leparisien.fr, publié le samedi 02 juin 2018 à 22h05
Cinq ans après la mort de l'antifasciste Clément Méric lors d'une rixe avec des militants d'extrême droite, la tension entre les deux camps a été nourrie par plusieurs incidents récents autour des universités. Des violences à relativiser selon Sylvain Boulouque, historien de la gauche radicale.
Samedi, comme chaque début juin ces dernières années, près d'un millier d'«antifas» ont défilé pour « faire vivre la mémoire et les combats » de ce militant tué à l'âge de 18 ans le 5 juin 2013 à Paris, après une brève bagarre entre « skinheads » et « antifas » rue Caumartin près de la gare Saint-Lazare.
Un «traumatisme pour les antifas». La mort de Clément Méric, qui avait suscité une forte émotion, «reste un traumatisme pour les antifas», explique Sylvain Boulouque. Quatre skinheads, dont les deux principaux suspects Esteban Morillo et Samuel Dufour, membres du mouvement d'extrême droite « Troisième voie doivent être jugés aux assises dans cette affaire.
Convergence avec les détracteurs du projet de loi asile. Ce samedi, les «antifas» ont marché de la place Gambetta dans le XXe arrondissement jusqu'aux abords de la place de la République. Là, ils ont intégré un autre cortège contre le projet de loi asile-immigration, qui a rassemblé selon la police 2 500 manifestants. Des mères d'autres militants antifascistes tués en Espagne, en Italie ou en Grèce étaient présentes en tête de cortège aux côtés de proches de victimes de violences policières présumées comme Assa Traoré (soeur d'Adama Traoré décédé en 2016 lors de son interpellation par les gendarmes).
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