Petit rappel des faits : le 22 mai
dernier une manifestation était organisée dans plusieurs villes de
France pour « défendre le service public », c’est à dire pour porter les
revendications légitimes des fonctionnaires utiles qui bossent (ça
réduit déjà le nombre) mais aussi celles des traine-lattes estampillés
Notre-Dame-des-Landes dont la présence parasitaire commence à
franchement exaspérer les citoyens normaux.
A la fin de la manifestation parisienne,
émaillée de violences comme d’habitude, un groupe de lycéens âgés, on
peut l’imaginer, de 15 à 45 ans, faisait irruption dans le lycée Arago
situé dans le 12e arrondissement pour…. pour y faire quoi, d’ailleurs ?
Cette question restera à jamais sans réponse. Mais au vu de l’état dans
lequel les « étudiants » ont laissé les bâtiments universitaires
récemment occupés on pouvait comprendre les inquiétudes de la direction
de voir son établissement se métamorphoser en une sorte de
ZAD-squat-teknival-meeting altermondialiste. En résumé : un gros b….
L’histoire, dans une version très
légèrement édulcorée, est remarquablement décrite sous la plume d’un
« Collectif de parents » (mais pas « de parents d’élèves », la nuance
est importante), créé pour l’occasion afin de protéger la marmaille en
annonçant la saisine du Défenseur des droits.
Publié sur le site Libération.fr du 29
mai, le texte compte, entre autres signataires, les « parents »
Clémentine Autain, Olivier Besancenot, Rokhaya Diallo, Eric Coquerel,
Esther Benbassa (cette dernière, élue âgée de 68 ans, a donc soit connu
une grossesse tardive, soit des enfants ayant redoublé 20 fois). Et
apparemment, les parents souhaitent poursuivre leurs gesticulations
puisqu’ils ont mis en place un comité baptisé « Arago 22 mai » pour
« continuer le combat », comme disaient les anciens trotskistes,
aujourd’hui sénateurs bien nourris. Mais essayons de décrypter le
document du Collectif.
Les rédacteurs expliquent : « Quelques
lycéen.ne.s, étudiant.e.s, et militant.e.s ont décidé de prolonger la
mobilisation par une discussion en assemblée générale dans le lycée
Arago. Ils sont entrés dans les lieux sans autorisation, accompagnés de
quelques photojournalistes. »
Mais horreur et damnation !! Des
policiers ont osé intervenir dans le lycée et interpeller la centaine de
fauteurs de troubles, dont une quarantaine de mineurs, qui avait pris
possession de l’établissement.
Et oui, pas de chance, car selon « l’
article 431-22 du Code pénal, le fait de s’introduire illégalement dans
un lycée est puni d’un an d’emprisonnement et de 7 500 € d’amende.
Lorsque le délit est commis en réunion, les peines sont portées à trois
ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende. »
C’est vraiment dommage que la Loi s’applique aussi aux gauchistes en herbe.
D’ailleurs, là où nos belles âmes voient
une volonté de prendre part à « une discussion en assemblée générale »,
la direction d’Arago évoque plutôt, entre autres, le vol d’une
vingtaine d’ordinateurs et la dégradation de 120 tables. Une plainte a
été déposée pour ces faits.
L’intervention policière était donc tout
à fait légitime. Mais dans un arrondissement où au premier tour de la
présidentielle Mélenchon a récolté 20% et Marine 5%, on ne plaisante pas
avec la rébellion.
Toujours selon le Collectif :
« Des images tournées par les journalistes présents témoignent d’un
usage disproportionné de l’intimidation et de la violence malgré le
caractère pacifique de la réunion ».
L’expression « ‘usage disproportionné de l’intimidation » est mignonne mais n’a, hélas juridiquement aucun sens.
« C’est en tant que citoyen.ne.s
et/ou parents que nous saisissons le défenseur des droits
officiellement au nom de ce qui nous apparaît comme une grave atteinte
aux droits humains ».
Si des violences illégitimes avaient
réellement été commises, ils auraient déposé plainte auprès de
l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), en fournissant à
l’appui de leurs accusations les images de leurs amis journalistes, et
ne se seraient pas contentés d’une simple saisine du Défenseur des
droits.
Le Collectif poursuit : « le
code de procédure pénale prévoit que l’individu interpellé doit être
immédiatement conduit devant un officier de police judiciaire qui
notifie les droits que le procureur en est averti sans délai et que dès
que le procureur est informé les parents tuteurs ou personne ayant en
charge l’enfant doivent être informés (…) »
Ces gentils « parents 1 et parents 2″,
pour utiliser un vocable hidalguien, auraient dû rafraîchir leurs
connaissances en droit pénal. Et pour ça il suffisait de quelques clics
sur internet : » Les articles 63-2 et 63-3 prévoient que les
diligences incombant aux enquêteurs au titre des droits reconnus au
bénéfice de la personne gardée à vue doivent intervenir au plus tard
dans un délai de trois heures à compter du moment où la personne en a
formulé la demande « sauf en cas de circonstances insurmontables »
Donc le « sans délai » s’est transformé en « délai de 3 heures ».
