Ce 1er juin s’est tenue à Saint Malo une (intéressante) conférence consacrée à « la Défense Européenne, une Ambition, une Exigence »,
ceci 20 ans après que Jacques Chirac est venu y accueillir Tony Blair
les 3 et 4 décembre 1998. Il s’agissait de marquer un nouveau départ de
la politique européenne de sécurité et de défense. Mais les liens
tissés à cette occasion ont depuis quasiment rompus… avec le Brexit .
Conférence
intéressante car échappant aux propos lénifiants voire soporifiques
que l’on pouvait craindre de la part des européistes organisateurs de la
conférence. Mais ils se sont réveillés, parlant vrai et constatant
que depuis ….il ne s’est rien passé !
Et
même que les préoccupations de défense ont régressé, un grand nombre de
pays abandonnant le service militaire de conscription, désarmant
massivement, réduisant drastiquement les budgets de défense au bénéfice
d’autres dépenses (dont les sommes colossales consacrées à l’accueil
des migrants, mais cela n’a pas été dit !)
Tournant le
dos aux impératifs de protection des populations européennes, l’Europe
a préféré se lancer, sous de fallacieux prétextes humanitaires, dans
une politique mortifère d’importation de populations non européennes.
Le Général Parlanti a rappelé ( cruellement?) que l’ambition initiale était « Une Europe sûre dans un monde meilleur ». Mais il y a eu un relâchement général de l’union européenne,
les orateurs en sont conscients, et on a le sentiment qu’ils se
réveillent avec la gueule de bois, voyant (Ukraine, Turquie, Angleterre,
Espagne..) que l’Europe craque de toutes parts.
Marie
Noelle Sclafer, Directrice à la Délégation Générale de l’Armement,
l’avoue: parler d ‘ambition européenne, oui, mais avec quels
partenaires ? Il est difficile de savoir ce qu’est l’industrie
européenne : quand les européens réussissent à dégager des « standards de consensus », les Américains repassent derrière et fixent des standards plus élevés…qui deviennent la norme !
Vouloir maintenant augmenter le
budget européen au motif -réchauffé- de construire enfin une Europe de
la Défense est difficile, alors que Merkel affaiblie n’est plus en
situation d’ajouter de l’argent. Le Président de la fondation Robert Schumann,
Jean Dominique Giuliani, ne le nie pas : la France se retrouve isolée
dans sa volonté de faire prévaloir un concept d’ « autonomie
stratégique européenne » et de faire bouger l’Europe.
Les
européistes fondent leurs (derniers) espoirs sur Macron, mais on
souhaite que ces espoirs soient infondés car l’Europe de Bruxelles doit
maintenant payer ses errements, avant que nous puissions reconstruire
une Europe des peuples.