Alors que le Président se débat dans les affres de l’affaire Benalla,
un autre pilier de sa politique s’effondre : nous n’avons fait que 0,2 %
de croissance au second trimestre.
Emmanuel Macron a eu beaucoup de chance, au début de son mandat. Les
astres économiques semblaient s’être alignés pour lui et la France a
atteint, en 2017, une croissance inespérée de 2,3 %, chiffre faible si
on le compare aux performances des autres nations européennes, mais qui
était miraculeux pour la France, habituée à une faible moyenne de 0,8 %.
Les raisons de ce ralentissement sont multiples. La première tient à
l’augmentation du prix du pétrole, qui est une conséquence des
rodomontades de M. Trump envers l’Iran, de l’effondrement de la
production du Venezuela et de la hausse de la demande mondiale en or
noir. La deuxième raison tient aux grèves du printemps, notamment à la
SNCF, qui ont désorganisé le transport de marchandises par le rail, ce
qui a nui à la production des entreprises. Enfin, les Français ont été
assommés par les nouvelles augmentations d’impôts et taxes (CSG, taxes
sur les carburants) qui ont été appliquées dès le début de l’année,
alors que les compensations prévues ne prendront effet qu’en octobre. La
France a connu la même mésaventure en 2012. Pourtant, M. Macron a été
le ministre de l’Économie de M. Hollande et avait juré de se démarquer
de son prédécesseur. Or, il l’a imité. La suppression des cotisations
sociales à l’automne, la diminution d’un tiers de la taxe d’habitation
donneront certes un coup de fouet bienvenu à notre économie mais, en
2018, plus de trois millions de retraités (sur les 12,5 millions)
perdront du pouvoir d’achat, ce qui aura mécaniquement des conséquences
néfastes sur la consommation.
Si on rajoute aux menaces pesant sur la croissance la guerre commerciale
initiée par M. Trump, le 1,7 % espéré sera peut-être un mirage. Le
gouvernement se retrouverait alors dans une panade noire. Son budget
s’effondrera. Il manquera une dizaine de milliards pour remplir les
objectifs et on ne trouvera pas ces milliards en faisant des économies,
car celles-ci seraient récessives et iraient à l’encontre du but
recherché. Allons-nous repasser au-dessus des 3 % de déficit par rapport
au PIB en 2018 ? Normalement non, mais le pire n’est pas exclu. En tout
cas, l’objectif de comptes équilibrés en 2022 n’est que de la
propagande. De même, baisser le taux de chômage de 9,2 % à 7 % en fin de
quinquennat est une aimable plaisanterie.
Finalement, les déboires de M. Macron étaient prévisibles. Malgré son
agitation permanente, il n’a ni accompli de réforme digne de ce nom, ni
assaini le budget. Nous sommes toujours englués dans le même bourbier
qu’au temps de M. Hollande et l’amélioration passagère de 2017 est due
en partie aux mesures de l’ancien Président. Pour finir, on peut se
demander si le drame de la France ne vient pas de l’échec de François
Fillon. Sur le plan moral, Emmanuel Macron ne lui semble pas supérieur.
En revanche, le plan économique du candidat LR tenait mieux la route que
celui de notre Président par accident.
Christian de Moliner pour bvoltaire.fr