Pire encore, « (Dans une autre
affaire, pour justifier l’information tardive de la mesure de garde à
vue au procureur de la République) le Défenseur des droits observe à ce
titre qu’une circulaire a été adoptée par le garde des Sceaux le 20
septembre 2016, relative à la lutte contre les infractions commises à
l’occasion des manifestations et autres mouvements collectifs, disposant
qu’il «pourra opportunément être demandé que soit établi un
procès-verbal descriptif du contexte et du déroulement chronologique de
la manifestation », faisant état de l’ambiance générale ( …) »
Morbleu!! (comme on disait dans les BD de ma jeunesse).
« Ma fille a été mise en garde à
vue pendant plusieurs heures, 42 heures pour être précis, pour s’être
introduite illégalement dans l’enceinte de l’établissement », explique sur BFM TV un certain Otman, parent d’élève.
Cher Monsieur Otman, sachez que le droit
commun de la garde à vue établit une période de 24 heures renouvelable
une fois, soit 48 heures. Si votre fille est restée au commissariat
pendant tout ce temps, ce n’est pas à cause du sadisme des policiers
mais simplement parce que les citoyens français ont décidé de placer
dans les instances législatives des protecteurs des délinquants plutôt
que des victimes. Votre fille appartenait ce jour-là à la première
catégorie. Les nombreux actes destinés à garantir ses droits étant
chronophages (intervention de l’avocat, consultation médicale,…), la
durée de la garde à vue s’en trouve considérablement rallongée.
L’intérêt des Officiers de police judiciaire (OPJ) n’est pas de
prolonger la garde à vue indéfiniment. Ils croulent sous les dossiers et
possèdent eux aussi une vie de famille. Donc je pense qu’une sortie
rapide de votre fille du commissariat n’aurait fait que des heureux.
Poursuivons avec le Collectif qui mentionne :« Surtout,
les participants arrêtés ont été parqués plusieurs heures de suite dans
des cars sans aucune information, nourriture, boisson ni même lumière
(…) » C’est le côté positif de l’expérience qui leur aura au
moins permis de comprendre ce que vivent au quotidien gendarmes mobiles
et CRS, cantonnés dans leurs véhicules, avant d’aller se faire cribler
de boulons.
Avant de souligner : « Parmi
eux, 40 mineurs et 88 majeurs dont certain.e.s sont nos enfants, et dont
nous n’avons eu aucune nouvelle avant le lendemain, jour de défèrement (Sic) devant le TGI de Paris. »
Il suffit encore une fois de quelques
clics sur internet pour apprendre qu’en cas de placement en garde à vue
d’un mineur la présence d’un avocat est obligatoire. Les
parents peuvent-ils sincèrement croire que l’avocat de leur enfant
aurait négligé un manquement de l’enquêteur concernant l’indispensable
avis à famille dont l’absence frapperait de nullité toute la procédure ?
L’explication est fort simple. Soit les ados ont fourni une fausse
identité pour éviter d’éventuelles représailles parentales, soit les
parents n’étaient pas joignables parce qu’ils assistaient à un meeting
de Benoît Hamon (Non, je plaisante).
Après la farce, le ridicule : « il
nous apparaît que le parquet n’a pas joué son rôle à l’occasion du
renouvellement des gardes à vue d’ordre public. Il se devait de ne pas
les cautionner en les renouvelant. Il y a de notre point de vue un
dysfonctionnement du contrôle de la justice sur la police ».
Il est toujours assez cocasse de voir
des gauchos donner des leçons de droit à des magistrats. Encore une
fois, c’est sous la pression des premiers (et de leurs représentants aux
parlements national et européen) que le Code de procédure pénale a
transformé l’esprit même de la garde à vue. Celle-ci a désormais moins
pour objet de permettre à l’OPJ d’effectuer des investigations dans la
cadre de son enquête que d’accomplir une longue série d’actes visant à
garantir les droits du mis en cause. Les prolongations de garde à vue
sont donc les conséquences, certes indirectes, des choix électoraux des
parents. Ces chères têtes blondes doivent rester au commissariat le
temps de bénéficier de tous leurs droits. C’est idiot mais c’est comme
ça.
Le Collectif : »L’affaire se
solde par quelques rappels à la loi, des classements sans suite, des
convocations ultérieures et 13 mises en examen de mineurs, à quelques
jours du début du baccalauréat. »
On atteint ici le cœur du mode de
fonctionnement de la pensée gauchiste. Chers membres du Collectif, ne
pensez-vous pas que si vous aviez réellement exercé votre rôle de
parent, en empêchant vos enfants de se joindre à une manifestation dont
vous ne pouviez ignorer les risques de débordements, nous n’en serions
pas là, « à quelques jours du début du baccalauréat »?