
Patrick Nouaille-Degorce et Laurent
Gruaz sont deux docteurs en histoire qui ont étudié avec attention
l’histoire des Zouaves pontificaux. Le premier avait d’ailleurs consacré
sa thèse de doctorat aux Volontaires de l’Ouest dans la guerre de
1870-1871 et rappelé le rôle des anciens Zouaves pontificaux dans ce
conflit. Le second avait rédigé sa thèse sur les Officiers français des
Zouaves pontificaux.
Les éditions Edilys ont eu l’excellente
idée de rassembler en une petite plaquette très soignée et illustrée
deux articles de ces historiens traitant chacun d’événements de l’année
1867 qui concernent les Zouaves pontificaux.
La première partie de cet ouvrage est
consacrée à la bataille de Mentana qui se termine par une victoire des
troupes de l’Etat Pontifical contre les troupes révolutionnaires de
Garibaldi. Cette victoire militaire offrira un sursis de trois ans à
l’Etat Pontifical.
A la suite de la bataille de Mentana, le
gouvernement italien désarme les Chemises rouges repliées sur son
territoire et fait interner Garibaldi et ses fils dans la forteresse de
Varignano, puis les assigne à résidence dans l’île de Caprera. C’en est
fini du rôle du mouvement révolutionnaire garibaldien. Les populations
ne sont plus soumises aux réquisitions et aux exactions de toutes sortes
et les couvents ne sont plus rançonnés. Bien sûr, les Carbonari et
francs-maçons se remettront rapidement à l’œuvre. Mais en attendant, ce
haut fait d’armes des troupes pontificales est célébré par toute la
Chrétienté et Pie IX fait ériger un monument à la mémoire de ces braves.
Le récit de cette bataille n’est donc pas anodin. L’auteur rappelle aussi le jeu trouble de Napoléon III.
La seconde partie de l’ouvrage est
consacrée au lâche attentat terroriste commis par des révolutionnaires
le 22 octobre 1867. L’explosion se fit au sein de l’ancien palais
Serristori, du nom d’une ancienne et noble famille toscane, qui servait
de logement aux Zouaves pontificaux. 25 Zouaves furent tués dans
l’attentat et une dizaine d’autres furent blessés.
Le même jour, les garibaldiens tentent
une insurrection qui devait fournir au gouvernement italien un prétexte
plausible pour envoyer des troupes rétablir l’ordre. Mais les troupes
pontificales vont admirablement maîtriser la situation et réprimer avec
bravoure les différentes attaques.
Mentana, Patrick Nouaille-Degorce + L’attentat de la caserne Serristori, Laurent Gruaz, éditions Edilys, 92 pages, 9 euros
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