, le poids des dépenses de l’État sur les Français
s’est accru de plusieurs dizaines de milliards supplémentaires (50
milliards d’impôts de plus depuis 2012). Et ce sont les classes dites
moyennes qui ont été les plus lourdement touchées.
Le 15 juillet dernier, après son ultime match contre la Croatie, la
France devenait championne du monde de fooball. Dès lors commençaient
plusieurs jours de fête, dont la réception des Bleus à l’Élysée,
accueillis par Macron, Benalla et consorts, n’était pas la moindre de
ces festivités. Quelques jours plus tard, une autre date, le 23 juillet
précisément, marquait un autre record du monde.
La presse nationale et les médias en général, ainsi
que nos hommes politiques, habituellement très satisfaits d’eux-mêmes,
n’en parlèrent pas. Il s’agissait du jour symbolique de la « libération
du contribuable » français. En effet, jusqu’à la veille au soir à
minuit, les Français n’avaient cessé, depuis le 1er janvier, de
travailler pour la dépense publique et les impôts. Ils allaient enfin
pouvoir commencer à travailler pour eux ! La France confirmait donc ce
titre de champion du monde, en devenant, notamment, le dernier pays de
l’OCDE à être libéré fiscalement. À titre de comparaison, le Royaume-Uni
avait été libéré le 27 mai, l’Espagne le 28 mai et l’Allemagne le 8
juin. Ce résultat catastrophique, que le championnat du monde de
football a eu pour effet d’occulter fort opportunément, signe une dette
publique qui file allègrement vers les 2.400 milliards d’euros, et un
endettement par Français qui se situe désormais à près de 34.300 euros.
Et la situation ne s’arrange pas. Loin de là. En quelques années, le
poids des dépenses de l’État sur les Français s’est accru de plusieurs
dizaines de milliards supplémentaires (50 milliards d’impôts de plus
depuis 2012). Et ce sont les classes dites moyennes qui ont été les plus
lourdement touchées. Pour autant, malgré ces augmentations, peut-on
constater une amélioration dans le fonctionnement de nos services
publics ? Peut-on affirmer que la France se modernise et évolue
positivement ? Peut-on dire que la place de la France dans le monde se
renforce ? Certainement pas. Nos campagnes continuent de se dépeupler et
les services normalement dus à tous les citoyens se font de plus en
plus rares. Les domaines d’excellence de notre pays se rétrécissent,
sous la pression de contraintes bureaucratiques toujours plus
nombreuses, lesquelles provoquent de nombreux départs de nos élites vers
l’étranger. Enfin, la France, malgré les régulières rodomontades de
notre Président, ne cesse de reculer sur la scène internationale,
incapable d’imposer sa vision du monde, du progrès et de la démocratie.
Pendant ce temps, notre pays est secoué par des scandales d’État qui,
telle l’affaire Benalla, nous ridiculisent aux yeux de nos partenaires
et nous fragilisent par rapport à nos concurrents. Celui qui prétendait
révolutionner le système et en finir avec le vieux monde politique est,
en réalité, en train de donner le coup de grâce à nos institutions, sans
être capable de proposer la moindre alternative crédible. Sa lecture
exclusivement économique et financière des problématiques de notre
siècle est en train de conduire notre France millénaire vers le chaos et
la ruine.
Mais le combat n’est pas terminé. Il convient, désormais, de lutter
contre la réforme constitutionnelle que Macron veut nous imposer. Un
premier succès a été remporté en le forçant à repousser l’étude d’un
texte, exclusivement préparé par ses services, et qu’il espérait bien
faire passer à la faveur d’un été caniculaire. L’affaire Benalla, qui a
révélé les fonctionnements obscurs de l’Élysée et le manque de
transparence évident de certaines de nos institutions, doit donc nous
inciter à la résistance, aux côtés des parlementaires de l’opposition.
Ce combat est déterminant pour l’avenir de notre pays.
Olivier Damien pour bvoltaire.fr