Rapport Lunacek : une bombe à retardement contre la famille
05/02/2014 – 12H00 Bruxelles (Breizh-info.com) – La
Manif pour Tous criait victoire après la décision du gouvernement de
décaler à 2015 – après les municipales, les européennes et les
sénatoriales – la présentation de tout projet de loi sur la famille.
L’adoption du rapport Lunacek par l’assemblée plénière du Parlement
européen remet les scores à égalité car c’est indiscutablement une
victoire pour le lobby LGBT. Une décision qui permet d’en tirer
plusieurs conséquences.
Ulrike Lunacek (photo) est une
eurodéputée autrichenne, chef de file des Verts dans ce pays.
Ouvertement lesbienne depuis son coming-out en 1980, elle milite pour la
reconnaissance des droits des homosexuels. Elle est aussi journaliste
et traductrice. C’est donc une figure de proue du lobby gay ; elle est
d’ailleurs vice-présidente de l’Intergroupe du Parlement européen sur
les droits LBGT et son rapport reprend presque mot pour mot une étude
publiée par le Parlement européen en 2012, rédigée avec ILGA Europe, le
bureau LGBT à Bruxelles.
L’UMP fait partie du consensus politique partisan du lobby gay
Le rapport a été adopté hier –après un
débat qui aura duré 20 minutes (!) – par 394 voix pour, 176 voix contre
et 72 abstentions. Il est à noter qu’il a été porté par un consensus
transpartis assez conséquent qui réunit le Parti populaire européen
(PPE), Socialistes et démocrates (S&D), Alliance des Libéraux et
Démocrates pour l’Europe (ALDE), Verts et Gauche unitaire
européenne-Gauche verte nordique (GUE/NGL).
Le PPE compte notamment en son sein les
élus UMP dont 25 ont voté contre le rapport, lui préférant un texte
présenté par Philippe de Villiers qui appelait à lutter contre les
discriminations, mais sans mentionner l’identité sexuelle ou la notion
de « genre » (gender). Les élus de la CDU/CSU (Allemagne) ont aussi
rejeté le rapport par 23 voix contre et 4 pour. Une fois de plus on
notera que l’opinion des citoyens – notamment des 200.000 français qui
ont signé une pétition contre ce rapport – a été purement et simplement
ignorée.
Rapport d’opinion ou texte contraignant ?
Une partie de la presse de gauche
française s’obstine à présenter le texte comme un « rapport d’opinion »,
donc non contraignant. Pourtant, tant dans le choix des termes et des
champs lexicaux que dans ses objectifs même, c’est le lobby gay qui
s’affirme chaque jour plus arrogant et plus puissant. Sa principale
tactique, comme tout lobby : revenir chaque jour à la charge, jusqu’à ce
que les autorités politiques, par lassitude ou clientélisme, finissent
par lui donner raison. Puis s’appuyer sur les brèches ainsi créées pour
aller toujours plus loin.
Déjà, le rapport se propose de protéger
les droits des personnes LGBTI. Qu’est-ce que c’est que ça ? On dit
LGBT, non ? Le I n’est pas anodin du tout. C’est le I de intersexués.
Autrement dit, ni hommes, ni femmes. Autres. Ce troisième genre entre
les deux, « neutre » dont la reconnaissance légale est maintenant l’un
des chevaux de bataille du lobby gay. L’adoption du texte par le
Parlement signifie que l’UE reconnaît implicitement l’existence de ce
concept… qui pourtant n’est vérifié par aucune réalité que celle de la
démesure des promoteurs des « intersexués ».
Ensuite, la feuille de route adoptée « devrait
se rapprocher des stratégies européennes existantes de lutte contre la
discrimination fondée sur le sexe, le handicap ou l’appartenance
ethnique », affirme le Parlement Européen. Ce n’est pas compliqué
d’en tirer les conséquences : quotas, discriminations positives,
aménagement ou réduction des formalités administratives en faveur des
homosexuels, lesbiennes, transexuels et autres « intersexués » seront au
menu des prochaines années, traçant en creux l’émergence d’un nouveau
communautarisme, fondé cette fois sur une absence totale de racines
naturelles ou ethniques, un communautarisme sexuel dont la contrepartie
est la discrimination systématique de tout ce qui ne lui ressemble pas –
et est de fait suspecté d’être son ennemi – comme la famille
traditionnelle, les hétérosexuels ou la filiation naturelle.
On notera encore que les Etats se devront « d’instaurer
des procédures de reconnaissance juridique du genre ou réviser celles
déjà en place, en vue de respecter pleinement le droit des personnes
transgenres à la dignité et à l’intégrité physique ». Si cela n’est
pas une directive, cela y ressemble fort. En gros, l’existence du
transgendérisme devra être reconnue sur tout le territoire de l’UE et le
passage d’un sexe à l’autre facilité autant que possible – notamment
par la suspension des formalités médicales, psychologiques et
administratives qu’exigent aujourd’hui nombre d’Etat.
Une confiscation de la souveraineté nationale par l’UE sur des sujets de société majeurs
Du rapport se dégage une pénible
impression : les grands sujets de société, qui concernent tout le monde
et sur lesquels toute la société a son mot à dire, ne sont plus sujets à
débat puisque l’UE prend la peine de les trancher. Ainsi le rapport
Lunacek prévoit la « possibilité que les enfants aient plus de deux parents »,
c’est-à-dire qu’il ouvre la voie à diverses configurations, parmi
lesquelles l’adoption plénière pour les homosexuels ou la gestation pour
autrui.
Par exemple, dans le cas de deux
lesbiennes en couple qui veulent toutes deux avoir l’autorité parentale
sur l’enfant que l’une des conjointes a eu avec un homme, il y aura
alors trois parents : ceux, biologiques, de l’enfant et la conjointe
lesbienne en couple avec sa mère. Le rapport permettra aussi, par
exemple, que soient reconnus parents en même temps la mère biologique de
l’enfant engrossé pour autrui, son père biologique (donateur de sperme)
et les parents « acheteurs » de l’enfant, bien qu’ils ne l’aient
biologiquement pas produit (ou en partie seulement). C’est donc une
véritable boîte de Pandore qu’ouvre l’UE, puisque tous ces droits
parentaux brisent les premiers repères de l’enfance sans rien régler des
modalités juridiques quant à leur exercice et leur partage.
Dans la même veine, le rapport pousse les Etats à « favoriser un enseignement objectif des questions concernant l’orientation sexuelle, l’identité de genre et l’expression du genre
». Le message est clair : inutile d’en discuter, les députés européens
et le lobby gay ont déjà tranchés pour vous. Et c’est ainsi que nos
enfants apprendront à la maternelle que « Corinne a un zizi et Corentin a une foufoune ».
Ou à se masturber les uns les autres – comme l’exige un rapport de
l’OMS paru en Allemagne et en Suisse – afin de découvrir « le plaisir sexuel ». Chose sans doute plus importante qu’apprendre à lire, à écrire et à compter.
Quel avenir sera réservé au rapport
Lunacek ? Dans quelques mois, les élections européennes pourraient
donner l’avantage – notamment en Europe de l’Est, en Grèce, en Suède et
en Angleterre – à des forces eurosceptiques ce qui pourrait remettre en
cause les orientations « sociétales » de l’actuelle majorité. Et
enterrer le rapport de Madame Lunacek.
Photo : gruenlinz (cc)
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